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La pauvreté des jeunes : état des lieux, enjeu de politique publique et comparaison internationale XVIIème rencontre du réseau.

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1 La pauvreté des jeunes : état des lieux, enjeu de politique publique et comparaison internationale XVIIème rencontre du réseau Mission Locale Orléanais Orléans, 31 mai 2011 Florence Lefresne Institut de Recherches Economiques et Sociales

2 Histoire du traitement social de la pauvreté On passe au tournant du XVIIIème siècle, dune vision positive compassionnelle, issue de la tradition chrétienne, à une vision doublement négative : pauvres = « oisifs » (paresse, alcoolisme, imprévoyance…) et « perturbateurs de lordre social » Réponse des Etats à la pauvreté : lenfermement : « hôpital général », concerne au tournant du 18 ème : 1% de la pop.; « workhouses », 1834 (Cf. Foucault, 1961, « Lhistoire de la folie à lâge classique ») ; Objectif économique : exclure les marchés parallèles (revente, recel, le petit artisanat de fortune, ravaudage, glanage) + distinguer le pauvre susceptible de travailler du pauvre inapte au travail. 2

3 La protection sociale contre la pauvreté ? La croissance ne suffit pas à résoudre la pauvreté ; responsabilité collective (Etat ; collectivités territoriales). Adam Smith (1776) lui-même préconise un « salaire de subsistance ». Vaincre la pauvreté : au cœur de la construction du Welfare State (1 er des maux à vaincre énoncés par le rapport Beveridge de 1942) Années 1980 : apparition dun « deuxième monde de protection sociale » (Bruno Palier, 2008) : politiques dinsertion fondées sur des prestations minimales sous conditions de ressources et de plus en plus tournées vers lactivation 3

4 4 Plan de la présentation 1. La pauvreté : une diversité dindicateurs, pièges de la mesure de la pauvreté des jeunes, état des lieux 2. Regards comparatifs européens 3. Retour sur le diagnostic : la place des jeunes sur le marché du travail 4. Quels enjeux pour les politiques publiques ?

5 5 1. La pauvreté : une diversité dapproches et dindicateurs La définition de la pauvreté est conventionnelle : repose sur la définition de seuils et des indicateurs décidés aux niveaux national et international. La pauvreté est un phénomène relatif : définie par rapport à des «modes de vie acceptables», eux-mêmes variables dans lespace et dans le temps (parfois difficile dobtenir un consensus sur les instruments de mesure : ex du Canada). Cest un phénomène multidimensionnel qui ne saurait se réduire à labsence ou à la privation de ressources monétaires. Cest un phénomène dynamique à appréhender du point de vue des trajectoires individuelles, à court terme (entrée, sortie, retour, maintien) ou à plus long terme (transmission).

6 Premières approches de la mesure de la pauvreté Rowntree (1901) : enquête, à New York, sur familles vivant en Idée de panier minimal (28 % au-dessous du seuil) Refait son étude en 1936, intègre journaux, tabac, vacances, radio, cadeaux…principaux concernés : les chômeurs Principe toujours en vigueur aux E-U (Bureau du Census) : paniers-types variant avec lâge et la structure de la famille, actualisés par lindice des prix Principale critique : « minimisation » de la pauvreté (avec une croissance des revenus sup aux prix) 6

7 Union Européenne : le choix dune mesure relative Conseil Européen : « Les personnes dont le revenu et les ressources matérielles, culturelles et sociales sont à ce point insuffisantes quelles les empêchent davoir des conditions de vie considérées comme acceptables dans le pays membre où elles vivent ». Le « acceptable » est en fait ce qui est jugé « normal » par la moyenne de la population. 7

8 Principal indicateur européen : « le taux de risque de pauvreté » Eurostat (Laeken 2001) « Toute personne vivant dans un ménage dont les ressources ne dépassent 60 % du niveau de vie médian ». LINSEE retient plutôt le seuil des 50 %. Niveau de vie : revenu disponible du ménage divisé par le nb dunités de consommation pondérées du ménage (1 adulte = 1 ; 2 ème adulte +14 ans = 0,5 ; enfant = 0,3). En France 1580 euros en 2008 (seuil de pauvreté : 949 euros). Revenu disponible : revenus directs + transferts - impôts 8

