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« Limpact des nouveautés technologiques sur la vie des Montréalais entre 1867 et 1900 » Par Jacques G. Ruelland, Ph.D. et Bruno Desbois, M.Sc.

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1 « Limpact des nouveautés technologiques sur la vie des Montréalais entre 1867 et 1900 » Par Jacques G. Ruelland, Ph.D. et Bruno Desbois, M.Sc.

2 Inventée en 1777 par l'ingénieur anglais James Watt, puis améliorée et adaptée à de multiples usages, la machine à vapeur est le moteur de la révolution industrielle. Au cours du XIXe siècle, la vapeur sert au transport des marchandises et des voyageurs. Elle permet d'abolir les distances entre les peuples. Les routes maritimes se multiplient aussi vite que les voies ferrées. Navires et trains rivalisent bientôt de confort. Ils offrent la découverte de nouveaux horizons. Les Canadiens se mettent à voyager par plaisir.

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4 Les grands ports du XIXe siècle - notamment celui de Montréal - se démarquent de ceux des siècles précédents par le genre d'industries qui s'y installent. La multiplication des industries lourdes suscite leur regroupement près des voies navigables et des mines de charbon ou de minerais, aux abords desquelles sont ouvertes des voies ferrées et des routes carrossables.

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6 Parmi les multiples applications de la machine à vapeur, on trouve des machines-outils de plus en plus perfectionnées et diversifiées. Dans l'usine, la machine-outil impose son rythme de production à l'ouvrier. Inventé par l'ingénieur américain Frederick W. Taylor ( ) et appliqué dès les années 1890, le taylorisme (ou travail à la chaîne) préconise l'utilisation maximale de l'outillage, la spécialisation stricte, la suppression des gestes inutiles et un salaire « à la pièce» stimulant la productivité de l'ouvrier. Mais ce système tend « à dépouiller les tâches de connaissances professionnelles, de qualification, d'initiative ». sur une machine-outil, le travailleur accomplit toujours le même geste et n'a jamais le sentiment de terminer son oeuvre. La répétition de gestes durant de longues heures, selon des horaires fixes, dans d'immenses ateliers bruyants, transforme complètement le rythme de sa vie.

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8 Nombreuses, impressionnantes, les réalisations industrielles dues aux machines-outils et aux nouveaux alliages très résistants prennent place parmi les chefs-d'oeuvre du génie humain. Construit au milieu du siècle, le pont Victoria, reliant Montréal à Saint-Lambert, est considéré comme la 8e merveille du monde moderne.

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10 Au milieu du XIXe siècle, l'électricité, nouvelle source d'énergie, apporte une poussée extraordinaire aux progrès technologiques. En 1879, l'invention de la lampe électrique par Thomas Edison et ses démonstrations d'éclairage urbain électrique à Menlo Park (États- Unis) marquent l'époque. Appuyée par la technique de transport de l'électricité à distance, découverte par le Français Marcel Desprez en 1881, l'invention de la lampe électrique permet dorénavant d'apporter une nouvelle lumière dans chaque foyer. La même année, la première centrale électrique est construite à Goldaming (Angleterre) avec du matériel fourni par la firme allemande Siemens. Elle produit de l'énergie hydroélectrique pour l'industrie, l'éclairage urbain et l'usage domestique de cette petite ville. Au Canada, les grandes villes comme Montréal sont éclairées à l'électricité dès 1889.

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12 À la fin du XIXe siècle, la mode est aux édifices d'acier, de béton et de verre. La tour élevée à Paris pour l'Exposition internationale de 1889 par l'ingénieur français Gustave Eiffel est sans conteste l'exemple le plus connu. À Montréal, le Palais de Cristal, imitant celui que Londres édifia pour l'Exposition internationale de 1851, montre, en 1866, que les architectes canadiens ont le même intérêt envers les nouveaux matériaux que leurs confrères européens. Cette année-là, en effet, une grande exposition agricole et technologique, rehaussée par la présence de S.A.R. le prince de Galles, attire un grand nombre de visiteurs étrangers à Montréal. La présence de plus en plus fréquente de nombreux visiteurs étrangers dans les grandes villes canadiennes commande l'érection de vastes hôtels. Les nouveaux aciers et le béton armé sont souvent employés dans la construction de ces immeubles.

