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La notion de Civilisation 1.1. Lorigine du mot et de lidée de «civilisation» -Le mot « civilisation » est formé à partir du verbe «civiliser», dérivé du.

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1 La notion de Civilisation 1.1. Lorigine du mot et de lidée de «civilisation» -Le mot « civilisation » est formé à partir du verbe «civiliser», dérivé du latin «civis » : citoyen, habitant dune cité. -Le Dictionnaire Universel de FURETIERE (1690) définit ainsi ladjectif poli: « signifie civilisé. Civiliser, polir les mœurs, rendre civil et social… il ny a rien de plus propre à civiliser et à polir un jeune homme que la conversation des dames ».

2 VOLTAIRE : « la France a été longtemps barbare, elle commence maintenant à se civiliser… » (Essai sur les mœurs et sur lesprit des nations, 1756) En 1756, le marquis de MIRABEAU, économiste, utilise pour la première fois le mot de « Civilisation » dans son « traité de la population ».

3 -NAPOLEON Bonaparte, en juin 1789, lors de son départ pour lEgypte: « Soldats, vous allez entreprendre une conquête dont les effets sur la civilisation et le commerce du monde sont incalculables ». -CHATEAUBRIAND ( ) « Je ne me laisse pas éblouir par les bateaux à vapeur et par les chemins de fer, tout cela nest pas de la civilisation ». -En 1819, lécrivain romantique BALLANCHE emploie pour la première fois le mot «civilisation» au pluriel.

4 -Le Dictionnaire de LITTRE ( ) définit ainsi le mot civilisation: « lensemble des caractères appartenant à une certaine société, groupée sur un certain territoire, à un certain moment de son histoire ». -Lhistorien allemand Wilhelm MOMMSEN écrit en 1951: « Il est aujourdhui du devoir de lhomme que la civilisation ne détruise pas la culture, ni la technique lêtre humain».

5 - Le Dictionnaire LAROUSSE (1965) définit le mot «civilisation» comme «lensemble des caractères propres à la vie intellectuelle, artistique, morale et matérielle dun pays ou dune société».

6 -Le Dictionnaire HACHETTE (1994) 1. Action de civiliser; état de ce qui est civilisé. Les bienfaits et les méfaits de notre civilisation. Ant. barbare. 2. Ensemble des phénomènes sociaux, religieux, intellectuels, artistiques, scientifiques et techniques propres à un peuple et transmis par léducation. Civilisations grecque, chinoise, occidentale. Civilisations précolombiennes. Syn. culture.

7 Civilisé,ée : Doté dune civilisation avancée. Pays civilisé. Syn. policé. Ant. barbare, sauvage. Civiliser : Améliorer létat intellectuel, moral, matériel (dun pays, dun peuple). Rendre civil, sociable.

8 1.2. Il nexiste quune race humaine Jusque dans les années 50, on distinguait les groupes humains en fonction de critères dapparence physique: couleur de la peau, texture des cheveux, forme du visage… Le développement de la génétique et les progrès de la biologie moléculaire depuis les années 70 ont totalement remis en cause cette vision simpliste et démontré que « la grande majorité des caractères génétiques de lespèce humain sont présents dans la quasi-totalité des population » (Le Monde, ).

9 Il nexiste donc quune race humaine, et non plusieurs. Le patrimoine héréditaire dun individu se compose en effet de plusieurs dizaines de milliers de gènes, -certains transmis par le père, -dautres par la mère. Le nombre de configurations possibles est donc pratiquement infini.

10 La notion de « pureté de race » est une absurdité: on ne connaît pas de gène spécifique à tous les Africains, ni à tous les Asiatiques. Tous les caractères héréditaires (cf. les groupes sanguins) se retrouvent chez les habitants de nimporte quelle partie du monde, et les populations humaines se sont tellement mélangées depuis des millénaires que les spécificités ethniques seffacent devant les particularités individuelles.

11 Autrement dit, et malgré les apparences, on a plus de chance de trouver des similarités biologiques entre un Africain noir et un Français blanc pris au hasard dans la rue, quentre deux Noirs… Ainsi, la teinte de lépiderme dépend des gènes, responsables de la pigmentation, qui jouent un rôle protecteur contre les rayons ultraviolets.

12 En fait, les variations de la couleur de la peau suivent celles du climat : -Les individus à peau noire sont issus de populations ayant vécu dans des régions chaudes, et dont lorganisme sest adapté au soleil au cours des millénaires. -Tout comme les longs nez des Européens du Nord seraient le résultat dune adaptation au froid (permettant de mieux réchauffer lair avant quil pénètre dans les poumons).

