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Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde.

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1 Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde

2 Cette exposition explore l'"aesthetic movement" qui, dans l'Angleterre de la seconde moitié du XIXe siècle, se donne pour vocation d'échapper à la laideur et au matérialisme de l'époque, par une nouvelle idéalisation de l'art et de la beauté. Peintres, poètes, décorateurs et créateurs définissent un art libéré des principes d'ordre et de la moralité victorienne, et non dénué de sensualité.

3 Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde Des années 1860 à la dernière décennie décadente du règne de la reine Victoria, qui s'éteint en 1901, ce courant est étudié à partir des œuvres emblématiques de Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones et William Morris, James McNeill Whistler, Oscar Wilde et Aubrey Beardsley. Tous sont réunis dans une même quête associant la création artistique à l'art de vivre et qui trouve des terrains d'expression féconds dans les domaines de la photographie, des arts décoratifs, du vêtement et de la littérature.

4 John William Waterhouse ( ) Sainte Cécile [Saint Cecilia]1895Huile sur toile H. 123,2 ; L. 200,7 cm Collection particulière, c/o Christie's© Christie's Images / Bridgeman Art Library

5 A la recherche d'une nouvelle beauté, 1860–1870 Au milieu du XIXe siècle, au Royaume-Uni, une cacophonie de styles et de théories agite le monde de l'art et des arts appliqués. De cette confusion émerge pourtant un idéal clair et révolutionnaire : la quête d'une nouvelle beauté. Les artistes associés à ce que l'on nommera l'Aesthetic Movement ne cherchent rien moins que la création d'une forme d'art libérée des préceptes de la Royal Academy, affranchie des conventions sociales. C'est l'avènement de L'art pour l'art, d'un art qui n'a d'autre vocation que la beauté. Les tableaux peints par les "esthètes" ne sont ni narratifs, ni moraux ; leurs sculptures offrent simplement un délice visuel et tactile, évocateur de plaisirs sensuels ; leur poésie se veut "pure".

6 Thomas Armstrong ( )Le Champ de foin [The Hay Field]1869Huile sur toile Londres, Victoria and Albert Museum legs Mme Ellen Coltart© V&A Images

7 A la recherche d'une nouvelle beauté, 1860–1870 Le même esprit s'étend à la gravure, la reliure, la mode ou la photographie et touche surtout toutes les formes d'arts décoratifs. L'objectif est de transformer le mobilier banal et prétentieux des intérieurs de la classe moyenne victorienne en y introduisant des meubles dignes de l'appellation "meubles d'art", de produire des céramiques, des tissus, des papiers peints et d'autres objets assez délicats pour mériter leur place au sein de l'habitat des "esthètes".

8 Edward William Godwin ( ) Buffet Acajou ébénisé avec poignées en argent plaqué et panneaux insérés en papier cuir brocardé Londres, Victoria and Albert Museum© V&A Images

9 Les premiers cercles "esthètes" A l'origine, le Mouvement est constitué de deux petits groupes assez homogènes, qui entretiennent l'un avec l'autre des relations étroites et complexes. Le groupe de Holland Park tout d'abord a pour centre Little Holland House, la demeure de la famille Prinsep, qui constitue l'un des pôles de la vie artistique, littéraire et intellectuelle du Londres victorien. Autour des deux figures majeures du groupe que sont Frederic Leighton et George Frederic Watts, on peut y croiser d'autres personnalités reconnues comme Tennyson ou Julia Margaret Cameron.

10 Frederic Leighton ( )Pavonia Huile sur toile H. 53 ; L. 41,5 cm Londres, collection particulière, Courtesy Christie's© Christie's Images

11 Les premiers cercles "esthètes" Le second groupe unit - du moins pour un temps - des bohémiens romantiques comme Dante Gabriel Rossetti et ses disciples préraphaélites, dont William Morris et Edward Burne-Jones ; des figures rebelles tel James McNeill Whistler, tout juste revenu de Paris et nourri d'idées françaises jugées dangereuses sur la peinture moderne ; des "olympiens", peintres de grandioses sujets classiques, rattachés au cercle de Leighton et Watts. Choisissant des modèles se démarquant du goût victorien pour une féminité discrète, comme Lizzie Siddal, muse rousse de Rossetti et des préraphaélites, ou la fière italienne Nanna Risi, élue par Leighton, les peintres "esthètes" proposent une nouvelle vision de la beauté féminine à la sensualité assumée.

12 Les premiers cercles "esthètes" Enfin écrivains et critiques gravitent également autour de ce cercle, comme le frère de Rossetti, William Michael, et le jeune Algernon Swinburne. Tous deux s'efforceront de décrire les principes littéraires et artistiques de l'esthétisme et chercheront à montrer les liens qui unissent des œuvres apparemment hétéroclites.