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14 Les hôtels sont de plus en plus nombreux dans les grandes villes comme Montréal. Par le biais des guides touristiques, les hôteliers proposent à leur distinguée clientèle le plus grand confort né des plus récentes inventions. Eau chaude et eau froide se retrouvent souvent dans chaque chambre. À partir des années 1890, certains peuvent dire que leurs chambres sont éclairées à l'électricité. Les chambres sont propres, la literie changée chaque jour - ou presque! La plupart des hôtels offrent une multitude de services : téléphone, télégraphe, journaux, repas gastronomiques, etc. Tout est mis en oeuvre pour agrémenter au maximum le séjour du visiteur et, surtout, pour le voir revenir lors de son prochain voyage.

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16 L'ingéniosité des techniciens du XIXe siècle ne se traduit pas seulement par des réalisations spectaculaires. Certains d'entre eux se signalent par leur génie inventif. Ils ne font parfois qu'ajouter un modeste élément au confort général que réclame le grand public. Ainsi, les cuisines des hôtels et autres édifices abritant un grand nombre de personnes en même temps demandent des appareils ménagers adaptés à leurs besoins. En 1855, une invention du chimiste allemand Robert W. Bunsen contribue à satisfaire ces nouvelles exigences. Bunsen met au point le bec qui porte son nom et qui permet d'utiliser le gaz en toute sécurité et d'obtenir rapidement une température élevée, nécessaire à la cuisson de certains aliments.

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18 Dans les années 1830, l'Américain Cyrus McCormick ( ) invente la moissonneuse. En 1889, la Charter Gas Co. de Chicago (États-Unis) construit un tracteur. Entre-temps, diverses machines fonctionnant au gaz ou à la vapeur sont mises au point pour faciliter le travail des agriculteurs. Les fermiers canadiens de l'Ouest sont parmi les premiers à se doter de telles machines. Par ailleurs, les engrais artificiels, utilisés en 1842 à Rothamsted (Angleterre) par John Bennett Lawes pour la production des navets, vont bientôt révolutionner l'agriculture occidentale. Leur usage sera courant dans les grandes exploitations canadiennes dès les années 1880 Il en résulte que les produits de la terre se diversifient tout en augmentant en quantité et en qualité. Dans le dernier tiers du siècle, les étals des maraîchers canadiens offrent une multitude de légumes et de fruits frais.

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20 La conservation des denrées fraîches en provenance de pays éloignés qui arrivent en ville est essentielle. Utilisé depuis l'Antiquité pour conserver les aliments, le sel ne convient plus au goût du jour. Entraînant une carence en vitamine C, son absorption en grande quantité favorise le développement du scorbut. La réfrigération est alors envisagée comme solution de rechange. En 1850, l'Australien James Harrison tente de congeler des aliments. Mais ce n'est qu'en 1880 que des machines frigorifiques vraiment fonctionnelles sont mises au point. Les wagons frigorifiques apparaissent en 1867 et les navires frigorifiques en 1877; ils sont immédiatement adoptés par les transporteurs canadiens. Grâce à cette machine, on peut en effet se procurer de la glace en tout temps et en tapisser les parois des wagons et autres conteneurs. La conservation des aliments durant leur transport favorise le développement économique de toutes les régions du Canada - même les plus éloignées des grands centres industriels.

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22 La multiplicité des aliments diversifie les goûts et fait connaître les mets étrangers aux Canadiens. Elle donne un nouveau sens à la gastronomie et contribue à donner aux grandes villes canadiennes leur aspect multiculturel. Dans les cités industrielles, les familles ouvrières ne bénéficient toutefois pas immédiatement de ce progrès, les aliments réfrigérés étant nettement plus chers que les produits frais. Viandes, fruits et légumes exotiques attendent désormais les consommateurs canadiens sur les étals des épiciers, où ils conservent en toute saison leur fraîcheur dans la glace pilée. Ce plus grand choix dans l'alimentation quotidienne améliore à long terme le régime alimentaire de la population canadienne. L'apport en vitamines des fruits et des légumes, par exemple, y contribue certainement.

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24 Il faut parfois se faire hospitaliser. Institution à l'avant-garde de la médecine moderne, l'Hôpital Royal Victoria offre des salles spacieuses, propres et bien éclairées, favorables à une guérison rapide et complète. Il comprend aussi des chambres individuelles pour contagieux. Les soins les plus variés y sont dispensés aux hommes, aux femmes et aux enfants - dans des ailes séparées, évidemment! On y trouve également des amphithéâtres pour l'enseignement de la chirurgie, un laboratoire d'hygiène, une école d'infirmières et des services d'aide aux personnes désemparées par la maladie ou le décès d'un proche. Les médecins et le personnel de l'Hôpital Royal Victoria contribuent largement à l'amélioration de la santé individuelle et de la santé publique des Montréalais en affirmant que la maladie peut être vaincue par la recherche scientifique et surtout par le courage et la persévérance.

