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François-Xavier Fabre Un peintre imprégné de son époque Après une formation académique rigoureuse, lente et méticuleuse à Montpellier, François-Xavier.

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1 François-Xavier Fabre Un peintre imprégné de son époque Après une formation académique rigoureuse, lente et méticuleuse à Montpellier, François-Xavier Fabre entre dans latelier de David en Obtenant le prix de Rome en 1787 devant Girodet, il se rend à Rome et ne tarde pas à simposer comme lun des meilleurs espoirs français et lhéritier de la grande tradition de Raphaël, Poussin et David. Ancré dans un contexte social en pleine évolution au tournant de la révolution, où le goût grandissant de lantique sert à incarner les idéaux nobles de cette pensée en mouvement, Fabre se démarque de ses contemporains par une pratique non linéaire en décalage avec la production artistique de son temps: avec lui les genres et les tentatives stylistiques se côtoient, linterprétation de thèmes bibliques et mythologiques montrent une telle érudition dans leur illustration qu'ils semblent l'essentiel de son propos. Est-ce par conviction, par goût, ou plutôt pour répondre à une clientèle cosmopolite, européenne mais conservatrice quil choisit de tourner le dos à la fois au classicisme trop poussé dIngres et au romantisme naissant de Gros ? Cest en tout cas pour prendre du recul quil choisit de sinstaller à Florence, où son amitié avec la comtesse dAlbany et le poète Alfieri lui ouvre les portes de la reconnaissance dune pratique certes inscrite inconditionnellement dans le rapport constant aux maîtres, à une certaine tradition, mais qui a montré quelle nétait pas exempte dune forte personnalité et sensibilité. Lart ça sapprend ! La formation académique Depuis sa création en 1667, lacadémie royale de peinture et de sculpture 1 règlemente de façon rationnelle tout dessein de création, établissant une hiérarchie de genres dont le plus grand et noble est la peinture dhistoire comprenant des sujets religieux, mythologiques et historiques, incarnant un message moral, des vertus. Suivent ensuite les scènes de la vie quotidienne (scènes de genre), les portraits, les paysages et les natures mortes. Cest par lenseignement du dessin que chaque artiste aspirant à devenir académicien, - après avoir obtenu le prix de Rome, sêtre rendu en Italie pour parfaire sa formation, avoir présenté son « morceau de réception »-, reçoit une formation intellectuelle complète qui aborde autant lart de peindre que la rhétorique, la poésie et lhistoire, enseignements indispensables pour lincarnation dune idée supérieure traduite par la forme. 1. Cf. (Re)-découvrir les collections du musée Fabre, lidéal Classique Toutes les oeuvres reproduites sont de François-Xavier Fabre sauf annotation particulière Autoportrait jeune

2 De létude anatomique au corps dans lœuvre La représentation du corps : Un prétexte à l'incarnation de sujets « nobles » Au cœur de lenseignement du dessin à lacadémie et ensuite dans latelier du peintre David dont l« Hector » de 1778 servit de modèle pour ses élèves, incarnation du héros, représenté de préférence nu pour approcher la beauté naturelle et idéale, illustration dun épisode mythologique ou antique, il sadapte au sujet traité épousant alors des styles différents. Lusage étant que lartiste accepté à lannexe de lacadémie royale, lacadémie de France à Rome, devait exécuter des travaux attestant de ses progrès, F-X. Fabre réalise durant sa période romaine ( ) de nombreuses toiles quil envoie à ladministration parisienne dont le Saint Sébastien expirant (3) de 1789, le Soldat romain au repos de 1788, le Repos du gladiateur de 1789 (1) et Abel expirant de 1790 (2) qui fut exposé au salon de 1791 et dont on a loué la régularité du dessin, le choix des plus heureuses formes, le style grave et noble, etc.….… L' école de David, qui influença ses choix plastiques – style résolument antiquisant, sévère et réaliste – transparait à travers ces commentaires. F-X Fabre ne reconnaissait de qualité quau genre de peinture apprise chez son maître, refusant avec véhémence aussi bien lIngrisme que le romantisme. Il en adopta la méthode rigoureuse qui veut que chaque composition soit le fruit de nombreuses esquisses, dessins, études préliminaires, recherches de composition à tous les stades dachèvement avec divers outils : de la mine de plomb, à la plume, au dessin modelé au lavis….ne laissant que peu de place à la spontanéité dans le but suprême datteindre lidéal de beauté et de vérité de lœuvre. Corps dans lœuvre ou corps de lœuvre. Il diffèrent selon le sujet traité : les corps romains se montrent virils, robustes, sculpturaux prêts à laction alors que les corps des Saint Sébastien, des Adonis, des Narcisse sassouplissent, se courbent, chutent avec une plus grande sensualité. Labandon est sensible dans La descente de croix de 1809, la résistance de Philoctète dans Ulysse et Neptolème enlèvent à Philoctète les flèches dHercule en 1800, lassurance dans Le Jugement de Pâris de Si les études de corps constituent une référence et un répertoire de formes à disposition, il faut noter avec quelle aisance F-X. Fabre leur donne une existence propre, de plus en plus sensible avec le temps où lexactitude côtoie lexpression associée à une grande théâtralité. Décalque de la mort dAdonis, 1792,détail Saint Sébastien, 1791

