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EN DEMOCRATIE, UNE PRESSE INDEPENDANTE EST-ELLE POSSIBLE ?

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1 EN DEMOCRATIE, UNE PRESSE INDEPENDANTE EST-ELLE POSSIBLE ?
Conquête de la démocratie ? En France, la liberté de la presse a été établie par la loi du 29 juillet 1881 EN DEMOCRATIE, UNE PRESSE INDEPENDANTE EST-ELLE POSSIBLE ? Le patron de presse grand électeur ? Le journaliste exaspère ou désespère Informer est une activité de production 1881 en France 16 juin : loi sur la gratuité de l’enseignement primaire obligatoire 30 juin : loi sur la liberté de réunion 29 juillet : loi sur la liberté de la presse C’est en ma qualité d’adhérent à l’association des Amis du Monde Diplomatique que je mets cet exposé en ligne aujourd’hui. Depuis le 15 avril 1987, avec la privatisation de TF1, nombreux sont les patrons de presse, les éditorialistes et les rédacteurs en chef qui auraient souhaiter prétendre au statut de grand électeur. Le danger est immense de ne plus avoir pour seule source d’information qu’une formidable machine de propagande d’autant plus redoutable qu’elle n’a pas besoin de faire de gros efforts pour fonctionner. La presse exaspère et désespère pratiquement la moitiés de ses lecteurs, auditeurs ou spectateurs. On est facilement tenté de penser qu’en transformant le mode de fonctionnement de la presse, on pourrait sortir de ce qui exaspère et de ce qui désespère. Considérée comme une conquête démocratique, l’activité d'informer librement est, effectivement, un engagement à très haut potentiel démocratique et, en France, l’année 1881 n’est pas indifférente, puisque, cette année là, la loi sur la liberté de la presse a été précédée par la loi sur la gratuité de l’enseignement primaire et la loi sur la liberté de réunion. Ce n’était, cependant, pas seulement dans une intention strictement démocratique que cette loi instaurant la liberté d’informer fut votée, car elle répondait aussi au désir de certains de gagner de l’argent en obtenant le droit de pouvoir commercer librement sur l’information. Lorsqu’elle est conçue en termes économiques, l’activité d’informer est une activité de production. En ce sens, elle relève des mêmes logiques que n’importe quelle autre activité de production. La presse trouve sa ressource dans l’information et constitue ce que Pierre Bourdieu nommait un champ social. Elle est donc liée à un projet de société qui change de nature et de formes au gré des changements de la société mais elle est loin d’être «un quatrième pouvoir». Car, en termes sociologiques, on peut montrer que la presse et l’information, n’ayant aucun caractère autonome, sont des outils convoités par les groupes qui se disputent le pouvoir et la domination. Mais le produit de cette activité particulière est un produit sensible. En effet, certains producteurs culturels, accumulent délibérément la capacité politique du champ de l’information et développent ce que Bourdieu nomme une violence symbolique, i.e. la violence qui s’exerce avec le concours et l’accord tacite de ceux contre lesquels elle s’exerce. René de VOS Sociologue Les Amis du Monde Diplomatique Questions d’anthropologie sociale et environnementale Propagande et violence symbolique dec 2012

2 INDEPENDANCE un organe social est indépendant
s’il n’exécute pas les ordres d’une puissance externe s’il n’est pas soumis à un autre organe ou à une autre collectivité un acteur social est indépendant s’il ne répond à une aucune autre volonté que la sienne : s’il est LIBRE ! un acteur social est dépendant s’il est soumis à l’autorité d’un autre acteur dont il est sous L’EMPRISE adoption des convictions de l’emprise soumission aux valeurs de l’emprise entretien et conservation des positions de pouvoir de l’emprise contribution à la conquête des positions de pouvoir de l’emprise Un peu de précision anthropologique pour savoir de quoi on parle et dire quel est le sens des mots qu’on utilise la « violence symbolique » (Bourdieu) est la forme achevée de la dépendance elle s’exerce avec le concours et l’accord tacite de ceux contre lesquels elle s’exerce dec 2012

3 EST-IL POSSIBLE D’ENTENDRE UN AUTRE DISCOURS QUE LE DISCOURS DOMINANT?
Exposé composé pour saluer la diffusion en DVD à partir du 4 décembre 2012 du film de Gilles BALBASTRE & Yannick KERGOAT, « Les nouveaux chiens de garde », réalisé en 2012 Le film illustre et complète le livre de Serge Halimi (Liber-Raisons d’agir, 1997) Il veut montrer : que la presse de grande audience diffuse une pensée dominante, conservatrice d’un ordre établi et nourrie par le désir de dérégulation généralisée de l’économie ; qu’un petit nombre de journalistes professionnels et d’experts intervenant systématiquement dans les media travaillent au succès des stratégies de pouvoir des partisans de la dérégulation généralisée ; que le discours médiatique est faussement pluraliste malgré le nombre toujours plus important des moyens d’information. Gilles BALBASTRE a travaillé en qualité de pigiste permanent pour FR2 au bureau de Lille de 1990 à 1995 et a renoncé à travailler pour la chaîne en Il a relaté son expérience quotidienne dans le «Journal d’un JRI (Journaliste Reporter d’Image) ou les sherpas de l’info», in Alain ACCARDO, «Journalistes précaires, journalistes au quotidien», Agone, (1995), pp Gilles Balbastre se rattache assez volontiers à la sociologie, mais il se déclare journaliste avant tout. EST-IL POSSIBLE D’ENTENDRE UN AUTRE DISCOURS QUE LE DISCOURS DOMINANT? dec 2012

