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ANALYSE COMPARÉE DES POLITIQUES CULTURELLES DU QUÉBEC ET DE LA FRANCE.

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2 ANALYSE COMPARÉE DES POLITIQUES CULTURELLES DU QUÉBEC ET DE LA FRANCE

3 Plan I. INTRODUCTION LES SIMILITUDES ET LES DISTINCTIONS ENTRE LA FRANCE ET LE QUÉBEC LES SIMILITUDES ET LES DISTINCTIONS ENTRE LA FRANCE ET LE QUÉBEC II. MISE EN CONTEXTE II. MISE EN CONTEXTE ANALYSE COMPARÉE ANALYSE COMPARÉE CULTURE CULTURE III. LES FONDEMENTS DU RÔLE CULTUREL DE LÉTAT La France au sein de la Communauté Européenne La France au sein de la Communauté Européenne - Quelle Europe de la culture? - Quelle Europe de la culture? - LÉtat culturel français - LÉtat culturel français Le Québec: « lAmérique en français » Le Québec: « lAmérique en français » - Une Société distincte - Une Société distincte - La diversité culturelle - La diversité culturelle IV. LA PLACE DU 7ième ART, LE CINÉMA La bataille de la diversité culturelle La bataille de la diversité culturelle Promotion dune « marchandise pas comme les autres » Promotion dune « marchandise pas comme les autres » V. CONCLUSION LAutre cinéma LAutre cinéma

4 le QUÉBEC et la FRANCE. II. Mise en contexte Analyse comparée: Inspirée du «Modèle Référentiel» de Gérard Bouchard dans Genèse des nations et cultures du nouveau monde : «La comparaison porte sur deux, trois ou plusieurs unités différentes appartenant à autant de terrains ou sociétés, mais lune delles commande toute lopération.» (2000, p. 42) « La comparaison porte sur deux, trois ou plusieurs unités différentes appartenant à autant de terrains ou sociétés, mais lune delles commande toute lopération.» (2000, p. 42) La comparaison se situe au cœur des « POLITIQUES CULTURELLES » et seffectuera autour des deux entités suivantes :

5 Pour qui sinterroge sur le rapport entre lÉtat et la culture, il est nécessaire de définir cette notion de culture. Lobjectif étant donc de mieux distinguer les spécificités culturelles de la France et du Québec en les comparant entre elles, et ce, au sein de leur communauté géographique respective. On ne peut parler de politique culturelle française sans parler de lEurope ou encore du Québec sans évoquer le Canada.

6 Pour l'anthropologie, la culture désigne l'ensemble des activités et des comportements, aussi bien pratiques que symboliques, créés, transmis ou transformés par l'espèce humaine. En ce sens, la culture s'oppose à la nature. Pour l'anthropologie, la culture désigne l'ensemble des activités et des comportements, aussi bien pratiques que symboliques, créés, transmis ou transformés par l'espèce humaine. En ce sens, la culture s'oppose à la nature. Les groupes, les classes, les institutions possèdent des cultures propres, socialement marquées, selon des fonctions, des moyens d'expression, des inégalités fondamentales. L'anthropologue britannique Edward B. Tylor donna le premier une définition formelle du concept de culture en 1871 dans son ouvrage Primitive Culture. Les groupes, les classes, les institutions possèdent des cultures propres, socialement marquées, selon des fonctions, des moyens d'expression, des inégalités fondamentales. L'anthropologue britannique Edward B. Tylor donna le premier une définition formelle du concept de culture en 1871 dans son ouvrage Primitive Culture. Il utilisa ce terme pour caractériser « cet ensemble complexe comprenant les connaissances, les croyances, l'art, la morale, la loi, les coutumes ainsi que toutes les autres capacités et habitudes acquises par l'homme en tant que membre de la société ». Il utilisa ce terme pour caractériser « cet ensemble complexe comprenant les connaissances, les croyances, l'art, la morale, la loi, les coutumes ainsi que toutes les autres capacités et habitudes acquises par l'homme en tant que membre de la société ». CULTURE:

