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Histoire de France dAncien régime Sixième cours : La Renaissance (1461-1547)

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1 Histoire de France dAncien régime Sixième cours : La Renaissance ( )

2 Sixième cours : 1 – Louis XI, « luniverselle araigne » ( ) 2 – Charles VIII et Louis XII 3 – Sa Majesté François 1 er ( ) 4 – La Renaissance

3 1 – Louis XI, « luniverselle araigne » ( ) 1.1 – De la Praguerie à la Ligue du Bien Public Jusquau XIXe siècle, la réputation de Louis XI est détestable. Pour le XVIIIe siècle, il est lexemple de larriération médiévale, avec ses brutalités et ses superstitions et aurait été le dernier roi médiéval. Depuis Michelet, le regard change et une appréciation plus neutre du règne, qui met de lavant les réalisations économiques et politiques, commence à faire de lui le premier roi de la Renaissance française. Jusquà Michelet, les sources étaient issues surtout de la noblesse lettrée et cest cette noblesse qui a fait les frais de la consolidation politique de la royauté sous Louis XI.

4 LUniverselle Araigne

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6 Mais lhomme ne fut pas non plus, comme une certaine historiographie marxiste a tenté de le dépeindre, un roi populaire, défenseur des petites gens. Seul lÉtat le préoccupait et sil sopposait à la noblesse, ce nétait pas pour défendre le peuple, mais parce que la puissance des féodaux continuait de limiter celle du roi, de lÉtat. À ce titre, il fut définitivement un roi moderne. Lautre grande source traditionnelle sur le règne de Louis, ce sont les chroniqueurs de la Bourgogne de Charles le Téméraire. Lexpression duniverselle araigne est de lun d'eux, de même que toutes légendes sur le roi, comme ses cages de fer. Il est vrai quun fils se soulevant contre son père nest pas du meilleur goût. Surtout quand ce père jouit dune grande popularité. La lutte sourde que mena Louis contre son père et roi est unique dans lhistoire de France.

7 Louis est né en 1423 et a été élevé loin de la cour du Dauphin. Ce nest quà partir de 14 ans que Louis vivra à proximité de son père. Dès 1439, il léloigne de nouveau en le chargeant de pacifier le Languedoc. Il se lie alors avec les féodaux du sud qui entrent en rébellion contre le roi Cette rébellion, la Praguerie, dresse contre le roi de nombreux seigneurs qui sopposent au centralisme que Charles veut imposer, entre autres en ce qui concerne linterdiction des armées seigneuriales qui doivent laisser la place à une armée centrale permanente. La révolte sera matée, mais lépisode naméliore pas les relations entre le fils et le père. Et les conflits continuent, malgré les succès remportés par Louis dans la pacification du territoire. Après une dispute violente avec la maîtresse de son père, celui-ci envoie son fils en Dauphiné en janvier Les deux hommes ne se reverront plus.

8 Entre 1447 et 1456, Louis dirige le Dauphiné, y mettant à lessai certaines des politiques quil suivra plus tard : il structure une armée, réglemente la chasse, lexploitation des forêts, interdit les guerres entre seigneurs, etc. Même loin, le père et le fils se détestent. Après que Louis eut épousé Charlotte de Savoie sans lapprobation de son père, Charles attaque la Savoie, incitant celui-ci à senfuir… en Bourgogne! Il trouvera bien sûr chez le duc Philippe le Bon une oreille attentive. De son refuge, Louis espionne la cour de son père, attendant son décès et finalement, le 22 juillet 1461, Charles VII séteint. Louis, qui a alors 38 ans, est sacré à Reims le 15 août, et cest son oncle, le duc de Bourgogne, qui lui place la couronne sur la tête, espérant beaucoup de largesses de la part du nouveau roi.

9 Mais Louis a dautres objectifs, dont la réunification du royaume, qui passe par lécrasement de la Bourgogne. Dès 1463, Louis fait main basse sur les villes de la Somme appartenant à son cousin, futur duc de Bourgogne, qui se joint à François II de Bretagne, au duc de Berry et à dautres grands féodaux pour briser les velléités centralisatrices du roi. Cest ce que lon a nommé la Ligue du Bien Public. En 1465, les troupes féodales coalisées affrontent dans une bataille à lissue incertaine larmée royale. Nayant pas réussi à vaincre ses adversaires, Louis va recourir à la ruse : il concède à ses opposants les privilèges quils réclament, mettant ainsi fin à la fronde. Mais dès lannée suivante, il les retire un à un… évidemment, la fronde va alors reprendre, mais moins menaçante quelle ne létait dabord.

10 1.2 – Construire la France Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, cherche à saffranchir de la couronne. Il en a les moyens : la Bourgogne est riche et puissante, et Charles règne en outre sur les Flandres. Son objectif est de conquérir les territoires qui séparent ses possessions : Champagne, Lorraine et Alsace. Charles est trop puissant, alors Louis semploie à susciter la révolte sur les territoires de son adversaire, comme en 1648 à Liège. Cette politique ne réussit guère et entraîne larrestation de Louis à Péronne. Le roi doit faire de larges concessions pour recouvrer sa liberté. Comme à son habitude, dès 1470, il reprend peu à peu ce quil avait donné sous la menace. En 1471, Charles prend à nouveau les armes : il reprend les villes de la Somme et mène des raids très violents contre de petites villes de France.