3 Le peintre dhistoire Notons que le point de tension crée par David à lentrecroisement des pieds est repris par Fabre dans de nombreuses compositions, comme par exemple: -dans « Marius et le Gaulois », esquisse, 1796, qui renvoie également à Drouais. -« Nabuchodonosor fait tuer les enfants de Sédécias sous les yeux de leur père », 1787 où l évidement plus large enferme un autre groupe. François-Xavier Fabre se destinant à la peinture dhistoire se plie, comme tout artiste de cette époque à la règlementation sévère de lacadémie dans laquelle il se reconnaît parce quelle répond à son goût personnel pour lantique et les textes classiques – il parle le grec et le latin, se constitue une admirable bibliothèque - et parce quelle incarne aussi le dogme de la supériorité absolue de la civilisation et de lart de lantiquité en ce quils sont le seul moyen « dêtre grands, et si possible, inimitables » 1, chère à son époque suivant les pensées de Winckelmann. 2 Toutefois, bien que son œuvre soit encore partiellement inconnue du fait dune clientèle essentiellement étrangère à Florence, sa production semble avoir été peu abondante du fait de multiples occupations et de problèmes de santé. Certains projets sont dailleurs restés à létat desquisse (cest malheureusement par des œuvres préparatoires que lon connaît sa période la plus féconde) et ce nest pas cette partie de son œuvre qui assura sa notoriété. Le choix des sujets Les sujets traités par F- X Fabre sont essentiellement inspirés de lhistoire antique: textes dOvide, dHomère et tragiques grecs; dans les tragiques modernes, il ne sinspirera que des textes dAlfieri, se détournant totalement et malgré certaines suggestions de ses commanditaires (dont son ami Clarke), de lhistoire nationale ayant inspiré Ossian, Atala, Corinne dont l engouement naissant pour la veine troubadour saccentue depuis le consulat. Son répertoire extrêmement conformiste, reprend donc des thèmes traités par ses contemporains et ses prédécesseurs immédiats. Mais le choix des compositions, lajout de détails significatifs exacts, en accord avec les textes quil fréquente quotidiennement affirment sa singularité. Des références multiples Au début, il partage les recherches de ses confrères: Par exemple, le thème des Horaces dont « Le serment sur le corps de Lucrèce » (1) esquisse au crayon noir, est traité par Desmarais (Horace tue sa sœur Camille 1785) mais renvoie au « Serment des Horaces » de David de 1784 (2) : on peut rapprocher la composition des deux groupes distincts, le sol en perspective, larrière plan tripartite, et en apprécier les différences, inversion de la disposition des groupes, recouvrement du fond avec un voile-rideau souvent employé à lépoque pour fermer la composition etc. 1 2