13 A partir des années 1870, L'art pour l'art Sous l'impulsion de Swinburne, les premiers artistes de l'Aesthetic Movement adoptent la théorie parnassienne de L'art pour l'art. La formule a été répandue par Théophile Gautier, en 1835, dans la préface de son roman Mademoiselle de Maupin. Selon cette doctrine, l'art doit se libérer de toute préoccupation d'ordre moral, utilitaire ou religieux, et ne doit avoir d'autre fin que lui-même. Cet idéal théorique de L'art pour l'art trouve un écho favorable auprès d'Oscar Wilde et de James McNeill Whistler avant de rallier un large auditoire à la cause de l'Aesthetic Movement. La tranquille révolution amorcée dix ans auparavant prend alors de l'ampleur autour de la rénovation des arts décoratifs. Ainsi, s'ouvre une voie qui conduira à la notion actuelle de design avec quelques créateurs majeurs tels que Godwin, Dresser, Morris et Whistler.

14 James McNeill Whistler ( ) Symphonie en blanc n°2 : La Petite fille blanche [Symphony in White, n°2 : The Little White Girl]1864Huile sur toileLondres, Tate legs Arthur Studd, 1919© Tate, London, 2011

15 A partir des années 1870, L'art pour l'art Ils puisent leur inspiration dans l'histoire et la géographie lointaines : l'Orient, la Grèce, l'Egypte ancienne ou encore le Japon des estampes. En effet, le Japon ouvre officiellement ses frontières à l'Occident en 1854 avec la signature du traité de Kanagawa. Les objets japonais qui arrivent massivement sur le marché dès 1862 enthousiasment l'Europe et les Etats-Unis, et ils serviront de références pour toute une série de créations originales qui aujourd'hui encore semblent révolutionnaires.

16 Christopher Dresser ( )Théière Diamant vers 1879Argent et nickel électrogalvanisés, poignée en ébène Fabriqué par James Dixon & Sons, SheffieldLondres, Victoria and Albert Museum© V&A Images

17 A partir des années 1870, L'art pour l'art Ces sources sont relayées par une connaissance étendue des styles anciens mais aussi par celle des cultures islamiques et asiatiques qui s'inscrivent dans les idéaux encyclopédiques du South Kensington Museum récemment créé et devenu depuis le Victoria & Albert Museum. En peinture, Whistler, Leighton, Watts, Moore ou Burne-Jones s'orientent vers un style innovant qui privilégie l'harmonie des couleurs au détriment du sujet. De cette période datent les œuvres de Whistler intitulées Nocturne, Symphonie, qui déroutent alors un certain public confronté à une absence de fini pictural. La première exposition organisée à la Grosvenor Gallery sera marquée par quelques violentes querelles opposant Whistler à Ruskin, ce dernier défendant un art fondé sur la fidélité à la nature, encourageant le travail minutieux du détail et affirmant que la beauté ne saurait être détachée de considérations morales et religieuses.

18 La Grovesnor Gallery Au début des années 1870, une large partie du public perçoit encore l'Aesthetic Movement comme élitiste, égocentrique, voire immoral. Ce n'est que plus tard dans la décennie, grâce au soutien accru de mécènes éclairés et de critiques, que le Mouvement commence à progresser de façon plus positive. L'inauguration en 1877 par Sir Coutts Lindsay de la Grosvenor Gallery pour y exposer le travail de ses amis "esthètes" dans un environnement grandiose et favorable reste néanmoins un acte audacieux. Dès le départ, la Grosvenor Gallery est conçue pour servir d'alternative aux Summer Exhibitions surpeuplées de la Royal Academy. Modelées sur le style des grandes galeries de peintures des demeures privées, ses salles richement ornées deviennent immédiatement pour les artistes l'endroit le plus en vue pour exposer.

19 Sir Edward Burne-Jones ( ) Laus Veneris Huile avec peinture à l'or sur toile Newcastle-upon-Tyne, Laing Art Gallery© Tyne & Wear Archives & Museums

20 La Grovesnor Gallery Pour sa première édition, les murs sont tendus de soie cramoisie. L'année suivante, celle-ci est remplacée à grands frais, sur demande des artistes, par un vert "artistique" bien distinct. Ceci inspirera à Gilbert and Sullivan la célèbre expression, "greenery-yallery, Grosvenor Gallery". Reste que la violente diatribe de John Ruskin à l'égard des peintures de Whistler remet en cause le principe même de L'art pour l'art. La décennie s'achève sur cette controverse dont l'ombre plane sur le Mouvement.

