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Histoire de France dAncien régime Septième cours : DHenri II à Louis XIII le sage (1547-1643) La Réforme.

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1 Histoire de France dAncien régime Septième cours : DHenri II à Louis XIII le sage ( ) La Réforme

2 Septième cours : 1 – DHenri II au massacre de Vassy ( ) 2 – La réforme 3 – Les guerres de religion 4 – Le bon roi Henri IV ( ) 5 – Le règne de Louis XIII le Sage ( )

3 1 – DHenri II au massacre de Vassy ( ) À la mort de François 1 er, son fils Henri, monte sur le trône. Malgré sa fin médiévale, Henri II est un roi typique de la Renaissance. Il semploie à faire le ménage à la tête de lÉtat dans le but de réduire les dépenses de la couronne. Cela étant, cette politique de rupture est loin dêtre universelle et la construction de labsolutisme royal est sa priorité. Il met en place un véritable système ministériel, sans pour autant se départir de son pouvoir. Mais les tâches de plus en plus nombreuses de lÉtat nécessitent une rationalisation des structures. Quatre secrétaires dÉtat sont chargés de faire appliquer les décisions royales sur tout le territoire.

4 Un poste de contrôleur général est aussi créé pour gérer les registres du trésor royal. Lessentiel de la tâche gouvernementale concerne la perception des impôts et des redevances. En 1555, un emprunt géant permettra de lever des sommes considérables pour les dettes royales. Ce ne sera pas suffisant et Henri devra convoquer les États généraux en 1558 pour obtenir deux une contribution financière supplémentaire. Les impôts et les charges augmentent et la tentative du roi duniformiser la perception de la gabelle va entraîner en 1548 une jacquerie importante dans le sud-ouest (où couve en outre la crise religieuse), durement réprimée. Lensemble des réformes de limpôt menées par Henri et son père fait en sorte que lessentiel des revenus du royaume provient désormais des aides, cest-à-dire des impôts indirects.

5 La politique extérieure est dominée par la poursuite de la rivalité avec les Habsbourg (contre Charles Quint, puis contre Philippe II), entre autres sur la question italienne. Les guerres précédentes nayant rien réglé, une dixième guerre dItalie ( ) éclate, consécutivement à lannexion par Henri II des trois évêchés de Metz, Toul et Verdun. La ville de Sienne réclame lappui de la France et les forces dHenri II entrent dans la ville, quelles devront quitter cependant en La pression militaire française a raison de lempereur, dont les tentatives de reprises des trois évêchés restent infructueuses. Las et épuisé, Charles V accepte par la trêve de Vaucelles de laisser à la France les trois évêchés, la Savoie, le Piémont et la Corse. Mais Henri décide de rompre la trêve et la guerre repris. Cette onzième guerre dItalie ( ) opposa Henri II à Philippe II dEspagne, mais aussi à lAngleterre, lépouse de ce dernier étant Marie Tudor.

6 Après avoir capturé Saint-Quentin, les Espagnols hésitent, alors que la route de Paris est ouverte. Profitant de cette indécision, les Français semparent de Calais le 8 janvier Les problèmes intérieurs préoccupant les belligérants, cest sur cette note que prendront fin les guerres dItalie, par la signature de la paix de Cateau-Cambrésis avec lAngleterre (2 avril 1559 – par lequel lAngleterre abandonne Calais) et lEspagne (3 avril 1559). Ce traité entérine la domination espagnole de lItalie et la faillite de la politique française. Par contre, le traité permit à Paris de consolider son emprise sur la Picardie. Décidé lors de la signature du traité, le double mariage des couronnes françaises et espagnoles donne loccasion dorganiser un tournoi au cours duquel le roi Henri II meurt après avoir eu le crâne transpercé par une lance. Son fils ainé François monte alors sur le trône.

7 Âgé de quinze ans, François confie la direction aux oncles de son épouse, le duc de Guise et le cardinal de Lorraine, ultras catholiques menant une politique très répressive à lendroit des protestants, ce qui provoquera la conjuration dAmboise : un complot mené par le prince de Condé, protestant, qui tente de semparer du roi. Après à peine dix-sept mois de règne, François II meurt le 5 décembre La couronne passe à Charles et la régence est assumée par Catherine de Médicis, sa mère, qui comprend le danger de la politique répressive menée contre les huguenots. Michel de lHospital, nommé chancelier par la régente, est le représentant le plus important de cette politique de main tendue, qui napportera pas de résultats, les huguenots voyant dans cette politique dapaisement un aveu de faiblesse et multipliant les audaces.

8 Cest sous ce règne que les guerres de religion exploseront, malgré (ou peut être à cause, disent ses détracteurs), lÉdit de Saint-Germain-en-Laye de 1562, dit Édit de Tolérance, qui permet aux huguenots de pratiquer leur culte à lextérieur des villes. Cest cette autorisation qui entraînera le massacre de Vassy.

9 2 – La réforme 2.1 – Origines et contexte Pendant longtemps, lhistoriographie a attribué à la décadence des institutions religieuses la contestation de Luther et Calvin. Même sil sagit dune des causes, celles-ci sont beaucoup plus profondes quun simple rejet de lÉglise et tiennent au contexte dans lequel la constatation prend place. Le Moyen-âge, avec ses guerres sans fin, ses épidémies et ses famines, fut assurément difficile et lÉglise nest pas parvenue à rassurer les fidèles et à jouer le rôle que lon attendait delle. Au lieu dêtre porteuse despoir, elle agite des menaces ; aux angoisses, elle répond par le châtiment, la damnation ou au mieux, le purgatoire.

