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Notes du professeur Cours de philosophie Lêtre humain Pierre Baribeau (2009)

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1 Notes du professeur Cours de philosophie Lêtre humain Pierre Baribeau (2009)

2 AU PROGRAMME… -Révolution copernicienneRévolution copernicienne -Newton et EinsteinNewton et Einstein -Croyances et sciences occultesCroyances et sciences occultes -Thomas HobbesThomas Hobbes -NietzscheNietzsche -Skinner et lécole béhavioristeSkinner et lécole béhavioriste -Karl MarxKarl Marx -Gottfried Wilhelm von LeibnizGottfried Wilhelm von Leibniz -Thomas KuhnThomas Kuhn -Auguste ComteAuguste Comte

3 Révolution copernicienne -Distinction nette entre deux mondes: celui de la terre et celui du ciel (ciel=domaine des dieux). -Cette conception est intuitive, cest-à-dire quelle résulte de ce que lon a coutume dobserver autour de nous. -Dans le monde terrestre, on constate que tout est soumis à un perpétuel changement; dans le monde céleste, il ny a pas de changement. -Le monde terrestre est donc imparfait et le monde céleste est parfait. -Le monde sublunaire (ou terrestre) est composé de quatre éléments: la terre, leau, lair, le feu.

4 Révolution copernicienne -Le monde céleste est un monde parfait et immuable dont les constituants (lune, soleil, planètes, étoiles) sont chacun sur des sphères concentriques au nombre de huit. -Les sphères sont des coquilles sphériques appelées «orbes» -Les sphères et les planètes qui se meuvent obéissent à un mouvement circulaire uniforme. -Les objets les plus proches de la terre (la lune et le soleil) tournent le plus rapidement. Les plus éloignés (les étoiles fixes), sont les plus parfaits, ils sont à lorigine de tous mouvements et ne se déplacent pas. -Le premier moteur immobile (Dieu) meut lensemble.

5 Révolution copernicienne -Seules les choses sublunaires sont accessibles à notre faible raison. -Puisque les cieux étaient la demeure des dieux, cela constituait un sacrilège dessayer de les connaître pour les naturaliser. -La théorie de Copernic ne fut pas perçue comme un bouleversement, ni par ses contemporains ni par ses successeurs immédiats; elle est restée sans effet important sur lastronomie pendant un demi-siècle environ. -Copernic a seulement inaugurée une révolution, elle ne fut pas immédiate.

6 Révolution copernicienne -En fait, pour quastronomes et sens commun croient vraiment à lhéliocentrisme, il a fallu lénorme travail de Galilée. Seul il a su donner à cette «croyance» les fondements nécessaires, en «inventant» une représentation du monde nouvelle, en rupture avec le passé, susceptible de remplacer lancienne. -Tout commence quand Galilée en 1609, construit une longue vue avec des lentilles de très grande qualité. Il sen sert alors pour regarder le ciel. En 1610, il publie ses résultats, ainsi que leurs conséquences, dans son livre «Le messager des étoiles». Voici quelles sont ses découvertes:

7 Révolution copernicienne -Il y a beaucoup plus détoiles que ce quon peut voir à lœil nu. -Découverte des satellites de Jupiter. -Découverte des phases de Vénus -Il y a sur le soleil des taches plus ou moins étendues qui se dissolvent en lespace de quelques semaines et qui participent à une lente rotation du soleil. -La lune comporte des montagnes, des cratères, des océans. La lune jusqualors était imaginée comme une grande sphère parfaite. -Confirmation de lhypothèse de Copernic et abandon de la distinction entre un monde parfait et imparfait.

8 Révolution copernicienne -Conséquence ultime: réforme de la science physique -Cest lavènement de la méthode expérimentale: elle consiste à avancer des hypothèses que lon prend soin de vérifier en faisant des expériences. -Cest laccompagnement des instruments qui rend lexpérience distincte de lobservation, et plus objective, plus précise. -Lastronomie a maintenant la charge de décrire la structure réelle de lunivers. Elle est une science physique à part entière parce que le ciel nest plus un monde différent du nôtre. _

9 Newton et Einstein ( )( )

10 Isaac Newton -La théorie de la gravitation universelle contient trois lois de la mécanique, qui concerne le mouvement des corps massifs, et une loi «spéciale» qui instaure lexistence et lexpression de la force de la gravité. 1-Le principe dinertie: tout corps non soumis à laction de forces extérieures est immobile ou animé dun mouvement rectiligne uniforme. 2-Relation fondamentale de la dynamique: établit léquation du mouvement dune masse m sous laction des forces extérieures: la somme des forces est égale au produit de laccélération du corps et de la masse, soit F=m.a

11 Isaac Newton 3-Action-réaction: linteraction entre des corps massifs. Tout corps qui exerce une force sur un autre corps, subit en retour de la part de ce dernier une force opposée et de même intensité. 4-La loi spéciale de la gravitation: entre deux corps de masses m 1 et m 2, il sexerce une force dattraction à distance proportionnelle au produit de ces masses (m 1.m 2 ) et inversement proportionnelle «au carré» de leur distance. Cela signifie que si lon double la distance entre les corps, la force dattraction est divisée par 4, si on triple la distance, elle est divisée par 9, etc.

12 Albert Einstein -Dans la théorie de la relativité restreinte, le temps et lespace, considérés jusque-là comme des cadres inaltérables à lintérieur desquels se produisent les phénomènes physiques, ne sont pas si rigides. -Le temps peut ralentir son rythme et lespace se contracter. Ces deux catégories sintégrant dès lors dans une structure à quatre dimensions nommée continuum espace-temps. -La révolution de la physique: lespace-temps se «courbe» sous linfluence de la matière et de lénergie quil contient. -Le paramètre-roi de lunivers, celui qui règne sur tous les autres, cest la matière – ou plutôt la matière-énergie.