13 Et chaque individu est aussi le résultat de lhistoire des populations dont il est issu. Ainsi, les gens se marient plus souvent près de chez eux quau bout du monde, ce qui explique que certains traits apparaissent statistiquement plus fréquemment dans telle population que dans telle autre.

14 Les biologistes mesurent ainsi des distances génétiques entre les ethnies, qui recoupent en fait lhistoire des migrations humines, et un généticien italien Luigi Cavalli Sforza, a analysé les études faites depuis les années 60 sur 42 populations des 5 continents :

15 -Il a ainsi reconstitué un arbre généalogique de lhumanité, dans lequel il distingue 7 grandes familles, qui dériveraient toutes dune même population apparue voilà ans entre lAfrique centrale et le Moyen Orient.

16 Ces familles ne correspondent pas aux critères raciaux traditionnels: ainsi, certaines populations, très proches dun point de vue génétique, ne se ressemblent pas du tout physiquement, comme les Turcs et les Norvégiens! ou comme les Suédois et les Sri Lankais! qui sont issus dune souche identique qui sest divisée il y a environ ans.

17 Dun point de vue biologique, il nexiste quune race humaine, et on distingue par ailleurs des ethnies (groupement dindividus ayant la même culture) et des nations (des peuples) qui ont une réalité historique. Fonder le racisme sur la science est donc une imposture: il nexiste quune race humaine : «quand à la notion dinégalité, elle ne peut être, selon les généticiens, que politique, sociale ou juridique» (Le Monde du ) mais na aucun sens en biologie.

18 Ethnie - Peuple Tribu La tribu est un groupement consanguin réunissant les descendants dun même ancêtre : ex. les douze tribus dIsraël correspondaient aux groupes ethniques qui estimaient descendre des 12 fils de Jacob. Par extension, la tribu est un groupe humain fondé sur une parenté ethnique réelle ou supposée.

19 A lintérieur dune même tribu, on peut distinguer des factions, les clans. La tribu dispose dune base territoriale et sorganise politiquement (et/ou militairement) obéissant à un chef de tribu. On parle dorganisation tribale, de société tribale.

20 1.3. Ethnie et peuples La distinction entre ethnie et peuple est délicate. a.) Lethnie est un groupe humain, un ensemble dindividus que rapprochent des caractères communs. Ces caractères sont à priori dordre anthropologique (caractères physiques héréditaires).

21 En fait, il sagit surtout de caractères culturels : communauté linguistique, communauté de croyances, de coutumes et de mode dexistence. La participation à une ethnie suppose pour un individu la revendication de son appartenance au groupe et à la personnalité collective que le groupement humain est censé posséder.

22 b.) Le peuple est un groupe humain présentant une unité ethnique et occupant un cadre géographique défini. La notion allemande de Volk se définit comme une communauté organique dhumains unis par le sang et la langue, liée à un sol déterminé, doù détroites et intenses relations entre les individus unis par le sentiment didentité de leur origine. Un peuple peut se confondre avec une ethnie ou rassembler plusieurs ethnies.

23 La communauté linguistique semble être le meilleur guide pour définir un peuple mais la relation peuple-langue est loin dêtre toujours vérifiée: de nombreuses langues sont parlées par des groupes (et des nations) différentes. On utilisera alors les expressions communautés anglophone, francophone, … En fait, la formation dun peuple est largement le résultat dune histoire commune : dans cette perspective le rôle de lenseignement et de léducation est déterminant.

24 Politique et groupes ethniques Une politique dassimilation a pour objectif linsertion des étrangers dans la société du pays daccueil. La naturalisation est laction qui confère la nationalité du pays daccueil à un individu étranger résidant dans ce pays. Lintéressé peut parfois conserver sa nationalité dorigine: on parle alors de double nationalité. Un apatride est une personne dépourvue de nationalité légale, quaucun Etat ne considère comme son ressortissant. Source des définitions: Dictionnaire thématique dHistoire, éd. Sirey, Denis Brand, M.Durousset.

25 1.4. La notion de Peuple «Ensemble dhommes vivant en société; ensemble dindividus constituant une nation; ensemble dindividus appartenant à diverses nationalités et groupées dans un même État; ensemble dindividus qui nhabitent pas le même pays, mais qui sont unis par leur origine, leur religion ou par un lien quelconque (la dispersion du peuple juif); ensemble des citoyens dun pays par rapport aux gouvernements; ensemble de ceux qui appartiennent à la classe la plus pauvre (un homme du peuple)». Larousse, 1997.