11 Sa réputation devient si mauvaise que lors du siège de Beauvais en 1471, cest la population, mené par Jeanne Laisné, qui fait obstacle à ses soldats. Ses déboires et ses méthodes finissent par détourner de lui nombre de ses alliés, circonvenus par ailleurs par lhabileté et la ruse de Louis. En 1475, par le traité de Picquigny, Édouard IV accepte dabandonner la cause de Charles en échange dune pension de écus dor. Ce traité met aussi fin à la guerre de Cent Ans. Quant à Charles, après plusieurs défaites, il meurt lors du siège de Nancy en janvier Les territoires donnés en apanage aux princes de sang royal doivent revenir à la couronne lorsque ceux-ci se retrouvent sans héritier mâle. Charles navait quune fille, Marie, Louis sempare de la Bourgogne. Mais Marie épouse en mai Maximilien, lhéritier du trône du Saint-Empire et une guerre dangereuse se profile alors à lhorizon.

12 Lhabilité de Louis, aidée de la chance, aura raison de la menace car en 1482, Marie de Bourgogne meurt et Maximilien décide de faire la paix avec Louis. Par le traité dArras de 1482, Charles abandonne la Bourgogne et la Picardie à Louis, qui parvient à convaincre lempereur de donner sa fille en mariage à son fils, qui lui apporterait en dot les autres territoires qui furent jadis bourguignons. La France de Louis devient alors plus grande que celle du traité de Verdun de 843. Même si le contrôle des terres bourguignonnes nest pas effectif, car le mariage de Charles et de Marguerite naura pas lieu, la destruction de la maison de Bourgogne est chose faite. La lutte pour la consolidation du trône, par le biais de guerres locales et dune diplomatie très active, prend beaucoup de place dans le règne de Louis.

13 Sa politique matrimoniale sinscrit dans cette lutte : afin déteindre une branche concurrente de la dynastie, il parvint à marier sa fille Jeanne, boiteuse, difforme et probablement stérile à son cousin Louis dOrléans. Mais Louis XI comprend l'importance de la prospérité économique pour la puissance de son État. Sinspirant du modèle anglais, il incita, mais sans succès notables, la noblesse de France à cesser de manifester à lendroit de lindustrie et du commerce un préjugé défavorable. Il favorisa auprès de la bourgeoisie commerçante des villes l'introduction de nouvelles activités économiques en France, comme la soie à Lyon et à Tours, ainsi que le développement des foires (comme à Lyon). Au plan administratif, Louis semploya à renforcer l'infrastructure de l'unité du royaume, par une tentative d'uniformisation des coutumes juridiques et le développement dun système des postes plus efficace.

14 Il se montra souple en matière dimposition, dans son attitude à l'égard des villes et dans son comportement vis-à-vis de l'Église, se situant sur ce point en opposition avec le gallicanisme de son père Charles, illustrée par la Pragmatique sanction, abolie dès 1461, tout en maintenant une distance critique face à Rome. Sa lutte contre les privilèges féodaux passe par la bourgeoisie quil instrumentalise pour réduire le pouvoir de ses adversaires et de nombreux grands officiers du gouvernement sont désormais choisis parmi le tiers État. Lanoblissement de certains bourgeois vise à remplacer la vieille noblesse terrienne, noblesse dépée, par une nouvelle noblesse, dite noblesse de robe, qui soit dévouée à la monarchie au lieu de chercher à laffaiblir. En favorisant les « basses classes », il favorise lesprit dentreprise et ouvre la porte à la Renaissance, dont la première manifestation sera lintroduction de limprimerie à Paris en 1470, puis à Lyon en 1473.

15 Lorsque Louis XI séteint dune hémorragie cérébrale le 25 août 1483, il laisse un pays profondément transformé, même si ces transformations ont pu passer inaperçues aux yeux de ses contemporains. Ses méthodes « médiévales » ont été mises à profit pour mettre les bases dun État moderne, dont les manifestations ne deviendront évidentes que quelques décennies plus tard.

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17 2 – Charles VIII et Louis XII 2.1 – Charles VIII lAffable ( ) Presque aussi laid que son père, Charles VIII na pas la même détestable réputation que lui, mais son règne na pas non plus limportance de celui de Louis XI. Seul fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie à avoir vécu plus dun an, il est le septième et dernier héritier direct de la branche des Valois. Né en 1470, il nest âgé que de 13 ans au moment de la mort de Louis XI et sa soeur Anne de Beaujeu le secondera dans un premier temps. Cest une femme autoritaire, dont la lourde main sera nécessaire pour calmer certains féodaux qui relèvent la tête afin de remettre en question lœuvre centralisatrice de Louis XI.