10 Tout comme les princes, lÉglise recourt à la violence et à la menace, dont la Sainte inquisition est lexemple le plus remarquable. Plus grave, elle instrumentalise à des fins économiques ces angoisses, vendant des indulgences, permettant à lâme pécheresse dépargner de longues années de purgatoire. Les causes politiques concernent la mise en place des États modernes, qui voient dans lÉglise une concurrente à leur puissance. Les réformes grégoriennes ont joué un rôle important, mais avec le recul du monde féodal et laccroissement de la puissance du roi, celui-ci ne tolère plus de partager son autorité avec le pape. Cet empiètement sur lautorité royale par le Vatican a aussi des conséquences économiques, car le pape peut lever des impôts réguliers ou exceptionnels partout en Europe et concurrencer limpôt de lÉtat. Pour ce dernier, il sagit donc dune fuite de capitaux intolérables.

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12 Dans ce contexte ou les États commencent à occuper des fonctions, qui nécessitent dimportants moyens financiers, les richesses de lÉglise attisent les convoitises. Certains ordres religieux et certaines abbayes sont riches et dans les États germaniques, ils occupent près de 30 % des terres. Sans limprimerie, la réforme naurait pas eu lieu, ou elle aurait été limitée à un mouvement hérétique et aurait été stoppée par les actions des pouvoirs religieux. Limprimerie a agi en deux temps sur la réforme : dans son origine même, la diffusion des textes sacrés favorisant une lecture personnelle de ceux-ci. Puis à partir du moment où Luther publie ses thèses, lexistence de limprimerie va en favoriser la diffusion. Dautres hérésies auraient pu connaître un développement semblable, mais labsence de communication fit en sorte quelles demeurèrent localisées et ne purent se transformer en mouvement.

13 2.2 – Luther et Calvin Martin Luther ( ), simple fils d'artisan, était un moine allemand de l'ordre des augustins. Indigné par la dérive commerciale de l'Église, il apposa, la veille de la Toussaint, en 1517, sur la porte de l'église du château de Wittenberg, 95 thèses ou arguments à discuter. Outre la condamnation des d'indulgences, Luther souhaitait discuter de questions théologiques, dont celle du salut de l'âme. Pour lui, ce salut est un don de Dieu, obtenu par la foi du fidèle envers le Christ : Laccent est mis sur la foi, et non sur « la foi et les œuvres », comme dans lÉglise officielle. Lautre grand questionnement de Luther concerne la valeur des textes sacrés. Pour Luther, Dieu, par la Bible, s'adresse à chaque homme directement. Il sagit dun rejet de l'autorité de l'Église, laquelle se définissait comme l'unique interprète de la foi divine.

14 Martin Luther

15 D'après Luther, chaque croyant est son propre prêtre ; la papauté et l'Église sont des créations humaines. Cest lindividu qui est responsable du salut de son âme. Luther devint l'auteur le plus lu de son époque. Ses adversaires brûlaient ses livres; il fit de même en brûlant la bulle du pape qui le condamnait et Il fut excommunié par Léon X le 3 janvier En 1521, Charles V convoqua une assemblée de princes où Luther se présenta et maintint ses positions. Malgré la condamnation officielle, une partie de la noblesse se montra sensible à ses arguments, voyant une occasion de se saisir des biens de certains évêques. La noblesse sympathique à Luther protesta de la condamnation auprès de lempereur et ses idées se répandirent parmi les principautés allemandes, divisant l'empire de Charles Quint.

16 En France et en Espagne, certains membres du clergé entreprirent de réformer l'Église, sinscrivant ainsi dans la lutte contre les dogmes catholiques initiée par Luther et furent persécutés, parfois condamnés au bûcher. Fuyant ces persécutions, des protestants français quittèrent le pays, la majorité émigrant en Suisse. Parmi eux se trouvait Jean Calvin ( ). Dès 1536, le conseil de la ville de Genève ratifia son adhésion au nouveau culte et Calvin s'y installa en 1541, Dans son Institution de la religion chrétienne, Calvin aboutissait à une conclusion plus radicale que celle de Luther : les âmes sont prédestinées par Dieu au salut ou à la damnation éternelle. « Nous existons pour Dieu et non pour nous-mêmes. C'est pourquoi nous devons avant tout travailler pour l'honneur de Dieu ». Pour Calvin, lœuvre et la foi, rend possible le salut de lâme, mais ce nest pas à lÉglise de décider ce quil convient de faire pour sauver son âme, mais au croyant.

17 Jean Calvin

18 Ces idées furent reprises par le conseil de la ville de Genève et les théories de Calvin se répandirent grâce aux missionnaires genevois, remportant un succès considérable en Suisse et en France où il se répandit à Lyon, dans le Sud et dans l'Ouest, de même quen Écosse, aux Pays-Bas, en Bohème et en Hongrie.