26 « 1. Ensemble dhomme habitant ou non un même territoire et constituant une communauté sociale ou culturelle. 2. Ensemble dhommes habitant sur un même territoire régi par les mêmes lois et formant une nation. Le peuple français, américain etc.… 3. Ensemble des citoyens en tant quils exercent des droits politiques. Un élu du peuple. 4. Le peuple: la masse, les gens de condition modeste ou anonymes, par opposition aux possédants, aux élites, aux franges en vue de la population». Larousse, 2006.

27 NATION – NATIONALISME 1.5. La nation Lidée de nation ne sest dégagée que peu à peu de celle de lEtat. Définie dabord par lunité de gouvernement, dadministration et de langue existant sur un même territoire (dictionnaire de lAcadémie, 1894), la nation désigne à partir du 18ème siècle lensemble des citoyens qui, de leur propre consentement désirent vivre en commun.

28 Désormais la nation – communauté dhommes ayant une certaine unité (langue, culture) et possédant une conscience plus ou moins nette de cette unité – se distingue nettement de lEtat considéré comme gouvernement et administration de la société. En réalité au 19ème siècle lorsquil sest agi de déterminer la nation, deux doctrines se sont opposées :

29 -La doctrine française, ou doctrine classique, fait de la nation un phénomène conscient et volontaire. Ses limites sont marquées par la volonté des habitants de telle ou telle région dappartenir à une nation. Quelles que soient leur langue, leur religion, les habitants dune région doivent être maîtres de leur appartenance nationale qui sexprime par un vote (plébiscite).

30 -La doctrine allemande, ou doctrine romantique, estime que la nationalité est inconsciente et involontaire. Sont membres dune nation, quils veuillent ou non, ceux qui ont pour langue maternelle la langue commune, les mêmes traditions populaires.

31 1.6. Le nationalisme Ce terme, chargé dambiguïté, offre plusieurs sens: -Dans un sens péjoratif, il est utilisé pour stigmatiser certaines formes outrancières du patriotisme (amour de la patrie), devenant synonyme de chauvinisme (patriotisme excessif, agressif). Chauvin est le héros ultranationaliste dune pièce de théâtre datant du 1er Empire;

32 -Il désigne la revendication dun peuple assujetti, aspirant à lindépendance. Le nationalisme se trouve alors à lorigine de lEtat-nation. Le développement de la conscience nationale a précédé la fondation de lEtat-nation;

33 cette prise de conscience se traduit par le droit des peuples à disposer deux- mêmes (cf. principe des nationalités) et a donné naissance aux mouvements nationaux dans lEurope du XXème dans les colonies lors du mouvement démancipation après la Seconde Guerre;

34 -Il sert détiquette et de profession de foi à certaines écoles de pensée et à certains groupements, qui affirment la primauté dans lordre politique de la défense des valeurs nationales et des intérêts nationaux.

35 -Ces groupements généralement classés à droite et à lextrême droite de lopinion publique (cf. le nationalisme de Barrès, de Maurras) donnent une prééminence exclusive à lintérêt national.

36 Ce nationalisme contribue à une exaltation du sentiment national qui est une des principales forces politiques du XIXème siècle, donnant naissance dans chaque pays à des associations dont les objectifs nationaux prennent souvent un caractère belliqueux, la Ligue des patriotes fondée par Déroulède en 1882, les ligues pangermanistes en Allemagne, le mouvement panslaviste russe sont de ce type. Source des définitions: Dictionnaire thématique dHistoire, éd. Sirey, 1991.

37 1.7. Nationalité Ce terme a une double signification: -Appartenance juridique dune personne à la population constitutive dun Etat; -Groupe ethnique constituant une nation. La détermination de la nationalité (sens premier) a relevé principalement de deux facteurs: la filiation (cest-à-dire le lien de parenté qui unit un enfant à ses parents) dans lAntiquité, le lieu de naissance au Moyen Age.

38 La législation française sur la nationalité fait lobjet dune véritable codification qui se traduit par le code de nationalité adopté en Plusieurs cas dattribution de la nationalité française sont envisagés, distinguant nationalité dorigine et nationalité acquise.

39 Il y a nationalité dorigine : -lorsque les deux parents sont français ou lorsque lun des deux est français et que lenfant est né en France; -En raison de la naissance en France, de parents étrangers ou apatrides (sans nationalité définie), à condition dêtre élevé et de résider en France.

40 La nationalité peut être acquise : -par le mariage : le conjoint étranger peut acquérir la nationalité française; -par décret : un étranger peut obtenir la nationalité française sur sa demande. Il sagit de naturalisation. La naturalisation est accordée par décret après enquête des pouvoirs publics sur la dignité, les conditions de santé du demandeur; elle est subordonnée à des conditions dâge (18 ans minimum) et de résidence en France (au moins 5 ans).