18 Charles VIII et Louis XII

19 Louis XI avait promis son fils Charles à la fille dÉdouard IV lors de la conclusion du traité de Picquigny, avant de revenir sur sa décision pour conclure une alliance avec le Saint-Empire. Malgré la bonne entente entre le futur Charles VIII et la princesse Marguerite, la raison dÉtat aura le dessus encore une fois. Car avant de se tourner vers lest, Charles penche plutôt pour une consolidation de la frontière occidentale et la fin de cette menace que fait peser sur le royaume la Bretagne, si souvent alliée à des intérêts étrangers. Les tensions entre la France et la Bretagne conduisent Charles à partir en campagne et en 1487, après sêtre emparée de Vannes, larmée assiège Nantes, mais ne parvient pas à prendre la ville. Vannes est reprise lannée suivante par les troupes de François II de Bretagne et les forces royales repartent alors en campagne.

20 Le 26 juillet 1488, les forces bretonnes (parmi lesquelles combat Louis dOrléans, cousin et beau-frère de Charles VIII) sont défaites à Saint-Aubin-du-Cormier. Le 20 août, François II est contraint de demander la paix (le traité du Verger), qui interdit le mariage de sa fille sans le consentement du roi de France. Il meurt un mois plus tard, laissant le duché à sa fille Anne. Afin de conserver lindépendance de son duché, Anne se fait couronner à Rennes et annonce son mariage par procuration avec Maximilien de Habsbourg, faisant peser une menace mortelle sur le trône français, qui se retrouverait alors entre deux territoires Habsbourg. Mais en vertu du traité du Verger, Anne est contrainte de renoncer au mariage. Et Charles VIII se propose alors de lépouser : Marguerite de Habsbourg est renvoyée chez elle et en décembre 1491, Anne de Bretagne devient reine de France.

21 Une clause inhabituelle est ajoutée au contrat : si le roi meurt, Anne devra épouser son successeur, afin que la Bretagne soit désormais un territoire français. Mais la grande affaire du règne de Charles VIII, cest lItalie. Lintérêt des rois de France pour ce territoire nest pas une nouveauté, mais jusqualors, le roi de France avait surtout été préoccupé de la situation intérieure. La monarchie absolue nest pas encore parfaitement achevée, mais la France est alors plus ou moins unie, permettant aux énergies royales de se tourner vers un objet à lextérieur des frontières. À la fin du XIVe siècle, le prince dAnjou était aussi le roi de Naples. Charles VIII, descendant de Louis 1 er de Naples, duc dAnjou, considère que la couronne de Naples lui revient et il va semployer à la récupérer. Il assure dabord ses arrières en signant des traités avec lAngleterre dHenri VIII (1492), avec Ferdinand II dAragon (1493) et Maximilien dAutriche (1493).

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23 En 1494, à la mort de Ferdinand de Naples, il sautoproclame roi de la principauté et envahit le territoire. Cest la première guerre dItalie ( ). Larmée française sempare de Florence, Rome et Naples. Mais, lAragon, inquiète de cette puissance française, suscite une opposition générale à cette prise de contrôle et contraint le roi de France à quitter la péninsule. De même, le comportement des troupes françaises, dabord accueillies avec joie, suscite rapidement un rejet manifeste de la part de la population de la péninsule. Le roi parvient à revenir, non sans difficultés, dans ses États en 1497, au moment où ses forces restées à Naples sont contraintes à capituler devant les forces coalisées menées par lAragon. Le 7 avril 1498, Charles VIII, dont la tête a heurté un linteau de Pierre à son château de Blois, meurt de complication. Il na pas dhéritier.

24 2.2 – Louis XII le Père du peuple Cest le cousin de Charles VIII, Louis dOrléans, pardonné par le roi pour son rôle dans la guerre avec la Bretagne, qui monte sur le trône. Le mariage de Louis avec Jeanne de France, nayant pas donné denfants, est annulé par le pape. Jeanne se retire dans un couvent et et Louis épouse, en conformité avec le traité du Verger, la reine de France, veuve de Charles VIII, la belle Anne de Bretagne. Louis XII a la réputation davoir été un bon roi, ce qui se conçoit après les règnes autoritaires et centralisateurs de ses prédécesseurs. Le titre de « père du peuple » lui est dailleurs offert par les États généraux de 1506, pour souligner sa générosité et sa mansuétude. Les impôts sont diminués de façon importante dès son arrivée sur le trône et la pression fiscale demeurera supportable tout au long du règne.

25 Le train de vie modeste de la cour permet au roi de consacrer des sommes importantes à lamélioration de la gestion du territoire : le réseau routier est bien entretenu et la magistrature est encadrée par la mise en place de règles plus strictes et un contrôle plus efficace des procédures judiciaires. Sur le plan religieux, sans remettre totalement en vigueur la Pragmatique sanction, il insiste sur les prérogatives royales quant aux nominations du clergé. Intelligent et habile, il semploie à consolider sa légitimité en mettant de lavant la reine, Anne de Bretagne, très populaire et qui permet de faire un lien avec le règne précédent et la branche directe des Valois. Sa politique matrimoniale fut dabord orientée vers une alliance avec les Habsbourg, alors que Claude de France fut dabord fiancé au futur Charles Quint, même si elle épousera finalement François dAngoulême, un cousin, à la demande des États généraux de 1506.