7 Depuis, les anthropologues ont proposé de nombreuses variantes de cette définition, mais tous s'accordent à penser que la culture est un comportement lié à l'apprentissage. Depuis, les anthropologues ont proposé de nombreuses variantes de cette définition, mais tous s'accordent à penser que la culture est un comportement lié à l'apprentissage. Le rôle culturel de lÉtat nest apparu véritablement quavec la naissance des États modernes ainsi que de ladministration qui les soutient. Le rôle culturel de lÉtat nest apparu véritablement quavec la naissance des États modernes ainsi que de ladministration qui les soutient. Face à la culture, lÉtat ne peut demeurer neutre car lui- même est producteur de culture. Face à la culture, lÉtat ne peut demeurer neutre car lui- même est producteur de culture. CUCHE, Denis La notion de culture dans les sciences sociales. CUCHE, Denis La notion de culture dans les sciences sociales. Sous un angle historique, Gérard Bouchard cité dans Panam: Industries culturelles et dialogue des civilisations dans les Amériques (2003) énonce comme suit sa vision de la culture : « La culture, vaste ensemble de valeurs, de normes, didées, expression des imaginaires – la culture devient alors centrale. La culture des industries culturelles, la culture populaire comme la culture des intellectuels».

8 Comment ce que lon nomme « politiques culturelles » Comment ce que lon nomme « politiques culturelles » assument- elles leurs rôles ? assument- elles leurs rôles ? Notre dessein nest pas de retracer la genèse de la « culture française » ou de la «culture québécoise ». Nous essaierons de voir comment la France et le Québec appréhendent la culture. Quelles sont leurs réactions face à la culture ? Quelles sont leurs réactions face à la culture ? Quelle place ces États accordent-ils au 7ème art, le cinéma? Quelle place ces États accordent-ils au 7ème art, le cinéma?

9 Les fondements du rôle culturel de lÉtat Parler de la politique culturelle de la France cest linscrire au sein de lEurope Parler de la politique culturelle de la France cest linscrire au sein de lEurope (www.champagne-ardenne.cci.fr/fr/actu/europe-des-15/europe-des- 15.html) 15.htmlwww.champagne-ardenne.cci.fr/fr/actu/europe-des-15/europe-des- 15.html La culture : témoin dune volonté de forger lidentité nationale

10 La politique culturelle des États en Europe La politique culturelle des États en Europe Quelles stratégies culturelles? Quelles stratégies culturelles? « Si cétait à refaire, je commencerai par la culture », disait Jean Monnet ou le « Père de lEurope, au sujet de la construction de lEurope. « Si cétait à refaire, je commencerai par la culture », disait Jean Monnet ou le « Père de lEurope, au sujet de la construction de lEurope : Article 128 du traîté de Maastricht = insertion dun titre sur la culture qui énonce les principes suivants : « la Communauté contribue à lépanouissement des cultures des États membres dans le respect de leur diversité nationale et régionale, tout en mettant en évidence lhéritage culturel commun : Article 128 du traîté de Maastricht = insertion dun titre sur la culture qui énonce les principes suivants : « la Communauté contribue à lépanouissement des cultures des États membres dans le respect de leur diversité nationale et régionale, tout en mettant en évidence lhéritage culturel commun. Les livres, les films, les œuvres musicales ne sont pas des marchandises comme les autres, qui peuvent être totalement livrées aux lois du marché. LÉtat a son mot à dire, que ce soit par les subventions accordées aux créateurs, par les quotas de diffusion. LÉtat, ne serait-ce que comme mécène et promoteur de lart, joue un rôle culturel majeur et encore plus dans une Europe où lhéritage historique et la notion de patrimoine sont mis en valeur. Les livres, les films, les œuvres musicales ne sont pas des marchandises comme les autres, qui peuvent être totalement livrées aux lois du marché. LÉtat a son mot à dire, que ce soit par les subventions accordées aux créateurs, par les quotas de diffusion. LÉtat, ne serait-ce que comme mécène et promoteur de lart, joue un rôle culturel majeur et encore plus dans une Europe où lhéritage historique et la notion de patrimoine sont mis en valeur. Dans de nombreux pays dEurope, on constate que les responsables de grandes institutions culturelles souhaitent acquérir une certaine autonomie par rapport au pouvoir politique et à la tutelle administrative. Dans de nombreux pays dEurope, on constate que les responsables de grandes institutions culturelles souhaitent acquérir une certaine autonomie par rapport au pouvoir politique et à la tutelle administrative.

