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Accents régionaux et questions corses Philippe Boula de Mareüil LIMSI-CNRS, Orsay, France.

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2 Accents régionaux et questions corses Philippe Boula de Mareüil LIMSI-CNRS, Orsay, France

3 2 Introduction Accents intérêt et passionsAccents intérêt et passions Terme du vocabulaire courant, mais objet difficiles à cernerTerme du vocabulaire courant, mais objet difficiles à cerner –chacun a sa façon de parler –chacun a son mot à dire sur le langage Accent = ensemble de traits de prononciation lié à une origine linguistique, géographique ou socialeAccent = ensemble de traits de prononciation lié à une origine linguistique, géographique ou sociale –accent étranger = résultat de la confrontation de 2 systèmes provenant dune langue maternelle et dune langue seconde (L2) –accent régional communément défini par rapport à une norme –accent dit « de banlieue » = des jeunes de cités populaires

4 3 Plan de la présentation Accents régionauxAccents régionaux –expériences perceptives didentification/évaluation –quelques études de cas (à partir denregistrements effectués auprès de locuteurs bien ancrés géographiquement) Questions corsesQuestions corses –français devenu la première langue en Corse, devant le corse –accent corse parodié par des chansonniers, mais peu détudes rendant compte de particularités locales dans la manière de parler français en Corse [Filippi, 1992 ; Thiers, 1989, 2010] Peut-on mettre en évidence un transfert prosodique du corse vers le français ? Peut-on mettre en évidence un transfert prosodique du corse vers le français ?

5 4 Plan de la présentation Accents régionauxAccents régionaux –expériences perceptives didentification/évaluation –quelques études de cas (à partir denregistrements effectués auprès de locuteurs bien ancrés géographiquement) Questions corsesQuestions corses –français devenu la première langue en Corse, devant le corse –accent corse parodié par des chansonniers, mais peu détudes rendant compte de particularités locales dans la manière de parler français en Corse [Filippi, 1992 ; Thiers, 1989, 2010] Peut-on mettre en évidence un transfert prosodique du corse vers le français ? Peut-on mettre en évidence un transfert prosodique du corse vers le français ?

6 5 Questions Avec quel degré de granularité (quelle finesse, quelle précision) peut-on distinguer divers accents ?Avec quel degré de granularité (quelle finesse, quelle précision) peut-on distinguer divers accents ? Quels sont les indices qui permettent de reconnaître tel ou tel accent ?Quels sont les indices qui permettent de reconnaître tel ou tel accent ? Quelle est en particulier la part de la prosodie ?Quelle est en particulier la part de la prosodie ? accent < accentum (ad + cantum) < prosôdia

7 6 Quand perçoit-on un accent ? Double processusDouble processus –rep é rage ( é valuation d un é cart vis- à -vis d une norme) –cat é gorisation (identification propremen t dite) traitement bottom-up (acoustique) et top-down (repr é sentations) traitement bottom-up (acoustique) et top-down (repr é sentations) nécessairement par rapport à un prototype nécessairement par rapport à un prototype Des accents imités (films, publicité) peuvent être plus facilement reconnaissables que des accents réels. Des accents imités (films, publicité) peuvent être plus facilement reconnaissables que des accents réels. Piège du stéréotype (simplificateur, caricatural), qui peut être assez éloigné de la réalitéPiège du stéréotype (simplificateur, caricatural), qui peut être assez éloigné de la réalité

8 7 Quand perçoit-on un accent ? Double processusDouble processus –rep é rage ( é valuation d un é cart vis- à -vis d une norme) –cat é gorisation (identification propremen t dite) traitement bottom-up (acoustique) et top-down (repr é sentations) traitement bottom-up (acoustique) et top-down (repr é sentations) nécessairement par rapport à un prototype nécessairement par rapport à un prototype Des accents imités (films, publicité) peuvent être plus facilement reconnaissables que des accents réels. Des accents imités (films, publicité) peuvent être plus facilement reconnaissables que des accents réels. Piège du stéréotype (simplificateur, caricatural), qui peut être assez éloigné de la réalitéPiège du stéréotype (simplificateur, caricatural), qui peut être assez éloigné de la réalité