26 Ce sont les guerres dItalie qui occupent la majeure partie du règne. Héritier du trône de France, il considère que Naples lui appartient, mais son ambition est encore plus importante, car Milan lintéresse aussi : par sa grand-mère, une Visconti, il prétend avoir des droits sur le trône détenu jusquen 1447 par cette famille. La deuxième guerre dItalie ( ) voit les forces françaises victorieuses se rendre maitresses de Milan dès 1499, suivie de Gênes. Pendant la troisième guerre dItalie ( ), Naples capturée par les Français en 1501, est cependant abandonné en 1504, suite à lexpulsion des forces françaises et à la signature de larmistice à Lyon. La constitution de la Ligue de Cambrai, dirigé contre la puissance vénitienne et à laquelle participe le roi de France, lempereur germanique et la papauté, entre autres, prépare le terrain à une quatrième guerre dItalie ( ).

27 Victorieux dans un premier temps, Louis XII, doit dès 1511 affronter les forces coalisées de Venise et du pape, qui craint la trop grande puissance française, auxquelles se joignent aussi les Espagnols, les Cantons Suisses, qui attaquent la Bourgogne et les Anglais qui, depuis Calais, sen prennent à la Picardie. Isolée, la France doit conclure un traité à Dijon qui permet lévacuation des Suisses, mais entraîne labandon des prétentions françaises sur lItalie. Cependant, le traité ne sera jamais ratifié par Louis XII, ce qui permettra à François 1 er de repartir en guerre. Après la mort dAnne de Bretagne en 1514, Louis XII, 52 ans, épouse Marie Tudor, 16 ans, sœur du roi Henri VIII dAngleterre. Louis ne résistera pas longtemps à lenthousiasme de sa trop jeune épouse et meurt en janvier 1515, trois mois après son mariage. Lui non plus na pas de fils.

28 3 – Sa Majesté François 1 er ( ) 3.1 – Un roi absolu En labsence dhéritier direct, la couronne passe à la branche dAngoulême des Valois. La succession à des cousins du roi étant devenu habituelle, il ny a personne pour contester la légitimité du nouveau roi de France. Dautant que les dispositions avaient été prises du vivant de Louis, qui avait identifié son successeur en la personne de François dAngoulême, son cousin et gendre, et quil avait préparé celui-ci à régner en lassociant à certaines décisions politiques. Le règne de François marque généralement le début de la Renaissance en France.

29 Sa Majesté François 1er

30 Sa politique est laboutissement des transformations subies depuis la guerre de Cent Ans, mais sa façon de gouverner, son intérêt pour les arts et la culture et ses grandes ambitions internationales font indubitablement de son règne un jalon dans lhistoire de France. Il est le premier à se parer du titre de « Sa Majesté ». François est le premier souverain véritablement absolu en France, les seigneurs nayant plus guère de rôle à jouer dans la politique du royaume que ceux que le roi veut bien leur confier. Il fut le modèle dont Louis XIV va sinspirer et la devise de son règne est en soi un programme : « Car tel est notre plaisir »… Bel homme, François est coquet et tout en lui tend à démontrer la conscience quil a de sa puissance. Son entrée théâtrale à Paris après son couronnement semble elle-même annoncer les caractéristiques de ce règne de 30 ans qui sannonce : luxe et prodigalité.

31 Le nouveau roi est aussi célèbre pour ses aventures amoureuses. Dandy impénitent, il a laissé à la postérité, parmi de nombreuses autres citations célèbres, celle-ci : « Souvent femme varie, bien fol qui sy fie. » La cour de France devient la plus brillante du continent. Elle est toujours itinérante et généralement composée de à personnes, errant de château en château (généralement ceux situés sur la Loire) sadonnant à tous les plaisirs. Occupée à sétourdir, la noblesse est de moins en moins sollicitée pour le gouvernement, alors que François préfère diriger lui-même, en compagnie dintendants qualifiés, dont la naissance na aucune importance. Le Conseil du roi existe toujours, mais ses membres sont de moins en moins nombreux et il est réuni de moins en moins souvent, un autre organe de pouvoir très restreint et officieux, le Conseil secret, devenant véritablement le gouvernement du royaume.

32 Ce royaume devenu hyper centralisé, conduit par un seul homme, est réformé, pour être structuré. Le grand acte législatif de François 1 er, lordonnance de Villers- Cotterêts, élaborée en 1539, se veut linstrument de cette refonte. Composée de 192 articles, lordonnance touche plusieurs domaines reliés à ladministration. Les langues parlées en France sont alors nombreuses et variées et cette diversité nuit à la bonne gestion. Jusquà ce moment, le latin continue dêtre la langue légale, mais elle est incompréhensible pour la majorité du peuple. Afin dunifier la pratique des lois et de les rendre accessibles à tous, la langue maternelle françoise devient la langue officielle du royaume de France. Elle servira ainsi de dénominateur commun à la population, même sil faudra attendre de longs siècles pour quelle devienne vraiment la langue de tout le territoire.