9 Les pièges arithmétiques dune mesure relative Doubler le revenu de tous ne change rien aux nombre de pauvres ; Plus une mesure des inégalités : à la limite si personne na rien (une forme d« égalité »), il ny a pas de pauvres…! Si le revenu médian baisse, la pauvreté diminue ! (ce qui pourrait se passer avec la crise)…Cf. objectif du Pdt de la République en 2007 : réduire la pauvreté dun tiers avant 2012 Pour neutraliser leffet « évolution des revenus », on utilise un indicateur de « taux de pauvreté ancrée dans le temps » 9

10 Limites liées à la construction de lindicateur Appartenir à un ménage…difficulté à prendre en compte les SDF ( en France sur 8 millions de pauvres en 2007) ; Hypothèse forte du partage au sein du ménage Paradoxe du genre : fortement représentées dans les bas salaires, les femmes le sont moins dans la pauvreté (sauf famille monoparentale). Comment mesurer la pauvreté des jeunes ? (pb dautonomie) 10

11 INSEE, septembre % de pauvres en 2008, contre 13,4% en 2007, soit 7,8 millions de personnes ayant un niveau de vie de moins de 949 euros par mois La moitié dentre eux ayant moins de 773 euros par mois 1,6 million de pauvres dans des familles monoparentales. 30 % des familles monoparentales sont pauvres 1 million de ans, soit 20,1 % 11

12 Mesurer la pauvreté des jeunes ? Conséquences de lindicateur choisi Le jeune (18-24 ; ans) est appréhendé dans un ménage : celui des ses parents (cohabitants) : hypothèse du partage, risque de sous-estimation de la pauvreté juvénile ; reflet de la situation des parents ; cohabitation choisie ou subie ? (retard dautonomisation dû au revenu ; 50% sont étudiants ; celui des ménages jeunes : 50 % sont des jeunes vivant seuls ; 20 % sont étudiants. Attention ! On exclut du champ; les ménages dont la personne référent est étudiante - 12

13 Ménages : les échelles déquivalence Seuil de pauvreté = 948 euros 1 ère configuration : 4 jeunes vivant seuls Revenus respectifs = 700, 800, 900, 2300 Nombre de pauvres : 3 2 ème configuration : 4 personnes vivant en deux couples Couple A: lui =2300 ; elle = 700; eux = 3000 Revenu par tête = 1500 Revenu équivalent = 3000/1.5 = 2000 Couple B: lui = 800 ; elle = 900 ; eux = 1700 Revenu par tête = 850 Revenu équivalent = 1700/1.5 = 1133 Nombre de pauvres : 0 13

14 Les jeunes et les femmes : premiers concernés en France 14

15 Une limite sérieuse : la minoration des revenus du patrimoine dans le cas français Depuis 30 ans, les revenus de la propriété ont augmenté plus vite que les autres catégories de revenus (diapo suivante), Or les données fiscales minorent ces revenus (moins du quart des revenus) Interpellation du CNIS en 2007 par le RAI (réseau dalerte sur les inégalités). LINSEE réévalue le niveau de vie moyen mais insuffisamment 2008 : niveau de vie moyen INSEE = 1580 euros; Avec chiffres compta nat = 2400 euros…Ce qui rehausse dun tiers le seuil dentrée en pauvreté 15

16 Ratios revenus nets de la propriété sur les salaires nets 16 Légende : les revenus de la propriété représentent aujourdhui léquivalent dun peu moins de 50 % de la masse des salaires nets perçus par les ménages contre environ 25 % en 1978 et 20 % en Sources : INSEE, comptes nationaux, calculs IRES. La France du travail, Ires, 2009

17 Salaires et loyers : le grand écart 17

18 Dautres indicateurs non monétaires… Cf. travaux du sociologue anglais Townsend (1954) : idée de privation dans le domaine alimentaire, lhabillement, lhabitat, la culture…Reprise par Amartya Sen dans sa définition du bien être : espérance de vie, mortalité infantile ou illettrisme + accès « effectif » à des biens et des services (capabilités) LONPES retient un indicateur en conditions de vie à partir de 28 item (logt, santé, loisirs…) Créé par le RAI, le BIP40 (Baromètre des inégalités et de la pauvreté) est un indicateur multidimensionnel qui synthétise plus de 60 indicateurs 18

19 Créé par le RAI, le BIP40 est un indicateur multidimensionnel qui synthétise plus de 60 indicateurs, couvre 6 domaines des inégalités : chômage-emploi-travail, revenus et pauvreté, santé, logement, éducation, justice 19 Sources : Evolution du BIP 40