4 OUI... ET NON OUI, si l’information est un service non marchand
OUI, si l’ensemble des media dispose d’un accès égal aux systèmes de diffusion OUI, si l’ensemble des informateurs dispose d’un égal accès aux moyens de diffusion NON, si l’information est un produit marchand et concurrentiel ou un outil de propagande L’exposé repose essentiellement sur les travaux de : En France, les propriétaires de la presse et de l’édition constituent un groupe d’une grosse trentaine de membres : certains sont de grandes figures du monde financier, d’autres sont beaucoup plus modestes. Lagardère (Hachette, Match, Grasset, Larousse, Hatier, Fayard) Vivendi-Universal (Canal +) Bouygues (TF1) Bertelsmann (RTL, Gala, GEO) Bolloré (Direct 8, CSA) Berlusconi (Science & Vie) Wendel (Julliard, La découverte, Le Robert) Rossel (La voix du nord) Lymh (La tribune) Pinault-Printemps-Redoute (Le Point) Pearson ( Les échos) Bayard (La croix) Condé Nast (Vogue) Axel Springler (Vie pratique) Aprovta (L’usine nouvelle) Dexta (Le moniteur) L’est républicain (Le progrès, Le dauphiné ) Philippe Hersant (L’est éclair, ParuVendu) Crédit Mutuel Ouest France (Groupe SIPA-Ouest France, familles Hutin et Desgrées du Lou / Sofiouest) Famille Lemoine (Sud Ouest) Pierre Fabre (Valeurs actuelles) Famille Baylet (La République du centre) Roularta (L’Express) Dassault (Le Figaro) Le Monde Edouard de Rotschild et Carlo Caracciolo (Libération depuis 2005) Etat français (Radio France, France télévision) Serge HALIMI, « Les nouveaux chiens de garde », Liber-Raisons d’agir, 2005 Erick NEVEU, « Sociologie du journalisme », La Découverte, 2009 et d’un sociologue incontournable sur cette question : Alain ACCARDO dec 2012

5 TROIS ETAPES DANS L’EXPOSE
Information, journalisme et journalistes : l’émergence de la presse digitale Le risque de propagande Rendre compte du débat public ou occuper le débat public ? Trois conclusions : la presse de grand public n’est pas indépendante les journalistes sont trop nombreux et se dévalorisent la presse peut être indépendante Le Canard enchaîné a été fondé le 10 septembre 1915 par Maurice et Jeanne Maréchal et Henri-Paul Deyvaux-Gassier. Seuls sont actionnaires ceux qui y travaillent, ainsi que les fondateurs (les 1 000 actions du journal sont incessibles et sans valeur). Le Monde diplomatique a été fondé en mai 1954 par Hubert Beuve- Méry comme supplément au quotidien Le Monde. C’est une filiale indépendante du groupe La Vie-Le Monde à hauteur de 51 %. Le reste du capital est détenu par l'association des Amis du Monde Diplomatique représentant les lecteurs (24,5 %), et par l'équipe rédactionnelle du journal (24,5 %) regroupée au sein de l'Association Günter-Holzmann. Le directeur de la publication n'est éligible que sur proposition du personnel du journal. La part de revenu provenant de la publicité est limitée à 5 %. Le Monde Diplomatique est fabriqué par une équipe de six journalistes permanents : Benoît Bréville, Alain Gresh, Evelyne Pieiller, Philippe Rekacewicz, Philippe Rivière, Anne-Cécile Robert, sous la direction de Serge Halimi, Pierre Rimbert, Martine Bulard et Renaud Lambert qui assurent la rédaction d'une petite partie des articles, la majorité étant écrite par des journalistes indépendants, des universitaires ou des écrivains d'origines et de nationalités variées. Ce n’est pas le fond qui tyrannise le journaliste mais la forme dec 2012

6 DU JOURNALISME AUX MEDIA
Emergence dans le champ politique Insertion dans le champ de la consommation 1851 : Reuters 1846 : Associated Press 1835 : Agence France Presse Généralisation de la radio Généralisation de la TV 1777 : Le journal de Paris 1703 : journaliste divertissement 1631: La Gazette XVIIème XIXème XXème mais cette frise est réductrice XIV ème siècle : journal Périodes rouges La presse est citoyenne la presse est une presse d’opinion les débats sont polémiques les auteurs sont engagés les lecteurs sont « informés » l’écriture est un art Le terme « journal » apparaît au XIVème siècle (diurnalem) pour décrire l’activité de relation des événements de chaque journée. En 1631, Théophraste RENAUDOT fait paraître sa Gazette : premier périodique régulier de l’histoire de France Le mot « journaliste » apparaît en 1703 (selon le dictionnaire Robert) Le Journal de Paris, dont la première parution date de 1777, est considéré comme le premier quotidien apparu en France ( ) L’Agence France Presse a été fondée à Paris en 1835 par Charles-Louis Havas. Sa branche « Annonces » est devenue l’Agence Havas et sa branche « Information » est devenue propriété de l’Etat en 1940 et l’est restée avec un statut autonome en 1944 confirmé par une loi de journalistes environ : deuxième agence du monde après l’américaine AP. L’Associated Press (3000 journalistes en 2009) a été créé à New York en dans le but d’informer les opérateurs sur les places boursières. L’agence Reuters a été fondée en 1851 à Londres. Dans la catégorie « divertissement » on peut ranger : « L’illustration » ( ), « Détective » (1928 sur une idée de Joseph Kessel) ou « Paris-Match » (1949), ce qui montre combien les distinctions sont difficiles à faire. Périodes vertes la presse dominante se prétend « neutre » les débats sont voulus « pacifiés » les auteurs sont dits « présentateurs objectifs » le marché est censé « choisir » son information l’écriture est une performance La presse est marchande dec 2012