41 1.8. Le principe des nationalités Il constitue un élément essentiel de lidéologie nationaliste issue de la Révolution française. Cest le dogme selon lequel Etat et nation doivent coïncider dans les groupements politiques. A lorigine de la théorie du droit des peuples à disposer deux-mêmes, il soppose au principe de légitimité ou au principe dynastique (chaque Etat appartient à son souverain, héritier dune dynastie) et affirme le droit à lunité et à lindépendance des peuples unis par une race, une langue, une histoire et des traditions communes.

42 Proclamé par lAssemblée constituante, le droit des peuples devient une des bases de la politique européenne de Napoléon 1er. Par lamorce de la réorganisation de lEurope selon ce principe (création dune République italienne, modification du Saint Empire par la diminution de nombre des Etats – de 300 à moins de 40 – lors du recès 1803) Napoléon 1er est à lorigine des mouvements nationaux qui aboutissent au Risorgimento italien (mouvement idéologique et politique qui développe le sentiment national en Italie) et à lunité allemande de 1871.

43 Lidée des nations domine toute lhistoire de lEurope au XIXème siècle provoquant léclatement de lEmpire ottoman et de lEmpire dAutriche. La revendication par les Italiens de territoires autrichiens à forte population italienne (Trentin – Istrie) constitue lirrédentisme. Depuis ce terme traduit la revendication par une population dun territoire peuplé de ses ressortissants.

44 Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les traités de paix sinspirant des « Quatorze points» du président Wilson sefforcent de réorganiser territorialement lEurope selon le principe des nationalités mais laissent subsister de nombreuses minorités nationales (groupes ethniques restreints soumis à un Etat étranger). Par exemple : les Sudètes constituent une minorité allemande dans lEtat tchèque entre les deux guerres. Source des définitions: Dictionnaire thématique dHistoire, éd. Sirey, 1991.

45 2. La géopolitique Pour mieux comprendre les tensions du monde actuel 2.1. Introduction 2.2. Aperçu historique 2.3. Eléments de géopolitique 2.4. Les grands aires civilisationelles 2.5. Aperçu de la civilisation récente 2.6. Annexes

46 1.1. INTRODUCTION A LA GEOPOLITIQUE Lespace nest pas neutre, le milieu naturel a été peu à peu organisé par les hommes, il est devenu un lieu de relations entre les hommes. La Géopolitique est une réflexion afin de mieux comprendre la politique des Etats; cest létude des rapports entre les données naturelles de la géographie et la politique des Etats;

47 le territoire est le premier enjeu de la géopolitique, le contrôle (ou la possession) dun territoire est, en effet, un moyen dexercer une autorité ou une influence sur les hommes et les ressources qui sy trouvent.

48 Bien quelle se réfère pour une grande partie à lHistoire, la démarche géopolitique emprunte lessentiel de ses arguments au raisonnement géographique. Elle se fonde sur des cartes, notamment de géographie historique, qui représentent aussi bien les accidents du relief que les phénomènes humains (langues, religions, limites de provinces ou frontière dEtat).

49 La Géopolitique nest pas une science car elle est indissociable de la stratégie et peut être utilisée éventuellement par la propagande des Etats : pour une même portion de territoire, il y a des représentations géopolitiques plus ou moins contradictoires car chacune delles exprime les intérêts, la façon de voir de telle ou telle force politique, quil sagisse dEtats ou de peuples rivaux. Elle permet cependant de mieux comprendre les enjeux du monde actuel.

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51 1.2. Aperçu historique 1.Lécole allemande Le géographe allemand Friedrich RATZEL ( ) écrivit en 1897 une «Politische geogaphie»; il est de ce fait considéré aujourd'hui comme le fondateur de la géopolitique. Pour RATZEL, soucieux détablir des lois de formation territoriale des Etats, «lhomme est déterminé par son aptitude innée, en tant quélément dun peuple, à sintégrer dans le milieu naturel et à lorganiser».

52 Les deux éléments de base de sa doctrine sont lespace (RAUM) qui est fondamentalement déterminé par ses caractères physiques, et la position (LAGE) qui «situe lespace sur la planète»; et cest dans ce contexte que le milieu naturel, influencé par laction des hommes, est modelé par une colonisation « déterminée par le sens de lespace ».

53 Après la défaite de lAllemagne en 1918, de jeunes enseignants patriotes dénoncèrent linjustice et lillogisme des frontières imposées à leur pays par le traité de Versailles. Ce mouvement eut bientôt comme chef de fille le Général Karl HAUSHOFER ( ) qui anima, à partir de 1924, la «Zeitschrift fur die Gropolitik» (la Revue de Géopolitique) dont linfluence sétendit dans tous les Etats dEurope Centrale où lon nétait pas satisfait des frontières établies après la première guerre mondiale.