13 Albert Einstein -Il ressortait de ses équations que, quand la vitesse dun objet augmente, sa masse augmente elle aussi, tendant vers linfini lorsque lobjet sapproche de la vitesse c – ce qui rend celle-ci inatteignable pour toute masse ou énergie. -Il sensuit quune force appliquée de manière constante à un objet ne permettrait pas den augmenter indéfiniment la vitesse: une partie de lénergie transmise à lobjet par cette force se change en masse, laquelle soppose à laugmentation de la vitesse. Autrement dit, la masse et lénergie sont interchangeables -Elles sont deux expressions dune même entité, lénergie- masse, dont la loi déquivalence est donnée par léquation E=mc 2. _

14 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance

15 -À la fin du Moyen Âge, lOccident connaît une époque troublée. Le climat politique est à lincertitude et aux affrontements. -La guerre de 100 ans ( ) oppose la France à lAngleterre. -Le Grand Schisme dOccident ( ) installe un pape à Rome et un autre à Avignon. -Fléaux et calamités se succèdent: pluies torrentielles, inondations, gelées tardives, sécheresses. -Pertes de récoltes, disette, épidémies meurtrières (peste noire, variole, typhus, malaria, coqueluche et syphilis…)

16 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance -Dans leurs sermons, les prédicateurs agitent les foules des menaces de fin du monde. -Les fléaux qui sabattent sur le peuple sont attribués soit à une punition divine, soit à lintervention du diable. -Le diable ou la colère divine sont invoqués à des fins politiques par les autorités religieuses qui essaient dinstrumentaliser la catastrophe pour récolter des fonds, ou encore pour mettre en accusation des ennemis. -Le démon fait partie intégrante de la nature. Son pouvoir de nuisance va être mis en avant par une Église au prestige déclinant.

17 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance -Au XIIe siècle, les traductions gréco-latines et arabo-latines ont permis de redécouvrir la biologie et la physique dAristote, ouvrant la porte à un renouveau de la vision savante sur les phénomènes naturels. -Le courant de pensée Scholastique sest ensuite chargé de réconcilier la théologie de la création avec la philosophie antique. -Au XIIIe siècle, des théologiens comme Thomas dAquin parachèvent la synthèse entre la foi et la raison, tandis que la philosophie naturelle acquiert ses lettres de noblesse, englobant astrologie, astronomie, zoologie, botanique, météorologique dans une vision du monde unifiée.

18 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance -Dans la mesure du possible, on se sert des modèles explicatifs puisés aux sources antiques pour comprendre le monde. -La théorie des quatre éléments (leau, lair, terre et feu) sapplique à la description des plantes, des animaux et des humains. -La théorie des quatre humeurs (sang, flegme, bile jaune, bile noire) est au cœur de la médecine héritée dAristote et Galien. Les tempéraments sont une affaire de dosage des humeurs, de même que les maladies mentales. -Lapproche naturaliste de la philosophie naturelle sapplique à la physiologie humaine et à la médecine.

19 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance -Le corps féminin est un réceptacle des maladies et du diable. -Il est probable que la misogynie a trouvé à sexprimer dans limage du corps de la femme. -On peut même déceler une rationalisation physiologique de la femme sorcière, cette vieille femme qui exhale une sorte de poison. -Il peut être mis en relation avec le mythe du sabbat des sorcières qui, à partir du XVe siècle, va attribuer à ces dernières un appétit sexuel insatiable et déviant. -La théorie des humeurs savère peu efficace face aux épidémies qui ravagent le monde médiéval.

20 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance -Au Moyen Âge, lunivers végétal est au centre dun système relationnel complexe. Elles sont omniprésentes dans la vie quotidienne, divinatoires, consolatrices, protectrices, guérisseuses, maléfiques, des centaines despèces alimentant un savoir empirique entrant dans la composition donguents, de potions et de philtres. -Au XIIIe siècle, Satan franchit le monde imaginaire pour pénétrer lunivers réel et pervertir les hommes. -La première représentation connue du diable appartiendrait à lart copte, au monastère de Baouit, en Égypte au VIe siècle. On y voit un jeune homme souriant et affable, malgré de singuliers ongles crochus.

21 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance -Discret durant tout le début de la chrétienté, il ninspire guère de crainte. -Satan commence à jouer un tout autre rôle à partir du XIe siècle. -Sil renforce sa présence, cest que lÉglise médiévale, affaiblie, a besoin de nouveaux ennemis. Son clergé, lié à la noblesse, sest discrédité. -La fin du monde annoncée pour lan mille et qui avait suscité bien des terreurs, na pas eu lieu. LÉglise veut réaffirmer son pouvoir. -Le diable et les autres démons ont été créés bons de nature par Dieu, mais ils sont devenus mauvais par eux-mêmes.

22 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance -Douter de la réalité du démon cest douter de Dieu. -LInquisition assure la répression des déviances hérétiques, exerçant ainsi un contrôle social et religieux sur la société chrétienne avec lappui de la papauté et des autorités politiques. -Des commissions denquêtes sont établies à partir de Certaines pratiques magiques sont liées à linvocation des démons et que ceux qui sy livrent sont considérés comme hérétiques, susceptibles du jugement et de la condamnation de lInquisition. -Il faut attendre un siècle pour en observer les conséquences concrètes de sa criminalisation généralisée.

23 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance -Au début du 15e siècle commence les chasses aux sorcières. -Cest vers 1430 quapparaissent les premiers traités de démonologie qui décrivent cette nouvelle croyance à lexistence de sectes de sorciers dévoués à Satan. -Des hommes et des femmes, qui ont renié leur foi et pactisé avec le diable, se rendent régulièrement au sabbat, la nuit en volant sur des ballets, dans un lieu secret. -Il jurent fidélité au diable et lui rendent hommage en embrassant son postérieur. -Ils mangent des enfants, copulent avec le démon et accomplissent des maléfices contre les hommes.

24 Croyances et sciences occultes du Moyen Âge à la Renaissance -Les juges cherchent laveu et les complices. -La sentence est lue en place publique. Celui qui a avoué doit être brûlé vif, mais est généralement étranglé avant dêtre jeté dans les flammes. -La chasse aux sorcières est un phénomène européen. Le chiffre de morts est avancé par certains historiens.- AU XVIe et XVIIe siècle, la proportion des femmes parmi les accusés de sorcellerie est frappante: environ 80% du total en général. -La sorcière détruit les familles, met en cause la puissance paternelle, rompt léquilibre voulu par Dieu. _

25 THOMAS HOBBES De la nature humaine

26 -La nature de lhomme est la somme de ses facultés naturelles -Elles sont renfermées dans la notion de lhomme que lon définit un animal raisonnable. -Je distingue en lui deux espèces de facultés: celles du corps et celles de lesprit. -Autres facultés anatomiques: faculté nutritive, faculté motrice (ou de se mouvoir) et la faculté génératrice (ou de se propager) -Quant aux facultés de lesprit, il y en a deux espèces: connaître et imaginer, ou concevoir et se mouvoir.