4 1. François-Xavier Fabre, peintre et collectionneur, lobjet dart, Laure Pellicier 2. "Beauty is one of the greatest mysteries of nature." (Winckelmann in The History of Ancient Art, 1764) Puis, des sujets plus originaux se rapprochent du répertoire des amours mythiques ou au cycle homérique que nous connaissons par plusieurs dessins des années Durant cette période, il montre un style empreint de « lantique aimable de Vien » et de lélégance de son ami Gauffier. Les femmes sont généralement inquiètes et éplorées, les hommes incarnent la force et la détermination. Flaxman, Ulysse et Circé 1810 Léandre retiré des eaux,1797 Détail illustrant la théâtralité On retrouve la ligne sobre, pure et élégante de Flaxman dans les esquisses et peintures de cette époque illustrant les textes antiques grecs, (ou les textes sacrés) dont il sapplique à rendre la grâce et lélégance, avec un traitement du visage plus ou moins stéréotypé (nez grec, arcades sourcilières tombantes), les plis des vêtements accentués, une émotion contenue, des attitudes mondaines, des mouvements théâtraux, une universalité des concepts….une composition en frise et des poses contrastées (tête de profil, corps de face, ou linverse). Il nen est pas de même pour le traitement de thèmes relatant les épisodes romains où le goût pour les corps hyperréalistes, dont la musculature, la robustesse, la détermination, la sévérité sont mis en avant par le jeu des ombres et des lumières, où les muscles souples dun Abel ou dun Pâris se transforment en muscles noueux dun Marius et où lexpression appuyée des visages accentue le caractère dramatique de laction figée dans linstant. Généralement, peu de figures, des groupes différenciés sont placées dans un décor sobre, intelligible, où quelques détails raffinés informent sur le moment historique choisi de laction représentée. Avant tout peintre réaliste (son Abel expirant fut très apprécié pour son intense présence physique, une certaine dimension érotique et sa précision incongrue du détail), ses tentatives stylistiques sentremêlent, se croisent, grâce ou force, lun et lautre servent la représentation pour un peintre accompli. Le jugement de Pâris, 1808 Composition en frise, raideur des personnages. Marius et le gaulois,1796 Force et dramatisation

5 Nicolas Poussin, Le jugement de Salomon, dessin et lavis, 1648/49 François-Xavier Fabre Nabuchodonosor fait tuer les enfants de Sédécias sous les yeux de leur père, esquisse,1787 Peintre classique plus que néo-classique Parmi dautres sources classiques, il sinspire de Raphaël pour Le jugement de Pâris (entre autre), et de Poussin pour de nombreux thèmes 1 la richesse de ses compositions et la beauté de ses expressions quil semploie à mieux différencier à partir de Réinterprétation dune composition de Poussin pour lillustration de cette scène dont le protagoniste fut un roi Babylonien vers 600 av JC et détruisit le temple de Salomon. 2 La référence à lhistoire, Composition de Poussin est ici intéressante pour le renversement de situation proposé… Les renvois divers donnent à penser quil manqua peut-être daudace et pourtant les emprunts ne sont jamais littéraux. Il puise durant toute sa vie dans un répertoire de motifs et de figures quil transforme, transfigure selon le propos quil choisit de servir. Il a parfois montré une veine fantasque, sombre, comme dans Œdipe et le sphinx, ou La vision de Saül mais en collectionneur averti cest par goût personnel quil se tourna de plus en plus vers lart classique de Raphaël et de Poussin, tournant le dos aux nouvelles tendances stylistiques en cours. 1. Voir les textes du service éducatif du musée, l Idéal Classique Vénus et Adonis de Poussin 2. Dès la première année de son règne il soumit Jérusalem et y établit un protectorat. Le roi de Juda, Joachim ne supportant pas la situation, complota avec les Egyptiens. Nabochodonosor réagit en soumettant de nouveau Jérusalem le 16 mars 597 av. J.-C.,en déportant la famille royale et une partie de la population, et en installant sur le trône Sédécias. Mais ce dernier complota à son tour contre Nabuchodonosor qui dut revenir une troisième fois Jérusalem, en 586 av. J.-C. pour soumettre la ville. Le temple de Salomon fut détruit et toute la population juive fut déportée, formant ainsi la première diaspora.