54 Plus tard, par lintermédiaire de son ancien étudiant Rudolf HESS, Haushofer établit détroites relations avec le parti nazi qui proclama la géopolitique «science allemande». Cest ainsi que se développa la géopolitique de lespace vital (LEBENSRAUM) et que Haushofer fut un des inspirateurs de la politique extérieure du III ème Reich.

55 En réaction aux ambitions allemandes, lécole géopolitique française (avec notamment VIDAL DE LA BLANCHE) a mis laccent sur la géographie humaine, opposée aux déterminismes physiques; la frontière est modelée par lhomme et non par la nature (cf. question de lAlsace-Lorraine)

56 2. Lécole anglo-saxonne La thèse de lamiral Alfred MAHAN ( ) sur lantagonisme, au niveau planétaire, entre la puissance terrestre et la puissance maritime, et affirmant la suprématie de la mer sur la terre (exemple de lAngleterre au XIXe siècle), fut reprise et généralisée par le géographe britannique Halford MACKINDER, ( ), professeur à Oxford, pour qui toute lhistoire du Monde se résumait à la rivalité éternelle de deux forces radicalement différentes quil dénommait la Terre et la Mer.

57 Ainsi, au début du XXe siècle, Mackinder estimait que si la puissance Terre (la Russie) sassociait à une puissance navale secondaire (lAllemagne), alors la puissance Mer (lAngleterre) serait vaincue et perdrait son rôle mondial. Pour éviter cette perspective, lAngleterre sallia à la Russie tsariste (et à la France) pour former la Triple Entente qui entra en guerre contre lAllemagne en 1914.

58 Et, plus tard, en Allemagne, Karl Haushofer, reprenant le schéma de Mackinder, fut un des inspirateurs du pacte germano-soviétique de De même, au lendemain de la seconde guerre mondiale, le conflit entre USA (la Mer) et lURSS (la Terre) sembla illustrer ce schéma.

59 3. Après la seconde guerre mondiale, en dépit du nombre et de la gravité des problèmes nouveaux de nature pourtant géopolitique, le terme fut proscrit dans tous les pays, comme sil avait, par lui- même, une portée maléfique; le mot avait été trop utilisé par la propagande nazie.

60 La Géopolitique est réapparue cependant à la fin des années 70, après la guerre du Vietnam, dans un contexte daffaiblissement des idéologies, notamment lors du conflit entre le Cambodge des Khmers rouges et le Vietnam, puis avec la chute du mur de Berlin (1989) et leffondrement de lURSS (1991), le retour des conflits régionaux a consacré le retour de la Géopolitique.

61 1.3. Eléments de géopolitique La terre habitée est partagée entre plus de 200 Etats et territoires. LÉTAT est la finalité première de chaque groupe identitaire, mais il ny a pas toujours adéquation entre Etat et ethnie (cf. la question des Balkans). Chaque Etat a un gouvernement, un système politique, économique et social, et des forces militaires.

62 Dans chaque pays sexercent les contraintes du milieu naturel, les habitants ont une culture, ils produisent des biens et des services mais sans toujours satisfaire leurs besoins et leurs désirs. Cest pourquoi des relations commerciales, financières et diplomatiques sétablissent entre les Etats, ainsi que des rapports de force, et de conflits éclatent.

63 Les principaux facteurs permanents de la Géopolitique sont le milieu naturel, les langues, les religions et les civilisations. 1.Les contraintes et les facilités du milieu naturel Tous les milieux terrestres ne sont pas également favorables à la vie humaine et le peuplement des continents est très inégal. Ainsi, les Etats enclavés (sans accès à la mer) sont dépendants de leurs voisins, tandis que la situation dinsularité (Royaume uni, Japon…) favorise louverture maritime et présente un grand avantage stratégique.

64 La présence de la montagne (refuge ou sanctuaire de la rébellion), dun grand fleuve (axe de pénétration des conquêtes ou moyen de désenclavement), et les ressources du sous-sol (notamment les hydrocarbures et les minerais rares) sont des facteurs géopolitiques importants.

65 Les régions répulsives sont les régions très froides ou très sèches. Les terres arides, de part et dautre des tropiques, couvrent environ un tiers des terres émergées; la vie et lactivité des hommes y est précaire, liées à la maîtrise de leau. Lespace est un lieu de conflit ou déchanges entre nomades et sédentaires.