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26 En 1867, le chirurgien anglais Joseph Lister fait connaître deux techniques de prévention des maladies : l'asepsie, qui consiste à prévenir l'infection en éliminant les microbes avant qu'ils contaminent un être vivant; et l'antisepsie, qui combat les microbes l'ayant déjà contaminé. Ces deux techniques révolutionnent les soins de santé partout dans le monde. À Montréal, les nouvelles consignes d'hygiène seront très rapidement adoptées; l'Hôpital Royal Victoria, ouvert en 1894, sera conçu en fonction de celles-ci et doté d'un laboratoire où elles seront enseignées. Alarmés par le mauvais état de santé de la population ouvrière, les médecins hygiénistes de Montréal, véritables philanthropes, travaillent à la prévention des épidémies et combattent d'autres fléaux tenus responsables, au même titre que les microbes, de la mauvaise santé : la maladie mentale, la pauvreté, la criminalité, l'alcoolisme, l'ignorance et les maladies liées au travail en industrie. Ils contribuent largement à ce que chacun prenne l'habitude « d'écouter son corps » et d'observer les règles d'hygiène.

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28 À la fin du XIXe siècle, les Canadiens prennent de plus en plus conscience de l'importance de bien gérer leur temps. En 1865, le Français Pierre Martin met au point la production d'acier fin, comme celui utilisé dans les rouages de montre. Autrefois objets de luxe, les montres portatives, que l'on attache à une chaîne et que l'on range dans une poche du gilet, deviennent progressivement des objets plus courants. Ces montres existent en divers modèles miniaturisés. On en trouve même incorporées à des portefeuilles, rappelant ainsi que « le temps, c'est de l'argent ». Il faudra toutefois attendre 1904 pour que la Maison Cartier, de Paris, invente la montre-bracelet. Les horaires de travail variables, la vitesse de production, l'intensification des échanges internationaux, les horaires des transports en commun : chacun est soudain pris dans un tourbillon d'activités nécessitant une rigoureuse gestion du temps. Désormais, personne ne peut plus se passer de montre

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30 Grâce aux nouveaux alliages et à l'ingéniosité des fabricants, la bicyclette devient, à partir du XIXe siècle, un moyen de transport très populaire. Son évolution est rapide. Le vélocipède en bois du forgeron écossais Kirkpatrick Macmillan (1839) est une sorte de jouet. Mais le vélocipède métallique du charron français Ernest Michaux (1861) est un véritable moyen de locomotion. L'Anglais Harry J. Lawson invente un pédalier entraînant la roue arrière (1876), un entraînement démultiplié à chaîne, puis des pédales semblables aux nôtres (1879). La bicyclette possède alors un cadre en forme de croix - comme les véhicules tout-terrains actuels. La bicyclette ici illustrée, possède, en plus, des roues de même dimension, un guidon, des fourches inclinées et un cadre en forme de losange. La bicyclette incite au sport, fait économiser des frais de transport, favorise les échanges, s'impose dans plusieurs professions (messagers, facteurs...) : elle participe pleinement au progrès de la société.

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32 En 1882, l'ingénieur allemand Werner von Siemens présente son invention à Berlin. Il s'agit d'un trolley, dispositif semblable à une tige de métal qui permet au courant électrique de passer d'un fil suspendu au-dessus de la chaussée au moteur d'un wagon se déplaçant sur rails. Les Anglais appelleront ce moyen de transport en commun le tramway. Lorsque le trolley sera fixé, plus tard, sur le toit d'un autobus, on le désignera alors sous le nom de trolleybus. Les premiers tramways de Montréal, en 1861, sont hippomobiles. En 1892, l'électricité remplace les chevaux. Dès lors, les tramways électriques participent à la vie trépidante de Montréal; ils assurent à peu de frais des déplacements rapides, favorisant la circulation des personnes et des biens. Grâce aux tramways, les Montréalais se déplacent plus facilement. Un autre bienfait de l'électricité!

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34 On n'arrête pas le progrès! Après le tramway, c'est le train électrique. La première locomotive électrique est utilisée dans le métro de Londres (Angleterre) en La compagnie ferroviaire américaine Baltimore & Ohio Railroad la met en service dès Le Canada n'est pas en reste. Les premiers trains électriques circulent au Québec dès Le train électrique roule plus vite que le train à vapeur. Il est plus confortable et tout aussi puissant. Il consomme moins d'énergie, ne pollue pas, est plus silencieux et tombe moins souvent en panne. Il contribue ainsi à la chute des prix des passages. Peut-on rêver mieux?

