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1 UE 103-104 La fabrique de lévénement CM « Constructions de lévénement » Partie I Événement et histoire.

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1 1 UE La fabrique de lévénement CM « Constructions de lévénement » Partie I Événement et histoire

2 2 I) Lhistoire traditionnelle : le règne de lévénement Jusquau début du XXe, une histoire événementielle : histoire-récit, succession dévénements majeurs que lhistorien associait pour former une intrigue ; Du coup, débat sur son statut: art ou science?

3 3 Art : faire renaître le passé par un souffle épique -> histoire à la Jules Michelet ( )

4 4 Histoire très littéraire : mouvement lyrique dune nation tout entière; Michelet recherche l « âme des faits ». Bref, une histoire romantique, mais peu rigoureuse au regard de la reconstitution précise des faits. Le Peuple (1846), La Sorcière (1862).

5 5 Science: vision positiviste à la Auguste Comte ( )

6 6 Positivisme : doctrine qui se réclame de la seule connaissance des faits. Par le moyen dobservations et dexpériences répétées, mise au jour des relations entre les phénomènes, afin dexpliquer la réalité des faits.

7 7 Deux traits principaux de cette histoire traditionnelle: 1.Animée par des événements politico- militaires : « batailles et traités » ; 2.Centrée sur des « héros » : individus exceptionnels, censés avoir changé le cours de lhistoire.

8 8 Les historiens « ne conçoivent pas que lhistoire puisse traiter autre chose que des événements, des faits individuellement déterminés » Krzysztof Pomian, LOrdre du temps, 1984.

9 9 Ce lien prétendument naturel entre histoire et événement est critiqué de longue date: « Après avoir lu trois ou quatre mille descriptions de batailles […] je nétais guère plus instruit au fond. Je napprenais là que des événements. » Voltaire, Nouvelles considérations sur lhistoire, 1744

10 10 De plus, les historiens « traditionnels » se concentrent sur ce qui est visible aux témoins ou acteurs contemporains des événements: mais est-ce là le plus important? Ex. situation des paysans sous lAncien Régime / Traités signés par tel ou tel roi de France.

11 11 Lhistorien attaché à lévénement est trop tributaire des témoignages des contemporains. Sa marge de manœuvre se réduit à la critique des témoignages : fiabilité, recoupements, contradictions.

12 12 Aussi, les premières critiques radicales surviennent à la fin du XIXème siècle, à partir de la remise en question de la scientificité de la discipline historique. En 1894, lhistorien Paul Lacombe (De lhistoire considérée comme une science) déclare que lévénement, en tant quacte humain envisagé comme unique (exceptionnel), ne peut être objet de science.

13 13 La science est en effet fondée sur le repérage de similitudes constantes entre les phénomènes : les lois scientifiques. Si lhistoire se veut science, elle doit éliminer lindividuel, lunique comme objet de savoir. Elle doit donc se détourner de lévénement, anti-scientifique car non- reproductible, non prévisible.

14 14 Se développe donc un courant, en France notamment, invitant à se concentrer sur : le régulier au détriment de laccidentel ; le social au lieu de lindividuel: ex. histoire sociale au lieu dune histoire politique des seuls « Grands »; explications de la révolution.

15 15 Cf. Mouvement des Annales. Annales dhistoire économique et sociale, revue fondée en 1929 par Lucien Febvre et Marc Bloch. = revue historique la plus prestigieuse au monde (célébrité internationale de lhistoire française).

16 16 II) Les Annales et Braudel : la crise de lévénement 2.1. La révolution des Annales Leur essor dans lentre-deux-guerres ne doit rien au hasard. Le premier conflit mondial + les difficultés de sociétés européennes dans les années provoquent une crise du progrès et du sens de lHistoire, sur lesquels sappuyait lhistoire traditionnelle.

17 17 Oppositions à lhistoire événementielle: Problématisation de lhistoire : nest plus un simple récit, doit questionner le passé ; doit en outre se questionner elle- même, ses propres postulats et méthodes ; Volonté de créer des liens avec les autres sciences humaines : géographie, économie, sociologie, etc.