6 Le peintre religieux A linstar des artistes de son temps marqués par lesthétique néo-classique, F6X Fabre sintéresse à tous les genres de la peinture, dont la peinture religieuse. Là encore sa pratique nest pas linéaire, et plutôt réservée. Sil la pratique durant toute sa vie, il l alterne avec les autres genres. Ses premières tentatives datent de la période romaine et concernent surtout des exercices touchant à sa formation, comme cest le cas pour le Saint Sébastien de Il copie entre autre le Crucifiement de Saint-Pierre de Guido Reni pour le roi, La vierge à la chaise de Raphaël, qui confirment son goût classique. Une commande pour les Pénitents Bleus de Montpellier Cest en 1790 que le mécène Philippe-Laurent de Joubert lui propose cette commande dun tableau dont le sujet est au choix du peintre. F-X Fabre sarrête finalement sur le thème de La prédication de Saint jean- Baptiste. Comme pour les autres œuvres, un nombre important desquisses, détudes de poses, de draperies, de composition se succèdent passant dun schéma baroque et dynamique à un schéma sur deux registres, plus clair où Saint Jean-Baptiste harangue la foule. Prédication de Saint Jean – Baptiste - Esquisse – 1792 Huile sur Toile Prédication de Saint Jean-Baptiste - Esquisse Huile sur Toile, papier marouflé sur toile Personnage nu, barbu, de profil à droite, les bras levés; Une étude de tête 1790 – 1792 Sanguine, mis au carreau Personnage nu et barbu, drapé 1790 – 1792 Crayon noir et craie blanche sur papier bistre Prédication de Saint Jean-Baptiste 1790 – 1792 Plume et lavis de sépia, rehauts de blanc sur papier bleuté Personnage drapé, barbu, assis de profil à droite, lisant un parchemin, mine de plomb, crayon noir et craie blanche sur papier bistre

7 Les études préparatoires présentées pour cette exposition sont dun grand intérêt montrant les recherches de F- X Fabre passant du nu, au nu habillé, à la recherche de composition, de la sanguine au crayon noir, à la mine de plomb, au lavis de sépia… pour aboutir à « La » composition parfaite, que la dernière esquisse laisse augurer, labandon du projet du fait de la dissolution de la compagnie en 1791 et de la mort de Joubert en 1792, nayant permis sa réalisation. De la même époque date Suzanne et les vieillards (1791) où la composition à mi-corps à la fois monumentale et dynamique renvoie à la fois au modèles des peintres bolonais du XVII éme siècle (Reni, Guerchin) et à David pour létude du vieillard barbu et le visage de Suzanne (Andromaque) Toutefois, sa peinture se fait ici plus émotionnelle jouant déjà sur une lumière en clair-obscur plus apte à illustrer le thème biblique, la pureté de Suzanne rendue par la blancheur de sa chair opposée aux teintes rouges-bruns sombres des deux hommes dont les visages très expressifs, déterminés sopposent là encore à sa crainte et candeur. Clair-obscur encore plus poussé quelques années plus tard avec la délivrance de Saint Pierre de 1802 et dautres études peintes incarnant le thème de la passion. La descente de croix de 1809 joue aussi de cette lumière qui différencie les plans et appelle le regard sur le christ dont le corps est encore en proie à labandon. Pourtant, vers 1800 il faut noter limportance dun traitement classique dans la tête de Christ, ou la Sainte Famille de Dans cette œuvre la composition équilibrée, statique où la pyramide créée par la vierge, lenfant et Saint Jean Baptiste, se superpose à celle formée par Joseph, Marie et la base du groupe, isole le groupe du paysage classique composé de façon idéale (ruines gréco romaines, paysage italianisant renvoyant aux peintres français du XVII éme siècle…). 1. Susanne et les vieillards Délivrance de Saint Pierre 1802 Plume et lavis de sépia, rehauts de blanc 3. Descente de Croix vers La Sainte Famille 1801 Considérée comme su capo dopéra cette œuvre marque son intérêt croissant pour les thèmes religieux à cette époque et surtout linfluence de Raphaël, Poussin et de Dolci quil fera entrer dans sa collection. Il montre une grande maturité dans la composition, où les formes se répondent, la noblesse et le réalisme adouci des expressions