19 2.3 - Contre-réforme Pour répondre à l'expansion du protestantisme, l'Église lança sa Réforme, que lon appela Contre-réforme, afin de marquer une opposition claire à Luther et Calvin. L'évènement central de la contre-attaque fut le Concile de Trente, qui se tint entre 1545 et Cette réforme permit à terme de regagner des positions perdues en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas, ainsi qu'en France. À l'issue du concile, le visage de l'Église fut bouleversé. Le premier acte du concile fut de condamner toutes les doctrines protestantes. Conséquemment, les dogmes, c'est-à-dire les vérités essentielles de la foi catholique, furent précisés et résumés dans le Credo. Considérant que lune des causes de la protestation réside dans la décadence de ses institutions, l'Église prit certaines mesures contre les excès de ses prélats.

20 Le cumul des fonctions fut supprimé et les évêques étaient désormais tenus de rester dans leur évêché. Il fut décidé daméliorer la formation et les connaissances théologiques du clergé et des séminaires furent créés. Le concile publia un certain nombre d'ouvrages pour les fidèles, comme le catéchisme et le missel. De nouveaux ordres religieux virent le jour afin de combattre les doctrines protestantes : lordre des Frères mineurs capucins, issus des Franciscains et la Compagnie de Jésus, mieux connu sous le nom dordre des Jésuites créé en 1534, et qui se caractérise par une obéissance stricte au pape et un grand zèle apostolique. Avant même le début des travaux, un bras armé fut créé en 1542, remplaçant dans ses attributions la Sainte Inquisition, avec pour mandat de lutter contre les hérésies protestantes, lInquisition romaine.

21 2.4 - Pénétration du protestantisme en France La position de la royauté face au protestantisme est ambigüe et le restera en fait jusquà la révocation de lédit de Nantes. Laffaiblissement des pouvoirs religieux et de linfluence du pape est une constante de la politique royale, mais le statut du roi de France, mi-politique, mi-religieux, rend la reconnaissance du protestantisme périlleuse : critiquer les institutions religieuses, cest aussi critiquer le roi, dont le pouvoir vient en partie de lÉglise. Cette dichotomie est la source des politiques incohérentes mises en place par les rois de France, et donc des guerres de religion. Ainsi, le protestantisme qui se déploie en France ne se limite pas à sa dimension religieuse et donnera lieu à une contestation du pouvoir royal.

22 À partir dun certain point, cette contestation concernera aussi les catholiques radicaux, qui reprocheront aux rois une certaine politique de compromission. Cest François 1 er qui préside aux destinées du royaume au moment où senclenche la contestation religieuse. En 1519, les premières brochures protestantes font leur apparition et suscitent une grande curiosité et même une certaine approbation. Jusquà la sœur du roi, qui voit dans ce courant les outils nécessaires à la construction dun pouvoir politique encore plus fort. Mais la réaction de lÉglise française sera à la mesure de la menace. Dès 1523 commencent les persécutions à lendroit des protestants, alors que Vallières est brûlé à Paris, suivi en 1529 par plusieurs autres, dont un traducteur et éditeur des thèses de Luther. Laffaire des placards va lancer la politique répressive : en 1534, des affiches promouvant le protestantisme sont placardées sur la porte de la chambre du roi.

23 En 1539, un Édit royal est publié, visant à « extirper du royaume les mauvaises erreurs », ce qui donnera lieu à un accroissement des persécutions. Une étape est franchie en 1545, alors que Vaudois sont massacrés avec lapprobation du roi. Ces persécutions suscitent un accroissement des sympathisants aux thèses protestantes, surtout calvinistes, dans le sud de la France, jadis si sensible aux grandes hérésies et où le discours dopposition à une royauté absolue ne peut laisser les grands seigneurs indifférents. Ce sont surtout les élites qui sont sensibles aux discours contestataires. De grandes familles se convertissent, dont les Condés et les Bourbons, très proches de la lignée dynastique capétienne. Plusieurs édits sous Henri II accroissent la pression contre les huguenots (du mot eidgenossen, qui signifie confédérés).

24 Mais les édits de Paris (1547), de Châteaubriant (1551) et de Compiègne (1557) ne parviennent pas à freiner lérosion de lÉglise officielle et le développement de lÉglise réformée. En 1560, malgré les persécutions dont elle est victime, la communauté protestante compte environ 2 millions dadhérents (sur une population de 18 à 20 millions de personnes) et églises réformées sont en activité. Au début des années 60, les huguenots se sentent assez forts pour sopposer aux persécutions dont ils sont victimes et le 1 er mars 1562, alors quils se réunissent à Vassy pour célébrer le culte, des protestants sont lynchés par des catholiques fanatiques. Ce premier massacre, qui fait 75 morts parmi les protestants, est considéré comme le premier acte des guerres de religion qui vont à présent se déchaîner.

25 3 – Les guerres de religion 3.1 – Sous Charles IX ( ) Cet ensemble de huit guerres qui ( ), a pour toile de fond le conflit religieux, mais elles mettent en cause dautres choses : répartition des pouvoirs entre le centre et les régions, conflits entre grandes familles pour la prééminence à la tête de lÉtat, relations de la France avec les États voisins. La figure dominante est alors la régente, Catherine de Médicis. Florentine dorigine, elle va tenter de limiter lincendie en utilisant la persuasion et la diplomatie, mais aussi la contrainte et la violence : elle est responsable de lÉdit de tolérance de Saint-Germain-en-Laye mais aussi, partiellement, de la nuit de la Saint-Barthélemy.