18 Élargissement des sources, bien au- delà des sources écrites (problème des témoignages) : sources matérielles, archéologie, monuments ; Virage économique et social : histoire quantitative (scientifique), sintéresser à lensemble de la société et aux conditions matérielles (inspiration marxiste : la superstructure nest que lexpression la plus visible de linfrastructure) ; 18

19 Fernand Braudel et la « longue durée » Fernand Braudel ( )

20 20 Représente la seconde génération des Annales, dont il a repris la direction après la guerre, avec Lucien Febvre, puis seul. Monument de lhistoriographie mondiale, sa thèse La Méditerranée et le monde méditerranéen à lépoque de Philippe II (publ. 1949), pousse plus loin la logique initiée par Lucien Febvre et Marc Bloch.

21 21 La Méditerranée de Braudel: un tournant historiographique

22 22 À lencontre de lhistoire politique traditionnelle: Focalisation sur la Méditerranée et le « monde méditerranéen », sur une époque, et non sur le « grand » personnage, Philippe II ; Accent géographique, spatial : une « géo- histoire ; Distinction de trois temporalités,trois rythmes de lhistoire;

23 23 1.« une histoire quasi immobile », presque minérale, « celle de lhomme dans ses rapports avec le milieu qui lentoure »,« presque hors du temps ». ; 2.« une histoire lentement rythmée […], une histoire sociale, celle des groupes et des groupements »; 3.histoire événementielle, politique (reléguée en dernière partie), « une agitation de surface », conjoncture, ex. Bataille de Lépante (1571).

24 24 Les événements ne sont que les manifestations visibles de la rupture ou du rétablissement déquilibres plus profonds, ceux des structures : des épiphénomènes, en somme.

25 25 Il ne faut étudier l'histoire événementielle qu'après « avoir fixé ces grands courants sous- jacents, souvent silencieux, et dont le sens ne se révèle que si l'on embrasse de longues périodes de temps. Les événements retentissants ne sont souvent que des instants, que des manifestations de ces larges destins et ne s'expliquent que par eux » Fernand BRAUDEL, Écrits sur l'histoire, Paris, Flammarion, 1985, p. 13.

26 26 Dans les années , la recherche historique française se spécialise dans le « temps long », la « longue durée » les « structures ». Histoire économique et sociale.

27 27 III) Une résurrection de lévénement ? 3.1. Une réhabilitation au sein des Annales La troisième génération, celle de la « Nouvelle histoire », fait renaître lévénement en histoire. Paradoxalement, en respectant le programme de Braudel.

28 28 Lévénement est saisi comme un symptôme révélateur des structures de la société. Sous son apparence exceptionnelle, lhistorien va chercher la structure du corps social. Ex. Georges Duby : Le Dimanche de Bouvines, > Une bataille, certes, mais plus seulement présentée comme un moment décisif dans la formation de lunité nationale mais comme un point privilégié dobservation du passé.

29 29 Bataille remportée en 1214 par le roi de France Philippe-Auguste contre une coalition anglo-germano-flamande emmenée par Othon IV. Malgré les apparences, Duby reste fidèle à lesprit des Annales.

30 30 1.Lévénement lui-même noccupe quune partie, la première, qui nest pas la plus fournie. 2.la 2e partie est une analyse sociologique et ethnographique du fait militaire aux XIIe et XIIIe siècles. Duby montre quun événement – en loccurrence la bataille de Bouvines – peut éclairer toute une époque. 3.la 3e et dernière partie est une histoire analytique de la façon dont on a interprété et écrit cette bataille (par ex. 1ère victoire contre « Les Allemands »). Il sagit de comprendre comment lévénement a été « fabriqué »et retravaillé au fil du temps. À travers un événement bien daté et bien localisé, ce sont plusieurs siècles, du XIIIe au XXe, qui sont étudiés: la « longue durée » est bien là.