9 8 Perception daccents régionaux É galement influenc é e parÉ galement influenc é e par – notre voisinage g é ographique –notre origine et nos connaissances linguistiques Favoris é e chez une personne dont on sait qu elle a v é cu telle ou telle r é gionFavoris é e chez une personne dont on sait qu elle a v é cu telle ou telle r é gion Accent plus facilement identifi é s il nous est familierAccent plus facilement identifi é s il nous est familier d é tection de traits de prononciation (peut-être seulement un ou deux, subtils et ponctuels, que l on a m é moris é et qui font basculer la perception) d é tection de traits de prononciation (peut-être seulement un ou deux, subtils et ponctuels, que l on a m é moris é et qui font basculer la perception)

10 9 Mythe ou réalité ? Accent havrais = exemple de mythe linguistiqueAccent havrais = exemple de mythe linguistique Accent marseillais = accent méridional commun à tout le sud de la France ou, au contraire, 3 accents (?)Accent marseillais = accent méridional commun à tout le sud de la France ou, au contraire, 3 accents (?) On se focalise sur les différences plutôt que sur les similitudesOn se focalise sur les différences plutôt que sur les similitudes Auditeurs incapables didentifier géographiquement des accents du Havre, de Rennes et de NancyAuditeurs incapables didentifier géographiquement des accents du Havre, de Rennes et de Nancy Nombreuses études corroborant limprécision de lidentification/ caractérisation des accents régionaux en françaisNombreuses études corroborant limprécision de lidentification/ caractérisation des accents régionaux en français expériences perceptives menées au LIMSI-CNRS expériences perceptives menées au LIMSI-CNRS

11 10 Expériences perceptives menées 2 séries de tests perceptifs sur les accents régionaux de la France et sa périphérie2 séries de tests perceptifs sur les accents régionaux de la France et sa périphérie –fondés sur 6 points denquête dont 3 du Midi, (Sud-Ouest, Sud, Sud-Est) impliquant 25 auditeurs dÎle-de-France et 25 auditeurs de Provence –fondés sur 7 points denquête dont 3 de Belgique (Ouest, Centre, Est), impliquant 25 nouveaux auditeurs dÎle-de-France et 25 de Belgique francophone (3 points denquête en commun entre les deux) 52 locuteurs au total, avec pour chacun52 locuteurs au total, avec pour chacun –une même phrase lue –un extrait de parole spontanée (une dizaine de secondes)

12 11 Expériences perceptives menées 2 séries de tests perceptifs sur les accents régionaux de la France et sa périphérie2 séries de tests perceptifs sur les accents régionaux de la France et sa périphérie –fondés sur 6 points denquête dont 3 du Midi, (Sud-Ouest, Sud, Sud-Est) impliquant 25 auditeurs dÎle-de-France et 25 auditeurs de Provence –fondés sur 7 points denquête dont 3 de Belgique (Ouest, Centre, Est), impliquant 25 nouveaux auditeurs dÎle-de-France et 25 de Belgique francophone (3 points denquête en commun entre les deux) 52 locuteurs au total, avec pour chacun52 locuteurs au total, avec pour chacun –une même phrase lue –un extrait de parole spontanée (une dizaine de secondes)

13 12 Résultats et discussion Résultats de la tâche didentificationRésultats de la tâche didentification –pas deffet significatif du style de parole (lu/spontané) –pas de différence significative entre auditeurs franciliens et provençaux –différence significative entre auditeurs franciliens et belges –43 % (sur 6 points) et 40 % (sur 7) didentification correcte –confusions fréquentes entre les 3 points du Midi, entre les 3 points de Belgique entre les points de Suisse romande et dAlsace Rien nexclut en toute rigueur que, par exemple, les Corses du Cismonte et du Pumonte aient des accents différents. Mais cela reste à prouver scientifiquement…Rien nexclut en toute rigueur que, par exemple, les Corses du Cismonte et du Pumonte aient des accents différents. Mais cela reste à prouver scientifiquement…