20 La pauvreté en région Taux de pauvreté par région 20

21 Nouveau dispositif de veille sociale Enquête auprès des acteurs de terrain (emploi, insertion, lutte contre les exclusions) Pas d'extension de la pauvreté à de nouveaux publics Phénomènes émergents / phénomènes nouveaux Désespérance et inquiétudes accrues Agressivité et exigences accrues Moins un effet direct de la crise que l'expression d'un processus long de fragmentation de la société Augmentation du non-recours et perte de confiance dans les institutions Cinq types de publics identifiés par les acteurs sociaux : les sans ressources chroniques (un quart du public), les actifs pauvres (un cinquième), les jeunes en rupture familiale et sociale (près de 20%), les migrants en difficulté (plus de un sur dix) et les personnes en souffrance psychique (15%). Asssocier les personnes concernées par la pauvreté 21 ONPES

22 Une mesure subjective : la peur de la pauvreté 22

23 Principales caractéristiques de lévolution de la pauvreté entre 1996 et 2007 Stabilité de la pauvreté monétaire (13, 5 % en 1996 à 13,4% en 2007, soit 8 millions de personnes pour le seuil à 60 %) Augmentation de la pauvreté des jeunes Augmentation de l'intensité en pauvreté Augmentation de la pauvreté en emploi (entre 2003 et 2006) Ralentissement de la baisse de la pauvreté en conditions de vie (à partir de 27 indicateurs) Persistance dans le RMI (sup. 3ans) 46,7 % Taux de renoncement aux soins 14 % Amélioration de l'accès à la formation (non-diplômés /18-24 ans) Taux de demandeurs d'emploi indemnisés, plutôt en baisse Part importante des demandes de logement insatisfaites ONPES 23

24 Indicateurs de pauvreté monétaire 24 ONPES

25 Effets de la crise sur la pauvreté La plus forte dégradation du marché du travail depuis 1970 Les principaux canaux de diffusion de la crise : le marché du travail : emplois supprimés en 1 an 1 million de fin de droits fin prévu en 2010 la baisse des revenus d'activité (chômage ou réduction primes, horaire, salaire dentrée des jeunes le surendettement : 15 % de hausse du nb de dossiers en 2009 Les stabilisateurs économiques ont joué leur rôle et ont compensé, au moins en partie, les effets de la crise. Si les statistiques ne peuvent rendre compte de l'impact de la crise, les associations se font l'écho d'une augmentation des demandes d'aide. ONPES 25

26 La reprise est fragile et pauvre en emplois Faible dynamisme de la demande intérieure et des exportations Les entreprises privilégient la restauration de la productivité Emplois précaires Légère décrue du chômage, insuffisante pour agir sur la pauvreté Effets aggravants des ajustements budgétaires 26

27 27 Principaux publics touchés par le risque de pauvreté Les salariés peu qualifiés Les jeunes Les femmes chefs de famille un risque de paupérisation à terme pour les plus âgés Trois types d'effets importants : Extension de la pauvreté aux salariés des secteurs industriels et aux salariés en CDD et en intérim Intensification de la pauvreté pour des publics déjà exclus Irréversibilité pour certains (jeunes non-qualifiés en particulier) et inégalités accrues Les catégories particulièrement touchées

28 Une mesure subjective : la peur de la pauvreté 28

29 2. Regards comparatifs européens 29

30 Où se situe la France/UE ? 30 Eurostat

31 Avant transferts… 31 Eurostat

32 32

33 Taux de pauvreté dans lUnion européenne, après transferts sociaux 33 Taux de pauvreté à 60 % du revenu médian, source : Eurostat

34 La pauvreté des jeunes en Europe – Un paradoxe lié à lindicateur 34 Eurostat, année 2009

35 Intensité et persistance En effet, lintensité de la pauvreté, qui mesure lécart entre le seuil de pauvreté et le revenu médian des personnes situées sous ce seuil, est de 18,2 % en France, contre 22 % pour lUnion européenne à 25. La proportion de personnes qui se situent sous le seuil de pauvreté à un moment donné et qui sont restées pauvres pendant 2 années au moins sur les 3 qui ont précédé lenquête, est également plus faible en France que dans la moyenne de lUnion 35