27 THOMAS HOBBES De la nature humaine -Un homme ne peut jamais savoir quil rêve. Il peut rêver quil doute sil rêve ou non. -La clarté de limagination lui représente la chose avec autant de parties que le sens même, il ne peut lapercevoir que comme présente. -Nous voyons quil y a plusieurs conceptions dune seule et même chose et que pour chaque conception nous lui donnons un nom différent, il sensuit donc que nous avons plusieurs noms et attributs pour une seule et même chose. -Les noms que nous donnons à plusieurs choses se nomment universels.

28 THOMAS HOBBES De la nature humaine -Cest ainsi que nous donnons le nom dhomme à chaque individu de lespèce humaine. -Les appellations que nous donnons à une chose seule se nomment individuelles. -Tels sont les noms de Socrate et les autres noms propres. -Luniversalité dun même nom donné à plusieurs choses est cause que les hommes ont cru que ces choses étaient universelles elles-mêmes. -Ils se sont trompés en prenant la dénomination générale ou universelle pour la chose quelle signifie.

29 THOMAS HOBBES De la nature humaine -En effet, lorsque quelquun demande à un peintre de lui faire la peinture dun homme ou de lhomme en général, il ne lui demande que de choisir tel homme qui ont été, qui sont ou qui seront, dont aucun nest lhomme en général. -Mais lorsque quelquun demande à ce peintre de lui peindre le roi ou toute autre personne particulière, il borne le peintre à représenter uniquement la personne dont il a fait le choix. -Il est donc évident quil ny a rien duniversel que les noms, qui pour cette raison sont appelés indéfinis, parce que nous ne les limitons point nous-mêmes, et que nous laissons à celui qui nous entend la liberté de les appliquer.

30 THOMAS HOBBES De la nature humaine -Lorsquun homme raisonne daprès des principes que lexpérience a montré indubitables, en évitant toutes les illusions qui peuvent naître des sens ou de léquivoque des mots, on dit que la conclusion quil en tire est conforme à la droite raison. -Mais quand par de justes conséquences un homme peut tirer de sa conclusion la contradiction dune vérité évidente quelconque, alors on dit que sa conclusion est contraire à la raison, et une telle conclusion se nomme absurdité.

31 THOMAS HOBBES De la nature humaine -Chaque homme appelle bon ce qui est agréable pour lui- même et appelle mal ce qui lui déplaît. -Ainsi chaque homme différant dun autre par son tempérament ou sa façon dêtre, il en diffère sur la distinction du bien et du mal. -Il nexiste point une bonté absolue considérée sans relation, car la bonté que nous attribuons à Dieu même nest que la bonté relativement à nous. -Comme nous appelons bonnes ou mauvaises les choses qui nous plaisent ou nous déplaisent, nous appelons bonté et méchanceté les facultés par lesquels elles produisent ces effets.

32 THOMAS HOBBES De la nature humaine -Toutes les conceptions que nous recevons immédiatement par les sens étant ou plaisir ou douleur produisent ou le désir ou la crainte. -Lappétit ou le désir étant le commencement du mouvement animal qui nous porte vers quelque chose qui nous plaît, la cause finale de ce mouvement est den atteindre la fin que nous nommons ainsi le but. -Lorsque nous atteignons cette fin, le plaisir quelle nous cause se nomme jouissance. -Ainsi le bien (bonum) et la fin (finis) sont la même chose envisagée diversement.

33 THOMAS HOBBES De la nature humaine -Comme le dieu tout-puissant est incompréhensible, il sensuit que nous ne pouvons avoir de conception ou dimage de la divinité. -Conséquemment tous ses attributs nannoncent que limpossibilité de concevoir quelque chose touchant sa nature dont nous navons dautre conception, sinon que Dieu existe. -Lorsque nous disons de Dieu quil voit, quil entend, quil parle, quil sait, quil aime, etc., mots par lesquels nous comprenons quelque chose dans les hommes a qui nous les attribuons, nous ne concevons plus rien lorsque nous les attribuons à la nature divine.

34 THOMAS HOBBES De la nature humaine -Par le mot esprit, nous entendons un corps naturel dune telle subtilité quil nagit point sur les sens, mais qui remplit une place, comme pourrait la remplir limage dun corps visible. -Concevoir un esprit cest concevoir quelque chose qui a des dimensions: mais qui dit un esprit surnaturel dit une substance sans dimensions. -Il nest pas possible par les seuls moyens naturels de connaître même lexistence des autres êtres que les hommes appellent esprits incorporels. -La connaissance des esprits nest point une connaissance naturelle. _

35 NIETZSCHE La volonté de puissance

36 -En 1872, Nietzsche publie La Naissance de la tragédie. Il porte un regard neuf sur lAntiquité grecque. -La culture hellénique nest pas seulement constituée de lart apollinien, qui véhicule la sérénité, lharmonie, la «juste mesure» et la sagesse rationnelle. -Lhellénisme a aussi donné naissance à la tragédie, qui, sur un fond dionysiaque, met en scène lhomme luttant contre un destin implacable. -La tragédie grecque réunit de façon sublime lesprit dionysiaque et lesprit apollonien. Mais vient la philosophie grecque rationnelle qui remplace la vision tragique, source de dépassement de soi.

37 NIETZSCHE La volonté de puissance -Nihilisme passif: est une attitude qui, dans lhistoire, sest caractérisée dabord par la croyance en des valeurs supérieures. Cette croyance en un monde idéal témoigne de la négation de celui dans lequel lêtre humain se trouve. -Lexpression «nihilisme» veut dire essentiellement que la vie terrestre nest rien, car seules comptent les valeurs auxquelles lhomme aspire. -Rejetant à regret le fondement transcendant des valeurs dites supérieure auxquelles il croyait, lêtre humain entre dans un processus de dépréciation de ses anciennes valeurs et de leur hiérarchie. Ne sachant plus à quelles valeurs saccrocher, lêtre humain en vient à penser que tout est dénué de sens et de but.