14 13 Accent, dialecte et variété de langue Doù peut bien venir cette surévaluation de nos capacités à discerner des accents ?Doù peut bien venir cette surévaluation de nos capacités à discerner des accents ? Confusion entre dialectes (qui se distinguent les uns des autres par le vocabulaire et la grammaire) et accents (qui ne font intervenir que des différences de prononciation)Confusion entre dialectes (qui se distinguent les uns des autres par le vocabulaire et la grammaire) et accents (qui ne font intervenir que des différences de prononciation) Frontière poreuse : dans la vie courante, on dispose souvent de nombre dindices (situationnels, lexicaux, etc.)Frontière poreuse : dans la vie courante, on dispose souvent de nombre dindices (situationnels, lexicaux, etc.) Plupart des commentaires épilinguistiques relatifs au lexique (ex. strapper) emblématiques de variétés de français)Plupart des commentaires épilinguistiques relatifs au lexique (ex. strapper) emblématiques de variétés de français) terme moins marqué, mais construction aussi homogénéisante

15 14 Accent et norme Pourquoi une prononciation parisienne passe-t-elle pour « neutre » (sur une scène de théâtre, par exemple) ?Pourquoi une prononciation parisienne passe-t-elle pour « neutre » (sur une scène de théâtre, par exemple) ? Asymétrie des rapports entre centre et périphérieAsymétrie des rapports entre centre et périphérie Pour le français, « bon usage » = « façon de parler de la plus saine partie de la cour » [Vaugelas, 1647]Pour le français, « bon usage » = « façon de parler de la plus saine partie de la cour » [Vaugelas, 1647] Norme attribuée à la bourgeoisie parisienne [Fouché, 1959]Norme attribuée à la bourgeoisie parisienne [Fouché, 1959] Aujourdhui véhiculée par les « professionnels de la parole », plus particulièrement par la télévision plus que par lécole [ Castellotti & Robillard, 2003]Aujourdhui véhiculée par les « professionnels de la parole », plus particulièrement par la télévision plus que par lécole [ Castellotti & Robillard, 2003]

16 15 Pourquoi a-t-on un accent régional ? Tous les locuteurs dune région X nont pas nécessairement laccent de cette région, pour de multiples raisons.Tous les locuteurs dune région X nont pas nécessairement laccent de cette région, pour de multiples raisons. Un accent peut êtreUn accent peut être –plus ou moins marqué, plus ou moins masqué –revendiqué ou au contraire stigmatisé / \ pour affirmer son accent abandonné ou estompé identité, se démarquer refoulement et hypercorrections, (esprit de clocher) contre-effet et réactions ambivalentes (réappropriation, légitimation…) Double force (uniformisatrice et séparatrice)Double force (uniformisatrice et séparatrice)

17 16 Pourquoi certains traits de prononciation sont-ils (dé)valorisés ? Appréciation esthétique dun trait de prononciation souvent dictée par le statut social qui lui est associéAppréciation esthétique dun trait de prononciation souvent dictée par le statut social qui lui est associé Sons en eux-mêmes ni beaux ni laids (ex. brin~brun)Sons en eux-mêmes ni beaux ni laids (ex. brin~brun) neutralisation de lopposition à Paris neutralisation de lopposition à Paris Raisons internes au système de la langue (peu de telles paires minimales et de problèmes de compréhension)Raisons internes au système de la langue (peu de telles paires minimales et de problèmes de compréhension) Arbitraire du signe revisité dans le cadre de la psychanalyse [Fónagy, 1983] (ex. /r/ / /)Arbitraire du signe revisité dans le cadre de la psychanalyse [Fónagy, 1983] (ex. /r/ / /) / \ / \ (masculin, celui du roi et des paysans) (celui de la bourgeoisie et des salons) Accent méridional et italien jugés « beaux » essentiellement parce quils évoquent les vacances, le soleil…Accent méridional et italien jugés « beaux » essentiellement parce quils évoquent les vacances, le soleil…

18 17 Quest-ce qui caractérise un accent ? Suite de phon è mes et instanciation des faits de coarticulationSuite de phon è mes et instanciation des faits de coarticulation Qualit é de voix, nasalit éQualit é de voix, nasalit é Clich é s m é lodiques, registre de hauteur, niveaux de hauteur à des fronti è res prosodiques, profils de dur é e, placement de l accent lexical et autres schibbolethsClich é s m é lodiques, registre de hauteur, niveaux de hauteur à des fronti è res prosodiques, profils de dur é e, placement de l accent lexical et autres schibboleths prononciations auxquelles on reconnaît lorigine dun locuteur = « épi » en hébreu biblique, mot permettant aux gens de Galaad de démasquer leurs ennemis dEphraïm (Livre des Juges 12, 5–6) prononciations auxquelles on reconnaît lorigine dun locuteur = « épi » en hébreu biblique, mot permettant aux gens de Galaad de démasquer leurs ennemis dEphraïm (Livre des Juges 12, 5–6)