36 Les formes de la pauvreté en Europe : lintensité de pauvreté 36 Pauvreté : 60 % revenu médian ; transitoire : une fois en 5 ans ; récurrente : plus dune fois en 5 ans Paugam, 2008

37 Trois facteurs socio-économiques, une typologie des formes de pauvreté Développement économique et taux demploi ; Type dEtat-providence (cf typologie dEsping- Andersen) ; Liens sociaux, solidarités locales et familiales. Trois formes de pauvreté (Paugam, 2008) : - « pauvreté intégrée » (étendue, sociétés traditionnelles) - « pauvreté marginale » (moins étendue mais plus stigmatisante des sociétés les plus développées) - « pauvreté disqualifiante » (nelle pauvreté, précarité, chômage) - 37

38 Pauvreté et exclusion en Europe En dépit des engagements : stagnation de la pauvreté en Europe; La France en position moyenne Fort impact du système français de protection sociale (baisse de 30 % de la pauvreté monétaire) : importance de maintenir un haut niveau de financement de la protection sociale Pauvreté des chômeurs : 5 fois plus importante que la pauvreté en emploi (43 % contre 8 %) Interrogation sur l'efficacité, dans le contexte actuel, des incitations financières au retour à l'emploi et sur la validité des exigences accrues en matière de retour à l'emploi Vers un objectif européen de lutte contre la pauvreté ONPES 38

39 3. Retour sur le diagnostic : quelle place occupe les jeunes sur le marché du travail ? 39

40 40 Chômage des classes dâge – source : INSEE Florence Lefresne

41 Emplois précaires : flux et stock 75 % des emplois créés sont des CDD (Dares, 2010) 61% des DUE (déclarations uniques dembauches à lACOSS) sont des contrats de moins dun mois En stock, les CDD ne représentent que 14,5% de la population salariée Le flux finit par mordre sur le stock 41

42 42 Part des emplois atypiques dans lemploi total, Données INSEE

43 Statuts demploi des jeunes 43 Enquête Emploi 2009, INSEE Florence Lefresne

44 SOURCE : Enquêtes Emploi INSEE IRES – Les mutations de lemploi en France, Repères, La Découverte, 2005 Part de lemploi stable (en %) par cohorte de jeunes entrant sur le marché du travail 44

45 Jeunes : vecteurs des nouvelles normes demploi La sur-représentation des jeunes dans les flux dentrée sur le marché du travail les place non seulement en première ligne face aux tensions conjoncturelles (sur-réaction au cycle), mais également au cœur des transformations structurelles de lemploi. 45 Florence Lefresne

46 Statut demploi par diplôme 46 Insee

47 Taux de chômage Salaire médian pour un équivalent temps plein (1) Temps partiel contraint (2) HommeFemmeÉcartHommeFemme Écart (en %) HommeFemmeÉcart Effectifs de sortants Ensemble Non diplômé CAP - BEP - MC Bac généraux Bac Pro et Techno Bac Licence Maîtrise, MST, Master 1, … DESS, DEA, Master Ecoles de commerce et d'ingénieurs Doctorat (1) : hors emplois de moins de 14 heures par semaine. (2) : proportion de jeunes qui occupent un emploi à temps partiel alors quils souhaitent travailler à temps plein. Champ : France métropolitaine. Source : Céreq, enquête Génération Inégalités d'insertion professionnelle trois ans après la fin des études selon le diplôme et le sexe

48 Insertion des jeunes diplômés, selon lâge, en Florence Lefresne Scolarité à temps plein CDI CDD Chô Source : Estimations du Secrétariat de lOCDE à partir de lenquête Emploi de lINSEE pour la France et de lenquête communautaire sur les forces de travail pour les autres pays.

49 Insertion des jeunes sans diplômes % de jeunes (soit ) sortent chaque année sans bac ni BEP-CAP. Dont 6 % (soit ) nont pas atteint la classe de seconde ou lannée terminale de CAP-BEP Florence Lefresne

50 Le diagnostic est au moins double Pour les 18 % de « sans diplôme » + 13% de sortants sans diplôme du 1 er cycle universitaire…Le problème est clairement un déficit de « capital humain » + effet de ghetto social et spatial Pour les autres, dont les niveaux de formation sélèvent, le diagnostic est différent : - Turn-over sur la marché du travail, lié à la précarité – 1 jeune sur 5 a comme 1 er emploi lintérim – 1 sur 3 en CDD - Chômage dinsertion ou de rotation - Situations de précarité durable 50 Florence Lefresne