7 LE DESIR D’INFORMER EST AUSSI ANCIEN QUE L’HUMANITE SOCIALISEE
L’invention de l’écriture en est la plus incontestable preuve LES STRATEGIES DE CONTROLE DE L’INFORMATION SONT AUSSI ANCIENNES QUE LES LUTTES POUR LA CONQUETE ET L’ENTRETIEN DES POSITIONS DE POUVOIR Théocraties de toutes sortes Invention de l’hérésie Inquisition Dogmatisme Contrôle des savoirs, des écoles et des universités dec 2012

8 LA PRESSE CONTEMPORAINE N’EST PAS HOMOGENE
presse écrite quotidienne : le journal (en grande difficulté) de 2 à une trentaine de pages presse écrite périodique : le magazine (très florissante) de 30 à 150 pages presse parlée : la radio le journal parlé : de 6 minutes toutes les heures à une trentaine de minutes aux heures de « grande écoute » les émissions thématiques et le divertissement l’information en continu presse visuelle : la télévision le journal en images pendant trente minutes 3 fois par jour l’information en continu par séquences répétitives de 6 à 12 minutes presse « digitale » : Internet et les réseaux sociaux des formules qui s’inventent depuis 10 ans Médiapart a été créé le 2 décembre 2007 La presse écrite quotidienne est, aujourd’hui et partout, en grande difficulté de diffusion son lectorat est en chute libre depuis 1960 : l’américain Robert G. Picard a constaté, pour les Etats Unis, qu’elle est passée de 353 titres pour habitants en 1950 à 183 titres pour 1000 habitants en 2004 [Bernard Poulet, « La fin des journaux et l’avenir de l’information », Gallimard, 2009 – ACRIMED, 14/09/09] l’âge moyen de ses lecteurs est de 55 ans [même source] en France, on passe de 203 titres en 1949 à 67 titres en 1995 et 65 en 2012 cette presse a toujours travaillé à ce que Bourdieu appelle le succès démocratique même si elle est attachée au succès commercial son lectorat s’effondre parce qu’il est soumis à la tyrannie du temps rare (Bourdieu) et qu’elle est très fortement concurrencée par les formes parlées, visuelles et digitales bien plus faciles d’accès dec 2012

9 LES MEDIA NE SONT PAS HOMOGENES
texte écrit pour être lu par le public support en argile, en pierre, en papyrus, etc... support papier support électronique texte prononcé pour être entendu par le public l’annonce et la parole gravée la radiodiffusion l’entretien enregistré l’image fixe le dessin l’affiche le photo-reportage le magazine illustré l’image animée la télévision le cinéma la séquence vidéo Aucune de ces formes ne détermine a priori la qualité de l’information dec 2012 9

10 IL N’Y A PAS UN JOURNALISME MAIS DES JOURNALISMES
Tous les journalistes se réfèrent au principe fondateur énoncé par Charles Scott : « Les opinions sont libres, les faits sont sacrés » Charles Prestwich Scott ( ), fondateur du Manchester Guardian (1929) Mais l’art d’informer le public est un risque sociétal «le lit de Procuste» est la menace permanente : les hommes sont tous de tailles différentes, c’est un fait ; l’apprécier ou le regretter, c’est un commentaire ; on peut diffuser une information sans s’obliger à la commenter ; commenter n’est pas informer ; et commenter sans informer, c’est faire de la propagande. Le « Lit de Procuste », blog de Iulia Badea Guéritée, 23 oct 2012 : « Les médias, dictature d’une élite ? » Procuste est un dieu grec qui prétendait que les hommes avaient tous la même taille et qui, une fois descendu sur terre pour vérifier sa théorie, ouvrit une auberge équipée d’une seul lit : il coupait les pieds de tous ceux qui étaient trop grands pour son lit et faisait subir le supplice de l’étirement à ceux qui étaient trop petits) Dominique Wolton : «La consanguinité journalistes-politiques ravage la démocratie», La Tribune, 01/11/2012. On ne parvient plus très bien à faire la distinction entre ceux qui présentent les faits et ceux qui les analysent et les commentent en apparaissant aussi souvent que les journalistes au point qu’ils se proclament eux-mêmes journalistes. La confusion des discours entre journalistes, politiciens, financiers et commerçants «ravage la démocratie» ( Dominique Wolton, La Tribune, 01/11/2011) Il y a plus de titulaires d’une carte de journaliste en France. Le grand public n’en connait que quelques uns personne ne connaît publiquement, par exemple, l’un ou l’une des 3000 journalistes de l’Agence France Presse dec 2012