38 NIETZSCHE La volonté de puissance -Aucune valeur ne peut prétendre être supérieure à une autre: tout est égal, tout se vaut. -Une telle attitude relativiste incite à être pessimiste, à considérer que tout est absurde, à plonger dans le confort et lindifférence consistant à croire quil ne sert plus à rien de se demander «pourquoi?» -Ce nihilisme constitue la pensée la plus paralysante qui soit. -Il faut le remplacer par un nihilisme actif. -Nietzsche recommande un nihilisme actif qui, au lieu de sapitoyer passivement sur labsence de sens, sinstaure comme une destruction volontaire et active des anciennes valeurs.

39 NIETZSCHE La volonté de puissance -Les principales valeurs qui fondent la civilisation européenne et qui doivent être fracassées sont celles que véhiculent. 1-Le christianisme, qui valorise de petites vertus comme la charité, le devoir, lespérance, lhumilité, la pitié et le ressentiment. La foi chrétienne est sacrifice de lesprit, de toute sa liberté. Elle est asservissement et mutilation de soi. 2-Lascétisme, qui considère que le développement moral ne se fait quau prix dune lutte contre les exigences du corps, les valeurs de pénitence et de privation.

40 NIETZSCHE La volonté de puissance 3-Le scientisme, qui ne croit quen ce qui est exact, vérifiable, mesurable, et en ce qui sexprime dans des lois universelles, lobjectivité devenant alors le seul critère qui permette une représentation fidèle de la réalité. 4-Le rationalisme, qui accorde à la raison seule le pouvoir de connaître et qui met en avant une valeur unique: la vérité. 5-Une certaine conception, à la fois philosophique et politique de la liberté. -Le philosophe critique impitoyablement la notion traditionnelle de libre-arbitre. Le libre arbitre serait le pouvoir de se placer au dessus de tout déterminisme biologique, psychologique ou sociale qui…

41 NIETZSCHE La volonté de puissance -…ne serait finalement produit que par la pure initiative du sujet, et non par quelques causes étrangères ou quelques motifs contraignants. -Pour Nietzsche, un tel pouvoir constitue une illusion. -Elle sexplique avant tout par lignorance des mécanismes dans la prise de décision et par le sentiment de supériorité provenant de la croyance erronée que je puis commander et être obéi par moi-même ou encore par le sentiment de facilité qui accompagne la pensée, par contraste avec la difficile résistance des choses, des événements ou des suites de laction, jugées «non libres».

42 NIETZSCHE La volonté de puissance -Le dépassement de soi dans laffirmation de ses instincts, de ses désirs et de ses passions: la morale judéo-chrétienne ont valorisé le monde de lesprit et condamné le monde sensible. -Le dogme chrétien apparente le monde vrai à un royaume de Dieu comme ultime récompense dune vie terrestre vertueuse. -En associant le péché du corps et en réprouvant toutes les joies autres que spirituelles, la morale chrétienne poursuit un unique objectif: le dressage de lhomme instinctuel, et conséquemment, la production de lhomme du ressentiment.

43 NIETZSCHE La volonté de puissance -Lhomme du ressentiment: éprouve de lamertume, de la rancœur face à la vie. -Il renonce à tout ce qui demande de la maîtrise: le corps, les sens et les passions. -À lendroit de tout ce qui est fort, créateur, exceptionnel, il se montre envieux, méprisant et accusateur. -Nayant pas le courage dassumer lexistence terrestre, lhomme du ressentiment réclame des certitudes toutes faites, intemporelles et immuables. -Nietzsche condamne avec vigueur lhomme du ressentiment.

44 NIETZSCHE La volonté de puissance -À lopposé de lhomme du ressentiment, Nietzsche plaide en faveur dun accroissement de la vie. -Cest le corps qui définit essentiellement lhomme: il le traite comme un «soi» qui constitue la grande raison dont la conscience nen est que linstrument. -Le corps étant un guide assuré, nous indique notre propre vérité. -Notre corps juge bien de ce qui nous rend heureux: lactualisation de nos désirs et de nos pulsions. -Lunique souci du corps est de vivre. Lobjectif de lêtre humain est daccroître les sources créatrices de la vie et qui sont sources de dépassement de soi.

45 NIETZSCHE La volonté de puissance -La mort de Dieu: la condition nécessaire à un tel dépassement de soi par laffirmation de ses désirs, instincts et passions implique lobligation de faire mourir Dieu. -Nier lexistence dun Dieu, maître suprême qui fonde la morale. -Nietzsche valorise lexaltation des sentiments et livresse de la vie, leffervescence du corps et des instincts parce quils correspondent à une énergie vitale qui permet laffirmation et le dépassement de soi dans la création. -Il nous exhorte à les diriger de manière quelles sexpriment comme «volonté de puissance».

46 NIETZSCHE La volonté de puissance -La volonté de puissance: exercer la puissance de la volonté, de vouloir avec force sa propre progression. -Cette force de situe en dehors de toutes les conventions sociales. -Il faut rejeter catégoriquement toutes les lois morales, toutes les règles et prescriptions morales qui nous ont été imposées afin que nous puissions nous appartenir en propre. -Le surhomme: il évoque le modèle, le portrait de lêtre humain idéal. -Affirmation de lindividualité: est celui qui saffirme dans son individualité, qui va au bout de sa différence.

47 NIETZSCHE La volonté de puissance -Lart et la création: lart représente la valeur suprême parce quil permet à lêtre humain daller au-delà de lui-même. Il est le «grand stimulateur» qui fait surgir des réalités nouvelles. -La philosophie de Nietzsche de lêtre humain nous met en garde contre notre bonheur standardisé fait de petits conforts. Elle appelle une remise en question de notre conscience satisfaite et obscurcie par les bienfaits de la société de consommation. -Farouchement individualiste, la philosophie de Nietzsche peut renforcer lindividualisme narcissique qui se caractérise par le repli sur soi et lhédonisme. _

48 SKINNER Lécole béhavioriste

49 -Le béhaviorisme skinnérien sappuie sur une conception déterministe de lêtre humain. -Le terme «déterminisme» a été associé au terme «science» lorsque la mécanique devint, au XIXe siècle, le fondement des sciences expérimentales. -On posa le principe que les mêmes causes produisent les mêmes effets suivant un enchaînement prévisible. -Selon la doctrine déterministe, des relations nécessaires existent entre les phénomènes de sorte que tout phénomène est conditionné et sexplique par le ou les phénomènes qui le précèdent ou qui laccompagnent.