51 4. Quels enjeux pour la politique publique Politiques de lemploi Politiques sociales 51

52 Une mise en perspective Une innovation fondatrice : rapport Schwartz et mise en place du « réseau » (ML et PAIO) + DIIJ supprimée en 2002 Plus de 80 dispositifs en 30 ans…1975 : Stages Granet Des permanences : les registres daction demeurent (exonérations de cotisations employeurs, gisements demploi dans le secteur non-marchand, alternance…)…en dépit des alternances politiques Des changements : élimination des statuts non contractuels (TUC, SIVP) et prolifération de contrats dérogatoires à la norme ; décentralisation. 52 Florence Lefresne

53 Une pluralité dacteurs à coordonner Plus un dispositif nécessitent la coordination dun grand nombre dacteurs publics ou dintérêt public (ex : comité de pilotage de CIVIS) : DR-DDTEFP, ANPE-Pôle- Emploi, DRASS, Conseil Régional, Protection Judiciaire de la jeunesse, Services des Droits des Femmes, Missions locales, PLIE, Fonds dAction Sociale, Délégation Académique à la Formation Continue, AFPA… Réseaux demployeurs locaux Réseaux associatifs socialisant les jeunes 53 Florence Lefresne

54 Une tendance repérable dans la politique de lemploi … 54

55 La dépense ciblée cède le pas sur les allègements généraux 55 Dares

56 56 Dares Part des emplois aidés parmi les emplois occupés par des jeunes de moins de 26 ans Florence Lefresne

57 Les moins de 26 ans en mesures (en milliers) 57 Dares Florence Lefresne

58 Les tendances récentes Depuis 2002 : politique tendancielle de réduction du volume des emplois aidés…en particulier emplois aidés non marchands (loi des finances 2008 : ) La crise contraint à une inflexion ( en 2009 et en 2010) Nouvelles aides à lembauche (« zéro charge » dans les TPE ; primes à lembauche pour les contrat dalternance) 1 er janvier 2010 : Contrat unique dinsertion (2 volets : CUI- CAE et CUI-CIE). Suppression des contrats réservés aux minima sociaux (CAV, CI-RMA). Expérimentation du contrat dautonomie 58 Florence Lefresne

59 Les deux plans « Jeunes » liés à la crise Le plan durgence en faveur de lemploi des jeunes (avril 2009 : 1,3 Mds) : renforcement de lalternance, contrats aidés supplémentaires, prime dembauche danciens stagiaires en CDI (3000 euros) ; « CAE passerelles » Le plan « Agir pour la jeunesse » (sept 2009) inspiré par le Livre vert : RSA, service public de lorientation, le suivi des « décrocheurs », pré-recrutement par les entreprises finançant de la formation (disposition restée sans suite) 59 Florence Lefresne

60 60 Les principaux résultats de lévaluation Effets daubaine, effets de substitution, beaucoup plus forts dans le secteur marchand Différence de qualité dinsertion entre secteur marchand et secteur non marchand qui recouvre une segmentation des publics Effets nets du passage par les dispositifs du secteur non marchand : sortie de pauvreté plus quaccès à lemploi stable ; rôle clé de laccompagnement Effet du passage par lalternance : toutes choses égales par ailleurs, effet dautant plus bénéfique que le niveau de formation est faible. Un résultat qui fait peu retour sur la politique publique Florence Lefresne

61 Un bilan en demi-teinte Impact limité sur le chômage des jeunes ; une faible contra- cyclicité Faible contra-sélectivité des mesures : 71 % des titulaires dun contrat de professionnalisation ont au moins le bac (Dares, 2011). Ciblage ou non sur les publics les plus fragiles : un dilemme récurrent La politique dinsertion est surtout une prérogative de lEtat; exigences faibles en contreparties des exonérations de charges sociales Faible enjeu de négociation des partenaires sociaux. Florence Lefresne 61

62 62 en % du total des prestationsen % du PIB Vieillesse-Survie44,913,1 Vieillesse38,311,1 Survie6,61,9 Santé35,810,4 Maladie28,88,4 Invalidité5,41,5 Accidents du travail1,60,5 Famille-maternité9,12,7 Famille7,92,3 Maternité1,20,4 Emploi6,31,8 Chômage5,91,7 Insertion professionnelle0,40,1 Logement2,60,8 Pauvreté-exclusion1,50,4 Total10029 Répartition des prestations de protection sociale (2007) DREES Comptes de la protection sociale