11 LE JOURNALISME EST UN ACTE CITOYEN
Du 1630 à 1960 : partout, la « grande époque » La presse est un support pour le débat polémique et l’expression d’idées engagées Emile ZOLA Jean-Paul MARAT Le peuple doit savoir L’opinion publique doit faire respecter la justice par delà les passions Raymond ARON Joseph Pulitzer L’opinion doit être libre Le crime ne résiste pas à sa publicité Albert LONDRES Albert CAMUS Quand on évoque les journalistes, ceux qui viennent à l’esprit représentent à peine 5 % de la profession, et ce, quelle que soit l’époque. Le 13 janvier 1898, l’Aurore n’a que trois mois d’existence et Le Figaro, sous la pression des antidreyfusards, a refusé les articles de Zola à propos de l’affaire Dreyfus. La place des grandes signatures ne doit pas faire illusion. Au lendemain de la première guerre mondiale, les journalistes professionnels décident de se liguer contre les patrons de presse qui ont ouvertement transformer leurs journaux en organes de propagande pour les puissances en guerre. Le syndicat des journalistes est créé en 1918 et il rédige immédiatement une charte déontologique. La formule affichée dans les bureaux du Chicago Tribune en 1880 est la référence absolue : « Qui ? Quoi ? Comment ? Quand ? Où ? » On ne peut pas laisser les pouvoirs dominants tout décider La réalité doit être montrée Les grands noms prennent position et prennent des risques … les lecteurs sont sensibilisés Cette phase s’achève lorsque les libéraux imposent « l’objectivité » pour remplacer le débat d’idées dec 2012

12 DU JOURNALISME MILITANT VERS LE JOURNALISME PROFESSIONNEL
Evolution très sensible en France (voir Erik NEVEU) accroissement du nombre des titulaires d’une carte de presse en 1980 en 2000 en 2009 professionnalisation, technicité et prolétarisation depuis 1960, un recrutement en majorité sur diplômes universitaires treize écoles de journalisme en France : les «grandes» et les «petites» ! des formations universitaires à Bac+2 et Bac+3 (Licences, maîtrises, DUT, BTS) pour l’audio-visuel, deux écoles supérieures de référence : SciencesPo et HEC Avec la création des écoles de journalisme et la vocation marchande de la presse, on a transformé la tacite charte déontologique professionnelle de 1918 les liens entre les écoles prestigieuses et le monde des affaires sont très étroits les enseignants qui forment au brio y dispensent un enseignement facilement filtré par leurs convictions et leurs fonctions au sein des groupes industriels et financiers on y pratique très facilement le mandarinat et le clientélisme les éditorialistes de la presse à grande diffusion pour les questions économiques et de politique générale sont très souvent les enseignants qui forment les journalistes des écoles prestigieuses La première école de journalisme fut fondée en France à Lille en 1924 (Ecole Supérieure de Journalisme de Lille) 5 établissements de formation à Paris : CELSEA (Neuilly- public) ; IFP Paris (public) ; SciencesPO Paris (Fondation) ; CFJ (Paris, privé) ; IPJ - Paris (privé) 8 établissements en province : Bordeaux (public), Grenoble (public), IUT de Lannion, IUT de Tours, Marseille (public), Strasbourg (public), Lille (privé), Toulouse (privé) dec 2012

13 UNE « PROPAGANDE GLAUQUE » AGIT DE MANIERE TRES EFFICACE
les propositions du libéralisme économique et surtout du néo- libéralisme économique sont discutables, démenties par la preuve historique les non-libéraux pris à témoin interrogés par les journalistes doivent toujours leur démontrer que les propositions néo-libérales sont fausses « la propagande glauque a installé dans nos têtes, et surtout dans la tête des jeunes dont la télé est l’éducateur principal, presque tous les corrélats culturels, philosophiques et psychologiques du libéralisme » Jean-Léon BEAUVOIS, article adressé à « Libéralisme ou démocratie » le 18 juin 2005 (http://liberalisme-democraties-debat-public.com) dec 2012

14 TROIS CITATIONS A L’APPUI
Laurent Joffrin (directeur de la rédaction de Libération) : «On a été les instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche» - France 2, 2 juin [Halimi, p. 50] Lewis Lapham ( directeur de rédaction du mensuel Harper’s Magazine,) : «L’économie globale est un mécanisme très coûteux et très délicat qui exige la participation des investisseurs à la place des citoyens.» in «Economic Correcteness», Harper’s, février 1997 [Halimi, p.50] Jean-Marc Sylvestre (éditorialiste sur France Inter et LCI) : «Comment expliquez-vous qu’en France l’économie soit encore chahutée par le débat public et par les militants d’un parti ou d’un autre ?» Emission Décideurs, LCI, 11 mai [Halimi, p. 53] dec 2012

15 EN 1932 Paul NIZAN écrivait :
« M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui.» «Les chiens de garde», Maspero, 1976, p. 61 et Serge Halimi ajoute : «Depuis, ce qui a surtout changé, c’est que les journalistes parlent comme M. Michelin.» «Les nouveaux chiens de garde», Liber, 1997, p. 53 dec 2012

16 La presse marchande nivelle plus ses journalistes
OU SONT LES SAVANTS ? Pourquoi ceux-là et pas les nôtres ? Ce ne sont pas les grandes signatures qui font la qualité de la presse, mais la place que cette dernière réserve aux grandes signatures. La place est occupée par une information homogénéisée Par suite de la compétition entre les titres, l’information se boucle : sous la tutelle de la « revue de presse », les informateurs trouvent l’information auprès des informateurs les objets observés sont les mêmes ; les sujets traités sont les mêmes ; les experts consultés sont les mêmes. Les grands intellectuels, les passeurs de la réflexion élaborée ne sont pas interdits de parole, mais s’ils ne se plient pas aux lois du genre, ils ne sont pas invités par les médias. Il faut reconnaître que certains supports comme Le Monde Diplomatique, ARTE ou Médiapart leur réservent pourtant un rôle de premier plan. Sur les chaînes de grande diffusion, les grands intellectuels ne peuvent pas trouver la place qui leur est nécessaire pour intervenir dans les colonnes ou dans le temps d’antenne. Il faut faire court ! Les experts américains ont normalisé la duré d’une intervention ou d’une réponse à 7 secondes ! Même si tous les animateurs ne respectent pas cette règle à la lettre, la consigne est sévère ! Dans un journal télévisé, un sujet occupe 1’45’’ de temps d’antenne en moyenne ! De plus, parce qu’il ne faut pas être distancé sur le marché, la place est occupée par une information homogénéisée. La presse marchande nivelle plus ses journalistes que ses lecteurs-auditeurs-spectateurs dec 2012