19 18 Quelle est la part du segmental et de la prosodie ? Au niveau des phonèmes, 4 types principaux de différences entre accents (de degré ou de fréquence plutôt que de nature)Au niveau des phonèmes, 4 types principaux de différences entre accents (de degré ou de fréquence plutôt que de nature) –systémiques (certaines oppositions comme jaurai~jaurais /e/~ // peuvent nexister que dans certaines régions) –phonotactiques (ex. escarpée diphtongaison de la voyelle finale aperture de la voyelle initiale) –lexicales (à partir du même inventaire de phonèmes, un mot comme vingt, moins, avec se prononce différemment selon la région) –allophoniques (saillantes au niveau de la réalisation phonético- acoustique des phonèmes comme /R/) Différences régionales de prosodie moins bien connuesDifférences régionales de prosodie moins bien connues problème de ce que retient la perception (problème accru en matière de prosodie) problème de ce que retient la perception (problème accru en matière de prosodie) chez certains Suisses

20 19 Quelques exemples Accent méridionalAccent méridional –e muet (ou schwa) souvent prononcé ( influence sur la prosodie) –réduction du nombre des oppositions de timbre pour les voyelles moyennes ( épée et épais, côte et cote, jeûne et jeune homophones ) –schibboleths comme rose ou jaune prononcés avec un [ ] ouvert –voyelles partiellement nasalisées et suivies dun élément consonantique nasal bien audible Accent de Picardie et plus généralement du NordAccent de Picardie et plus généralement du Nord –/A/ tendant vers [ ] devant / /, prononcé [ ] dans des mots comme moi, ça, pas, là –/e/ final pouvant se maintenir devant / / (dans père par ex.), un / / généralement très reculé (pouvant être pharyngalisé) –voyelles nasales tendant à être confondues (entre bain, bon et banc par ex.), et nasalisa-ion par assimilation les voyelles orales devant consonne nasale (dans même [m m] par ex.)

21 20 Quelques exemples Accent méridionalAccent méridional –e muet (ou schwa) souvent prononcé ( influence sur la prosodie) –réduction du nombre des oppositions de timbre pour les voyelles moyennes ( épée et épais, côte et cote, jeûne et jeune homophones ) –schibboleths comme rose ou jaune prononcés avec un [ ] ouvert –voyelles partiellement nasalisées et suivies dun élément consonantique nasal bien audible Accent de Picardie et plus généralement du NordAccent de Picardie et plus généralement du Nord –/A/ tendant vers [ ] devant / /, prononcé [ ] dans des mots comme moi, ça, pas, là –/e/ final pouvant se maintenir devant / / (dans père par ex.), un / / généralement très reculé (pouvant être pharyngalisé) –voyelles nasales tendant à être confondues (entre bain, bon et banc par ex.), et nasalisa-ion par assimilation les voyelles orales devant consonne nasale (dans même [m m] par ex.)

22 21 Quelques exemples Accent méridionalAccent méridional –e muet (ou schwa) souvent prononcé ( influence sur la prosodie) –réduction du nombre des oppositions de timbre pour les voyelles moyennes ( épée et épais, côte et cote, jeûne et jeune homophones ) –schibboleths comme rose ou jaune prononcés avec un [ ] ouvert –voyelles partiellement nasalisées et suivies dun élément consonantique nasal bien audible Accent de Picardie et plus généralement du NordAccent de Picardie et plus généralement du Nord –/A/ tendant vers [ ] devant / /, prononcé [ ] dans des mots comme moi, ça, pas, là –/e/ final pouvant se maintenir devant / / (dans père par ex.), un / / généralement très reculé (pouvant être pharyngalisé) –voyelles nasales tendant à être confondues (entre bain, bon et banc par ex.), et nasalisa-ion par assimilation les voyelles orales devant consonne nasale (dans même [m m] par ex.)