63 Dégradation du niveau relatif des minima sociaux Pour retrouver aujourdhui une situation analogue à celle de 1984, il faudrait rehausser le niveau moyen des minima sociaux de plus de 40 %. 63 La France du travail, IRES, 2009

64 La fonction « Pauvreté exclusion » Montants de minima sociaux, en % du revenu médian 64 API (personne seule / femme enceinte) Minimum vieillesse (personne seule) RMI (personne seule) Seuil de pauvreté (60 % du revenu médian) ,250, ,547,533, ,647,033, ,645,032, ,444,731, ,444,731, ,843,931, *38,242,230, ,641,629, ,840,728, ,340,228,6 60 * rupture de série en 2005 (meilleure estimation par lINSEE du revenu médian) Source : INSEE, CNAF, calculs Antoine Math

65 Le principe de fonctionnement du RSA Comme pour le RMI et lAPI, le RSA est une allocation différentielle qui complète les revenus du ménage pour quils atteignent un revenu garanti. Ce dernier est égal à la somme : dun montant forfaitaire, dont le montant varie en fonction de la composition du foyer, fixé par décret à un montant équivalent à celui du RMI ou de lAPI selon la situation familiale (460 euros par mois, hors forfait logement, pour une personne vivant seule, 690 euros pour une personne élevant seule un enfant de plus de 3 ans…) ; dune fraction des revenus professionnels des membres du foyer, fixée par décret à 62 %. Revenu garanti = Montant forfaitaire + 62 % des revenus dactivité 65

66 Expérimentation du RSA : le dispositif Méthode peu utilisée en France (contrairement aux pays anglo- saxons, introduite par la loi des finances 2007 et par la loi TEPA) 33 départements volontaires entre juin 2007 et mars outils : enquête monographique auprès des principaux acteurs chargés de la mise en œuvre ; enquête qualitative auprès de bénéficiaires du RMI, de lAPI ou du RSA ; une enquête quantitative réalisée sur un échantillon de bénéficiaires RMI, API ou RSA ; un tableau de bord sur le contexte socio-économique, les moyens engagés et les résultats obtenus. Conseils généraux, préfectures, CAF, référents chargés du suivi des bénéficiaires, représentants de services ou de structures dinsertion professionnelle, etc. Cf Rapport final du RSA Comité dévaluation (2009). 66

67 Résultats des expérimentations Globalement peu dimpact sur le retour à lemploi ou sur le maintien de lemploi (+ 9 % mais non significatif) Impact plus fort pour les qualifiés Durée du travail plus courte pour les titulaires du RSA 11 % des personnes travaillent au plus 9 heures par semaine dans les zones tests contre 6 % dans les zones témoins. Les emplois sont moins rémunérateurs : dans les zones tests, 31 % des personnes perçoivent euros ou plus par mois (soit léquivalent dun SMIC à temps plein) contre 40 % en zones témoins. Impact sur la gouvernance, meilleur partenariat, forte mobilisation des départements Absence de données précises sur le coût du dispositif et de son impact sur la pauvreté 67

68 Effets du RSA sur la pauvreté ? Pour une personne seule sans enfant, revenu avec RSA : SMIC à quart temps : 600 euros SMIC à mi-temps : 750 euros Seuil de pauvreté 948 euros Pour une mère isolée (le quart des RMIstes) avec 1 enfant, revenu avec RSA : SMIC à mi-temps : 1000 euros seuil de pauvreté à 1200 euros Incitation très faible à la reprise du temps plein 68

69 Jeunes et RSA Exclusion des jeunes du RMI en 1988 Faible part des jeunes indemnisés par lassurance chômage (réévaluée par la loi de modernisation du MT – 4 mois) Augmentation sensible de la pauvreté des jeunes depuis 10 ans Critères très restrictifs daccès au RSA (3600 heures de travail dans les trois dernières années)…8000 bénéficiaires en janvier 2011 contre attendus Risque démiettement de lemploi pour les ayant-droit ; exclusion pour les autres. Part des jeunes dans les fins de droits de lUnedic 15 % du million de fins de droits attendus fin Florence Lefresne