21 Sir William Blake Richmond ( ) Mrs Luke Ionides1882Huile sur toile H. 102,2 ; L. 115,2 cm Londres, Victoria and Albert Museum© V&A Images

22 Belles personnes et demeures d'esthètes L'immense succès rencontré par la Grosvenor Gallery annonce l'avènement d'une nouvelle élite artistique dont le prestige social représente un défi sans précédent pour la Royal Academy. Les peintures de l'Aesthetic Movement suscitent l'enthousiasme d'un cercle d'admirateurs riches et intellectuels. En plus de commander peintures et portraits, ses adeptes aiment à redécorer leur intérieur à la manière du Mouvement, allant jusqu'à se vêtir de la même façon.

23 Belles personnes et demeures d'esthètes Peu à peu, le plus grand nombre finit par se rallier au Mouvement. L'esthétisme, objet d'enthousiasme réservé à quelques rares initiés, devient un mode artistique et un choix de vie plus répandu. Le rôle de la femme prend de l'importance avec l'introduction de l'art dans la maison mais aussi avec le changement des canons de la beauté féminine qui rejettent le corset et privilégient les drapés fluides dans des tissus unis, le vêtement affichant plus de sophistication que de luxe.

24 Edward William Godwin ( ) ; Edité par William Watt Harmonie en jaune et or, le buffet "Papillon" [Harmony in Yellow and Gold, The Butterfly Cabinet] Huile sur acajou, avec carreaux jaunes et moulages en cuivre et verre Glasgow, The Hunterian Art Gallery, University of Glasgow© The Hunterian Museum & Art gallery, University of Glasgow 2011

25 Belles personnes et demeures d'esthètes Durant cette période, les bijoux eux-aussi s'attachent davantage à exprimer les qualités artistiques plutôt que leur valeur intrinsèque. Edward Burne-Jones dessine par exemple plusieurs variantes de la broche Oiseau. Le débat sur les valeurs artistiques et éthiques de cet art nouveau se poursuit néanmoins. Whistler, comme toujours, se sent obligé de défendre les idéaux de L'art pour l'art, à la fois dans ses écrits et dans la présentation de ses propres expositions. D'une manière générale, toutefois, le sentiment qui prévaut est celui d'une bataille gagnée.

26 Broche Argent, verre teinté Donnée par Dante Gabriel Rossetti à Jane Morris Londres, Victoria and Albert Museum don de May Morris, fille de Jane et William Morris© V&A Images

27 Un exemple majeur : The Peacock Room / "La pièce des paons" The Peacock Room incarne la décoration d'intérieur la plus célèbre de l'Aesthetic Movement. La pièce commence par servir de salle à manger au 49 Princes Gate, demeure londonienne de l'armateur Frederick Leyland. Collectionneur parmi les plus avisés de l'époque, Leyland possède de nombreuses peintures remarquables des "esthètes" et des grands maîtres, dont The Syracusan Bride [La Mariée de Syracuse] de Leighton.

28 Un exemple majeur : The Peacock Room / "La pièce des paons" A l'origine, la pièce est tapissée de tentures en cuir ancien doré et gaufré qui servent de décor aux porcelaines blanches et bleues dont raffolent les "esthètes". Leyland accroche au-dessus de la cheminée la peinture de Whistler récemment acquise, La Princesse du pays de la porcelaine. Son auteur demande s'il peut estomper certaines couleurs vives du cuir afin de l'harmoniser avec l'œuvre. Leyland accepte et laisse Whistler seul dans la maison.

29 Un exemple majeur : The Peacock Room / "La pièce des paons" Durant l'été 1876, celui-ci transforme complètement la pièce en y peignant des paons dorés, avant de tenir portes ouvertes et de rendre le lieu célèbre en l'absence de son mécène. En 1908, le décor est vendu à un admirateur américain de Whistler, Charles Freer. Depuis 1923, la Freer Gallery de Washington expose ce symbole de l'Aesthetic Movement qui résume autant l'audace artistique des esthètes que leurs goûts et leurs univers.

30 Arthur Silver ( )Tissu d'ameublement Plumes de paons – (Peacock furnishing fabric)1887Coton imprimé au rouleau Imprimé par la Rossendale Printing Co., Lancashire for Liberty & Co., Londres Londres, Victoria and Albert Museum don de Rex Silver, fils du designer© V&A Images

31 Epanouissement tardif Dans les années 1880, le Royaume-Uni est au coeur d'une folie esthétique "greenery-yallery", subtilement moquée par Gilbert et Sullivan dans leur opérette Patience et par les caricatures de George Du Maurier dans Punch. Vers la fin de la décennie 1880 et même dans les années 1890, de nombreuses grandes figures sont toujours actives. Morris continue de travailler avec une féroce énergie jusqu'à sa mort en Burne-Jones, Leighton, Moore et Watts continuent tous de peindre leurs visions toujours plus oniriques dans de grandes compositions hiératiques. En outre, ces hommes désormais célèbres se servent de leur position pour encourager une jeune génération qui cherche à faire perdurer de nombreux idéaux du Mouvement. La photographie revendique dorénavant pleinement sa place en tant que discipline artistique, tandis que la sculpture connaît un regain de vitalité sous l'impulsion d'Alfred Gilbert, dont les oeuvres sensuelles sont à l'origine de la "nouvelle sculpture" anglaise. Quel que soit le médium choisi, les artistes de l'esthétisme se distinguent par leurs effets subtils et élégants.