33 Cette langue est en fait le parler francilien, qui nest utilisé en dehors de la capitale que par les élites urbaines, la population utilisant ce que lon commence à nommer, par mépris et dérision, les patois. Un autre article fondamental de lordonnance concerne la tenue de registres paroissiaux, recensant les naissances, sacrements, etc. Cest le début de lÉtat civil et de la bureaucratie, donc dun État moderne. À côté de cette ordonnance, le gouvernement est très actif, plus de décisions et ordonnances étant publiées durant le règne. Les conseils royaux se spécialisent : le connétable, le chef des forces armées, ainsi que le chancelier responsable de la justice et de l'administration, détiennent un pouvoir important et supervisent les grandes fonctions de lÉtat

34 Le roi multiplie les officiers, fonctionnaires qui achètent leurs charges, et fait dune pierre deux coups, augmentant la puissance administrative et renflouant des coffres toujours vides. À la fin du règne, ces officiers sont environ Grâce à eux, la justice et les finances royales sont gérées le moins mal possible. La religion fait aussi les frais de cette subordination au roi. Très sanguin, le roi ne se distingue pas par sa piété et au lendemain de Marignan, il signe avec Rome un concordat qui donne au roi de France un contrôle presque total sur lÉglise de France, retirant au pape ses droits sur le clergé français. Les institutions mises en place vont permettre aux successeurs de François de renforcer leur autorité, sur la noblesse et sur les parlements régionaux, qui exercent un droit de remontrance sur les décisions royales et, parfois refusent de les enregistrer.

35 Ces réformes, alliés aux coûts exorbitants des guerres dItalie et des dépenses de prestige obligent la couronne à accroître constamment la pression fiscale sur la population, qui répond par des émeutes paysannes qui demeurent cependant locales. Les coffres de lÉtat sont continuellement vides et la situation financière de la France devient très inquiétante.

36 3.2 – Mécène et bâtisseur Mais la grandeur de ce roi ne se limite pas à sa capacité dêtre obéi. Amant des arts, cest un grand mécène et un grand bâtisseur, passions qui contribuent à mettre les finances de lÉtat dans une situation périlleuse, mais qui font de lui le plus grand roi dEurope. De ce point de vue aussi, François 1 er est un roi de la Renaissance, et lun des rares protecteurs des arts de lhistoire de la monarchie française. Parmi les artistes quil a personnellement financés, le plus célèbre est Léonardo Da Vinci, quil installe dans le château de Blois, où il passera les dernières années de sa vie, entre 1516 et 1519, jouissant de la très grande considération que lui témoigne le roi. À son arrivée, il avait avec lui ses plus grands chefs dœuvre, ce qui explique la présence de la Joconde au Louvre.

37 En plus, François emploie des agents qui ont pour mission dacheter en Italie des œuvres de Michel-Ange, Titien ou Raphaël pour les ramener en France, où elles décorent lintérieur des multiples châteaux dont il ordonne la construction ou la rénovation. Les châteaux de Blois et dAmboise continuent dêtre embellis, alors que limmense château de Chambord, dont la construction témoigne de la grande influence des artistes italiens, sélève peu à peu de terre. Le Louvre subit une cure de rajeunissement et se voit doter dune apparence contemporaine. Lhôtel de ville de Paris est aussi lobjet des soins du souverain et Paris en général loccupe beaucoup Mais le projet architectural le plus important de François est la reconstruction presque entière du château de Fontainebleau, qui devient sa résidence préférée.

38 Chambord

39 Fontainebleau

40 Les lettres aussi lintéressent et il favorise lexpansion de limprimerie dans son royaume. Dès 1518, il met en place un cabinet de lecture en son château de Blois et en 1536, il ordonne que toutes les imprimeries du royaume déposent un exemplaire de chaque ouvrage imprimé à la Bibliothèque royale, ce qui constitue en quelque sorte la fondation de la Bibliothèque nationale. Des « lecteurs royaux », spécialisés dans différentes disciplines, y travaillent. Lintérêt du roi suscite lémulation et de nombreuses bibliothèques privées apparaissent à travers le pays. Dès 1530, le roi créé, à ses frais, des enseignements nouveaux, de haute qualité, pour l'amélioration de l'étude des langues anciennes et des mathématiques : c'est le début du Collège de France.

41 3.3 Politique étrangère Les actions de François sur la scène internationale visent à donner à sa France la puissance que sa supériorité en Europe doit lui conférer. Son pays sétend sur kilomètres carrés et si les autres États se relèvent aussi des pestes médiévales, la domination démographique de la France se poursuit le pays est peuplé de 18 millions de personnes, quatre à cinq fois plus que lAngleterre et lÉcosse réunies. François 1 er est le premier roi de France à témoigner un intérêt pour les grandes explorations, rejoignant les nombreux pays européens qui cherchent à étendre leur puissance et fantasment sur les richesses du Nouveau Monde, dont lEspagne prétend sêtre emparé. Dès 1522, Jean Ango entreprend la reconnaissance des côtes de Terre-Neuve et continue jusquau Brésil.

42 La compétition avec Charles V stimule le désir du roi et il commence à financer les expéditions de Giovanni de Verrazano, qui découvre la Floride (quil baptise Franciscaine) et plus au nord, la Nouvelle-Angoulême, en lhonneur du roi. Ces expéditions sont engagées dans le but de découvrir un passage nordique vers lInde. En 1534, le grand aumônier du roi suggère à François de confier à Jacques Cartier une expédition visant à explorer les îles de lAtlantique Nord. Celui-ci quitte Saint-Malo le 20 avril 1534 et trois semaines plus tard, le 24 juillet, il prend possession au nom du roi de France de la côte gaspésienne. Jacques Cartier mènera en 1535 une autre expédition qui lui permettra de fonder le poste de Sainte-Croix, puis de rebaptiser du nom de Mont-Royal un village autochtone nommé Hochelaga.