70 CONCLUSIONS Le débat social a besoin dune diversité dindicateurs de pauvreté, notamment pour mesurer celle des jeunes ; Quels sont les leviers essentiels à actionner ? 70

71 Les leviers daction à privilégier Introduire des critères plus souples daccès au RSA pour les jeunes Le RSA peut être conçu comme transitoire Placer « sous conditions » les allègements de charge pour limiter la précarisation de lemploi Développement laccès au logement social Enjeu dun service public garantissant laccès aux biens et services fondamentaux : santé, éducation, transports. 71

72 Vers une sécurisation des parcours professionnels ? Eviter lenfermement des jeunes dans des normes demploi spécifiques (participe du fractionnement et de la fragilisation des statuts et de la protection sociale (âge dentrée en CDI, discontinuité de carrière…) Enjeu général de redéfinition du statut professionnel : droits à la formation tout au long de la vie, à la mobilité professionnelle choisie, à la protection sociale, etc. non plus attachés au contrat de travail mais à la personne. 72 Florence Lefresne

73 Taux de chômage des jeunes (15-24 ans) en Europe Sources : Eurostat, données Florence Lefresne

74 Méfions nous de lindicateur « taux de chômage »…. Taux de chômage = Nb de chômeurs Pop. active Taux dactivité = Pop. active Pop. Part de jeunes au chômage = Taux de chô des jeunes X taux dact.des jeunes 74 Florence Lefresne

75 Taux dactivité des jeunes (15-24 ans) En % de la classe dâge 75 Sources : Eurostat, données 2008 Florence Lefresne

76 Diversité des institutions de formation initiale Les pays où la formation professionnelle initiale est dispensée dans lappareil productif (apprentissage) Allg, Autriche, Suisse, Danemark, Pays-Bas Les pays où la formation professionnelle initiale est massivement dispensée sous statut scolaire France, Espagne, Italie, Suède, Portugal, Grèce République tchèque … 76 Florence Lefresne

77 Taux de chômage et part de jeunes au chômage 77 Sources : Eurostat, données 2008 Florence Lefresne

78 Des performances demploi quasi- stagnantes dans lUnion européenne 78

79 79 Effets de la récession Ocde

80 Insertion des jeunes en France, selon lâge, en Florence Lefresne Source : Estimations du Secrétariat de lOCDE à partir de lenquête Emploi de lINSEE pour la France et de lenquête communautaire sur les forces de travail pour les autres pays.

81 Insertion des jeunes au Danemark, selon lâge en Florence Lefresne Source : Estimations du Secrétariat de lOCDE à partir de lenquête Emploi de lINSEE pour la France et de lenquête communautaire sur les forces de travail pour les autres pays.

82 Différentes logiques daction en Europe Place centrale de la formation et de la négociation dans les pays du Nord de lEurope Rôle confirmé de lapprentissage en Allemagne mais relativement moins protecteur depuis la réunification New deal au Royaume-Uni : activation contrainte, effets daubaine massifs, faiblesse de la formation, forte rotation dans lemploi Recherche de flexibilité du marché du travail dans les pays latins, en France, Belgique…effets de dualisation accrue du marché du travail Florence Lefresne 82

83 83 Quelques références bibliographiques OCDE, Des emplois pour les jeunes, France, 2009 Lefresne F., « Trente ans de politique de lemploi des jeunes : une tentative dévaluation » in Papinot C. et Vultur M. (dir.) Les jeunesses au travail : regards croisés France-Québec, INRS, UBO, Presses de lUniversité de Laval, 4 ème trimestre 2010, pp Lefresne F., Effets générationnels et transformations structurelles de l'emploi, Regards croisés sur léconomie, « Le choc des générations », La Découverte, n° 7, mai 2010, pp Site de la Dares : de,76/statistiques,78/politique-de-l-emploi-et-formation,84/donnees-transversales,252/jeunes-et- politiques-de-l-emploi,2262.htmlhttp://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques- de,76/statistiques,78/politique-de-l-emploi-et-formation,84/donnees-transversales,252/jeunes-et- politiques-de-l-emploi,2262.html Site du Céreq : cerq.fr ; résultats de Génération 2007 dans la crise Site du Fonds dexpérimentation pour la jeunesse : Minni C. (avec la collaboration de Omalek L. et Pommier P.) « Emploi et chômage des ans », Dares Analyses, Octobre 2010, n°072.

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