50 SKINNER Lécole béhavioriste -Plus particulièrement, cette conception scientifique postule que les phénomènes ou les conduites observables découlent nécessairement dune ou de plusieurs causes tout aussi observables. -En conséquence, chaque fois que nous attribuons comme cause à un phénomène ou à une conduite une entité inobservable (Dieu, lâme, lesprit, la volonté, la conscience, etc.), la théorie déterministe considère que nous nexpliquons rien du tout. -Lidée du déterminisme remonte jusquaux stoïciens qui recommandaient daccepter notre sort, puisque tout fait partie dun plan (destin) que nous ne pouvons modifier.

51 SKINNER Lécole béhavioriste -Si tout effet à une cause, tout choix est le résultat dune chaîne causale biologique ou culturelle, et donc la liberté nexiste pas. -Croire que lêtre humain est libre, cest senfermer dans un monde illusoire issu de notre ignorance. -En fait, nous navons ni le choix de laction ni le choix de nos conduites, car ces dernières sont programmées par nos gènes ou par léducation. -Le déterminisme derrière la théorie béhavioriste de Burrhus Frederic Skinner est lié à lhistoire des apprentissages dun individu inséré dans un environnement donné.

52 SKINNER Lécole béhavioriste -Dans létude du comportement humain, le béhaviorisme adopte lattitude empiriste, selon laquelle lexplication de nos comportements doit être fondée sur lexpérience et lobservation. -Fondement du béhaviorisme: nos idées, notre personnalité et finalement notre comportement sont le résultat de ce que notre environnement nous fait vivre et expérimenter. -Le Russe Ivan Pavlov ( ) et lAméricain John Broadus Watson ( ) sont considérés comme les pères du béhaviorisme. Ils ont été les premiers chercheurs à sintéresser de manière scientifique aux comportements observables de lindividu animal ou humain.

53 SKINNER Lécole béhavioriste -Ils ont démontré que de nouveaux comportements pouvaient être produits par conditionnement. -À la lumière dexpériences faites en laboratoire sur la mesure des comportements observés et sur la relation stimulus-réponse, ces chercheurs ont émis la règle générale: les comportements sont des réactions à des stimuli issus du milieu, stimuli qui influent sur le comportement et le modifient. -Cette hypothèse soppose à lidée que le psychisme, lesprit ou la raison humaine puisse être la source de nos comportements dune manière plus ou moins indépendante de notre environnement.

54 SKINNER Lécole béhavioriste -Skinner, le plus positiviste des théoriciens, sest consacré à la psychologie de laboratoire afin de découvrir les lois et les relations qui régissent le comportement et le milieu dans lequel il se produit. -Daprès lui, lêtre humain est un organisme qui «déploie un répertoire complexe de conduites.» -Lexplication de tout comportement humain est engendré par un ensemble donné de contingences, cest-à-dire quil est influencé par les circonstances du milieu qui viennent le modifier. -Skinner ne fait pas appel à la méthode de lintrospection.

55 SKINNER Lécole béhavioriste -Skinner met un pigeon affamé dans une cage, la «boîte de Skinner», munie de boutons lumineux; un seul des boutons permet de faire tomber de la nourriture dans une mangeoire. -Pendant lexploration de sa cage, le pigeon heurte par hasard le bouton lumineux qui libère un peu de nourriture. -Le pigeon fait par hasard un apprentissage opérant. -Nattendant pas que le hasard inculque un comportement au pigeon, Skinner utilise la technique du conditionnement opérant. Lexpérimentateur façonne le comportement du pigeon en renfonçant par de la nourriture chaque tentative qui rapproche le pigeon du bouton lumineux.

56 SKINNER Lécole béhavioriste -Lêtre humain, comme tout organisme animal, a acquis un répertoire de comportements au cours de son histoire. -Parmi lensemble des comportements que nous pouvons théoriquement manifester, notre environnement social sélectionne, en les renforçant, ceux quil considère comme adaptés. -Chaque fois que nous avons répondu à un stimulus dune manière qui nous a été bénéfique, nous avons appris un comportement que nous répéterons dans des circonstances semblables. -Selon le degré de modification du milieu que suscitera tel comportement, ce dernier verra sa fréquence dapparition augmentée, diminuée ou inchangée.

57 SKINNER Lécole béhavioriste -Lêtre humain comme créature malléable: Skinner se propose, par la connaissance des lois de la nature, dintervenir pour transformer celle-ci à lavantage de lhumanité. -Skinner propose une «science appliquée, une technologie du comportement […] qui puisse rivaliser, en puissance et en précision, avec la technologie physique ou biologique.» -Une culture équilibrée est une culture qui se construit pour les hommes qui auront à la vivre demain. -Lenvironnement culturel (physique et mental) de lindividu devrait renforcer les comportements (paroles et actes) qui favorisent la survie de cet environnement. _

58 KARL MARX Lidéologie allemande

59 -Jusquà présent les hommes se sont toujours fait des idées fausses sur eux-mêmes, sur ce quils sont ou devraient être. Ils ont organisé leurs rapports en fonction des représentations quils se faisaient de Dieu, de lhomme normal, etc. -Créateurs, ils se sont inclinés devant leurs propres créations. Libérons-les donc des chimères, des idées, des dogmes, des êtres imaginaires sous le jour desquels ils sétiolent. -Ces rêves innocents et puérils forment le noyau de la philosophie actuelle des Jeunes-Hégéliens. Les vieux- hégéliens avaient compris toute chose dès linstant quils lavaient ramenée à une catégorie de la logique hégélienne.