26 Même après la régence, elle restera très influente, Charles étant un homme timoré. Attachée a une politique de compromis, elle est critiquée et conspuée par les deux camps. Le massacre de Vassy est à lorigine de la 1 ère guerre de religion ( ), dans laquelle François de Guise joue le premier rôle : cest lui qui ordonne à ses troupes de charger la foule. Ce massacre donne le signal à dautres, à Sens et à Tour, notamment. Les Parisiens sont à lavant-garde de cette croisade et la guerre commence parce que, jusque-là, les protestants avaient supporté les persécutions et quils nen peuvent plus. Les protestants se rallient autour du prince Louis de Condé, qui sempare dOrléans, puis de nombreuses autres villes, dont Lyon et Rouen. Eux aussi se rendent coupables de nombreuses exactions.

27 Limplication de puissances étrangères commence et Condé obtient un appui de lAngleterre. Mais dispersés, les protestants ont de la difficulté à simposer devant larmée. Condé est fait prisonnier en décembre La reine mère appuie les catholiques mais soppose au radicalisme des Guises et la mort de François de Guise en 1563 lui permet dimposer des négociations qui conduisent à lÉdit dAmboise, autre texte de compromis et de tolérance : les protestants obtiennent le droit de célébrer dans certains lieux. Le texte affirme que nul ne devrait être inquiété pour ses opinions religieuses. Mais les tensions demeurent : la guerre a été très violente et les dommages sont importants. De nombreux procès contre les protestants suivront en En 1564, la reine mère et son fils entament une tournée et le roi est accueilli avec enthousiasme, autant par les catholiques que par les protestants : lidée nationale demeure plus importante que les divisions internes.

28 Mais lunité ne peut être rétablie sur les bases de lÉdit dAmboise, qui en pratique ne permet quà une partie de la population de pratiquer le culte protestant. Dautant que Condé, admis au gouvernement à la suite du conflit, quitte la cour en 1567, à cause dun conflit personnel avec le duc dAnjou, le futur Henri III. Et la France est happée par la tourmente internationale : Philippe II semploit à réduire par la force la « révolte des gueux » aux Pays-Bas et les protestants français viennent en aide aux insurgés. Le 28 septembre 1567, Condé tente de semparer de la famille royale. Le complot échoue et, craignant les représailles, les protestants semparent des villes où ils dominent. La reine mère congédie Michel de lHospital et ordonne de répliquer : les armées protestantes et royales saffrontent dans cette 2 e guerre ( ) impliquant le Piémont et des princes allemands.

29 Cette deuxième guerre se limite à quelques affrontements, car les deux parties manquent de moyens financiers, ce qui les pousse à négocier à Longjumeau en mars 1568 une trêve sur la base de lÉdit dAmboise. Mais cette trêve ne règle rien. La méfiance grandit entre les deux camps, Condé nétant plus considéré comme un interlocuteur fiable. Surtout, protestants et catholiques sentredéchirent partout en Europe. De sorte quune 3 e guerre ( ) était inévitable. Létincelle provient de la tentative du camp catholique de semparer des chefs protestants, qui se réfugient à La Rochelle. Le pape Pie V, dans une bulle le 5 septembre, en appelle à une croisade contre les hérétiques. La majeure partie des engagements se déroule au sud- ouest, dans les zones protestantes. Les belligérants enregistrent victoires et défaites, sans parvenir à éliminer ladversaire.

30 En mars 1569, Condé est tué et Coligny prend la tête des armées protestantes, même si officiellement cest Henri de Navarre qui est à la tête de ces forces. Après léchec des négociations de 1569, un coup de main audacieux de Coligny qui, après sa victoire surprise dArnay-le-Duc (27 juin 1570), parvient à fermer le passage de la Loire aux catholiques, contraint ceux-ci à négocier, avec pour résultat la paix de Saint- Germain. Celle-ci consacre partiellement la victoire des huguenots, qui obtiennent un peu plus de liberté (le droit de culte dans les faubourgs de 24 villes du pays) et surtout plus de sécurité, avec loctroi de quatre « places de sureté » (cest-à-dire des villes où les protestants ont le droit de maintenir une force militaire) pour deux ans, créant une sorte dÉtat dans lÉtat pour les protestants. La liberté de conscience est réaffirmée, mais le culte réformé demeure proscrit à Paris.

31 Afin de sceller la réconciliation, la paix de Saint-Germain prévoit en outre un mariage, celui de Marguerite, la sœur du roi, et dHenri de Navarre. En outre, la paix garantit aux protestants une participation au gouvernement du royaume. Lamiral Coligny, entre autres, se joint au gouvernement. Le mariage sera célébré sur le parvis de Notre-Dame le 18 août 1572, mais le climat demeure tendu dans la capitale, alors que pour la célébration, de nombreux protestants sont venus de la province. Cest dans ce contexte que surviendra le massacre de la nuit de la Saint-Barthélemy. Le rôle de la reine mère dans ce massacre continue à faire aujourdhui débat : si laccusation davoir planifié le piège du mariage ne tient pas debout, il est pratiquement établi que lélément déclencheur du massacre, la tentative dassassinat contre lamiral Coligny est bien de son fait.

32 Depuis la paix de Saint-Germain, Coligny, très présent auprès du roi, tente de lui vendre lidée dune coalition anti espagnole. Les Guises sont très indisposées par cette proximité et parviennent à convaincre la reine mère de la nécessité déliminer Coligny. Incapable de convaincre son fils, elle aurait ordonné son assassinat et le 22 août 1575, lamiral est victime dun attentat. Mais il ne meurt pas. La crainte des catholiques est que cette tentative infructueuse provoque linsurrection des protestants. Pour éviter cela, les Guises et peut-être aussi la reine mère, parviennent à convaincre le roi dachever lamiral et de décapiter le parti protestant. Le 23 août 1572, les hommes du duc de Guise, se rendent chez Coligny pour lachever, avant de massacrer les chefs protestants. Certains parvinrent à senfuir, mais le bruit et le remue-ménage éveillent la population qui, est prise dune fièvre meurtrière et se met à massacrer la population protestante de la ville.