23 22 Quelques exemples (suite) Français dAlsaceFrançais dAlsace –consonnes sonores tendant à sassourdir –/R/ roulé ou tendant vers [x] –accent frappant linitiale des mots Français de Suisse romande (et de régions voisines de France)Français de Suisse romande (et de régions voisines de France) –prononciation ouverte dun mot comme et [ ] –maintien de lopposition patte~pâte (par le timbre ou la durée), et des oppositions de durée comme bout~boue, vit~vie, voit~voie, bleu~bleue voyelle longue (parfois diphtonguée) dans le mot avec un e final –tendance à laccentuation initiale

24 23 Quelques exemples (suite) Français dAlsaceFrançais dAlsace –consonnes sonores tendant à sassourdir –/R/ roulé ou tendant vers [x] –accent frappant linitiale des mots Français de Suisse romande (et de régions voisines de France)Français de Suisse romande (et de régions voisines de France) –prononciation ouverte dun mot comme et [ ] –maintien de lopposition patte~pâte (par le timbre ou la durée), et des oppositions de durée comme bout~boue, vit~vie, voit~voie, bleu~bleue voyelle longue (parfois diphtonguée) dans le mot avec un e final –tendance à laccentuation initiale

25 24 Quelques exemples (suite) Français dAlsaceFrançais dAlsace –consonnes sonores tendant à sassourdir –/R/ roulé ou tendant vers [x] –accent frappant linitiale des mots Français de Suisse romande (et de régions voisines de France)Français de Suisse romande (et de régions voisines de France) –prononciation ouverte dun mot comme et [ ] –maintien de lopposition patte~pâte (par le timbre ou la durée), et des oppositions de durée comme bout~boue, vit~vie, voit~voie, bleu~bleue voyelle longue (parfois diphtonguée) dans le mot avec un e final –tendance à laccentuation initiale

26 25 Quelques exemples (fin) Français de Belgique (et de régions de lest de la France)Français de Belgique (et de régions de lest de la France) –// /, par exemple dans huit, prononcé [w] –/ / ouvert en fin de mot comme sot ou pot, /o/ fermé devant / / (un / / qui de plus tend vers une sorte de [x] sourd) –voyelles (notamment les voyelles nasales) fréquemment allongées en avant-dernière syllabe précédant une pause Français de Corse –voyelles moyennes semi-fermées –patrons mélodiques montants-descendants enquête centrée sur la prosodie

27 26 Quelques exemples (fin) Français de Belgique (et de régions de lest de la France)Français de Belgique (et de régions de lest de la France) –// /, par exemple dans huit, prononcé [w] –/ / ouvert en fin de mot comme sot ou pot, /o/ fermé devant / / (un / / qui de plus tend vers une sorte de [x] sourd) –voyelles (notamment les voyelles nasales) fréquemment allongées en avant-dernière syllabe précédant une pause Français de Corse –voyelles moyennes semi-fermées –patrons mélodiques montants-descendants enquête centrée sur la prosodie

28 27 Plan de la présentation Accents régionauxAccents régionaux –expériences perceptives didentification/évaluation –quelques études de cas (à partir denregistrements effectués auprès de locuteurs bien ancrés géographiquement) Questions corsesQuestions corses –présentation de lenquête –analyse prosodique de questions et dassertions en français/corse –expériences perceptives Peut-on mettre en évidence un transfert prosodique du corse vers le français ? Peut-on mettre en évidence un transfert prosodique du corse vers le français ?

29 28 Lenquête corse Le terrain : Corti, Loretu di Casinca, Pedicorti di GagghjuLe terrain : Corti, Loretu di Casinca, Pedicorti di Gagghju Le corpus : 7 locuteurs enregistrés, en français et en corse + autant de Parisiens, appariés en âge et en sexe (5 hommes, 2 femmes), pour comparaisonLe corpus : 7 locuteurs enregistrés, en français et en corse + autant de Parisiens, appariés en âge et en sexe (5 hommes, 2 femmes), pour comparaison Protocole : extension de lAtlas Multimédia de la Prosodie de lEspace Roman (AMPER) pour les bilingues corsesProtocole : extension de lAtlas Multimédia de la Prosodie de lEspace Roman (AMPER) pour les bilingues corses –entretiens semi-directifs en français et en corse –pour la plupart des locuteurs, interaction de type maptask –fable La bise et le soleil lue en français et traduite en corse –une soixantaine de phrases aux structures très contrôlées, répétées selon les modalités interrogative et assertive (phrases conçues de façon à être relativement transparentes en corse et en français)