17 QUANT A EUX, ON NE PEUT LES VOIR QU’APRES 22h ET, SEULEMENT,
LA PRESSE NE PARLE PLUS QUE D’ECONOMIE MAIS NOUS NE VOYONS OU ENTENDONS JAMAIS CEUX-LA Jean TIROLLE Bernard FRIOT Thomas PIKETTY André ORLEANS Michel HUSSON Jean Gadrey Dominique PLIHON Frédéric LORDON QUANT A EUX, ON NE PEUT LES VOIR QU’APRES 22h ET, SEULEMENT, DE TEMPS EN TEMPS dec 2012

18 UN QUATRIEME POUVOIR ? les journalistes ne sont pas des porte-parole de l’opinion publique ils hiérarchisent les évènements en fonction de leurs propres enjeux ils orientent l’attention du public sur des sujets qu’ils choisissent ils consacrent des personnes ou des oeuvres de manière autonome mais le champ politique et le champ économique leur échappent le champ politique : parce que la puissance publique a toujours le dernier mot le champ économique : parce que les journalistes ne peuvent pas peser sur les choix des entrepreneurs et des financiers Sur OUEST-FRANCE : En 1898, Emmanuel Desgrées du Loû dirige à Rennes plusieurs revues dont L'Écho de l'Ouest, L'Écho de la mer, Le Dolois. Il propose l'idée d'un quotidien régional. Il réunit 86 000 francs et lance L'Ouest-Éclair avec l'abbé Trochu. Le premier numéro sort à Rennes le 2 août Dans son éditorial, il déclare refuser les sectarismes, et veut promouvoir la justice sociale, la paix religieuse, l'union sociale. Son petit fils, François Régis Hutin, actuel PdG du groupe signe régulièrement à la une de Ouest-France et affiche ses engagements notamment en faveur de l'Église, de l'Europe et de l'enseignement catholique. Il a mis également son journal au service de son combat contre la peine de mort et la torture ou pour l'amélioration des conditions de vie dans les prisons. Il publie aussi régulièrement de grands reportages réalisés le plus souvent à l'étranger, dans des pays déshérités ou victimes de catastrophes. Il joue ainsi un rôle de conviction pour l'adoption du traité de Maastricht par les électeurs de l'ouest de la France. Un patron de presse a des convictions mais elles ne sont que des appuis aux décideurs politiques et décideurs. «En lisant le journal, les gens croient apprendre ce qui se passe dans le monde. En réalité ils n’apprennent que ce qui se passe dans le journal.» Philippe GELUCK, le chat in EriK Neveu, p.84 dec 2012

19 FAIRE UN JOURNAL COUTE CHER MAIS IL PEUT RAPPORTER BIEN PLUS D’ARGENT QU’IL N’EN FAIT DEPENSER
La ligne éditoriale peut être liée à la recherche des profits Objectif : occuper la plus grande part de marché pour gagner de l’argent Identifier des profils de lecteurs et se servir de leurs attentes Valoriser des sujets à dimension émotionnelle La gestion du journal tient plus de l’argent que du contenu «Assis» ou «de terrain», un journaliste a un coût. Optimiser les effectifs et les coûts de production ; limiter les contrats recourir au « pigisme » ; Rechercher des recettes externes publicité (20 milliards d’€ en 2005) subventions d’Etat (1,2 à 1,8 milliard en 2011) Vendre à la clientèle plutôt que lui transmettre l’information La clientèle de la presse est une clientèle captive fonctionnement par abonnement principe de l’attachement des lecteurs par le feuilleton attachement aux « grandes signatures » effet narcissique pour le lectorat qui peut voir qu’on parle de lui etc… Les recettes de publicité pour l’ensemble de la presse auraient été de l’ordre de 20 milliards d’euros en 2005 (source : Le Temps des médias 2006/1 - n° 6) pages 6 à 8 dec 2012