8 1- Pastorales : cf lexique Art et littérature Si son célèbre Abel expirant de 1791 renvoie plus à un poème de Salomon Gessner « La mort dAbel » écrit en quà lépisode biblique affirmant à la fois son érudition et son choix philosophique et esthétique (les divers dessins préparatoires montrent cette recherche de beauté constante chez F. X. Fabre), la toile intitulée La vision de Saül de 1803 qui fit son triomphe, lui est directement commandée par son ami Alfieri et sinspire dune de ses tragédies datant de F-X Fabre nous en donne une version littérale, le texte étant lui-même inspiré du livre de Samuel. Ancrée dans la contemporanéité par Alfieri qui a souvent joué le rôle de Saül, elle est le fruit de sources artistiques diverses: -Frise des personnages, expression des passions, clair-obscur du paysage: Poussin -Minutie de la facture, goût du détail précis: David -Raffinement de la palette colorée, fines ciselures du drapé: certains maîtres du XVII ème siècle comme La Hyre, Le Sueur… Dans cette œuvre, Samuel et Alchimelech semblent flotter sur des nuages célestes, entre deux mondes, alors que deux romains sapprochent en second plan. En arrière plan, des femmes éplorées, et au loin, une ville en flamme fait directement écho à Abel expirant où le feu du premier plan renvoie à celui du fond. Toile de fond à droite, bâche arrêtant la composition…corps à l'abandon, têtes renversées, vide entre les deux groupes opposés, paysage poussinesque…un répertoire de formes et de composition réinterprétés pour une œuvre déconcertante, presque préromantique, où le geste théâtral est mis en avant. Le renouveau religieux Ce fut sa dernière grande œuvre, même sil revient régulièrement aux thèmes religieux. Les Trois maries au tombeau ( ), La descente de croix de 1803 montrent son goût croissant pour un certain primitivisme, (remarquable également dans sa peinture dhistoire) avec des gestes pathétiques hérités de la contre–réforme. Notons quil illustre souvent le thème religieux dans les paysages composés, comme cest le cas pour La Madeleine en extase ou Le saint François en prière, tous deux de Les événements politiques français mirent un frein à une grande peinture religieuse et dans ce contexte, loin de Paris, F. X. Fabre a participé au renouement religieux amorcé par lengouement pour le passé médiéval…

9 Le paysage Le paysage comme sujet Dès ses années romaines, Fabre réalise des études sur le motif dont il se sert pour enrichir le fond de ses tableaux. Cest surtout en Toscane quil se tourne vers le paysage, genre considéré comme mineur malgré les efforts de P.H. Valenciennes; il explore volontiers les environs de la ville, sur les traces de Gauffier, « dans lespoir dy trouver de nouveaux sujets détude ». Bien vite Fabre sintéresse aux grands paysagistes classiques, notamment Dughet, qui jouit alors dune grande renommée et quil copie et imite pour satisfaire une clientèle damateurs, comme nous lapprend une lettre de la comtesse dAlbany datée de Dans un souci de probité et de réalisme, Fabre multiplie les études sur le motif, dans le vaste parc des Cascines aménagé au XVIIIème siècle à louest de Florence, sur la rive droite de lArno. La peinture de ce lieu est inédite en ce temps. Le thème, très banal pour lépoque, loin didéaliser la nature, les abords de Florence se présentent ici tel que F. X. Fabre a pu les voir, déjeuner sur lherbe au premier plan, scène de jeu en second plan et devant le pont, scène de pêche. Ces scènes de genre, le point de vue, la dilution du lointain dans une brume amenant de limprécision montre en Fabre une grande modernité qui laisse présager les thèmes et le traitement des peintres réalistes et même des impressionnistes quelque un siècle plus tard. Cest plus lexigence du réalisme qui le poussent dans cette recherche car Fabre n a cessé dêtre fidèle au classicisme. 1/ Vue de Florence du nord de lArno 2/ vue dune colline florentine 3 /construction dun édifice 4/ vue du lac Léman, esquisse 1821 Fabre a vite été contraint à Florence à diversifier ses sujets. A l instar de son ami Gauffier, il se tourne vers le portrait mondain et le paysage