60 KARL MARX Lidéologie allemande -Les jeunes-hégéliens critiquèrent tout, en substituant à chaque chose des représentations religieuses ou en la proclamant théologique. -Les représentations, idées, concepts, en un mot les produits de la conscience, quils ont eux-mêmes promue à lautonomie, passent pour les chaînes réelles des hommes au même titre quils sont proclamés comme étant les liens réels de la société humaine par les vieux-hégéliens. -Il va donc de soi que les jeunes-hégéliens doivent lutter uniquement contre ces illusions de la conscience. -Ils proposent ce postulat moral: troquer leur conscience actuelle contre la conscience humaine […] et ce faisant, abolir leurs limites.

61 KARL MARX Lidéologie allemande -Il nest venu à lidée daucun de ces philosophes de se demander quel était le lien entre la philosophie allemande et la réalité allemande, le lien entre leur critique et leur propre milieu matériel. -Les prémisses dont nous partons […] sont des bases réelles dont on ne peut faire abstraction quen imagination. Ce sont les individus réels, leur action et leurs conditions dexistence matérielles. -Ces bases sont donc vérifiables par voie purement empirique. -La condition première de toute histoire humaine est naturellement lexistence dêtres humains vivants.

62 KARL MARX Lidéologie allemande -On peut distinguer les hommes des animaux par la conscience, par la religion et par tout ce que lon voudra. Eux-mêmes commencent à se distinguer des animaux dès quils commencent à produire leurs moyens dexistence. -Pas en avant qui est la conséquence même de leur organisation corporelle. En produisant leurs moyens dexistence, les hommes produisent indirectement leur vie matérielle elle-même. -La façon dont les hommes produisent leurs moyens dexistence, dépend dabord de la nature des moyens dexistence déjà donnés et quil leur faut reproduire. -Les individus dépendent donc des conditions matérielles.

63 KARL MARX Lidéologie allemande -La division du travail à lintérieur dune nation entraîne dabord la séparation du travail industriel et commercial, dune part, et du travail agricole, dautre part; et, de ce fait, la séparation de la ville et de la campagne et lopposition de leurs intérêts. -La position de ces subdivisions particulières les unes par rapport aux autres est conditionnée par le mode dexploitation du travail agricole, industriel et commercial (patriarcat, esclavage, ordres et classes) -La première forme de la propriété est la propriété de la tribu. Elle correspond au stade […] de la production où un peuple se nourrit de la chasse et de la pêche.

64 KARL MARX Lidéologie allemande -La seconde forme de propriété est la propriété communale et propriété dÉtat quon rencontre dans lAntiquité et qui provient surtout de la réunion de plusieurs tribus en une seule ville. -Avec le développement de la propriété privée, on voit apparaître pour la première fois les rapports que nous retrouverons dans la propriété privée moderne, mais à une plus vaste échelle. -Voici donc les faits: des individus déterminés qui ont une activité productive selon un mode déterminé entrent dans des rapports sociaux et politiques déterminés. Les individus oeuvrent et produisent matériellement.

65 KARL MARX Lidéologie allemande -La production des idées, des représentations et de la conscience est dabord directement et intimement mêlée à lactivité matérielle et au commerce matériels des hommes, elle est le langage de la vie réelle. -Les représentations, la pensée, le commerce intellectuel des hommes apparaissent ici encore comme lémanation directe de leur comportement matériel. -On ne part pas de ce que les hommes disent, simaginent, se représentent, ni non plus de ce quils sont dans les paroles, la pensée, limagination et la représentation dautrui. -Cest dans la vie réelle que commence la science réelle, positive, lanalyse de lactivité pratique des hommes.

66 KARL MARX Lidéologie allemande -Pour vivre, il faut avant tout boire, manger, se loger, shabiller[…] Le premier fait historique est donc la production des moyens permettant de satisfaire ces besoins, la production de la vie matérielle elle-même. -Le second point est que le premier besoin une fois satisfait lui-même, laction de le satisfaire et linstrument déjà acquis de cette satisfaction poussent à de nouveaux besoins. -Le troisième rapport […] est que les hommes, qui renouvellent chaque jour leur propre vie, se mettent à créer dautres hommes, à se reproduire; cest le rapport entre homme et femme, parents et enfants, cest la famille.

67 KARL MARX Lidéologie allemande -Le langage est la conscience réelle, pratique, existant pour dautres hommes […] le langage napparaît quavec le besoin, la nécessité du commerce avec dautres hommes. -Lanimal nest en rapport avec rien, ne connaît somme toute aucun rapport. -Lhistoire nest pas autre chose que la succession des différentes générations dont chacune exploite les matériaux, les capitaux, les forces productives qui lui sont transmis par toutes les générations précédentes. -Chaque génération continue donc, dune part le mode dactivité qui lui est transmis, mais dans des circonstances radicalement transformées et dautre part, elle modifie les anciennes circonstances,se livrant à une activité différente. _

68 LEIBNIZ ( ) Discours de métaphysique

69 LEIBNIZ Discours de métaphysique -La notion de Dieu la plus reçue et la plus significative que nous ayons, est assez bien exprimée en ces termes que Dieu est un être absolument parfait, mais on nen considère pas assez les suites. -Dieu possédant la sagesse suprême et infinie agit de la manière la plus parfaite, non seulement au sens métaphysique, mais encore moralement parlant, et quon peut exprimer ainsi à notre égard que plus on sera éclairé et informé des ouvrages de Dieu, plus on sera disposé à les trouver excellents et entièrement satisfaisant à tout ce quon aurait pu souhaiter.

70 LEIBNIZ Discours de métaphysique -Cest par la considération des ouvrages quon peut découvrir louvrier. -Disant que les choses ne sont bonnes par aucune règle de bonté, mais par la seule volonté de Dieu, on détruit, ce me semble, sans y penser, tout lamour de Dieu et toute sa gloire. -Je ne saurais non plus approuver lopinion de quelques modernes qui soutiennent hardiment, que ce que Dieu fait nest pas dans la dernière perfection, et quil aurait pu agir bien mieux. Car il me semble que les suites de ce sentiment sont tout à fait contraires à la gloire de Dieu.