31 Les « lieux de mémoire » et le « retour de lévénement » Lhistorien Pierre Nora théorise ce que devrait être selon lui une histoire contemporaine dans son article « Le retour de lévénement » (Jacques Le Goff, Pierre Nora, Faire de lhistoire I. Nouveaux problèmes, 1974) : Pierre Nora (né en 1931)

32 32 Selon Pierre Nora, en tant que rapport au temps, à lhistoire et à lactualité, lévénement caractérise la modernité démocratique. Mais il nenvisage lévénement (au sens actuel), quà travers le rôle des médias. La « publicité » (fait de rendre public // médiatisation) est la « loi dairain de lévénement moderne ». Les médias: « Dans nos sociétés contemporaines, cest par eux et par eux seuls que lévénement nous frappe, et ne peut pas nous éviter. »

33 33 La médiatisation ne se contente donc pas de relayer lévénement. Pour Pierre Nora, elle le fait exister : « Presse, radio, images nagissent pas seulement comme des moyens dont les événements seraient relativement indépendants, mais comme la condition même de leur existence. La publicité façonne leur propre production. Des événements capitaux peuvent avoir lieu sans quon en parle ». Mais « le fait quils aient eu lieu ne les rend quhistoriques. Pour quil y ait événement, il faut quil soit connu ».

34 34 1er événement moderne : lAffaire Dreyfus ( , le « JAccuse » de Zola dans LAurore ayant lieu en 1898) « Son apparition paraît dater du dernier tiers du XIXe siècle. Ainsi laffaire Dreyfus constitue-t- elle peut-être, en France, la première irruption de lévénement moderne, le prototype de ces images dEpinal sorties tout armées du ventre des sociétés industrielles et dont lhistoire contemporaine ne cessera plus de reproduire les exemplaires, à partir dune matrice comparable. »

35 35 Par ailleurs, Pierre Nora popularise la notion de « lieux de mémoire » (volumes publiés entre 1984 et 1997). Ex. Lascaux, Alésia, Notre Dame de Paris, le coq gaulois, « Liberté, égalité, fraternité », Jeanne dArc, Charlemagne, etc.

36 36 Dès la fin des années 1970, il prend acte du fait que « lhistoire sécrit désormais sous la pression des mémoires collectives », qui cherchent à « compenser le déracinement historique du social et langoisse de lavenir par la valorisation dun passé qui nétait pas jusque-là vécu comme tel ».

37 Il définit ainsi la notion de lieu de mémoire: « un lieu de mémoire dans tous les sens du mot va de l'objet le plus matériel et concret, éventuellement géographiquement situé, à l'objet le plus abstrait et intellectuellement construit. » 37

38 38 Monument, personnage, musée, archives, symbole, devise, événement, institution. Pour devenir un « lieu de mémoire », un objet doit rester dans la mémoire collective grâce à son appropriation, empreinte daffect et démotion, par une collectivité : ex. plaques commémoratives, monument, cérémonies, ouvrages, associations de sauvegarde de la mémoire, etc.

39 39 Lévénement, pure construction? Il nexisterait que par son rapport aux médias et/ou à la mémoire. Mais tout le monde nest pas daccord. Lévénement nexisterait pas en soi : ou alors seulement en tant quévénement historique, ignoré dans la société moderne selon Pierre Nora (ce qui est contesté par dautres savants, lévénement existant dans les sociétés non modernes ->souvenir de famines, migrations, guerres, paix), il est universel ; Lévénement nest pas moderne: cest juste la médiatisation qui est moderne. Il est construit par les médias.

40 40 Il serait construit par la mémoire : « Lévénement ne signifie pas dans un vide » Alban Bensa, Eric Fassin, « Les sciences sociales face à lévénement » Terrain n°38 (2002), p.4 -> « contextes dinterprétation » dans lesquels il sinscrit: acteurs, mais aussi scientifiques qui létudient et, aujourdhui, publics qui sen emparent, qui le font vivre dans la mémoire collective.

41 41 Mais critiques de cet aspect forcément construit de lévénement, et en même temps paroxysme du retour de lévénement : la discipline historique nest pas quun jeu formel, pur langage, sans réalité extérieure. Paul Ricoeur dans La Mémoire, lhistoire et loubli (2000) envisage un type dévénement « supra-significatif » : hors du commun, caractère sans précédent, rôle fondateur, unicité incomparable -> ex. Auschwitz, événement « aux limites ». Mais pour établir cette unicité absolue de lévénement, recours paradoxal mais nécessaire à la comparaison.


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