11 Fin du Xxème siècle : À travers toute lEurope, la culture émerge comme fait majeur de la vie sociale. Pratiques culturelles plus destinées seulement à une élite et deviennent accessibles au plus grand nombre avec le développement de léducation, du tourisme et des médias. Fin du Xxème siècle : À travers toute lEurope, la culture émerge comme fait majeur de la vie sociale. Pratiques culturelles plus destinées seulement à une élite et deviennent accessibles au plus grand nombre avec le développement de léducation, du tourisme et des médias. Toute démarche culturelle est à la fois un souci de contestation et une volonté dunion. Toute démarche culturelle est à la fois un souci de contestation et une volonté dunion. Volonté des États de tendre à des égalités culturelles. Volonté des États de tendre à des égalités culturelles.

12 Le rôle culturel des États modernes sinscrit pleinement dans la tradition des Lumières qui se proposaient de faire connaître et apprécier au plus grand nombre les œuvres dart et de lesprit et par là-même déduquer le peuple. Le rôle culturel des États modernes sinscrit pleinement dans la tradition des Lumières qui se proposaient de faire connaître et apprécier au plus grand nombre les œuvres dart et de lesprit et par là-même déduquer le peuple. Lidée qui animait les militants de la démocratisation de la culture (au sens de culture « cultivée) et qui fut à lorigine des différentes maisons de la culture en Europe était simple : laccès à la culture est principalement entravé par des obstacles matériels, financiers et géographiques que les pouvoirs publics (par une politique appropriée de prix et déquipements) étaient en mesure de combattre efficacement. Lidée qui animait les militants de la démocratisation de la culture (au sens de culture « cultivée) et qui fut à lorigine des différentes maisons de la culture en Europe était simple : laccès à la culture est principalement entravé par des obstacles matériels, financiers et géographiques que les pouvoirs publics (par une politique appropriée de prix et déquipements) étaient en mesure de combattre efficacement.

13 Lidée dun service public de la culture prend forme. Lidée dun service public de la culture prend forme. Catégorie dActeurs qui prend une place croissante est lensemble Catégorie dActeurs qui prend une place croissante est lensemble des fondations et centres culturels à lorigine de nombreux des fondations et centres culturels à lorigine de nombreux échanges internationaux (Fondation européenne de la culture). échanges internationaux (Fondation européenne de la culture). Le rôle culturel de lÉtat repose sur deux fondements : Le rôle culturel de lÉtat repose sur deux fondements : - une volonté déducation de la nation; - une volonté déducation de la nation; - souci de préservation de ce qui forge lidentité de la nation. - souci de préservation de ce qui forge lidentité de la nation.

14 Différents modes de gestion de la culture : Le rapport entre État et culture pose le problème de ladministration de la culture, donc des politiques culturelles et de leurs modes de fonctionnement. Le rapport entre État et culture pose le problème de ladministration de la culture, donc des politiques culturelles et de leurs modes de fonctionnement. Le concept même dun « Ministre de la culture », donc dune gestion symboliquement centralisée, ne va pas de soi pour tous les États dEurope. Le concept même dun « Ministre de la culture », donc dune gestion symboliquement centralisée, ne va pas de soi pour tous les États dEurope. En guise danalyse comparée, on peut dresser une typologie sommaire de trois ensembles au sein de lEurope : En guise danalyse comparée, on peut dresser une typologie sommaire de trois ensembles au sein de lEurope : États de type fédéral ou très décentralisés où lessentiel des compétences appartiennent aux collectivités locales ou aux États fédérés. Cas de la Belgique, de lItalie et de lAllemagne. États de type fédéral ou très décentralisés où lessentiel des compétences appartiennent aux collectivités locales ou aux États fédérés. Cas de la Belgique, de lItalie et de lAllemagne. États de type unitaire où les compétences sont déléguées à des conseils quasi autonomes. Cas de lIrlande, Danemark, Pays-Bas et surtout Royaume-Uni. États de type unitaire où les compétences sont déléguées à des conseils quasi autonomes. Cas de lIrlande, Danemark, Pays-Bas et surtout Royaume-Uni. États centralisés qui dépendent presque entièrement dun Ministère de la Culture. Cas du Luxembourg, Portugal, Grèce et France. États centralisés qui dépendent presque entièrement dun Ministère de la Culture. Cas du Luxembourg, Portugal, Grèce et France. La présence de ces différentes situations de ladministration de la culture fait que les politiques culturelles des différents États européens empruntent des chemins parfois opposés (question du financement des œuvres et implication plus ou moins grande des collectivités publiques). La présence de ces différentes situations de ladministration de la culture fait que les politiques culturelles des différents États européens empruntent des chemins parfois opposés (question du financement des œuvres et implication plus ou moins grande des collectivités publiques).