30 29 Phrases contrôlées Verbe dissyllabique, noms et extensions trisyllabiques avec différents schèmes accentuels (oxytons, paroxytons, proparoxytons)Verbe dissyllabique, noms et extensions trisyllabiques avec différents schèmes accentuels (oxytons, paroxytons, proparoxytons) Contreparties françaises aussi proches que possible du corseContreparties françaises aussi proches que possible du corse un maximum de c consonnes pour favoriser la prononciation du schwa un maximum de c consonnes pour favoriser la prononciation du schwa CorseFrançais A turista trova a cavità prufonda U pudestà malatu trova a caserna A femina di laviò trova u limitu La touriste trouve la cavité profonde Le podestat malade trouve la caserne La gamine de lavion trouve la limite

31 30 Analyse prosodique Pour les questions, similarités entre corse et français de CorsePour les questions, similarités entre corse et français de Corse comparaison avec le français standard comparaison avec le français standard

32 31 Analyse prosodique Pour les questions, similarités entre corse et français de CorsePour les questions, similarités entre corse et français de Corse comparaison avec le français standard comparaison avec le français standard

33 32 Analyse prosodique Pour les questions, similarités entre corse et français de CorsePour les questions, similarités entre corse et français de Corse comparaison avec le français standard comparaison avec le français standard

34 33 Analyse prosodique Pour les questions, similarités entre corse et français de CorsePour les questions, similarités entre corse et français de Corse comparaison avec le français standard comparaison avec le français standard

35 34 Méthode 6 Corses et 6 Parisiens retenus, proparoxytons exclus6 Corses et 6 Parisiens retenus, proparoxytons exclus plus de 700 phrases (interrogatives et assertives) segmentées en noyaux vocaliques plus de 700 phrases (interrogatives et assertives) segmentées en noyaux vocaliques bleu = corse rouge = fr. de Corse vert = fr. parisien

36 35 Résultats : maxima de F 0 Pics majoritairement en début de question (totale) en corse et en français de CorsePics majoritairement en début de question (totale) en corse et en français de Corse Le plus souvent sur la dernière ou lavant-dernière voyelle en français parisienLe plus souvent sur la dernière ou lavant-dernière voyelle en français parisien

37 36 Résultats : accents nucléaires Différence de F 0 entreDifférence de F 0 entre –le milieu de la dernière voyelle accentuée –le milieu de la voyelle qui précède en moyenne, descente en corse et en français de Corse, montée en français parisien en moyenne, descente en corse et en français de Corse, montée en français parisien Corse Français de Corse Français parisien -3 demi-tons -2 demi-tons +4 demi-tons

38 37 Résultats : questions vs assertions Hauteur moyenne plus élevée dans les questions que dans les assertions (de 1 demi-ton en corse, de 2 demi-tons en français de corse, de 3 demi-tons en français parisien)Hauteur moyenne plus élevée dans les questions que dans les assertions (de 1 demi-ton en corse, de 2 demi-tons en français de corse, de 3 demi-tons en français parisien) Pics mélodiques ancrés dans la même voyelle, entre questions et assertions, dans une soixantaine de phrasesPics mélodiques ancrés dans la même voyelle, entre questions et assertions, dans une soixantaine de phrases plus haut de 3 demi-tons dans la question, en corse et en français de Corse (pic le plus souvent sur la première voyelle accentuée de la phrase, mais pas toujours) plus haut de 3 demi-tons dans la question, en corse et en français de Corse (pic le plus souvent sur la première voyelle accentuée de la phrase, mais pas toujours) 2 expériences perceptives 2 expériences perceptives –sur la fonction indexicale de la prosodie (test XAB) –sur la fonction modale de la prosodie (test de discrimination Q/A)