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36 En 1862, l'ingénieur français d'origine belge Étienne Lenoir construit un véhicule à moteur à combustion interne. Et en 1885, l'Allemand Karl Benz invente le moteur à essence. En 1895, Benz construit 135 voitures de modèle Vélo et Victoria, faciles à conduire, peu puissantes et rudimentaires. En 1896, deux modèles d'automobiles Kraftdroshke de Benz sillonnent Stuttgart (Allemagne) en tant que... taxis. En 1899, Benz livre son 2 000e véhicule... Belle progression! Au tournant du siècle, les Canadiens aisés font étalage de leur richesse en se promenant en automobile... même en plein milieu d'un champ en Alberta! L'automobile incite à la compétition. En 1892, le Parisien Hippolyte Panhard, 23 ans, part pour Nice. Sur les routes pavées qui datent de Louis XIV, son bolide atteint 20 km/h. Une telle vitesse requiert une attention considérable, dit-il. Le premier jour, il couvre 145 km. L'essence est rare. Il en achète 23 litres à un fermier, quelques litres à un épicier. Dans chaque village, enfants, chiens, chats, poules se précipitent à son passage. Après huit jours et 550 km, il rejoint Nice. Quel exploit!

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38 Le 10 mars 1876, l'Américain d'origine écossaise Alexander Graham Bell (qui a vécu au Canada à différentes périodes de sa vie) établit une communication avec son assistant, Thomas Watson, à Boston (États-Unis). Il lui dit : « M. Watson, venez vite! » C'est la première conversation téléphonique. M. Watson n'aura pas à courir longtemps : il n'est qu'à 150 mètres de son patron! Le téléphone participe à la révolution des télécommunications. Montréal possède le téléphone dès On le voit d'abord dans les bureaux d'affaires montréalais, où il accélère considérablement le traitement des dossiers. Puis il apparaît dans les grands magasins et, au début du XXe siècle, dans les résidences bourgeoises. Sa technologie ayant considérablement évolué, il constitue actuellement le moyen de communication le plus populaire. Allô! Ne quittez pas!

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40 La machine à écrire est inventée en 1808 par l'ingénieur italien Pellegrino Turri pour une de ses amies aveugles, la comtesse Carolina Fantoni. En 1841, un ingénieur écossais invente le ruban encreur. Mais ce n'est qu'en 1874 que l'armurier américain Remington lance son modèle de machine à écrire sur le marché. Après avoir inventé une touche qui permet de taper les lettres majuscules, il connaît finalement le succès en Au Canada, la dactylographie des documents s'impose autour des années Ici comme ailleurs, le métier de dactylo devient une carrière féminine. À cette époque, les employeurs constatent en effet que les femmes travaillent mieux que les hommes à des salaires beaucoup moindres. Il existe même des classes spécialisées dans l'enseignement de ce nouvel art. On dit que Mark Twain est le premier écrivain à avoir remis en 1883 un manuscrit dactylographié - celui de Life on the Mississippi - à un éditeur, mais il l'a fait dactylographier par une dame!

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42 La machine à coudre du tailleur français Barthélemy Thimonnier apparaît en Elle connaît diverses améliorations jusqu'à ce que le mécanicien américain Isaac Singer brevète son modèle à pédalier en En 1899, elle devient électrique. Dans l'esprit de Thimonnier, la machine à coudre est destinée à alléger le travail de la mère de famille. Cependant, utilisée en usine, elle révolutionne la confection. Elle favorise le développement de l'industrie de la chaussure, les machines à coudre le cuir ayant vu le jour dans les années La machine à coudre contribue à l'essor d'un nouveau type d'activité, dans le secteur de la confection du vêtement surtout : le travail à domicile ou sweating system, payé à la pièce. À la fin des années 1860, des milliers de mères de famille travaillent chez elles. Elles en retirent un revenu dérisoire.