10 La sensation renforce lidéalisation Le petit paysage avec un moine en prière, est un témoignage précoce et précieux de ce goût de Fabre pour la nature qui laccompagna toute sa carrière. Fabre, sans surprise, se réfère à la tradition du paysage anachorétique du XVIIème siècle – notamment Dughet, Claude Lorrain, ou encore Salvator Rosa – et puise directement sa source dans deux petits paysages de sujet identique de lAllemand Dietrich (1712 – 1774) présents dans sa collection. Comme chez son modèle, il bouche sa composition par lemploi dune masse rocheuse envahie de végétation et ménage une trouée vers le ciel dans langle supérieur du tableau. Lartiste, cherche avant tout, à recréer un climat de solitude et déloignement du monde propice à la méditation du moine en prière devant le crucifix de bois juché en terre. Par la nature environnante, cest tout le monde intérieur, la dévotion, la foi en Dieu de ce moine que Fabre dépeint. Ce petit tableau empreint dun charme pré- romantique, sinscrit dans un courant plus vaste de renouveau pour la religion, à la fois passéiste et sentimental. 1/ Paysage avec moine en prière, huile sur bois 2/ Dietrich, Scène dermitage, huile sur toile 1 2 Le paysage

11 Lexigence jusque dans le détail F. X. Fabre, très soucieux de réalisme et de justesse dans le traitement de la végétation, prend un grand soin à lobservation et à la représentation des paysages quil étudie par le croquis rapide ou lesquisse sur le vif. Dans sa peinture, la végétation rampante, lécorce des arbres, le feuillage très détaillé, la claire répartition des ombres et des lumières sont le reflet des études dessinées en extérieur que Fabre conservait dans ses portefeuilles. Revenu à latelier, comme Gauffier, son ami, F. X. Fabre par souci de réalisme toujours poussé plus loin, étendu jusque dans les moindres recoins de la toile, recherche une facture picturale personnelle et innovante, faite de petites touches décrivant brins dherbes, feuillages dans les plus petits détails. 1/ Un arbre, plume et lavis de sépia 2/ Gauffier, Etude dun arbre au bord du Tibre 3/ Détail de Paysage avec moine en prière 1 2 3, détail Le paysage

12 Le portrait, nous lavons évoqué plus haut, nest pas la vocation première de F. X. Fabre. Il y vient et poursuit par nécessité – ce genre de peinture représente un tiers de sa production à lépoque la plus faste de sa vie. Florence, où il vit, alors carrefour commercial et culturel européen, lui offre de nombreuses occasions de faire le portrait de personnalités de passage. Ce corpus de figures de laristocratie cosmopolite représente indéniablement un intérêt documentaire utile à lhistoire dune société et dun temps, comme on la considéré aux alentours de Mais, bien au delà, il se dégage des portraits de Fabre, une atmosphère propre, une poésie et une richesse dexpression qui sétoffe encore aujourdhui, grâce à la redécouverte de nombreux portraits issus de collections privées, tableaux éparpillés dans toute lEurope. Le portrait Peindre son entourage Ses camarades et ses proches sont les premiers modèles de ses portraits. Il se représente aussi au travers dautoportraits. Il ne déroge, en cela, pas à la règle des peintres de son temps: son premier portrait, (1), ainsi que son dernier tableau, de 1835 (2), sont des autoportraits. Dans ce dernier, on voit des collines bleutées dans le fond qui évoquent aussi bien Montpellier que Florence. Ce tableau peut être vu comme un résumé de sa vie finissante. Cest aux portraits masculins que F. X. Fabre réserve les études de caractère qui font vibrer dune fougue les visages. Avec le portrait de Canova de 1812(3), Fabre réussis particulièrement à saisir lexpression de son ami. Tant dans la vivacité du regard, la virevolte de ses boucles, que dans le rendu des belles matières tactiles. Fabre se souvient à lévidence des portraits de son maître David, notamment dans lutilisation du fond neutre et matièré. Il se montre également un coloriste brillant.particulièrement raffiné