43 Tout porte le roi à tourner son regard vers lItalie, lintérêt de ses prédécesseurs pour ce pays étant conforté par la passion quil a de lart et la péninsule italienne na à cet égard pas déquivalent. Milan sera bien sûr lobjet de toutes ses attentions. La cinquième guerre dItalie ( ) sera déclenchée pratiquement dès lavènement de François. Son objectif est la reprise de Milan, dont il se considère aussi le légitime héritier. Lhabituelle préparation diplomatique (traités avec lAngleterre, les Pays-Bas et Venise) précède les opérations militaires. Milan tente de consolider une alliance, mais la seule force sur laquelle peut compter le territoire milanais, ce sont les Suisses. François tente dabord de les acheter, mais devant leur refus, il est contraint dengager le combat à Marignan le 13 et 14 septembre 1515, bataille qui se solde par une éclatante victoire des Français.

44 Frédéric III, en 1452, est le premier Habsbourg à sasseoir sur le trône de lEmpire et la dynastie le conservera jusquen Le véritable danger pour la France date de 1519, alors que Charles de Habsbourg, duc de Bourgogne, roi des Espagnes, de Naples et de Sicile, est élu empereur et devient Charles Quint : les possessions du nouvel empereur entourent de toute part la France. François désirait le trône de lempire et il na pas lésiné sur les moyens pour acheter le vote des Grands Électeurs, mais cétait peine perdue. Pour tenter de briser lencerclement, le roi semploiera à obtenir lalliance dHenri VIII. Mais lépisode du Camp du Drap dor de juin 1520 restera sans suite, Henri préférant sentendre avec Charles Quint, laissant la France isolée. Mais elle demeure puissante et la rivalité polie et respectueuse de Charles et François va désormais rythmer la vie de lEurope, jusquen 1547.

45 Sensuivra le 13 août 1516 la paix de Noyon avec lEmpire, qui concède à la France le contrôle de Milan en échange de labandon de ses prétentions sur Naples et le 29 décembre 1516, la conclusion dune paix perpétuelle avec les cantons suisses. Mais un événement fondamental survient en 1519, qui va changer la situation et faire de lItalie le champ de bataille dune lutte qui se déroule à léchelle européenne : lélection de Charles de Habsbourg à la tête du Saint-Empire romain germanique. La dynastie des Habsbourg, originaire de Suisse, est très ancienne et remonte au VIe siècle, même sil faut attendre le XIIIe pour quelle commence à avoir une importance politique en Europe. Ses domaines sont concentrés à lorigine en Europe centrale, mais une politique matrimoniale très active va permettre à son influence de croître, pour devenir éventuellement la plus puissante maison du continent.

46 Malgré cette situation et en dépit des engagements pris à Noyon, François veut reprendre le contrôle de Naples : ce sera la cause de la 6 e guerre dItalie ( ). La France se retrouve alors bien sûr confrontée à la puissance des Habsbourg de Charles V. Vaincu à Bicoque en 1522, François abandonne Milan. Lannée suivante, Charles III de Bourbon, connétable de France, abandonne François pour Charles. Les insuccès se multiplient : en 1524, les Français sont contraints dabandonner la Lombardie et le 30 avril, le grand héros des campagnes italiennes, le chevalier Bayard, meurt au combat. Plus que la disparition dun symbole, cette mort marque leffondrement de la politique française en Italie. Le roi de France est contraint après la bataille de Pavie (1525), qui le laisse prisonnier aux mains de ses adversaires, de signer la paix à Madrid en 1526.

47 François abandonne ses prétentions sur lItalie, cède la Bourgogne, les Flandres et lArtois et doit épouser la sœur de Charles Quint. Cependant, libéré après le versement dune partie de la rançon, il rentre en France et déclare le traité invalide, car signé sous la contrainte. La puissance de Charles Quint commence alors à en indisposer plusieurs et la France brise son isolement en rejoignant le Ligue de Cognac, comprenant le pape, lAngleterre, Milan, Venise et Florence, ce qui provoque la septième guerre dItalie ( ). Après de nombreuses péripéties qui affaiblissent les différents camps, la paix est signée à Cambrai en 1529 : cest la Paix des Dames, car elle est négociée entre Louise de Savoie (la mère de François 1 er ) et Marguerite dAutriche (la tante de Charles V). La France récupère la Bourgogne en échange de labandon des prétentions sur lItalie et de la promesse dépouser Éléonore dAutriche.

48 Le traité règle en outre la question de la libération en échange dune importante rançon des fils (François et Henri) du roi, retenus en Espagne. Les clauses étant jugées inéquitables par François, une huitième guerre dItalie éclate ( ), qui voit le roi de France faire alliance avec les princes protestants en lutte et avec les Turcs. Prenant prétexte de la mort du duc de Milan pour revendiquer lhéritage, soldats français envahissent la Savoie, entrainant une réplique de Charles Quint en 1536 qui sattaque à la Provence. Le sort des armes demeure indécis et lépuisement mutuel conduit à la paix de Nice de 1538, qui scelle une alliance antiprotestante entre la France et lEmpire. Le rôle du pape Paul III a ici été déterminant.