71 LEIBNIZ Discours de métaphysique -La connaissance générale de cette grande vérité, que Dieu agit toujours de la manière la plus parfaite et la plus souhaitable quil soit possible, est, à mon avis, le fondement de lamour que nous devons à Dieu sur toutes choses, puisque celui qui aime cherche sa satisfaction dans la félicité ou perfection de lobjet aimé et de ses actions. -Il suffit donc davoir cette confiance en Dieu, quil fait tout pour le mieux, et que rien ne saurait nuire à ceux qui laiment; mais de connaître en particulier les raisons qui lont pu mouvoir à choisir cet ordre de lunivers. -On peut donc dire que celui qui agit parfaitement est semblable à un excellent géomètre qui sait trouver les meilleures constructions dun problème.

72 LEIBNIZ Discours de métaphysique -Dieu aurait créé le monde, il aurait toujours été régulier et dans un certain ordre général. Mais Dieu a choisi celui qui est le plus parfait, cest-à-dire celui qui est en même temps le plus simple en hypothèses et le plus riche en phénomènes. -Toute substance est comme un monde entier et comme un miroir de Dieu ou bien de tout lunivers, quelle exprime chacun à sa façon. -Ainsi lunivers est en quelque façon multiplié autant de fois quil y a de substances, et la gloire de Dieu est redoublée de même par autant de représentations toutes différentes de son ouvrage.

73 LEIBNIZ Discours de métaphysique -Pour reprendre le fil de nos considérations, je crois que celui qui méditera sur la nature de la substance […] trouvera que toute la nature du corps ne consiste pas seulement dans létendue, cest-à-dire dans la grandeur, figure et mouvement, mais quil faut nécessairement y reconnaître quelque chose qui ait du rapport aux âmes, et quon appelle communément forme substantielle. -Les âmes et les formes substantielles des autres corps sont bien différentes des âmes intelligentes, qui seules connaissent leurs actions, et qui non seulement ne périssent point naturellement, mais même gardent toujours le fondement de la connaissance de ce quelles sont.

74 LEIBNIZ Discours de métaphysique -Car Dieu tournant pour ainsi dire de tous côtés et de toutes les façons le système général des phénomènes quil trouve bon de produire pour manifester sa gloire, et regardant toutes les faces du monde de toutes les manières possibles, puisquil ny a point de rapport qui échappe à son omniscience. -Tous ceux qui voient ladmirable structure des animaux se trouvent portés à reconnaître la sagesse de lauteur des autres. -Tout effet exprime sa cause, et quainsi lessence de notre âme est une certaine expression, imitation ou image et volonté divine et de toutes les idées qui y sont comprises.

75 LEIBNIZ Discours de métaphysique -Tout ce qui arrive à lâme et à chaque substance est une suite de sa notion, donc lidée même ou essence de lâme porte que toutes ses apparences ou perceptions lui doivent naître de sa propre nature. -Il faut joindre la morale à la métaphysique, cest-à-dire quil ne faut pas seulement considérer Dieu comme le principe et la cause de toutes les substances et de tous les êtres, mais encore comme chef de toutes les personnes ou substances intelligentes, et comme le monarque absolu de la plus parfaite cité ou république. -Dieu lui-même […] est le plus accompli de tous les esprits et le plus grand de tous les êtres.

76 LEIBNIZ Monadologie 1-La Monade, dont nous parlons ici, nest autre chose quune substance simple, qui entre dans les composés; simple, cest-à-dire sans parties. 2-Et il faut quil y ait des substances simples, puisquil y a des composés; car le composé nest autre chose quun amas ou aggregatum des simples. 3-Or là où il ny a point de parties, il ny a ni étendue ni figure, ni divisibilité possible; et ces Monades sont les véritables atomes de la nature, et en un mot les éléments des choses. 4-Il ny a aussi point de dissolution à craindre, et il ny a aucune manière concevable par laquelle une substance simple puisse périr naturellement.

77 LEIBNIZ Monadologie 5-Par la même raison il ny en a aucune par laquelle une substance simple puisse commencer naturellement, puisquelle ne saurait être formée par composition. 6-Ainsi on peut dire que les Monades ne sauraient commencer ni finir que tout dun coup; cest-à-dire elles ne sauraient commencer que par création et finir que par annihilation, au lieu que ce qui est composé commence ou finit par parties. 18-On pourrait donner le nom dentéléchies à toutes les substances simples ou Monades créées, car elles ont en elles une certaine perfection, il y a une suffisance qui les rend sources de leurs actions internes (automates incorporels)

78 LEIBNIZ Monadologie 40-On peut juger que cette substance suprême, qui est unique, universelle et nécessaire, nayant rien hors delle qui en soit indépendant, et étant une suite simple de lêtre possible, doit être incapable de limites et contenir tout autant de réalités quil est possible. 41-Doù il sensuit que Dieu est absolument parfait; la perfection nétant autre chose que la grandeur de la réalité positive prise séparément, en mettant à part les limites ou bornes dans les choses qui en ont. Et là où il ny a point de bornes, cest-à-dire en Dieu, la perfection est absolument infinie. 42-Il sensuit que les créatures ont leurs perfections de linfluence de Dieu, mais quelles ont leurs imperfections de leur nature propre.

79 LEIBNIZ Monadologie 44-Il faut bien que sil y a une réalité dans les essences ou possibilités, ou bien dans les vérités éternelles, cette réalité soit fondée en quelque chose dexistant et dactuel, et par conséquent dans lexistence de lêtre nécessaire. 47-Ainsi, Dieu seul est lunité primitive ou la substance originaire, dont toutes les monades créées ou dérivatives sont des productions, et naissent, pour ainsi dire, par des fulgurations continuelles de la divinité. 53-Or, comme il y a une infinité dunivers possibles dans les idées de Dieu, et quil nen peut exister quun seul, il faut quil y ait une raison suffisante du choix de Dieu qui le détermine à lun plutôt quà lautre. _

80 THOMAS KUHN ( ) Les révolutions scientifiques _

81 THOMAS KUHN Les révolutions scientifiques -Le terme paradigme est utilisé dans deux sens différents. Dune part, il représente tout lensemble de croyances, de valeurs reconnues et de techniques qui sont communes aux membres dun groupe donné. -Dautre part, il dénote un élément isolé de cet ensemble: les solutions concrètes dénigmes qui, employées comme modèles ou exemples, peuvent remplacer les règles explicites en tant que bases de solutions pour les énigmes qui subsistent dans la science normale. -Un paradigme est ce que les membres dune communauté scientifique possèdent en commun […] qui se réfèrent au même paradigme. _