13 Peindre des célébrités en vue Tous ces étrangers, que F. X. Fabre, comme son ami Gauffier, peint à la période florentine, sont des « oiseaux de passage » qui ont la volonté de rapporter une peinture, témoin de leur séjour à Florence, vite exécutée, point trop encombrante. Des portraits plus que des peintures dHistoire sont commandées à Fabre. Ces touristes restent un hiver puis partent à Rome ou à Naples et ne reviennent plus à Florence. Plus tard, tous les grands voyageurs sefforcent de passer chez lui faire exécuter leur portrait et se glorifier à leur retour, tant le succès du peintre est devenu grand. En 1796, Lady Charlemont (1) quil peint sous les traits de Psychée, illustre les débuts de son succès de portraitiste à Florence. Cette jeune aristocrate irlandaise dont les traits sont méticuleusement représentés est encore, daprès le goût de F. X. Fabre pour les genres nobles, prétexte à la représentation dune figure mythologique. Le soin dévolu aux boucles, au drapé, à lexpression du regard, de la tendre mélancolie sont autant déléments maîtrisés qui laissent à voir se profiler un grand portraitiste qui saffirmera par la suite. Le choix de ces sujets est orienté par ses convictions monarchistes, qui rompent avec lépoque troublée qui voit se succéder les différents régimes qui suivent la révolution française jusquau premier Empire. Nous pouvons trouver de nombreux portraits représentant la famille royale :Charles Louis 1 er, agé de trois ans (2), Marie Louise de Bourbon, reine DEtrurie (3), Napoléone Baciocchi (4), Lucien Bonaparte (5), Louis XVIII (6). Le portrait

14 Une peinture faite dune plus grande douceur De ses sujets de prédilection nous dénombrons ses amis, protecteurs la comtesse dAlbany et le poète Vittorio dAlfieri de 1796 (1) quil dépeint plusieurs fois avec une grande attention. Notamment ce, portrait de la comtesse dAlbany de 1812 (2) cadrée à mi-corps, où Fabre emploi un fond neutre dans les gris et une palette restreinte à des valeurs tranchées qui sopposent pour mieux mettre en valeur le visage. Il soigne particulièrement les détails de la parure, enlevés avec un soin extrême et une gamme de couleurs forte et resserrée: rouge du châle, bleu de la robe, blanc lumineux de la gorgerette et des manches. Lattention particulièrement portée à lexpression du visage montre la grande tendresse du peintre envers son modèle, leur complicité ressort du regard que le modèle porte au peintre retranscrit dans le tableau. Pour le poète et ami Alfieri le portrait de F. X. Fabre est le « sublime miroir qui dit la vérité… » 1 qui poursuit, à propos dun portrait de lui de 1797, « on aurait dit quon avait fait un trou dans la toile et que jy avais passé la tête ». Cette impression de toile percée très significative dans Tête de jeune fille de trois quarts, esquisse de (4) mais où malgré tout, la douceur et rondeur du visage sont traités avec beaucoup de finesse. Le clair obscur sert ici à renforcer lexpression, à valoriser le beau teint rosé de la peau. Le réalisme qua décrit le poète V. Alfieri est loin de lidéalisme grandiloquent des sujets dHistoire. La sensibilité immanente des portraits de ses proches montre une grande sensibilité du peintre, une acuité extrême à observer ses modèles en détail et à percer la personnalité qui les caractérisent « tel quil est en son corps et son âme » Vittorio Alfieri Le portrait , détail

15 1766 Naissance le 1 er avril à Montpellier. 1774, Début du règne de Louis XVI Etudes dans latelier de David et à lAcadémie. 1787, Grand prix de peinture avec Nabuchodonosor faisant tuer les enfants de Sédécias, poursuite de sa formation à Rome. 1789, la révolution française éclate Violente émeute anti-français à Rome, départ pour Florence. Rencontre de la Comtesse dAlbany et du poète Alfieri qui deviendront ses amis, inspirateurs et protecteurs Florence, Royaume dEtrurie. 1803, mort de Vittorio Alfieri. 1804, Napoléon Bonaparte proclamé Empereur de France La Toscane devient française sous Napoléon. Période faste pour F. X. Fabre, peintre attitré des étrangers de passage Activité ralenti par des accès de goutte. Fabre se replie sur sa collection. 1817, Testament de la Comtesse dAlbany qui fait de F. X. Fabre son légataire universel. 1824, mort de la Comtesse dAlbany. Arrivée de Fabre à Montpellier F. X. Fabre fait donation de toute son œuvre, peinte et collectionnée, à la municipalité de Montpellier qui en échange se doit de faire un musée pour les accueillir, loger et nommer le donateur comme directeur à vie. Travaux pour la transformation de lhôtel Massilian en appartement et musée. 1828, ouverture du musée Fabre au public. 1829, ouverture de lécole de peinture dirigée par Fabre. 1836, Donation de la collection Antoine Valedeau au musée mars, décès de F. X. Fabre Quelques repères chronologiques dans la vie de François-Xavier Fabre

