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Les Wisigoths marquèrent durablement lhistoire de notre contrée. Selon lhistorien des Goths Jordanès, évêque Ostrogoth de Ravenne, qui écrivait en 551,

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2 Les Wisigoths marquèrent durablement lhistoire de notre contrée. Selon lhistorien des Goths Jordanès, évêque Ostrogoth de Ravenne, qui écrivait en 551, ils venaient de lîle de Scanzia. En fait, du Sud de la Suède dont on ignorait à lépoque, quil sagissait du continent Européen. A la recherche de terres plus hospitalières, à travers le Danemark, ils atteignirent lembouchure de la Vistule (Pologne, Pays Baltes). Au premier siècle avant notre ère, Jules César repoussant les Germains qui franchissaient le limes 1 déclencha la migration des Wisigoths et des autres peuples dits barbares, leurs cousins. Cette Grande Marche les emmena dabord sur la rive Nord du Danube et au bord de la Mer noire où les Romains les toléraient et les utilisaient comme mercenaires. A la différence des autres peuples dits barbares, les Wisigoths recherchèrent des accords avec lEmpire Romain dont ils appréciaient lefficacité (armée, administration, droit, création de richesses, arts et architecture, etc.). Ils se convertirent au Christianisme ( ) au contact des soldats romains.Le Culte Arien 2 était alors dominant en Orient. Les Romains, eux, ne les distinguaient guère des autres barbares et omettaient de tenir leurs engagements à leur égard. Cest ainsi que le roi des Wisigoths Alaric 1 er sempara de Rome en 410, mais mourut peu après. Cest son fils Athaulf, qui entra en Gaule en 412. Il y épousa Galla Placidia sœur de lEmpereur Honorius le 1 er Janvier 413, à Narbonne. Entre 416 et 418 fut élaboré un traité (foedus 3 ) qui fit des Wisigoths un peuple fédéré à lEmpire. Toulouse devint leur capitale, leur royaume comprend lAquitaine et la plus grande partie de lHispanie. Laccès à la Méditerranée leur est refusé, ils ne disposeront de Narbonne et de ses Ports quà partir de 462.

3 En 507, Clovis, roi des Francs leur inflige une défaite à Vouillé, près de Poitiers, Théodoric II est tué. Les Wisigoths se replient sur Narbonne, puis Barcelone. Tolède devient leur Capitale en 554. La Narbonnaise ou Septimanie deviendra une dépendance du Royaume de Tolède. Les Goths dHispanie se convertiront au Catholicisme. Les évêques catholiques intransigeants pousseront à la persécution des Juifs et des minorités. La Septimanie deviendra le refuge de la noblesse arienne et des Juifs déjà fortement implantés dans le Port de Narbonne, de même que les autres peuples commerçants tels les Grecs. Après linvasion Arabe commencée en Avril 711 depuis le Sud de lHispanie, ceux qui refusèrent de se soumettre, les militaires en particulier, refluèrent vers nos régions. Les musulmans firent chèrement payer leur résistance, aux Narbonnais notamment, qui cédèrent en 719. Charles Martel repoussa les Arabes à Poitiers en 732, puis lors de la Bataille de la Berre en 737, mais Narbonne ne fut reprise quen 759 par Pépin le Bref. Ni les Francs, ni les Carolingiens ne cherchèrent à annexer cette terre qui se défendait si bien. Charlemagne ( /814) laissa en place les Comtes et les Ducs Goths qui se révélèrent ses meilleurs serviteurs. Les Septimans continuèrent à vivre sous la loi Gothique (Lex Wisigothorum), la Narbonnaise qui avait accueilli les populations hispaniques (aprisions) connut un renouveau culturel et religieux avec les Abbayes de Lagrasse, Aniane, Saint Guilhem. La liturgie élaborée à Narbonne à cette époque prévalut jusquau Concile de Vatican II ( ).

4 Comme les Wisigoths furent les continuateurs des Romains, de Rome ou de Byzance, les Carolingiens intégrèrent aussi les hommes, la culture et les arts de la tradition Romano-Wisigothique, larchéologie en témoigne. Les vestiges typiquement Wisigoths demeurent rares, mais il en existe dans lAude et les départements voisins, et dans notre proche environnement. Commune de Villesèque : La vieille église Notre Dame du Bon Secours de Gléon Face à la porte de la vieille église, une vigne. Elle recouvre la base des murs dune chapelle wisigothique du VI ème siècle. Une plaque de marbre gravée, exposée dans léglise voisine, raconte la fondation de cette chapelle par les propriétaires wisigoths de la « villa » voisine, Diusvirus et Wilzende. La fin du texte « ils se firent locataires de latrium 4 dans la demeure du Christ éternel » suggère que la dalle provient du lieu de leur sépulture. Notre Dame du Bon Secours possède une nef unique aux murs très épais, les blocs de sa voute dorigine ont été coulés dans du béton. Le chœur surélevé est éclairé par une fenêtre à profond ébrasement, il souvre sur la nef par un arc triomphal datable du VII ème siècle. Ces caractéristiques la rattachent à un groupe déglises de tradition wisigothique jalonnant nos départements du Languedoc-Roussillon: voir