15 La France et la culture Après la Révolution en 1789 et surtout à partir de la IIIème République; politique culturelle de LÉtat prend une nouvelle dimension. LÉtat va prendre en charge l'éducation artistique et se donner la mission de rendre les richesses de la culture accessibles au plus grand nombre. Après la Révolution en 1789 et surtout à partir de la IIIème République; politique culturelle de LÉtat prend une nouvelle dimension. LÉtat va prendre en charge l'éducation artistique et se donner la mission de rendre les richesses de la culture accessibles au plus grand nombre. De la construction d'une administration… De la construction d'une administration… 1959 :installation d un ministère autonome chargé non plus de gérer une politique des "beaux-arts" mais d'assumer le "rôle, à la fois déterminant et limité, qui revient à lÉtat dans la nouvelle mission culturelle de la collectivité" :installation d un ministère autonome chargé non plus de gérer une politique des "beaux-arts" mais d'assumer le "rôle, à la fois déterminant et limité, qui revient à lÉtat dans la nouvelle mission culturelle de la collectivité". « Nous devons faire pour la culture, ce que Jules Ferry a fait pour linstruction » disait André Malraux, ministre français des affaires culturelles ( ) avec pour programme Maisons de la culture, inventaire des monuments et des richesses artistiques de la France, la Joconde aux États-Unis, la Vénus de Milo au Japon. « Nous devons faire pour la culture, ce que Jules Ferry a fait pour linstruction » disait André Malraux, ministre français des affaires culturelles ( ) avec pour programme Maisons de la culture, inventaire des monuments et des richesses artistiques de la France, la Joconde aux États-Unis, la Vénus de Milo au Japon. « Le ministère chargé des affaires culturelles a pour mission de rendre accessibles les œuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France, au plus grand nombre possible de français ; d'assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel, et de favoriser la création des œuvres de l'art et de l'esprit qui l'enrichissent. » « Le ministère chargé des affaires culturelles a pour mission de rendre accessibles les œuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France, au plus grand nombre possible de français ; d'assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel, et de favoriser la création des œuvres de l'art et de l'esprit qui l'enrichissent. » Ces missions restèrent ainsi définies jusqu'en Ces missions restèrent ainsi définies jusqu'en 1982.

16 Des maisons de la culture aux grands travaux… Début des années soixante: création de nouveaux établissements, notamment en province et en banlieue. Mise en place des maisons de la culture, des établissements où chacun soit tenté de venir, quelle que soit sa condition sociale, et dans lesquels seraient présentées des œuvres relevant des différentes formes d'art, dans des conditions qui favorisent un rapport de communion avec les œuvres et garantissent au public le plus large choix dans la plus grande liberté. Début des années soixante: création de nouveaux établissements, notamment en province et en banlieue. Mise en place des maisons de la culture, des établissements où chacun soit tenté de venir, quelle que soit sa condition sociale, et dans lesquels seraient présentées des œuvres relevant des différentes formes d'art, dans des conditions qui favorisent un rapport de communion avec les œuvres et garantissent au public le plus large choix dans la plus grande liberté. Les Grands travaux Les Grands travaux En 1981, le Président de la République, François Mitterrand, décida d'engager un ensemble de chantiers à caractère culturel que l'usage allait consacrer sous l'appellation de "grands travaux". En 1981, le Président de la République, François Mitterrand, décida d'engager un ensemble de chantiers à caractère culturel que l'usage allait consacrer sous l'appellation de "grands travaux". Projets concernant tous les domaines de la culture, de la musique à la lecture en passant par Projets concernant tous les domaines de la culture, de la musique à la lecture en passant par les arts plastiques ou le savoir scientifique et technique, situés en Ile-de-France et en région. les arts plastiques ou le savoir scientifique et technique, situés en Ile-de-France et en région. Volonté de démocratisation en rendant largement accessible à tous les français l'ensemble du patrimoine artistique, en leur offrant aussi toutes les possibilités d'accompagner les évolutions de la création contemporaine. Volonté de démocratisation en rendant largement accessible à tous les français l'ensemble du patrimoine artistique, en leur offrant aussi toutes les possibilités d'accompagner les évolutions de la création contemporaine. Quelques Grands travaux : Quelques Grands travaux : Le Mus é e du Louvre et l'Etablissement Public du Grand Louvre Le Mus é e du Louvre et l'Etablissement Public du Grand Louvre Le Mus é e du Louvre et l'Etablissement Public du Grand Louvre Le Mus é e du Louvre et l'Etablissement Public du Grand Louvre L'Op é ra National de Paris L'Op é ra National de Paris L'Op é ra National de Paris L'Op é ra National de Paris La Biblioth è que Nationale de France La Biblioth è que Nationale de France La Biblioth è que Nationale de France La Biblioth è que Nationale de France La Cit é de la Musique La Cit é de la Musique La Cit é de la Musique La Cit é de la Musique Le Mus é e d'Orsay Le Mus é e d'Orsay Le Mus é e d'Orsay Le Mus é e d'Orsay