16 Lexique Vocabulaire technique (outils, étapes de travail, composition…) Arrière plan : dernier plan du tableau, espace éloigné. Esquisse : dessin au crayon ou au fusain, phase préparatoire de la réalisation dune œuvre sur un autre support. Mise en place de grandes formes qui structureront la composition finale. Lavis : technique proche de laquarelle, où la matière, encre ou sanguine est diluée avec de leau. Mine de plomb : petit bâton de graphite, utilisé comme un crayon. Sanguine : terre rouge en poudre utilisée avec de leau en lavis ou en bâtonnet comme une craie. Sépia : matière colorante brun foncé utilisé dans les dessins et lavis. « Su capo dopera » (traduction) son chef dœuvre. Tripartite : en trois parties. Genres Nature morte : œuvre qui représente des objets inanimés. Morceau de réception : œuvre permettant à lartiste dêtre agréé par lacadémie, à son retour de Rome. Paysage : Genre mineur pour lacadémie, qui se développe toutefois de plus en plus largement à partir du XVII ème, imaginé par Poussin comme issu dune relation à la fois directe et intellectuelle entre lhomme et la nature; le paysage classique est donc remodelé pour incarner un idéal. Peinture dhistoire : « grand genre » défini par lacadémie, il englobe les sujets religieux, mythologiques ou historiques, porteurs dun message moral. Portrait : représentation exclusive dune personne en buste, en pied…en deux ou trois dimensions. Scènes de genre : « genre bas » selon lacadémie et les critiques, représentation de scènes de la vie quotidienne. Lieux détudes et dexposition Académie : Académie royale de peinture et de sculpture fondée par Charles Le Brun en Salon :: ( XVIII ème - XIX ème ) exposition périodique d'artistes vivants (Salon carré du Louvre). Courants et tendances artistiques Baroque : style artistique, du XVII ème et XVIII ème siècle, cherchant à étonner, séduire, jouant sur les effets de mouvements, les compositions compliquées, les contrastes lumineux et parfois la surabondance de détails. Hyperréalisme : années 1980) courant américain cherchant à les effets de ressemblance photographique. Ingrisme : style dAuguste Dominique Ingres ( ); aspect fini des œuvres, facture lisse, primauté du dessin sur la couleur, clarté de la composition, références antiques. Romantisme : (fin du XVII ème -début du XIX ème siècle) mouvement européen sopposant au néo-classicisme et à la référence antique, cherchant lévasion émotionnelle et fantastique, conduisant les artistes à de profondes méditations religieuses et philosophiques sur le sens de la vie et le destin de lhomme. Veine troubadour : (1770) tendance néogothique ou troubadour qui imprègne les œuvres. Pastorale : à la mode au XVIII ème, elle puise son inspiration dans le retour à un âge dor, illustrant des valeurs simples et baignées de fantaisie courtoises. Auteurs et artistes divers Atala, ou les amours de deux sauvages dans le désert : roman publié en 1801 par F-R de Chateaubriand. Corinne ou l'Italie : Roman de Madame de Staël en publié en1807. David Jacques-Louis : , prônant le retour à l'antique pour illustrer des comportements exemplaires, héroïques. Homère: poète grec de la fin du VIII ème siècle av J-C. Ossian: Barde écossais du IIIème siècle dont les poèmes furent publiés par James Macpherson; bien que la réalité de son existence ne soit prouvée, ses textes ont eu un immense succès en Europe au XVIII ème et XIX ème siècle. Ovide: ( 43 av J-C- 17) poète latin qui vécut durant la naissance de l'empire romain Poussin: , peintre français classique. Winckelman Johan Joachim: ( ) théoricien du retour à l'antique.


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