20 LES PROPRIETAIRES DES ORGANES DE PRESSE EN FRANCE
Source : le Plan B n° 1 Selon les sources : de 1,2 à 1,8 milliards d’euros en subventions versées par l’Etat en 2011 « Le plan B » à la naissance duquel Gilles Balbastre avait contribué puisqu’il en fut le directeur de publication est paru de 2006 à 2010. La presse est convoitée par les puissances d’argent : Lagardère, Vivendi, Bouygues, Boloré, Wendel, Dassault, Pinault, Bertelsmann... Un trentaine de groupes financiers se partagent tout ce qui se publie en France. Certains sont des spécialistes, mais ils sont bien moins nombreux que les groupes industriels de l’industrie lourde, de la production de services ou du BTP. Par ailleurs, la presse française est très fortement subventionnée. Cela tient aux effets de la très forte intervention de l’Etat au lendemain de la 2 nde guerre mondiale : tous les titres ayant maintenu leur parution pendant l’occupation ont été confisqués. Il a donc été décidé d’apporter des fonds d’Etat pour que se développe une presse diversifiée et autre que la seule presse parue clandestinement pendant la guerre. Dans un article récent intitulé « Presse : le dispendieux scandale des systèmes de subvention », Laurent Mauduit, (Médiapart, 30 oct 2012), écrit : « Au pays du capitalisme de connivence, les grands journaux sont tombés dans l’escarcelle de milliardaires dont la presse n’est que très rarement le métier de base et qui sont presque toujours des obligés du Palais. Comme pour prolonger ce système de consanguinité, la puissance publique a arrosé ces journaux de subventions, sans que celles-ci ne soient révélées dans leur détail et sans que les critères d’attribution ne soient connus. En clair, les aides à la presse sont l’une des nombreuses illustrations du système si français du « coup d’État permanent » : l’Élysée distribue des mille et des cents aux journaux amis et à quelques autres ; et sans jamais avoir à se justifier de ses générosités. » Le rapport du député Michel Françaix souligne qu’en percevant un peu moins de 17 millions d’euros (en 2011) c’est Le Monde qui reçoit la plus grosse subvention annuelle, suivi de près par Le Figaro (15 millions), puis par les magazines TV. dec 2012

21 QUAND ON PARLE D’ARGENT L’AMERIQUE SERT DE MODELE
L’INFORMATION ET L’ARGENT SONT EN MENAGE Les media y captent, par exemple, sous forme de spots publicitaires la moitié des dépenses de campagne des politiciens 744 millions de $ pour les représentants de la Chambre 705 millions de $ pour les sénateurs 1 milliard pour les gouverneurs Le Plan B, n° 5, janvier 2005, p 3 DETENIR UN JOURNAL, C’EST DETENIR UN SUPPORT PUBLICITAIRE IRREMPLAÇABLE La presse apparaît comme une activité dérivée de la production des marchandises et des services : elle est le medium par lequel les capitaux reviennent à très court terme à ses détenteurs au moyen de la publicité. En 2012, en Argentine, des patrons de presse viennent d’intenter un procès contre l’Etat qui souhaite disperser une presse très concentrée en prenant le contrôle d’une partie des titres : ce n’est pas la nationalisation de certains organes de presse qui les gène mais la réduction des recettes de publicité par suite du partage des audiences. Les entrepreneurs qui possèdent les grands médias possèdent d’abord la surface publicitaire qu’ils représentent Adepte du modèle, le groupe Ouest-France, aujourd’hui SIPA-OUEST FRANCE, est une affaire spécialisée dans la publicité qui «pèse» plus d’un milliard d’euros dec 2012

22 LA PRODUCTION DE L’INFORMATION SE TRANSFORME FACILEMENT EN PROPAGANDE
1922 : Walter LIPPMAN (Comité Creel) « le citoyen américain ne se forge plus ses opinions dans son environnement interpersonnel, dans les groupes de proximité (comme la famille, le quartier, les relations de travail). Il s’est isolé dans un cocon urbain qui le conduit à emprunter des opinions, des savoirs, des informations… à ces sources distantes et non interactives que sont les medias. » cet ensemble constitue un « pseudo-environnement » La désinformation passe avant l’argumentation on transmet aux citoyens l’information appuyant un point de vue et on fait silence sur les autres informations le monopole de la source d’information organise la censure discrète Lippman fut journaliste au New Republic, au World, au New York Herald tribune et à Newsweek et fut associé au Professeur George Creel en pour former le comité Creel à la demande du Président Wilson dans le but d’orienter l’opinion publique américaine en faveur de l’entrée en guerre des Etats-Unis aux côtés de leurs alliés européens. Il a compris quelles sont les conditions pour que la propagande glauque puisse faire son effet : il suffit de profiter de ce qu’il nomme un pseudo-environnement. En 1922, il écrit « le citoyen américain ne se forge plus ses opinions dans son environnement interpersonnel, dans les groupes de proximité (comme la famille, le quartier, les relations de travail). Il s’est isolé dans un cocon urbain qui le conduit à emprunter des opinions, des savoirs, des informations… à ces sources distantes et non interactives que sont les medias. Et cet ensemble constitue un « pseudo-environnement » François BONNET, Médiapart, 2 dec 2012 (article marquant le 5 anniversaire de médiapart) : «Là où les rédactions et les éditeurs devraient massivement investir pour raconter, expliquer, débattre d’un monde qui bascule, c’est la chronique des licenciements et des petites et grandes pressions qui fait l’ordinaire de la vie interne des journaux.» L’intention politique transforme l’information en argumentation d’où l’engagement de Serge Halimi contre : le Parti de la Presse et de l’Argent dec 2012

23 LA CHARTE DU JOURNALISTE DEVRAIT POURTANT FAIRE ECRAN
adoptée en 1918 par le Syndicat national des journalistes. « Un journaliste digne de ce nom prend la responsabilité de tous ses écrits même anonymes : tient la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles ; ne reconnaît que la production de ses pages souveraine en matière d’honneur professionnel ; n’accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle ; s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque ; ne touche pas d’argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ; ne signe pas de son nom des articles de réclame, commerciale ou financière ; ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque ; ne sollicite pas la place d’un confrère, ni ne provoque son renvoi en offrant de travailler à des conditions inférieures ; garde le secret professionnel ; n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ; revendique la liberté de publier honnêtement ses informations ; tient le scrupule et le souci de la justice pour des règles premières ; ne confond pas son rôle avec celui du policier. » dec 2012