33 Planifiée comme une opération limitée, les choses dégénèrent à cause de la tension qui sévit alors. Pour sa part, le roi de Navarre, contraint de se convertir au catholicisme, na dautres choix que de sexécuter. Dans les jours et les semaines qui suivent, des massacres surviennent dans plusieurs villes de province. On dénombre au moins morts à Paris et de à autres victimes ailleurs au pays. Certaines sources font cependant état dau moins morts. Le roi décide dendosser la responsabilité dun massacre quil ne voulait pas, arguant que les actions entreprises avaient été rendues nécessaires pour prévenir une conspiration menée par Coligny. Le culte protestant est alors interdit sur tout le territoire. Il va de soi que ces événements déclenchent une 4 e guerre ( ), par laquelle le fossé entre les deux camps sélargit, dautant que les protestants ne peuvent alors plus faire confiance au roi.

34 Lunité de la France est remise en question. Autour de leurs places fortes, les protestants sorganisent et mettent en place lUnion des protestants du Midi. Au début de 1574, la situation est gelée. Le conflit sera relancé en 1574, dans la foulée du complot des Malcontents, un groupe de catholiques modérés, favorables à une politique de conciliation, éloignés de la cour dominée par les ultras. Le groupe est mené par François dAlençon, le frère du roi, et regroupe tous les opposants à labsolutisme monarchique (dont les monarchomaques, partisans de lélection du roi). En février 1574, craignant pour leur vie, ils tentent de senfuir en compagnie du roi de Navarre, retenu prisonnier à la cour depuis 1572, mais sans succès. Une autre tentative ratée aura lieu en avril, déchainera la répression contre le groupe.

35 Guerres de religion

36 3.2 - Sous Henri III ( ) Le 30 mai 1574, Charles IX séteint et son frère Henri, roi de Pologne, hérite de la couronne. Il quitte la Pologne et en attendant son retour, Catherine de Médicis poursuit la répression contre les Malcontents et reprend les hostilités contre le sud dans une 5 e guerre ( ). Les opérations ne sont pas favorables à la couronne et la fuite de François dAlençon, dHenri de Navarre et la menace que les troupes protestantes font peser sur Paris contraignent la couronne à négocier la paix, négociations qui aboutissent à la proclamation de lÉdit de Beaulieu (nommé aussi Paix de Loches). Ce texte est favorable aux revendications protestantes : ceux-ci obtiennent de nombreuses places de sureté, la réhabilitation des victimes de la Saint-Barthélemy, lindemnisation des familles et la restitution des biens saisis.

37 Les parlements régionaux des villes protestantes seront composés pour moitié de catholiques et de protestants. Diverses concessions sont aussi faites aux chefs des Malcontents. Le culte réformé reçoit diverses garanties et la reconnaissance par lÉtat des mariages célébrés par les prêtres défroqués. Le culte réformé demeure interdit à Paris. En échange, les protestants acceptent de rétablir le culte catholique dans les villes quils contrôlent. Cette paix trop favorable aux protestants ne pouvait être une garantie : les radicaux catholiques séloignent alors du roi et forment des Ligues, dont certaines sont très puissantes, comme en Bretagne. Le roi convoque des États généraux en 1577, qui donnent la mesure de la division du royaume entre protestants et catholiques, mais aussi entre catholiques modérés et ligueurs. Aucun compromis ne pouvant être atteint, une 6 e guerre éclate (1577).

38 De courte durée, elle voit une partie des Malcontents réintégrer larmée royale. Les quelques batailles ne permettent guère aux belligérants de simposer, la paix de Bergerac est signée en septembre et se concrétise par lÉdit de Poitiers, qui restreint les conditions du culte protestant aux faubourgs de certaines villes. Catherine de Médicis entreprend une nouvelle tournée dun territoire dangereusement éclaté. Elle parvient à signer une paix à Nérac, octroyant aux protestants quinze places fortes pour six mois. Mais à lexpiration de ce délai, les protestants refusent de rétrocéder les territoires, déclenchant de ce fait une 7 e guerre ( ). Nouvelles batailles, nouveaux échanges de territoires et nouvelle impasse. Une nouvelle paix est conclue à Fleix le 26 novembre 1580, qui réaffirme les dispositions de la paix de Nérac. Le 10 juin 1584, François dAlençon, frère dHenri III et successeur au trône de France, meurt.

39 Henri III na pas denfant alors à sa mort le trône doit revenir à un lointain descendant de lun des frères de Louis IX, Henri de Bourbon, roi de Navarre et chef des protestants de France… Cette situation est intolérable pour les catholiques, qui concluent alors une entente avec lEspagne, qui sengage à défendre le Cardinal de Bourbon (autre Bourbon, mais catholique), à la mort dHenri III. Ayant assurée ses arrières, la Sainte Ligue reprend les hostilités et déclenche la 8 e guerre ( ). Le roi tente den prendre le contrôle, déchoit de ses droits Henri de Navarre et interdit le culte protestant par lÉdit de Nemours du 18 juillet Cest peine perdue, le roi ayant été dépassé par les événements et ce sont les chefs ligueurs qui simposent à la tête des catholiques. Après la journée des barricades, il doit quitter Paris, dont le peuple sinsurge et se range derrière les ultras menés par de Guise.