39 38 Test XAB : protocole Paradigme = variante de tests ABXParadigme = variante de tests ABX –X : français de Corse (ou français parisien comme condition contrôle) –A/B : corse/français parisien dautres locuteurs (appariés en âge et en sexe), délexicalisé en hum Tâche : est-ce que la prosodie de X est plus proche de A ou de B ?Tâche : est-ce que la prosodie de X est plus proche de A ou de B ? Matériel : 7 questions sélectionnées, de 4 bilingues français- corse et de 4 Parisiens (56 stimuli au total)Matériel : 7 questions sélectionnées, de 4 bilingues français- corse et de 4 Parisiens (56 stimuli au total) Auditeurs : 20 ParisiensAuditeurs : 20 Parisiens

40 39 Test XAB : protocole Paradigme = variante de tests ABXParadigme = variante de tests ABX –X : français de Corse (ou français parisien comme condition contrôle) –A/B : corse/français parisien dautres locuteurs (appariés en âge et en sexe), délexicalisé en hum Tâche : est-ce que la prosodie de X est plus proche de A ou de B ?Tâche : est-ce que la prosodie de X est plus proche de A ou de B ? Matériel : 7 questions sélectionnées, de 4 bilingues français- corse et de 4 Parisiens (56 stimuli au total)Matériel : 7 questions sélectionnées, de 4 bilingues français- corse et de 4 Parisiens (56 stimuli au total) Auditeurs : 20 ParisiensAuditeurs : 20 Parisiens

41 40 Test XAB : résultats La prosodie du français de Corse est jugée plus proche du corse que nen est la prosodie du français parisien.La prosodie du français de Corse est jugée plus proche du corse que nen est la prosodie du français parisien. Corrélation avec les analyses acoustiquesCorrélation avec les analyses acoustiques

42 41 Test de discrimination Q/A : protocole Tâche : choix forcé question/assertionTâche : choix forcé question/assertion Matériel : 3 questions et 3 assertions en français sélectionnées pour les 6 locuteurs corses et les 6 locuteurs parisiens retenusMatériel : 3 questions et 3 assertions en français sélectionnées pour les 6 locuteurs corses et les 6 locuteurs parisiens retenus + une question et une assertion en corse, pour chacun des locuteurs corses + une question et une assertion en corse, pour chacun des locuteurs corses = 84 stimuli = 84 stimuli Auditeurs : 20 Parisiens et 20 CorsesAuditeurs : 20 Parisiens et 20 Corses

43 42 Test de discrimination Q/A : résultats En français de Corse, en particulier, les questions sont correctement identifiées comme tellesEn français de Corse, en particulier, les questions sont correctement identifiées comme telles –dans moins de 40 % des cas par les Parisiens –dans plus de 80 % des cas par les Corses

44 43 Conclusions générales Mêmes questions, en partie, pour les accents étrangers et régionauxMêmes questions, en partie, pour les accents étrangers et régionaux Accents = réalité complexeAccents = réalité complexe –délaissés par des auteurs qui considèrent que la grammaire est une réalité en soi et ont exclu le social de leur étude –nécessitant de collecter des enregistrements de qualité problème pratique Dimension sociale à appréhender finement Dimension sociale à appréhender finement

45 44 Conclusion sur les questions corses Phrases transparentes en corse et en françaisPhrases transparentes en corse et en français en Corse, questions totales avec un ton haut en début dénoncé et une descente mélodique à la fin en Corse, questions totales avec un ton haut en début dénoncé et une descente mélodique à la fin Interprétation en termes de transferts prosodiquesInterprétation en termes de transferts prosodiques –même forme prosodique en sarde et en italien régional parlé au nord de la Sardaigne –contours mélodiques descendants en fin de questions également relevés à Pise … à examiner dans la parole spontanée

46 45 Remerciements Merci à Stella Medori pour linvitationMerci à Stella Medori pour linvitation Merci à Martine Adda-Decker, Cécile Woehrling, Albert Rilliard et Iryna Lehka-Lemarchand pour leur contributionMerci à Martine Adda-Decker, Cécile Woehrling, Albert Rilliard et Iryna Lehka-Lemarchand pour leur contribution Ringraziu Vanina Bernard-Leoni, Ghjacumina Tognotti, André Fazi, Lisandru Muzy, tutti i parlanti è lascultatori.Ringraziu Vanina Bernard-Leoni, Ghjacumina Tognotti, André Fazi, Lisandru Muzy, tutti i parlanti è lascultatori. Vi ringraziu pè a vostra attenzioneVi ringraziu pè a vostra attenzione


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