24 : LES ANNEES DE PLOMB la presse n’est qu’instrument de propagande A part quelques rares titres, partout dans le monde, à l’exception de la Grande Bretagne la presse est discréditée dec 2012

25 EN FRANCE, LE 9 OCTOBRE 1945 ON REAFFIRME LES FONDAMENTAUX DEMOCRATIQUES
« La presse n'est pas un instrument de profit commercial, mais un instrument de culture ; sa mission est de donner des informations exactes, de défendre des idées, de servir la cause du progrès humain » [art. 1er] « La presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance gouvernementale, ni des puissances d'argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs » [art. 3] « Projet de déclaration des droits et devoirs de la presse libre », Fédération nationale de la presse française, 2 novembre 1945 Loi n° du 11 mai 1946 (Loi Deferre) : expropriation des journaux ayant poursuivi leur parution sous l’occupation (transfert et dévolution de biens et d'éléments d'actifs d'entreprises de presse et d'information : transfert de leurs biens à la Société nationale des entreprises de presse (Snep), administrée par des représentants de l'État et de la profession et chargée de les attribuer à des journaux autorisés (ordonnance du 6 mai 1944). Le législateur pensait avoir réglé le problème de la diffusion de la presse avec la loi du 2 avril 1947 dite «Loi Bichet» et la création des NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne, devenues Presstalis en 2009) et des MLP (Messageries Lyonnaises de Presse). La question a été rouverte en au prétexte que le système ne serait plus viable en raison du recul de la vente des quotidiens. De nombreuses parutions modestes sont aujourd’hui en grande difficultés budgétaires par suite de la décision de La Poste de remettre en question les tarifs préférentiels de la diffusion en nombre. La plupart des journaux qui ont poursuivi leur publication pendant la guerre sont interdits de parution, obligés de changer de nom ou nationalisés dec 2012

26 RENDRE COMPTE DU DEBAT PUBLIC OU FABRIQUER UN DEBAT PUBLIC ?
C’est la question que se posent tous ceux qui observent les « déchaînements médiatiques » pendant la guerre du Golfe ou la guerre du Kosovo, au Vénézuela ou en Argentine, actuellement, et les carences constatées de la « grande » presse écrite et, surtout, radio et télédiffusée à peu près partout dans le monde. Pierre Bourdieu prend l’exemple du déchaînement médiatique nationaliste en Grèce et en Turquie en 1996 à propos d’un accident maritime qui eut lieu à proximité de l’île de Kimia en mer Egée et qui n’avait en rien été traité comme une affaire diplomatique par les autorités de chacun des deux pays. Le journaliste est libre de ses commentaires mais sa responsabilité est immense si le public ne dispose pas de l’information primaire. dec 2012

27 GEREE PAR L’ARGENT, L’information EST :
Une production marchande : les différents médias se concurrencent sur le marché concurrence non pas dans les contenus mais dans les recettes de publicité ex: les « gratuits » dans la presse quotidienne la qualité du travail des journalistes dépend des contraintes financières les conditions de travail des journalistes se dégradent très facilement les lecteurs sont traités comme des clients auxquels on adresse des offres commerciales des produits dérivés : encyclopédies, DVD, voyages, lieux touristiques etc… des services culturels : manuels scolaires, livres, films, musique, etc… Un bien de consommation le « scoop » choc pour faire vendre un produit d’appel pour la distribution de tous les biens de consommation possibles L’argument commercial des patrons de presse exaspérants et désespérants ne tient pas : le 13 janvier 1898, le n° 86 de l’Aurore a été diffusé à exemplaires dans Paris et sa banlieue alors que ses 85 n° précédents n’étaient diffusés qu’à exemplaires dec 2012

28 LA PRESSE PEUT NE PAS ETRE SOUS LA TUTELLE DES PUISSANCES D’ARGENT
De grands titres sont indépendants du Parti de la presse et de l’argent Le canard enchaîné Le Monde Diplomatique Médiapart The Guardian (en Grande Bretagne) ARTE ... Des titres modestes sont parfaitement détachés d’intentions de profit on ne peut pas passer sous silence tous les titres de la presse dite alternative On ne peut pas généraliser une situation particulière L’indépendance des journalistes est juridiquement très protégée aux Etats Unis, en Italie, en Allemagne, au Portugal ou aux Pays Bas Les compromissions ou l’insuffisance professionnelle des uns ne doit pas cacher la rigueur et l'honnêteté intellectuelle des autres Le caporalisme de certains présentateurs vedettes, éditorialistes ou rédacteurs en chef ne doit pas masquer l’engagement citoyen sincère des fantassins du journalisme dec 2012

29 L’INDEPENDANCE DES JOURNALISTES…
se mesure à leurs capacités de passeurs transcrire et transmettre ce qu’on a vu et entendu à ceux qui n’ont ni vu ni entendu gérer scientifiquement ses appréciations personnelles au besoin : taire ses appréciations respecter ses sources elle ne peut pas se mesurer pas à leurs talents d’animateur, de commentateur, ou de saltimbanque André GORZ - Michel BOSQUET a écrit à propos de lui-même : « C’était ça qu’il trouvait pénible : mobiliser toutes les ressources de sa pensée pour produire une pensée dont sa pensée fût absente ; forger avec les mots de tout le monde une micro-histoire qui ne devait être son produit que par la réussite technique plus ou moins grande de sa mise en forme. «Je n’existe pas», proclama un jour une pancarte collée avec du scotch sur la porte vitrée d’un bureau. La consigne, inconsciente de son ironie sinistre, résumait bien la condition de journaliste. «Ce que tu penses, on s’en fout, avait dit Phil. C’est pas pour ça qu’on te paie.» IMEC, fonds André Gorz. Ce texte appartient à un ensemble de notes inédites rédigées au début des années 1960. Un fragment a été publié dans «La Règle du jeu» (janvier 2011, n° 45)sous le titre «Notes sur le journalisme» Source : La mise en perspective doit être distinguée de la mise en scène et, dans le fond, peu importe qui rémunère le journaliste dec 2012