40 En décembre 1588, lors des États généraux quil a convoqués à Blois, le roi organise lassassinat des chefs ligueurs, entraînant une rupture des contacts avec la Ligue, qui déclare le roi tyran. Le duc de Mayenne, le frère des deux hommes assassinés, prend le contrôle de Paris, où les docteurs de la Sorbonne déclarent les sujets dHenri III déliés de leur serment de fidélité face au roi-traître. Isolé, Henri III se rapproche des protestants et se réconcilie avec Henri de Navarre, avec qui il semploie à reprendre Paris. Henri III est assassiné à Saint-Cloud le 1 er août 1589 par un fanatique et la couronne passe à Henri de Navarre. Certains catholiques séloignent de la Ligue et accordent leur soutien au roi, qui pour sa part affirme vouloir se reconvertir au catholicisme… Conséquemment, des protestants radicaux refusent de le reconnaître…

41 LEurope divisée

42 4 – Le bon roi Henri IV ( ) 4.1 – Un symbole dunité Henri IV a peu dalliés. Son exploit aura été de faire taire les dissensions et dêtre parvenu en cinq ans, par la force et la diplomatie, à simposer à la tête dun royaume divisé par plus de 30 années de guerres. Dès 1589, le roi tente sans succès de reconquérir Paris, aux mains des ligueurs, alors que les catholiques modérés demeurent suspicieux à lendroit de ce prétendant au trône si versatile sur le plan religieux. Il est contraint dabandonner le siège, mais quelques opérations militaires couronnées de succès améliorent son image auprès des grands du royaume.

43 Henri IV ( )

44 Peu à peu, certains des plus grands noms de France se joignent à lui et son attitude de grande tolérance à lendroit des catholiques après la prise des villes, où il punit les actes de pillage et de brigandage contre les lieux de cultes, favorise le ralliement des populations épuisées et excédées par les guerres. Les protestants lui reprochent de ne pas rétablir la liberté du culte dans un premier temps, mais en 1591, par lÉdit de Mantes, il rétablit lédit de Poitiers de 1577, ce qui, sans satisfaire entièrement les revendications protestantes, leur donne un gage de bonne foi, tout en évitant de braquer les catholiques les plus radicaux. Après avoir court-circuiter les États généraux convoqués par Charles de Lorraine en 1593 afin de procéder à lélection dun nouveau roi, Henri se laisse convaincre dabandonner le protestantisme et de se convertir au catholicisme, ce qui est chose faite le 25 juillet 1593.

45 Le 27 février 1594, Henri est sacré roi à la cathédrale de Chartres, ce qui accroit son autorité, sans bien sûr mettre fin aux conflits. Le 22 mars 1594, il entre à Paris et labsolution qui lui est accordée le 17 septembre 1595 lui permet de rallier peu à peu lensemble de la population modérée, isolant les radicaux. Ces derniers demeurent liés aux États voisins ayant été impliqués dans les conflits internes, dont lEspagne, qui continue de soutenir les ligueurs et lidée de croisade Ayant donné des gages aux catholiques, il devient nécessaire den donner aux protestants, dautant que plusieurs dentre eux, se sentent abandonnés par la conversion dHenri. Le roi doit donc établir clairement son rejet de lintransigeance catholique dont lEspagne est la plus importante représentante. Cest pourquoi il déclare la guerre à lEspagne en Les combats ne permettant pas de départager des adversaires qui sépuisent, la paix est signée en 1598.

46 4.2 – LÉdit de Nantes de 1598 et la reconstruction du royaume La signature de cette paix a été rendue possible par ladoption le 13 avril 1598 de lacte le plus célèbre du règne dHenri IV, lÉdit de Nantes, même si en fait il sagit dun ensemble de texte dont lélaboration fut assez lente, entre le 3 et le 30 avril LÉdit de Pacification est le fruit dun compromis visant à mettre fin à létat de guerre civile. Comme tout compromis, il est source de déceptions et de colère pour tout le monde et dans un premier temps fut plutôt mal accueillis : trop peu pour les protestants, mais déjà trop pour les catholiques. Rien ne laissait présager que cet édit connaîtrait un sort plus heureux que les autres textes adoptés précédemment et quil fonderait pour un siècle une paix sociale basée sur la liberté et la tolérance religieuse.

47 Lédit accorde aux protestants des droits civils au même titre quaux catholiques, leur permettant dobtenir des charges et il consacre légalité civile entre les croyants des deux confessions. Cependant, sur le plan strictement religieux, il consacre linégalité de celles-ci. Car sil permet la pratique du catholicisme partout, il encadre la pratique du culte protestant, qui ne sera pas permis, par exemple, à Paris. Accordant aux protestants une sorte de statut de minorité religieuse, des refuges (dans 150 villes du territoire, dotées dun statut particulier) sont prévus pour eux et surtout, 51 places de sureté leur sont octroyées, avec le droit de maintenir un total de soldats. Ainsi, sur ces territoires, le roi renonce à son monopole de la violence légitime, ce qui crée ni plus ni moins un État dans lÉtat.