17 LE MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION EN CHIFFRES (2000) 16,1 milliards de francs (soit environ 2.5 milliards deuros) 16,1 milliards de francs (soit environ 2.5 milliards deuros) dépenses de fonctionnement : 78 % dépenses de fonctionnement : 78 % dépenses d'investissement : 22 % dépenses d'investissement : 22 % 0,97 % du budget général de l'État 0,97 % du budget général de l'État Quelques fonctionnaires français oeuvrent dans le domaine de la culture, à tel point que lon a pu dire que la culture française actuelle « compte plus de bureaucrates culturels que dartistes (Fumaroli Marc. LÉtat culturel, p.139). Quelques fonctionnaires français oeuvrent dans le domaine de la culture, à tel point que lon a pu dire que la culture française actuelle « compte plus de bureaucrates culturels que dartistes (Fumaroli Marc. LÉtat culturel, p.139). LÉtat construit des salles de spectacles, subventionne les artistes, commande des œuvres, organise la promotion internationale, contrôle la distribution et la diffusion des livres et des films. LÉtat construit des salles de spectacles, subventionne les artistes, commande des œuvres, organise la promotion internationale, contrôle la distribution et la diffusion des livres et des films.

18 LÉtat culturel français: une religion moderne? Fumaroli, Marc LÉtat culturel : Essai sur une religion moderne. Ed. de Fallois Fumaroli, Marc LÉtat culturel : Essai sur une religion moderne. Ed. de Fallois -Ouvrage ayant provoqué de vifs débats à Paris; - Politique culturelle inefficace -État envahissant qui sacralise la Culture aux dépens de lÉsprit -Intervention de lÉtat qui entraîne une dérive en faisant passer laction culturelle à finalité de reconstruction morale (période Malraux) à laction culturelle à finalité de reconstruction morale (période Malraux) à une forme de cynisme culturel; une forme de cynisme culturel; -La culture est affaire individuelle -Couple « France-République » remplacé par laccouplement « Pouvoir-culture ». « Par vain souci dépater le bourgeois, Malraux allait dans le sens de la culture audiovisuelle de masse, comme réponse à ce qui était perçu alors comme la « Par vain souci dépater le bourgeois, Malraux allait dans le sens de la culture audiovisuelle de masse, comme réponse à ce qui était perçu alors comme la misère culturelle. Au lieu de Kant, un ministre français de la culture propose un modèle aux lycéens français et il subventionne la culture rap importée des quartiers ensauvagés du Nouveau-Monde ». misère culturelle. Au lieu de Kant, un ministre français de la culture propose un modèle aux lycéens français et il subventionne la culture rap importée des quartiers ensauvagés du Nouveau-Monde ».

19 Cultures du « Nouveau-Monde » Gérard Bouchard, définit plutôt les cultures du « Nouveau Monde» comme suit: « [les cultures] elles sont toutes des cultures du «Nouveau Monde», à la fois en continuité et en rupture avec celles des «vieux pays»… [les cultures sont] toutes plus ou moins le résultat de métissage avec les cultures des premiers occupants, mais elles senracinent également dans de territoires et des histoires qui leur confèrent à chacune sa spécificité, quil serait bien dommage de sacrifier, mais tout autant dignorer». Gérard Bouchard, cité par Dave Atkison dans Panam, Industries culturelles et dialogue des civilisations dans les Amériques. (2003, p. 7) (2003, p. 7)