66 Aujourd'hui, les zones arides accèdent à la modernisation, mais de façon ponctuelle ou marginale: construction de voies ferrées ou routières, développement de lirrigation grâce aux grands barrages, exploitation des ressources minières, aménagement de bases spatiales ou nucléaires, etc. Dans tout le Moyen-Orient, leau est un enjeu essentiel.

67 Le milieu maritime est si fréquenté que des mers comme la Manche ou la Mer du Nord ont une densité humaine supérieure à celle de beaucoup despaces continentaux. Mais le milieu maritime exerce des contraintes et, du fait de la disposition des terres et des mers, il existe des lieux de passage obligés: les détroits et les isthmes. Par ailleurs, la mer, avec ses richesses, est devenue lobjet dune appropriation de la part des Etats :

68 -une zone large de 12 milles (1 mille marin= 1852 mètres) en bordure du littoral est considérée comme « mer territoriale » -une zone de 200 milles de large est devenue « zone économique exclusive »

69 Océans et mers sont devenus un enjeu dans la géopolitique mondiale (exploitation des hydrocarbures et des nodules polymétalliques). Les détroits sont des portions resserrées de mer, faisant communiquer 2 océans ou 2 mers. Le régime juridique général est celui de la liberté de passage en temps de paix.

70 Les principaux détroits qui intéressent la géopolitique mondiale sont : -le détroit danois; -les détroits turcs; -le détroit de Gibraltar; -le détroit dOrmuz, à lentrée du Golf Persique, qui voit passer environ la moitié du flux pétrolier mondial -Le détroit de Bâb et de Mandeb, porte méridionale de la Mer Rouge.

71 Les canaux interocéaniques ont été creusés à lépoque moderne, dans le territoire dun Etat, pour faire communiquer 2 mers; ils raccourcissent les distances et servent lunité du monde. Les deux principaux sont le canal de SUEZ (1869), nationalisé par lEgypte en 1956, qui réduit de beaucoup le trajet entre lEurope, le Moyen-Orient et lExtrême- Orient,

72 et le canal de PANAMA (1914) qui fut longtemps un instrument de la politique des USA en Amérique Latine, et qui sert surtout aujourdhui au cabotage entre les deux façades côtières de lAmérique du Nord.

73 Si la route maritime reste le principal instrument du commerce mondial, elle est de plus en plus concurrencée par les grandes routes aériennes, car lavion est le mode de transport le mieux adapté à lunité terrestre, franchissant aussi bien les océans que les montagnes et les frontières.

74 Lespace aérien est un domaine que se disputent les flottes aériennes et les satellites artificiels des Grandes Puissances. Il a donc, comme le milieu maritime, des implications géopolitiques.

75 Les grands flux de circulation aérienne se concentrent surtout dans lhémisphère Nord, hémisphère le plus continental, le plus peuplé et le plus riche. La route polaire, la plus courte entre lancien et le nouveau monde, est de plus en plus utilisée. Linfériorité de lhémisphère sud est flagrante, liée au phénomène du sous- développement.

76 1.4. Les grandes aires civilisationelles Lévolution de lhumanité a donné naissance à une extraordinaire diversité de langues, de religions et de cultures qui différencient les sociétés humaines bien plus que les particularités ethniques. On peut ainsi distinguer dans le monde quelques grandes aires culturelles :

77 elles sont les héritages des civilisations du passé qui ont aménagé lespace et modelé des mentalités collectives; leurs niveaux actuels de développement créent de grandes inégalités entre les hommes et les Etats.

78 Laire culturelle européenne a reçu un riche héritage du Proche-Orient, de la Grèce et de Rome. Elle a été façonnée par les christianisme, avant de recevoir limpulsion de la Révolution industrielle des XVIIIème et XIXème siècles, à la suite de laquelle lEurope a affirmé sa supériorité technique sur les autres continents. Les Européens ont contribué, par leur expansion coloniale, à la naissance dautres aires culturelles occidentales dans lAmérique du Nord anglo-saxonne, en Amérique Latine, et en Océanie.

79 Laire russe, spécifique par son attachement à lorthodoxie chrétienne, puis assimilée à lURSS de 1917 à 1991, est aujourdhui un monde en transition qui a perdu une grande partie de son influence.

80 Laire arabo-islamique résulte de la diffusion de lIslam dans le monde, notamment en Asie et en Afrique. Les Arabes ne représentent quenviron le quart des Musulmans. Si tout musulman est le frère de tous les autres musulmans, les fidèles sont issus de cultures très différents et lunité politique de lIslam est une utopie, les fractionnements internes sont multiples.