48 Malgré ses limites et ses imperfections, lÉdit constitue une tentative originale de dissocier lappartenance religieuse de lappartenance nationale. Le principe de « Cuius regio, eius religio » est abandonné au profit dune conception laïque de lÉtat qui montrera le chemin au républicanisme français. Une fois cette question réglée, Henri IV pourra sadonner à la reconstruction de la France. Toujours sans héritier, il obtient lannulation de son mariage avec Marguerite pour pouvoir épouser Marie de Médicis le 17 décembre Il gouverne en sappuyant sur des représentants des deux confessions, parvenant à unifier le pays par son gouvernement, comprenant entre autres le duc de Sully, calviniste, et Nicolas de Villeroy, catholique. Cela est dautant plus nécessaire que les finances de lÉtat et léconomie du royaume sont dans une situation particulièrement difficile.

49 Mais la pression fiscale exercée sur la paysannerie et la population provoque de nombreux soulèvements. La lassitude de la population face aux conflits permet à lédit de Nantes de faire son œuvre et de favoriser le retour au calme, lequel à son tour permet, par exemple, à la production agricole de revenir en 1610 à son niveau davant les guerres. Certains refusent encore le modus vivendi imposé par le roi, particulièrement chez les catholiques fanatiques et le 14 mai 1610, lun deux, François Ravaillac, parvient à tuer le roi. La douleur et la consternation générale et quasi unanime du royaume à lannonce de sa mort donnent la mesure de sa popularité, lui qui au début de son règne était contesté par pratiquement toute la France.

50 5 – Le règne de Louis XIII le Sage ( ) 3.1 – La régence À la mort de son père, son fils Louis nayant que neuf ans, sa mère Marie de Médicis assure la régence. Elle prend son rôle très au sérieux, mais na pas nécessairement les capacités pour diriger un État. Dautant quelle est arrivée dItalie avec des collaborateurs qui vont occuper une place très importante dans la gestion de lÉtat et queux non plus ne sont pas particulièrement doués : il sagit de la coiffeuse de Marie, Leonara Galigaï, et de lamant de cette dernière, Concino Concini.

51 Lascension de cet intrigant commence du vivant dHenri IV, mais cest surtout après sa mort quil devient important, évinçant le brillant conseiller dÉtat aux finances du défunt roi, le duc de Sully. Puis il sachète une charge de juge et en 1613, bien que ne connaissant rien à la guerre, il est nommé maréchal de France. Marie et ses proches mènent une politique qui vise à se rapprocher de lEspagne, ce qui indispose les princes protestants, qui se plaignent dêtre écartés du pouvoir. Pour se concilier leurs bonnes grâces, Concini réunit les États généraux en 1614, lesquels nauront rien de remarquable, sinon que sillustrera à loccasion un certain Armand Duplessis de Richelieu ( ), issu dune pauvre famille de la vieille noblesse du Poitou. Il sera nommé conseiller dÉtat en 1616, puis secrétaire dÉtat aux Affaires étrangères et à la Guerre.

52 Semployant à écarter de la direction de lÉtat les princes de sang, Concini finit par susciter un complot auquel le roi se rallie et il est assassiné le 24 avril Sa concubine Léonora Galigaï sera pour sa part décapitée pour sorcellerie en juillet Lélimination de Concini laisse le pouvoir au roi légitime qui a alors 16 ans, mais un obstacle imprévu se dressera sur sa route : sa mère. Les premiers gestes du roi consistent à détruire la clique dintrigants ayant assuré la régence : Richelieu est chassé du Conseil et Marie de Médicis exilée à Blois. Les conseillers du bon roi Henri rentrent en grâce. La disgrâce de Richelieu sera de courte durée, et après la réconciliation du fils et de la mère, il est admis au conseil royal en 1624, doù son influence commencera à se déployer.

53 3.2 – Le gouvernement de Richelieu À partir de ce moment, Louis XIII est bien en selle, mais paradoxalement et malgré les conflits qui lont opposé à Richelieu, cest lui qui prend la tête de lÉtat, le roi demeurant effacé. Ainsi, si le règne de Louis XIII est important, cest par la présence de Richelieu, puis de Mazarin, beaucoup plus que par le roi lui-même. Revenu au conseil en avril 1624, Richelieu simposera à la tête du gouvernement. La politique quil suivra aura un double objectif : restaurer lautorité royale mise à mal par les trois décennies de guerres et réaffirmer la force de lÉtat français sur le territoire et en Europe. LÉdit de Nantes est désormais vu comme un obstacle à ce rétablissement, les dispositions militaires du document posant problème, car elles permettent le maintien dune force armée légale en dehors du cadre étatique, ce quaucun gouvernement ne peut tolérer.

54 Louis XIII et Richelieu

55 La « capitale » des huguenots, La Rochelle, constitue un danger potentiel car sagissant dun port, la ville pourrait servir de tête de pont pour Londres, dautant que le roi dAngleterre se prétend toujours le légitime roi de France. La sécurité nationale réclame donc, selon Richelieu, la destruction de cette menace. Le 10 septembre 1627, les armées royales assiègent la « capitale » huguenote. Afin décarter la menace dune aide anglaise, Richelieu fait fortifier les îles de Ré et dOléron et ordonne la construction dune digue autour de la ville, qui se retrouve isolée par terre comme par mer. Des canons sont aussi installés. Les vivres venant à manquer, malgré lévacuation des femmes, des enfants et des vieillards, la ville doit finalement se rendre le 3 octobre Des habitants de la ville, il nen reste que 5 000, qui sont graciés par le roi.