20 Cultures dun autre « Nouveau Monde » «Les 35 pays dAmériques sont fort différentes les uns des autres par leur démographie, leur richesse, leur organisation sociale, leur niveau déducation, leur culture, leur système de protection sociale. Les inégalités sont criantes et lidée même dun marché unifié apparaît aberrante tellement les disproportions sont grandes » (…) «Les 35 pays dAmériques sont fort différentes les uns des autres par leur démographie, leur richesse, leur organisation sociale, leur niveau déducation, leur culture, leur système de protection sociale. Les inégalités sont criantes et lidée même dun marché unifié apparaît aberrante tellement les disproportions sont grandes » (…) Les pays dAmérique ont beaucoup de pain sur la planche avant datteindre un niveau dintégration économique comparable à celui de lUnion européenne». Gaëtan Tremblay, «PANAM Genèse dun colloque» dans Panam Industries culturelles et dialogue des civilisations dans les Amériques (2003, p. 6)

21 Le Québec: « lAmérique en français » « Le Québec baigne dans la culture nord-américaine, nous en sommes imbibés, et nous ne nous plaignons pas trop. Cest ainsi car le Québec cest lAmérique mais nous voulons cependant que ce soit lAmérique en français. Or le Québec a gardé son originalité, et aujourdhui, il vit et crée essentiellement en français. Le combat pour la diversité, le Québec le vit au quotidien, cest une lutte qui la façonné jusque dans son identité la plus intime […]». « Le Québec baigne dans la culture nord-américaine, nous en sommes imbibés, et nous ne nous plaignons pas trop. Cest ainsi car le Québec cest lAmérique mais nous voulons cependant que ce soit lAmérique en français. Or le Québec a gardé son originalité, et aujourdhui, il vit et crée essentiellement en français. Le combat pour la diversité, le Québec le vit au quotidien, cest une lutte qui la façonné jusque dans son identité la plus intime […]». Louise Beaudoin, Ministre des Relations internationales (au moment de cette parution), Le Devoir, 16 juin 2000.

22 Le Québec: «Société distincte» Le Québec: Seule province francophone au Canada Politiques culturelles provinciales: Ministère de la culture et des communications (1961) Responsable de la Chartre de la langue française (1977) En étroite collaboration avec: Ministère des Relations internationales du Québec Ministère dindustrie et du commerce et de Développement des régions Politiques culturelles fédérales: Ministère du Patrimoine Canadien

23 Politiques culturelles fédérales «Canadian are fond of foreign cultural products. But they also want to have access to their own culture. Its choice that is at issue here. And choice means the liberty to chose. As a Government, we feel duty-bound to preserve at least a small bit of shelf space for the creative works of our own citizens. As you know, governments do not make films, write books or compose music. What governments can do, however, is encourage, promote and facilitate the cultural expression that is born of diversity and that engenders diversity». «Canadian are fond of foreign cultural products. But they also want to have access to their own culture. Its choice that is at issue here. And choice means the liberty to chose. As a Government, we feel duty-bound to preserve at least a small bit of shelf space for the creative works of our own citizens. As you know, governments do not make films, write books or compose music. What governments can do, however, is encourage, promote and facilitate the cultural expression that is born of diversity and that engenders diversity». Sheila Copps, Ministre du Patrimoine Canadien (Panam, 2003, p. 19).

24 La diversité culturelle Définition: «La diversité culturelle, cest permettre le choix. Cest permettre que reste possible ce choix, cest faire en sorte quexistent, dans un premier temps, le cinéma dauteur, la chanson, la littérature, et quils soient distribués, dans un second temps». «La diversité culturelle, cest permettre le choix. Cest permettre que reste possible ce choix, cest faire en sorte quexistent, dans un premier temps, le cinéma dauteur, la chanson, la littérature, et quils soient distribués, dans un second temps». Florian Sauvageau, cité par Louise Beaudoin, le Devoir, 16 juin 2000 Louise Beaudoin, le Devoir, 16 juin 2000

25 Contexte historique de la Diversité culturelle 1995 : Rapport de lUnesco : « Our Creative Diversity » 1995 : Rapport de lUnesco : « Our Creative Diversity » 1998 : Plan daction de lUnesco à Stockholm 1998 : Plan daction de lUnesco à Stockholm 1999 : La Francophonie – conclusion de groupe dexperts 1999 : La Francophonie – conclusion de groupe dexperts 2001 : Déclaration du Ministère culturel 2001 : Déclaration du Ministère culturel 2001 : Unesco : Déclaration Universelle de la diversité culturelle 2001 : Unesco : Déclaration Universelle de la diversité culturelle 2003 : Unesco : lors de la 31è session de la Conférence générale adoptait une Déclaration universelle sur la diversité culturelle : 2003 : Unesco : lors de la 31è session de la Conférence générale adoptait une Déclaration universelle sur la diversité culturelle : «Les biens culturels porteurs didentité, de valeurs et de sens, ne doivent pas être considérés comme des marchandises ou des biens de consommation comme les autres». «Les biens culturels porteurs didentité, de valeurs et de sens, ne doivent pas être considérés comme des marchandises ou des biens de consommation comme les autres». Unesco, 2 novembre 2003 Unesco, 2 novembre 2003 (Panam, Industries culturelles et dialogue (Panam, Industries culturelles et dialogue des civilisations dans les Amériques, 2003, p. 13) des civilisations dans les Amériques, 2003, p. 13)