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44 L'industrie du vêtement bénéficie également de l'apport de l'industrie chimique. C'est par hasard que la première teinture synthétique est découverte, en 1856, par William Henry Perkin, âgé de dix-huit ans. Assistant du professeur Hofmann au Royal College of Chemistry de Londres, il tente de synthétiser la quinine, un remède contre le paludisme. Il obtient un liquide insoluble, l'aniline. Il en extrait une matière pourpre - la pourpre d'aniline ou mauvéine - dont il constate qu'elle peut teindre la soie - sa chemise blanche, en l'occurrence! Dès leur commercialisation en 1876, les teintures synthétiques, plus stables que les teintures naturelles, contribuent à lancer les modes vestimentaires. Les couturiers ne sont plus limités par le choix des couleurs. La palette de couleurs offerte par les teintures synthétiques est très étendue. Certaines couleurs sont « à la mode »; d'autres se démodent rapidement. Dès le début des années 1880, les couturiers montréalais offrent une vaste gamme de tissus aux couleurs variées.

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46 La machine à lessiver connaît une évolution plus lente que les autres innovations technologiques. En 1782, un tapissier londonien fixe une cage cylindrique à barreaux de bois, dotée d'une manivelle, au centre d'un baquet. Cette machine à lessiver rudimentaire se remplit et se vide à la main. Le linge humide est ensuite essoré entre deux rouleaux de bois. En 1858, un industriel de Pittsburgh (États-Unis) invente un battoir mécanique. En 1860, on chauffe l'eau grâce à des réchauds à gaz. La machine est munie, en 1884, d'une manivelle à l'intérieur d'un baquet rotatif. En 1906, Alva Fisher, de Chicago (États-Unis), construit une machine électrique. Dès les années 1890, l'usage de la machine à lessiver s'implante dans les grandes villes canadiennes, où l'on en trouve dans les grands hôtels et les hôpitaux. Les campagnes d'hygiène publique menées par les médecins hygiénistes de Montréal n'y sont certainement pas étrangères.

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48 Dans les usines de confection de vêtements de la seconde moitié du XIXe siècle, on fabrique du prêt-à-porter - essentiellement des vêtements masculins - ainsi que des vêtements féminins ne demandant pas d'ajustement (cape, jupe, etc.). Dans ce contexte, les robes et les costumes faits sur mesure par des artisans mettent en valeur la richesse et les goûts raffinés de la bourgeoisie. Les petits artisans comme les tailleurs, les brodeuses les cordonniers-maroquiniers, qui confectionnent vêtements, chaussures et cuirs sur mesure, peuvent encore survivre. Mais leur avenir est incertain. La production de masse envahira sous peu l'industrie du vêtement.

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50 À San Francisco (États-Unis), Jacob Davis et Levi Strauss fabriquent, en 1874, des bleus de travail pour les mineurs et les cow-boys. Les blue jeans sont nés! Ils sont taillés dans une toile de coton fabriquée à Gênes (Italie) - d'où leur nom - ou dans une toile plus robuste, la serge de Nîmes (France), que les Américains appelleront alors denim. Les jeans sont adoptés par les travailleurs canadiens dès leur arrivée sur le marché du vêtement, au cours des années D'un autre côté, en 1862, Alexander Parkes présente à l'Exposition internationale de Londres un moulage en Parkésine - du nitrate de cellulose. En 1869, à Albany (États-Unis), l'imprimeur John Hyatt, cherchant à remplacer l'ivoire pour fabriquer des boules de billard, redécouvre la Parkésine et l'appelle celluloïd. C'est la première matière plastique. Comme les fibres synthétiques, le plastique envahit la vie quotidienne. En 1883, la soie artificielle, faite de celluloïd, est produite à Newcastel (Angleterre) par Joseph Swan. La même année, le Français Hilaire de Chardonnet met au point le premier tissu artificiel de cellulose. La mode vestimentaire n'en sera toutefois affectée que beaucoup plus tard, dans les années En attendant, les multiples objets de plastique se retrouvent dans tous les foyers canadiens dès le début du XXe siècle.

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52 En 1835, le gantier Jouvin, de Grenoble (France) et le chausseur Pinet réduisent la fabrication de leurs produits à un certain nombre de modèles établis après enquête : la pointure est née, et vite imposée. Cette dernière s'inscrit au coeur des changements qui marquent le début de l'industrie de la chaussure. Après les années 1850, Montréal regroupe 60 % de l'industrie canadienne de la chaussure. Cette dernière emploie travailleurs en 1871, soit 25 % de la main-d'oeuvre montréalaise. Le climat canadien impose la fabrication de chaussures bien adaptées aux saisons. À Montréal, 250 modèles différents de chaussures à pointure prédéterminée sont créés en 1882; en 1890, on y produit 2,5 millions de paires. Divers matériaux sont utilisés : cuir de vache ou de chevreau, satin, velours pour la doublure, perles métalliques... Chaque machine-outil n'accomplit qu'une seule tâche : préparation du cuir, assemblage des morceaux, couture, teinture avec des colorants synthétiques. En 1880, une paire de souliers coûte 50 % moins cher qu'en 1850.