56 Cette victoire militaire est consacrée par lÉdit de grâce de Nîmes, adopté le 28 juin 1629 qui, sans remettre en question la liberté de culte des protestants, oblige la destruction de leurs places fortes. Les villes protestantes où le culte catholique était de facto interdit se voient obligées de lautoriser à nouveau. Une sorte de reconquête religieuse suivra dans les zones protestantes, dans laquelle les jésuites auront un rôle important à jouer. Mais la situation internationale continue de peser sur le destin national, à cause de limplication des puissances étrangères. Toujours active, la mère du roi, chef de file du parti des dévots, tente de le convaincre de former une alliance solide avec lEspagne, ce que Richelieu combat avec détermination, une telle alliance risquant de rallumer la guerre civile, en plus de menacer lintégrité territoriale.

57 Le 10 novembre 1630, après une grave maladie, le roi se laisse apparemment convaincre par sa mère de se départir de Richelieu, mais change finalement davis : cest ce que lon a nommé « la journée des dupes », signal dune purge mené par le cardinal contre ses anciens alliés. Jusquà la reine mère qui est exilée loin de la capitale et ne reverra jamais son fils. Cette purge suivant et précédant quelques autres, affectant les Grands de France (dont la purge de 1626, consécutivement à la découverte dun complot visant à assassiner le roi), permettra à nouveau la consolidation du pouvoir du roi. Et celle du duc. Une fois lopposition à sa politique étrangère écartée, Richelieu convaincra le roi de simpliquer à partir de 1631 dans la guerre de 30 ans qui déchire lEurope En soutenant les princes allemands protestants en guerre contre les Habsbourg, lobjectif de Richelieu est de briser lencerclement du territoire national.

58 À partir de 1631, la politique de Richelieu consiste à courtiser les ennemis de lEspagne, ce qui accroit les tensions avec les Habsbourg, sans cependant se changer en guerre ouverte. Mais en 1635, le conflit éclate et la France déclare la guerre à lEspagne. Lannée suivante, Ferdinand III vient à la rescousse de lEspagne et déclare la guerre à la France. Encore une fois, le pragmatisme lemporte sur les considérations idéologiques, la France se retrouvant en guerre contre des puissances catholiques, alors quelle est appuyée par les Provinces-Unies et la Suède, deux États protestants. La guerre, qui voit dabord les Espagnols menacer le territoire français avant que les troupes royales ne renversent la situation à partir de 1641, ne prendra fin que sous la régence du fils de Louis XIII, Louis XIV.

59 Le point dorgue de ce conflit sera du côté français la victoire de Rocroi contre les Espagnols le 19 mai 1643, déjà après la mort de Richelieu et de Louis XIII, même si la guerre se poursuivra jusquen La guerre peu populaire (et dangereuse, car elle peut à tout moment rallumer le feu entre catholiques et protestants) nécessite des moyens financiers importants, ce qui se traduit par une pression fiscale croissante sur la population, laquelle réagit en sinsurgeant. La « révolte des croquants » est la plus importante de ces rébellions populaires du règne de Louis XIII. Au printemps 1637, ce sont paysans du Quercy et du Périgord qui prennent les armes. Ils seront suivis par Normands à lautomne Dans les deux cas, la répression, sera conduite par des mercenaires étrangers pour plus defficacité, mais aussi parce que les forces régulières sont occupées dans les conflits internationaux qui font rage aux frontières.

60 Richelieu sintéresse aussi aux développements artistiques de lépoque et comble les lacunes de son roi en ce domaine, agissant à titre de mécène grâce à sa colossale fortune, acquise de façon plus ou moins honnête. Cest par ailleurs à lui que lon doit la fondation de lAcadémie française. Lorigine de cette institution remonte aux travaux du poète François Malherbes ( ), qui a consacré une partie de sa vie à épurer la langue française de la débauche de mots apparus depuis lordonnance de Villers-Cotterêts. À la mort de Malherbes, des érudits reprendront ses travaux et susciteront lintérêt de Richelieu, qui leur propose de former un corps officiel pour poursuivre la tâche. Des statuts sont rédigés en 1635, qui deviennent officiels en 1637.

61 Larticle 24 stipule que « La principale fonction de lAcadémie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue, et à la rendre pure, éloquente, et capable de traiter les arts et les sciences. » Pour ce faire, lAcadémie élaborera un dictionnaire, dont la première version sera publiée en Parmi les autres priorités politiques de Richelieu, on compte son intérêt pour le développement des colonies françaises dAmérique du Nord et cest à lui que Samuel de Champlain doit le soutien politique et économique dont il dispose (par le biais entre autres de la compagnie des Cent Associés, fondée à linitiative du duc) et qui lui permettra de développer le territoire. Profondément détesté par la population qui voit en lui la cause de ses malheurs, Richelieu provoquera une explosion de joie par sa mort, qui survient le 4 décembre 1642.

62 Sans devenir premier ministre, cest alors lun des principaux collaborateurs de Richelieu qui simpose à la tête de lÉtat, le cardinal Mazarin. Mais puisque Louis XIII ne survivra que peu de temps à la mort de son conseiller (il meurt le 14 mai 1643), cest pendant la régence qui suit que Mazarin pourra chausser les bottes de son puissant prédécesseur.


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