26 Coalition de la Diversité culturelle au Québec 1998 Création du Bureau de la Diversité culturelle, 1998 Création du Bureau de la Diversité culturelle, par le Ministère de la culture et des communications et Responsable de la Chartre de la langue française, Coalition (quinzaine Assoc. Québec asso. Féd.) Coalition (quinzaine Assoc. Québec asso. Féd.) trouve écho sur la scène internationale dont la première rencontre sest tenue à Montréal, entre le 10 et le 13 septembre trouve écho sur la scène internationale dont la première rencontre sest tenue à Montréal, entre le 10 et le 13 septembre Son mandat : Promouvoir et préserver la diversité culturelle du Québec. Son mandat : Promouvoir et préserver la diversité culturelle du Québec. Seconde conférence en 2003: constats Seconde conférence en 2003: constats

27 La place du 7ième Art, Le Cinéma La bataille de la diversité culturelle La bataille de la diversité culturelle «La diversité culturelle, ce serait du repli sur soi, ce serait de lantimondialisation […]. La diversité culturelle, cest au contraire le regard sur lautre. Cest dire: «Regarde ailleurs comme cest beau!». La diversité culturelle, cest la lutte pour que cet ailleurs continue dexister, continue de vibrer. Il sagit là de la clef de voûte de la diversité culturelle. Comment rester soi, rester enraciné, tout en étant universel?» «La diversité culturelle, ce serait du repli sur soi, ce serait de lantimondialisation […]. La diversité culturelle, cest au contraire le regard sur lautre. Cest dire: «Regarde ailleurs comme cest beau!». La diversité culturelle, cest la lutte pour que cet ailleurs continue dexister, continue de vibrer. Il sagit là de la clef de voûte de la diversité culturelle. Comment rester soi, rester enraciné, tout en étant universel?» Louise Beaudoin, Le Devoir 16 juin 2000

28 Enjeux du cinéma Québécois Accroître encore davantage: qualité, diversité, compétitivité Accroître encore davantage: qualité, diversité, compétitivité Besoin denrichir et de diversifier loffre cinématographique Besoin denrichir et de diversifier loffre cinématographique Consolider lindustrie dans un contexte techno. Rapide et de concurrence accrue (National et International) Consolider lindustrie dans un contexte techno. Rapide et de concurrence accrue (National et International) Promouvoir la diversité culturelle Promouvoir la diversité culturelle Pour ce faire, 2 conditions: (Unesco) Pour ce faire, 2 conditions: (Unesco) Capacité des gouvernements de financer les productions Capacité des gouvernements de financer les productions Capacité déchanger ces productions sur marchés locaux Capacité déchanger ces productions sur marchés locaux

29 La culture en chiffres M$ en

30 La culture québécoise en chiffres 534,6 millions de dollars (M$) en

31 Le Québec investit le plus en culture

32 Plan de soutien du cinéma québécois 15 M $ (budget 2003) Ministre de la Culture et des Communications du Québec Madame Line Beauchamp, Depuis 1991, le volume actuel longs métrages a progressé de 90% Depuis 1991, le volume actuel longs métrages a progressé de 90% La Fréquentation en salle: + de 166% La Fréquentation en salle: + de 166% La production de longs métrages au Québec a DOUBLÉ (l992 – 98) La production de longs métrages au Québec a DOUBLÉ (l992 – 98) Le budget moyen des films Québecois: Le budget moyen des films Québecois: Langue Anglaise: + 80% Langue Anglaise: + 80% Langue Française: – 12% Langue Française: – 12% La Grande séduction La Grande séduction Les Invasions barbares Les Invasions barbares mesures.pdf