49 Mais la cession du Milanais par Charles à son fils Philippe en 1540, en violation des accords de Nice, conduit à une neuvième guerre dItalie ( ), où lAngleterre simplique aux côtés de lempire. François doit signer la paix, alors que Paris est menacé, en La France conserve la Savoie et le Piémont, mais doit renoncer à lArtois, la Flandre, le Milanais et Naples. Le traité dArdres de 1546 signé avec Henri VIII met de son côté fin à la guerre franco-anglaise. Gouffre financier nayant pas apporté de gains à la France, les guerres dItalie auront considérablement épuisé lEurope et les belligérants : François 1 er séteint en 1547 et en 1558, épuisé, Charles Quint abdique et abandonne toutes responsabilités politiques, mettant ainsi fin à cette bataille de Titans.

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51 4 – La Renaissance Essai de définition La périodisation utilisé pour dater la Renaissance nest quun outil méthodologique : les processus qui vont donner au début du XVIe siècle lextraordinaire foisonnement intellectuel sont impossibles à dater, car ce qui semble être sorti du néant à ce moment est laboutissement dune gestation de plusieurs siècles. Il est impossible de faire une liste détaillée de tous ces processus : ils sont fort nombreux et touchent un grand nombre de domaines. Langle danalyse peut aussi être culturel, démographique, économique, politique et bien dautres encore.

52 Il ny a pas de point temporel, non plus que de domaine précis qui puissent rendre compte de ce processus dune extrême complexité, dune incroyable variété et qui a en outre une multitude dorigines. Conventionnellement, on définit la Renaissance comme suit : il s'agit d'une période historique située entre le Moyen Age et l'époque classique, de la fin du XIVe au début du XVIIe siècle, qui voit une profonde transformation et un grand renouvellement social, culturel et artistique en Europe occidentale. Même si lexpression apparaît tardivement, le concept est utilisé avant et on trouve chez Voltaire, par exemple, cette conception dun changement fondamental survenu au début du XVIe siècle et qui fit en sorte que le monde cessa dêtre ce quil avait toujours été. Dans cette notion de Renaissance, il y a cette perception selon laquelle seffectue un retour à une période précédente avant la chute.

53 De ce point de vue, les mille ans séparant la fin dempire romain doccident de la fin de celui dOrient auraient été une période de régression dans tous les domaines. Ainsi, la re-naissance permet de nouer le fil interrompu par la Grande Noirceur entre le monde contemporain et lAntiquité. Doù lintérêt que lon porte à ce moment à tout ce qui relève de lantiquité. Ce nest pas un hasard si on considère que la Renaissance survient dabord en Italie, là où en 476, le fil aurait été interrompu. En ce qui concerne son apparition en France et son développement subséquent, ce sont les guerres dItalie qui en sont responsables, lesquelles permettront la diffusion de ce nouveau regard sur le monde, dont François 1 er fut sans conteste un grand admirateur.

54 Bref, laccumulation tout au long du Moyen-âge de connaissances et de techniques, superposées à des changements touchant les modes dorganisation politiques, sociaux et économiques, allant de pair avec des transformations de la conscience artistique, religieuse, philosophique, changements dabord quantitatifs, finissent par entraîner des changements qualitatifs, à la base du monde moderne : individualisme, capitalisme, méthode scientifique, sont tous des exemples de ce qui commence alors. Mais le processus fut long et complexe.

55 4.2 - Naissance de la raison en Occident Ce processus dune incroyable diversité et impossible à encadrer temporellement se déploie dans un récipient précis et cest le développement de celui-ci qui entraîne le reste. Ce récipient, cest la raison. Le processus par lequel on passe dun monde magique, à un monde raisonné, pensé et réfléchi est impossible à décrire succinctement et les différents spécialistes tirent sur différentes cordes pour lexpliquer. Mais comme le changement survient chez lêtre humain, cest de la démographie quil convient de partir. Lurbanisation est sans doute la source de tout cela. Encore que ce phénomène durbanisation soit lui-même issu de différentes transformations qui surviennent au cours du XIe et XIIe siècle : sécurisation du territoire, augmentation de la production agricole, croissance des flux commerciaux, etc.

56 Quels changements la croissance des villes apporte-t- elle à la situation de lEurope au Moyen-âge? La liste est vaste, mais son contenu peut être synthétisé en deux phénomènes, soit laccroissement des contacts et des échanges entre les individus et le développement de lindividualité, lequel trouve son expression dans la pensée humaniste. Commerce, industrie et connaissances vont bénéficier de ce changement, dans lequel lalphabétisation naissante va trouver sa source et son fondement. Au moment de son apparition, lUniversité est bien sûr un lieu déchange, mais où la raison ne joue guère de rôle. Par exemple, la disputatio relève de la rhétorique, et non de lanalyse. Peu à peu, surtout avec la découverte, grâce aux Arabes des penseurs grecs, que Thomas dAquin commente abondamment, lhéritage antique est récupéré.