32 Edward Burne-Jones ( )La roue de la Fortune1883Huile sur toile H. 200 ; L. 100 cm Paris, musée d'Orsay© RMN (Musée d'Orsay) / Gérard Blot

33 Satire et popularité. Oscar Wilde, l'Aesthetic Movement et la satire Lorsque la figure de l'"esthète" était apparue dans les années 1870, avec sa sensibilité et son rapport passionné aux arts, elle avait été associée à des idées "malsaines" et étrangères, potentiellement dangereuses. Certains écrits avaient été dénoncés pour leurs sujets marqués par l'influence de Baudelaire, mêlant l'amour sensuel, la luxure, la cruauté. L'absence revendiquée de "fibre morale", quant à elle, s'opposait aux valeurs de la société victorienne.

34 Satire et popularité. Oscar Wilde, l'Aesthetic Movement et la satire Néanmoins, dans les années 1880, les "esthètes" aux longs cheveux, vêtus de velours deviennent l'objet d'une satire plus affectueuse. Avec une précision extraordinaire, ils sont ridiculisés pour ce que Gilbert et Sullivan appellent leurs attitudes Angular and Flat [anguleuse et plate] à l'image des vitraux, leur discours ultra précieux et leur enthousiasme pour les "lilas mauves", les tournesols, les plumes de paon, la porcelaine blanche et bleue et les éventails japonais.

35 Satire et popularité. Oscar Wilde, l'Aesthetic Movement et la satire S'inventant en premier gourou du style, Oscar Wilde ( ) adopte habilement la posture de l'"esthète" et accède à la célébrité par des conférences sur les idéaux de l'Aesthetic Movement. Son nom et son apparition deviennent à tel point synonymes du mouvement que sa chute en il est condamné à deux ans de prison pour homosexualité au terme d'un procès retentissant - discrédite l'Aesthetic Movement pour toute une génération.

36 Napoléon Sarony ( )Portrait d'Oscar Wilde1882Epreuve sur panneau albuminé H. 30,5 ; L. 18,4 cm Londres, National Portrait Gallery© National Portrait Gallery, London

37 Le crépuscule de l'Aesthetic Movement Certaines théories suggèrent que les exagérations et les affectations de ses adeptes, relayées par la satire et la parodie, affaiblissent la force créatrice du Mouvement : peinture et poésie perdent de leur élan, les meubles "artistiques" sont reclassés dans les faubourgs… la beauté se fane. De plus, dans sa phase tardive, l'esthétisme est associé à l'idée de décadence. Des parallèles sont établis ente l'esthétisme, l'homosexualité et le catholicisme, encore perçu comme une menace par l'Angleterre protestante, ce qui discrédite le Mouvement.

38 Maxwell Armfield ( ) Faustine Huile sur toileH. 33,2 ; L. 51 cm Paris, musée d'Orsay© RMN (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski © The Estate of Maxwell Armfield / Bridgeman Art Library

39 Le crépuscule de l'Aesthetic Movement Mais, bien que la mort de Rossetti en 1882 et de Godwin en 1886 privent le mouvement de deux de ses figures les plus influentes, on assiste, dans le Londres des années 1890, à l'émergence d'une génération partageant nombre des valeurs des premières phases de l'Aesthetic Movement. Durant la dernière décennie du règne de la reine Victoria, les idées clés du Mouvement sont revisitées avec une sensibilité plus exacerbée, raison pour laquelle le personnage de l'"esthète" laisse la place à celui du "décadent". Il ne s'agit pourtant pas là de l'expression déliquescente de théories artistiques en voie d'extinction, ni d'un désir puéril de transgresser les codes et les conventions. Il faut voir dans cette dernière période l'incarnation d'un raffinement ultime, l'éclosion finale de la posture artistique et intellectuelle de l'Aesthetic Movement.

40 Aubrey Beardsley ( )L'Apogée : illustration pour Salomé d'Oscar Wilde – (The Climax)1894Publié par John Lane, cliché au trait et demi-ton sur vélin japonais Tiré de "A Portfolio of Aubrey Beardsley's drawings illustrating Salome by Oscar Wilde", 1907Londres, Victoria and Albert Museum don de Michael Harari en hommage à son père, Ralph A. Harari© V&A Images


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