33 PRODUCTION ET DIFFUSION DE FILMS FRANÇAIS 204 films de long métrage produits dont 84 % d'initiative française (c'est-à-dire produits et financés intégralement ou majoritairement par des partenaires français). 905 millions deuros d'investissement dans la production cinématographique dont 81 % dinvestissements français. Un coût médian de 2,4 millions deuros et un coût moyen de 4,4 millions deuros pour les films d'initiative française. 506 films de long métrage sont sortis pour la première fois sur le marché français, dont 204 français et 162 américains. 186 millions d'entrées et une recette de millions deuros. 204 films de long métrage produits dont 84 % d'initiative française (c'est-à-dire produits et financés intégralement ou majoritairement par des partenaires français). 905 millions deuros d'investissement dans la production cinématographique dont 81 % dinvestissements français. Un coût médian de 2,4 millions deuros et un coût moyen de 4,4 millions deuros pour les films d'initiative française. 506 films de long métrage sont sortis pour la première fois sur le marché français, dont 204 français et 162 américains. 186 millions d'entrées et une recette de millions deuros.

34 Promotion dune « Marchandise pas comme les autres » Tarification Tarification Demande Demande Consommation Consommation

35 Anti-Hollywood ? «Le cinéma hollywoodien est une manifestation culturelle légitime qui a droit de cité tout autant quune autre […] le problème nest pas dans le fait que ce cinéma existe. Le problème réside dans sa domination des réseaux de distribution» «Le cinéma hollywoodien est une manifestation culturelle légitime qui a droit de cité tout autant quune autre […] le problème nest pas dans le fait que ce cinéma existe. Le problème réside dans sa domination des réseaux de distribution» «La culture anglo-américaine est comme un grande plante dintérieur qui aurait tellement poussé quelle ferai de lombre aux plus petites. La solution dans ce cas, nest pas de couper la grande plante! La solution, cest de les disposer afin que toutes vivent. La diversité culturelle, cest un réarrangement à lamiable, ce nest pas une lutte à finir. Comment assurer la coexistence des cultures, de celles à grand déploiement comme celles à rayonnement plus modeste? «La culture anglo-américaine est comme un grande plante dintérieur qui aurait tellement poussé quelle ferai de lombre aux plus petites. La solution dans ce cas, nest pas de couper la grande plante! La solution, cest de les disposer afin que toutes vivent. La diversité culturelle, cest un réarrangement à lamiable, ce nest pas une lutte à finir. Comment assurer la coexistence des cultures, de celles à grand déploiement comme celles à rayonnement plus modeste? Louise Beaudoin, Le Devoir, 16 juin 2000.

36 La « dysnéification » de la culture «Cest une chose que de dire quà cause dun problème au chapitre de la distribution, il y a désormais 90% de films américains à lécran dans un pays donné. Cen est une autre que de sapercevoir quune solide proportion des 10% restants, bien que nationaux, sont en fait interchangeables avec la production hollywoodienne. Jappellerais ce phénomène la «dysnéification» de la culture». «Cest une chose que de dire quà cause dun problème au chapitre de la distribution, il y a désormais 90% de films américains à lécran dans un pays donné. Cen est une autre que de sapercevoir quune solide proportion des 10% restants, bien que nationaux, sont en fait interchangeables avec la production hollywoodienne. Jappellerais ce phénomène la «dysnéification» de la culture». Louise Beaudoin, Le Devoir, 16 juin 2000

37 LAutre Cinéma « Lhumanité, aujourdhui comme autrefois, reste une machine à fabriquer de la différence, des clivages, du quant-à-soi, de la distinction de clans, de parlers, de résidences, de classes, de pays, de fractions politiques, de régions, didéologies, de religions. « Lhumanité, aujourdhui comme autrefois, reste une machine à fabriquer de la différence, des clivages, du quant-à-soi, de la distinction de clans, de parlers, de résidences, de classes, de pays, de fractions politiques, de régions, didéologies, de religions. Jean-Pierre Warnier, La mondialisation de la culture (1999) Madras et le cinéma indien: Madras et le cinéma indien: Inde: le plus gros producteur de films au monde; Inde: le plus gros producteur de films au monde; Production annuelle de 900 longs métrages; Production annuelle de 900 longs métrages; cinémas et vidéo-clubs à travers le pays; cinémas et vidéo-clubs à travers le pays; Diffusion en Grande-Bretagne, Canada, Afrique et États-Unis. Diffusion en Grande-Bretagne, Canada, Afrique et États-Unis. Et pourtant… Et pourtant…

38 Produit et réalisé par Karima Aoudia et Francine Charest Université du Québec à Montréal Avril 2004

39 FIN


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