81 Laire africaine, au Sud du Sahara, peuplée par des populations noires vivant dans la savane ou en pays forestier, se caractérise par limportance des structures familiales et tribales, la persistance de lanimisme et la forte pénétration de lIslam. La colonisation a imposé des frontières et, davantage que la multiplicité des ethnies, cest leur séparation fréquente entre plusieurs Etats qui explique les violences interethniques et la succession des guerres civiles.

82 Les civilisations asiatiques -La civilisation indienne domine le versant méridional de lAsie. Lindouisme a créé un modèle de société unique au monde, basé sur le système des castes, fondement essentiel de la civilisation hindoue mais obstacle aux possibilités de développement. LIslam et le bouddhisme sont également influents. Entre lInde et le Pakistan cest la paix armée qui prévaut depuis la partition de 1947.

83 -La civilisation chinoise, née dans les plaines alluviales de la Chine du Nord, sest répandue sur tout le versant Pacifique de lAsie. Elle doit sa cohésion à sa base agraire (blé et riz), à son système décriture (une civilisation du signe), au système politique unitaire impérial et au confucianisme. Aujourdhui, lalliance dune «économie socialiste de marché» et de la diaspora la plus dynamique du monde donne un nouvel élan à la civilisation chinoise.

84 -Le Japon, influencé par la Chine puis par lOccident, isolé volontairement du monde extérieur du XVIIe au XIXe siècle, sest construit une identité très particulière, fondée sur la tradition et la recherche du consensus social. Le « modèle japonais » a favorisé la réussite économique mais, depuis sa défaite en 1945, le Japon nest plus quun acteur géopolitique de second plan.

85 -Laire bouddhiste dAsie du SUD-EST : Laire culturelle a été modelée, dans les plaines deltaïques, par des apports venus de lInde et de la Chine, tandis que les plateaux et les montagnes de lintérieur abritent des sociétés plus frustes. Le bouddhisme est surtout présent, même sil nest pas majoritaire partout (lislam domine en Indonésie et en Malaisie, le catholicisme aux Philippines).

86 Même si lAsie du Sud-Est se présente sous la forme dun ensemble très composite, la réussite économique des « Dragons » lui a permis de saffirmer sur le plan international.

87 1.5. Les langues Plus de 4000 langues parlées dans le monde, dont une quinzaine sont comprises par plus de 100 millions de personnes, notamment le chinois, lhindi, langlais, le russe, larabe, le bengali le portugais, le malais, le français, le japonais et lallemand. La langue est un élément fondamental de lidentité dun Etat-nation, et peut-être un instrument de puissance.

88 Limpérialisme britannique au XIXe s., la domination des USA depuis 1945 et le développement des réseaux transnationaux comme INTERNET ont imposé langlais comme la première langue internationale, même si lévolution démographique favorise les langues asiatiques.

89 1.6. Les religions Elles façonnent les mentalités, les traditions, les genres de vie, contribuent à la formation des cultures, et sont parfois à lorigine de conflits («les guerres de religion») entre peuples ou Etats. - Les religions monothéistes rassemblent le plus grand nombre de fidèles; ce sont les religions du Livre (la Bible). A la suite de la diaspora, la communauté juive est disséminée dans le monde entier.

90 Pour les Juifs, Dieu a confié sa révélation et sa loi à un peuple élu, dans lattente dun Sauveur. Pour les Chrétiens, Dieu a fait une nouvelle alliance avec les hommes par lincarnation et la résurrection du Christ, fils de Dieu. Le christianisme a bénéficié dune large diffusion dans le monde à la suite de laction de missionnaires et de la colonisation du monde par les Européens; cest la première religion par le nombre de ses adeptes.

91 Mais lunité des chrétiens sest rompue une première fois au XIe s. (le schisme dOrient) lorsque les chrétiens orthodoxes de lEmpire byzantin se sont séparés des catholiques et nont plus reconnu lautorité du Pape, puis, une seconde fois, au XVIe siècle, avec le schisme anglican et protestant, les protestants étant eux-mêmes divisés en une multitude dEglises et de communautés.

92 Enfin, lislam (soumission à Dieu, à la volonté divine révélée par le Coran, par le prophète Mahomet au VIIème siècle) vient au 2ème rang par le nombre de ses adeptes, mais la communauté musulmane est divisée entre les Sunnites, fidèles à la tradition (la Sunna), et les Chiites qui ne reconnaissent pas la légitimité des premiers Califes, successeurs de Mahomet.

93 Les religions orientales se caractérisent par la relation directe qui sétablit entre les fidèles et le sacré. -lHindouisme (en Inde) affirme lexistence du cycle des réincarnations, en vertu duquel la société est divisée en castes, les hommes étant plus ou moins purs en fonction de leurs actes dans leurs vies antérieures.