57 Apparaît ainsi une alternative à la foi. Deux modèles cosmologiques devenant disponibles, commence la comparaison entre ces deux modèles, et les explications mystiques sont désormais remises en questions par des analyses qui sappuient sur des raisonnements. La connaissance cesse dêtre une chose révélée pour devenir une chose acquise. Lêtre humain « objet » se double dune autre dimension, celui de « sujet ». Car à côté de cette redécouverte des Anciens et bien sûr grâce à elle, lhumanisme se développe. Dabord en Italie, où Érasme popularise cette réorientation de la connaissance vers lhomme, léloignant du divin et initiant de ce fait la révolution copernicienne. Cette conception du monde étend peu à peu son influence sur lensemble du continent européen.

58 Le mouvement intellectuel qui sera impulsé par cette diversification des points de vue et cette inversion du regard sur le monde entraînera un décloisonnement général de la pensée, de lindividu et même de la géographie. Ainsi, le monde intellectuel du XVIe siècle est en effet très différent de celui du XVe. Lapparition de nouvelles techniques, de nouveaux outils, va sinsérer dans ce canevas général de transformations intellectuelles profondes, lesprit et la main se stimulant mutuellement.

59 4.3 – Progrès technique Le Moyen-âge est généralement considéré comme une époque morte sur le plan du développement scientifique et du progrès technique. Mais cette époque apporta de profondes transformations et les grandes innovations de la Renaissance, qui ne surgissent pas ex nihilo, sont issues de cette maturation technique et scientifique. Les conquêtes techniques médiévales étaient surtout liées aux besoins de la vie quotidienne et aux travaux de la ville et des champs, mais elles se révélèrent, à la longue, d'une portée fondamentale. Lessor économique, et démographique, de lEurope à partir du XIe siècle, doit beaucoup à laccroissement discret, mais constant, de la capacité des agriculteurs à produire plus que ce que la stricte subsistance nécessite.

60 Lexcédent est vendu ou échangé sur les marchés et dans les grandes foires commerciales. Cet afflux de marchandises redonna vie au commerce, à l'artisanat et à l'industrie. Il permit le rétablissement des flux commerciaux avec lOrient, facilitant les transferts technologiques. Certaines innovations apportées à l'agriculture jouèrent un rôle décisif dans cet essor, car elles permirent d'augmenter considérablement les rendements. Cest le cas de lamélioration de la charrue et des attelages, de même que des différentes techniques agricoles. La mécanisation de certaines activités va contribuer à lamélioration des conditions de vie : le moulin à eau va permettre la domestication de lénergie hydraulique. Employé dans un premier temps essentiellement pour moudre le grain, son principe sera peu à peu étendu pour en faire un outil industriel fondamental, par exemple dans les mines.

61 Le développement de larbre à cames autour du XIIe siècle élargit les applications de lénergie hydraulique et permet la mécanisation de travaux jusque-là manuels, augmentant lefficacité et la production dans une foule de domaines, comme lindustrie minière, la métallurgie, la foresterie, etc. Les progrès dans la navigation auront pour leur part un impact fondamental, permettant laccroissement des échanges, létablissement de contacts avec des civilisations lointaines et les transferts technologiques consécutifs et bien sûr, au XVe siècle la fin dun monde plat et la découverte du Nouveau Monde. Parmi les jalons de cette progression, il faut compter lapparition de la boussole, arrivée du Proche-Orient, probablement depuis la Chine. Toujours grâce aux Arabes, lastrolabe fait son apparition. En calculant le temps passé à naviguer, il devient alors possible de déterminer la position à peu près exacte du navire.

62 Les navires changent de morphologie : la voile triangulaire fait son apparition, permettant la navigation par vent de travers ou même contre le vent, de même que le gouvernail, qui facilite grandement les manœuvres, ou encore la vergue tournante. Lautonomie des navires saccroit, permettant aux navigateurs de saventurer de plus en plus loin des côtes : la découverte de lAmérique en 1492 par Colomb et le tour du monde de Magellan, exemples les plus remarquables du désenclavement et des changements de paradigmes de la Renaissance, sont tributaires de ces lentes et progressives innovations médiévales. À côté des ces changements colossaux de notre conception du monde apparaît une autre invention qui va modifier complètement le rapport de lhomme et de la connaissance, mettant fin au monopole du clergé et ouvrant le savoir à un nombre toujours plus important dindividus : limprimerie.

63 De lantiquité au Moyen-âge l'apprentissage de la lecture et de l'écriture était réservé aux classes favorisées, entendu que les autres n'en avaient nul besoin. Ici aussi, linnovation fondamentale de Gutenberg en 1439 nest possible que par limportation ou le lent développement de diverses techniques et outils, parmi lesquels la gravure sur bois (xylographie) provenant de Chine, ou encore lapparition du papier, au XIVe siècle, qui permit le remplacement des parchemins. Ébranlant la hiérarchie sociale en place dans laquelle les élites politiques et religieuses monopolisaient le savoir, limprimerie aura des conséquences immenses, dont la démocratisation et la remise en question de lordre établi. La réforme protestante est fille de limprimerie. Et la liste de ces innovations ou emprunts survenus à lépoque médiévale pourrait être allongée indéfiniment : la chimie, le zéro, la poudre à canon, etc.


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