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54 Au XIXe siècle, la fabrication du papier et des encres, ainsi que les procédés de composition et d'impression des textes et des images sont bouleversés. D'un autre côté, la cueillette des informations et la distribution des journaux sont sensiblement améliorées par les innovations dans les communications et les transports. La baisse des coûts de production, l'augmentation des tirages et une meilleure scolarisation ont un effet : à la fin du siècle, le lecteur est rapidement et beaucoup mieux informé qu'auparavant. La mécanisation des procédés de composition (linotype, 1886; monotype, 1887) et d'impression (presse à vapeur, 1810; rotative, 1845, impression offset, 1875; héliogravure, 1895) est rapide Toutes les industries profitent des progrès de l'imprimerie. Affiches, dépliants, guides, livres, etc. se multiplient. Ils envahissent chaque secteur de l'activité humaine. Les Canadiens se laissent séduire par la lecture et la publicité.

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56 La vie quotidienne des Canadiens à la fin du XIXe siècle est marquée par une révolution dans le domaine de la transmission du son à distance et des télécommunications. Le phonographe fait partie de cette révolution. Il donnera notamment naissance aux industries du disque et de la chanson. En 1877, Thomas Edison fabrique un phonographe à cylindre, à West Orange (États-Unis). Le micro est inventé en 1878 par l'Anglais D. E. Hughes. En 1881, le Français Clément Ader applique son procédé stéréophonique aux auditions musicales. En 1896, l'Italien Guglielmo Marconi réalise la première installation pratique de radio, dont les relais installés à Terre-Neuve et en Irlande permettent la transmission des télégrammes internationaux. Le 28 décembre 1895, on présente, au Grand Café, à Paris, les films des frères Louis et Auguste Lumière. Montréal possède dès 1899 une usine de fabrication de phonographes : la Berliner Gramophone Co., qui fait des enregistrements à partir de C'est une des premières industries du genre au monde. À la même époque, on tourne des films au Canada. Toutes ces inventions réorganisent complètement les loisirs des Canadiens, en plus d'abolir les distances entre eux et les autres peuples.

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58 Rencontre de l'optique et de la chimie, la photographie marque le XIXe siècle. La plus ancienne photographie connue est prise en 1827 par le Français Nicéphore Niepce. À son invention se greffent successivement la plaque de métal de Jacques Daguerre (1839), la plaque de verre (1851), les émulsions sèches (1853) et, en 1888, le rouleau de pellicule de George Eastman, de Rochester (États-Unis), qui lance aussi l'appareil photo Kodak. La photographie réalise un rêve : fixer les images du passé. Les Canadiens l'adoptent de suite. Elle reste toutefois un passe-temps onéreux. À Montréal, le photographe d'origine écossaise William Notman, dont le studio est installé rue de Bleury en 1866, fixe à jamais le visage de la ville en le photographiant sous tous les angles. Il contribue ainsi à populariser l'art de la photo et à brosser le tableau de la société canadienne à l'époque victorienne. La collection Notman du Musée McCord comprend quelque photographies prises par cet homme passionné. La photographie remplit maintenant de multiples fonctions. Avec la prise des empreintes digitales, suggérée en 1877 par l'Anglais William Herschel pour empêcher les pensionnés de l'armée du Bengale de toucher deux fois leurs prestations, elle permet aussi, de nos jours, de nous identifier.

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60 Au XIXe siècle, l'avion n'est encore qu'une promesse qui fait rêver. Mais la technologie permet de réaliser les rêves. En 1891, l'Allemand Otto Lilienthal contrôle ses premiers vols en planeur, à Berlin. Construit par l'ingénieur Clément Ader (l'inventeur de la stéréophonie!), l'Avion décolle le 14 octobre 1897 à Satory (France) et vole sur une distance de 300 m : c'est le premier vol mécanique vérifié. Le 17 décembre 1903, les frères Wilbur et Orville Wright font décoller leur Flyer, à Kitty Hawk (États-Unis). Orville est aux commandes. C'est le premier vol mécanique contrôlé par un pilote, le début de l'aviation. Au Canada, l'histoire de l'aviation débute en Depuis lors, le Canada - Montréal en particulier - s'est bâti une réputation mondiale en matière de construction et d'entretien d'aéronefs.

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