94 Le Bouddhisme (en Extrême-Orient) est une religion du salut universel (échapper au cycle des renaissances en suivant les prescriptions du Bouddha : renoncer au monde, éteindre ses désirs). En Chine, le bouddhisme est associé au Confucianisme (qui présente un idéal dharmonie et déquilibre moral, et un idéal dordre social) et au Taoïsme qui enseigne la voie de la perfection.

95 Au Japon, le bouddhisme est associé au confucianisme et au shintoïsme qui fait vivre les hommes en communauté avec les forces naturelles et les divinités. Les religions animistes polythéistes sont basées sur des traditions orales. Malgré labsence dune religion révélée les hommes croient en lanimation générale de la nature par des esprits et en lexistence de plusieurs dieux; le culte des ancêtres a souvent une grande importance (Afrique noire et Océanie).

96 Le poids des religions dans la géopolitique mondiale est souligné par la théorie de Samuel P. HUNTINGTON. Ce professeur américain sest rendu célèbre en publiant en 1996 un ouvrage intitulé «le choc des civilisations» dans lequel il soutenait la thèse selon laquelle le monde était formé de civilisations définies principalement par leur religion et destinées à saffronter du fait de leur irréductibilité intrinsèque.

97 1.7. Aperçu sur lévolution géopolitique récente 1. Le monde de la fin du XXe siècle se caractérise à la fois par une fragmentation politique accentuée (cf. le nombre dEtats nouveaux issus de la décolonisation puis de la chute du Mur de Berlin) et par une intensification des échanges dans le cadre du système capitaliste triomphant.

98 La plupart des États sont membres de lONU. Si la démocratie a beaucoup progressé depuis les années 80, de nombreux gouvernements ont maintenu des systèmes politiques autoritaires, notamment dans les pays les plus pauvres.

99 2. Il ny plus de gouvernement mondial, mais des centres de décisions politiques concertées visant à assurer un bon fonctionnement de léconomie mondiale, comme lOCDE, qui regroupe 29 pays parmi les plus riches, le FMI, dans le cadre de lONU, et le G7 puis le G8 avec la participation de la Russie, lUnion Européenne, lALENA, le MERCOSUR, la CEI, lOUA (organisation des unités africaines) et lASEAN.

100 Enfin, sur le plan militaire, dans un contexte de déstabilisation politique due à la fin de la guerre froide, lOTAN est devenue lorganisation internationale la plus dynamique de la fin du siècle. Cependant, les conflits politiques liés à des problèmes territoriaux ou à lexistence de minorités ethniques et religieuses se sont multipliés depuis la fin des années 80.

101 Aussi bien en Asie quen Afrique et en Europe, et, dautre part, la volonté des USA dessayer de mettre en place un monde unipolaire dominé par une culture unique a entraîné une intensification des tensions et des tendances centrifuges, notamment sur le plan culturel, qui remettent en cause le «système monde», cest-à-dire le «village global» que serait devenue la planète selon le sociologue canadien Marshall Mac Luhan.

102 3. Impact de la mondialisation « La mondialisation est, daprès lOCDE, un mouvement densemble en trois étapes qui affecte léconomie mondiale. La première étape, linternationalisation, correspond au développement des flux dexportation, la seconde, la transnationalité, à celui des flux dinvestissements et dimplantations à létranger,

103 la troisième, la globalisation, à celui de la mise en place des réseaux mondiaux de production et dinformation. A la fin des années 90, la mondialisation simpose aussi à lensemble des acteurs politiques.

104 Dans le monde actuel, les spéculateurs internationaux, à la recherche de profits financiers immédiats, ont désormais autant dimportance que les Etats. De même, les entreprises multinationales sont de plus en plus puissantes : animées par la volonté de pénétrer dans tous les marchés mondiaux, elle établissent des stratégies qui modifient parfois les équilibres politiques régionaux.

105 Enfin, de nouveaux facteurs jouent un rôle croissant sur la scène mondiale: -limmigration; -Linformation et la communication en temps réel; -Le développement de la criminalité organisée a contribué à déstabiliser la société.

106 Au total, si les Etats demeurent les entités politiques de base, les centres de pouvoir se multiplient et menacent les relations internationales. Les tensions sont nombreuses et les perspectives incertaines.

107 Dans un contexte où les idéologies, les références aux civilisations traditionnelles saffirment pour cimenter des sociétés de plus en plus déstabilisées. Partout «lexception culturelle» est revendiquée.

108 Il faut par conséquent considérer que la fin du XXe siècle est peut-être un moment de transition entre le monde bipolaire de la Guerre froide et le monde multipolaire de lavenir.


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