82 THOMAS KUHN Les révolutions scientifiques -Une communauté scientifique se compose de ceux qui pratiquent une certaine spécialité scientifique. -Tout ont eu une formation et une initiation professionnelle semblables, à un degré inégalé dans la plupart des autres disciplines. -Il y a en science des écoles, cest-à-dire des groupes qui abordent le même sujet avec des points de vue incompatibles. -Il en résulte que les membres dun groupe scientifique se considèrent, et sont considérés par les autres, comme les seuls responsables de la poursuite dun ensemble dobjectifs qui leur sont commun. _

83 THOMAS KUHN Les révolutions scientifiques -Il ny avait, par exemple, pas de groupe de la physique avant le milieu du XIXe siècle; ce groupe sest alors formé par la fusion déléments provenant de deux groupes jusque-là séparés, les mathématiques et la physique expérimentale. Ce qui aujourdhui est le sujet détude dun seul vaste groupe. -Au premier chef, un paradigme régit, non un domaine scientifique, mais un groupe de savants. Toute étude dune recherche dirigée par un paradigme, ou aboutissement à lécroulement dun paradigme, doit commencer par localiser le ou les groupes responsables. _

84 THOMAS KUHN Les révolutions scientifiques -Jentends par là le fait dadhérer collectivement à certaines croyances comme: la chaleur est lénergie cinétique des parties constituantes des corps; tous les phénomènes perceptibles sont dus à linteraction dans le vide datomes qualitativement neutres; le circuit électrique peut être considéré comme un circuit hydrodynamique en état déquilibre; les molécules de gaz se comportent comme de petites boules de billard élastiques, se mouvant au hasard. -La pratique de la science normale dépend de la capacité, acquise à partir dexemples, de grouper des objets et des situations en ensembles semblables […] Lun des aspects principaux de toute révolution est que certaines des rapports de similitudes changent. _

85 THOMAS KUHN Les révolutions scientifiques -Des faits qui étaient groupés dans le même ensemble, auparavant, sont groupés ensuite dans des ensembles différents, et vice versa. -Prenons lexemple du soleil, de la lune, de mars et de la terre avant et après Copernic; celui de la chute libre, du pendule et des mouvements planétaires avant et après Galilée; ou celui des sels, des alliages et dun mélange de soufre et de limaille de fer avant et après Dalton. Comme la plupart des objets, même dans les ensembles modifiés, continuent à être groupés ensemble, les noms des groupes sont généralement conservés. Néanmoins, le déplacement dun ensemble secondaire entraîne […] un changement critique dans le réseau des rapports qui les relie. __

86 AUGUSTE COMTE ( ) Discours sur lesprit positif _

87 AUGUSTE COMTE Discours sur lesprit positif -Dans leur premier essor, nécessairement théologique, toutes nos spéculations manifestent spontanément une prédilection caractéristique pour les questions les plus insolubles, sur les sujets les plus radicalement inaccessibles à toute investigation décisive. -Lesprit humain recherche avidement, et dune manière presque exclusive, lorigine de toutes choses, les causes essentielles, soit premières, soit finales, des divers phénomènes qui le frappent, et leur mode fondamental de production, en un mot les connaissance absolues. -Lesprit théologique représente nettement la libre prépondérance spéculative de limagination. _

88 AUGUSTE COMTE Discours sur lesprit positif -Le monothéisme commence linévitable déclin de la philosophie […] qui, tout en conservant longtemps une grande influence sociale […] subit dès lors un rapide décroissement intellectuel […] en laissant graduellement développer le sentiment universel […] de lassujettissement nécessaire de tous les phénomènes naturels à des lois invariables. -Non seulement nos recherches positives doivent essentiellement se réduirent, en tout genres, à lappréciation systématique de ce qui est, en renonçant à en découvrir la première origine et la destination finale; mais il importe de sentir que cette étude des phénomènes doit toujours rester relative à notre organisation. _

89 AUGUSTE COMTE Discours sur lesprit positif -La loi générale du mouvement fondamental de lhumanité consiste en ce que nos théories tendent de plus en plus à représenter exactement les sujets extérieurs de nos constantes investigations, sans que néanmoins la vraie constitution de chacun deux puisse, en aucun cas, être pleinement appréciée, la perfection scientifique devant se borner à approcher de cette limite idéale autant que lexigent nos divers besoins réels. -Ainsi, le véritable esprit positif consiste surtout à voir pour prévoir, à étudier ce qui est afin den conclure ce qui sera, daprès le dogme général de linvariabilité des lois naturelles. _

90 AUGUSTE COMTE Discours sur lesprit positif -Pendant la longue enfance de lhumanité, les conceptions théologico-métaphysiques pouvaient, seules, suivant nos explications antérieures, satisfaire provisoirement à cette double condition fondamentale, quoique dune manière extrêmement imparfaite. -Nos connaissances réelles tendent, au contraire, avec une évidente spontanéité, vers une entière systématisation, aussi bien scientifique que logique. On ne doit plus alors concevoir, au fond, quune seule science, la science humaine, ou plus exactement sociale, et dans laquelle vient naturellement se fondre létude rationnelle du monde extérieur. Cest ainsi que nos connaissances positives peuvent former un véritable système. _

91 AUGUSTE COMTE Discours sur lesprit positif -Le mot positif désigne le réel, par opposition au chimérique. -En un second sens, indique le contraste de lutile à loiseux. -Suivant une troisième signification usuelle, à qualifier lopposition entre la certitude et lindécision. -Une quatrième acception consiste à opposer le précis au vague. -Lensemble de notre évolution mentale […] ne laissent donc désormais dautre issue possible que de constituer enfin […] létat vraiment normal de la raison humaine, en procurant à lesprit positif la plénitude et la rationalité qui lui manquent encore, de manière à établir, entre le génie philosophique et le bon sens universel, une harmonie qui jusquici navait jamais pu exister suffisamment. _ _


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