30 Le support audio visuel, en tant que tel, a fait la preuve de sa très forte capacité à informer
films documentaires films de fiction reportages photographiques MAIS LA PRESSE TELEVISEE OU RADIO DIFFUSEE A UNE TRES FAIBLE DENSITE INFORMATIVE De trop rares exceptions faites de savoir et de modestie Domination du présentateur Faux débats Uniformisation du discours Vulgarisation par l’image Réflexion impossible dans l’urgence Tyrannie du « temps rare » la responsabilité des directeurs de rédaction est immense i - C’est la façon dont on utilise l’image qui est en cause mais pas l’image en elle-même. Bourdieu aimait faire des interventions filmées dans son bureau au Collège de France avec les moyens audiovisuels du Collège, mais c’est lui qui en proposait la durée. Pierre BOURDIEU, « Sur la télévision », Liber, 1997 II- Le temps d’antenne est rigide ! Il n’y a rien à attendre de l’énoncé de gros titres «chapeautés» par un ou deux éditorialistes entraînés aux lois du genre et plus ou moins arrogants. En ce qui concerne les entretiens longs, il faut le talent et la modestie de Armand JAMMOT ou Dominique TADDEI pour mener un entretien audio-visuel qui ne soit ni désespérant ni exaspérant : combien de fois voyons-nous les présentateurs interrompre leurs invités pour faire redondance sur des détails souvent réducteurs au prétexte que « le spectateur moyen aurait besoin de simplicité et de clarté » En revanche, quantités de reportages filmés ou enregistrés sans images (cf les reportages de FRANCE CULTURE, de FRANCE MUSIQUE ou de Daniel MERMET - «Là-bas si j’y suis» sur FRANCE INTER) sont des montagnes d’informations quand ils ne sont pas parasités par les animateurs / présentateurs / modérateurs. La presse écrite digitale a donc un avenir et c’est tant mieux pour la planète si nous n’avons plus recours au papier dec 2012

31 PREMIERE CONCLUSION Les journalistes français qui occupent le devant de la scène sont loin d’être indépendants leurs liens avec les puissances d’argent ne sont pas dissimulés leur «médiatisme compact», comme le nomme Serge Halimi, toujours favorable aux pouvoirs en place est exaspérant leurs mises en scène devant l’objectif des caméras décrédibilisent leurs témoignages leur fréquentation assidue des espaces chics et sélects les éloigne bien plus de leur public qu’ils ne le pensent sans doute ils s’attachent au monde des puissants et ils agissent en cette qualité dec 2012

32 les journalistes connaissent sans doute une crise de surpopulation
DEUXIEME CONCLUSION les journalistes connaissent sans doute une crise de surpopulation ils s’exposent à la concurrence de leurs confrères et consœurs qui accepteront de travailler dans le strict respect des exigences des rédactions qui accepteront des rémunérations trop faibles qui accepteront des statuts précaires et incertains ils sont victimes de la violence symbolique qui menace toute société qui ne se pense plus que dans l’instantané et le court terme la déréglementation généralisée de l’activité professionnelle peut leur faire courir le danger de ne plus pouvoir s’adresser à leurs propres concitoyens dec 2012

33 TROISIEME CONCLUSION la presse peut être indépendante si :
elle relève d’un service public de l’information : indépendant du gouvernement ; protégeant la liberté d’expression, le droit de retrait et le droit d’association de ses rédacteurs ; financé par des fonds publics ; sous contrôle démocratique. et/ou elle est constituée en système associatif : sans but lucratif ; sous contrôle : de l’association de ses rédacteurs ; de ses lecteurs. et/ou un statut légal du journaliste efface le contrat de subordination du journaliste avec son employeur instaure un droit de retrait du journaliste aux citoyens, le soin d’en concevoir les modalités dec 2012

34 RESSOURCES BIBLIOGRAPHIQUES
Alain ACCARDO, « Journalistes précaires, journalistes au quotidien », Agone, 2007 Jean-Léon BEAUVOIS, « Les démocraties, la télévision et la propagande glauque » dans Courbet & Fourquet, « La télévision et ses influences ». Bruxelles, de Boeck, 2003 Pierre BOURDIEU, « Sur la télévision », Liber, 1997 Noam CHOMSKY & Edward S. HERMAN, « La fabrique de l’opinion publique », Le serpent à plumes, 2003 Serge HALIMI, «Les nouveaux chiens de garde», Liber-Raisons d’agir, 1997 Serge HALIMI & Dominique VIDAL, « L’opinion, ça se travaille », Agone, 2002 Bernard MIEGE, « La société conquise par la communication », PUG, 1989 Erik NEVEU, « Sociologie du journalisme », La découverte, 2009 Ignacio RAMONET, « Propagandes silencieuses », Folio, 2004 «Le temps des média», revue d’histoire, nouveau Monde éditions, (direction scientifique : Christian DELPORTE) «Gilles Balbastre, journaliste repenti», moderne.org/societe/media/balbastr/textes/periphs.html dec 2012


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