5 Arc triomphal reposant sur des piliers monolithes : Notre Dame du Bon Secours Gléon

6 Epitaphe trouvée vers 1870 à Mandourelle. Cette évocation du Calvaire est conservée au Musée de Narbonne. Domaine de Mandourelle Il est construit sur lemplacement dune ancienne chapelle Saint Etienne dont ne subsiste quun lieu dit « le cimetière ». Cest ici qua été trouvée lépitaphe chrétienne de Trasemirus, datée des environs de 600. A cette période, les Wisigoths du Royaume de Tolède sont devenus Catholiques, la Septimanie recueille les dissidents et trouve son unité autour de la foi Arienne, signe dappartenance au peuple Goth. Mandourelle : à rapprocher damande, mandorla en Italien, ou de mandorle, lauréole ovale qui enveloppe les représentations du Christ roi qui a vaincu ses douleurs.

7 1-Limes : frontière de lempire face aux peuples barbares. Le limes Rhénan dont on a pu retrouver les traces se composait dune large bande de terrain défriché jalonné de fortins dont certains étaient des points de passage. 2-Arien : du nom du prêtre d Alexandrie Arius, condamné comme hérétique en 325. Il soutenait que la personne du Christ nétait pas de même nature divine que le Père ou le Saint Esprit, contrairement au dogme défini de la Sainte Trinité. 3-Foedus : du latin foedus signifiant traité, origine des mots fédéré, fédération. 4-Atrium : cour intérieure pouvant précéder lentrée dun sanctuaire.

8 Nous avons retracé sommairement lhistoire des Wisigoths et de la Narbonnaise dans le dernier Lurio (n° 28). Par « Narbonnaise », il faut entendre la région située entre les évêchés dElne au sud et Nîmes au nord, appelée aussi Septimanie (Sidoine Apollinaire). Ce territoire accueillit les populations hispano-wisigothiques soumises à la pression des Musulmans. Lors de la conquête de la péninsule ibérique par les Arabes à partir de 711, les Wisigoths cachèrent leurs trésors : objets du culte, ex-votos, reliques, etc. Cest ainsi quen 1859 fut retrouvé à Guarrazar un trésor qui contenait entre autres, les très riches couronnes votives offertes par les rois Wisigoths à la Basilique de Tolède. Parmi les reliques qui furent sauvées figurent les corps de Just et Pasteur, deux frères martyrisés en 304 en Espagne, à Complutum. Complutum était le siège dun évêché et les corps étaient conservés dans la crypte de la cathédrale. Un moine, Urbisso, les mit à labri. Complutum deviendra Alcala de Henares lors de la conquête arabe « Al Quazat » = Le Fort. Trésor de Guarrazar: détail couronne Receswinthe, Croix Votive

9 En 759, Charles Martel reprit Narbonne sans parvenir à soumettre les Wisigoths, mais il dévasta la région. Les populations hispaniques fuyant leur pays furent ensuite autorisées à sinstaller dans nos contrées pour les repeupler et les remettre en valeur. Léglise métropolitaine de Narbonne qui avait du souffrir des dévastations de Charles Martel fut vraisemblablement rénovée, puis reconsacrée en 782. Les nouveaux patrons, les Saints Just et Pasteur étaient des saints hispaniques, comme létaient les nouvelles populations. On retrouve les Saints Patrons de Narbonne dans notre contrée. Le village de Durban, bien que révélant des indices doccupation bien plus anciens, a commencé à se former au confluent de la Berre et du Barrou, sur la rive gauche, sur un site qui porte toujours le nom de Saint Just. Ce site peut être considéré comme lune de ces implantations destinées à repeupler et à remettre en valeur les terres agricoles. A partir de 778, lAbbaye de Lagrasse recevra de Charlemagne, outre de nombreux fiefs, la mission de faciliter linstallation de ces colons et cest ainsi que de nombreux territoires, même fort reculés furent mis en valeur.

10 Village agricole de Saint Just prés de la Berre Lhistoire de Jean lEspagnol, le soldat entouré de ses compagnons, qui reçut en aprision, le domaine de Fontjoncouse est fort bien connue, car elle figure sur les rares documents des Archives de lArchevêché de Narbonne qui furent épargnés par la Révolution de Lhistoire de Durban se situe dans le même contexte. Malgré labsence décrits, dautres éléments probants nous sont parvenus : la famille seigneuriale de Durban portait le surnom d « Ibrinus ». Derrière le latin médiéval, il est clair que cela signifie quils sont dorigine Ibérique. Dautre part, les aînés se prénommaient systématiquement Guillaume : difficile de ne pas y voir une trace du Wilhelm germanique et dune ascendance Wisigothique. Just et Pasteur patrons du lieu de culte de saint Just devinrent, les saints patrons de léglise de Durban, bâtie au XI ème siècle, en pleine époque féodale.

11 En 778, Charlemagne tenta de prendre Saragosse, mais ne put y parvenir. Sur le chemin du retour il pilla Pampelune, mais les basques reprirent leur butin dans les défilés de « Roncevaux ». Au cours de cette expédition, Charlemagne avait « recouvré » les reliques de saint Just et saint Pasteur, mais il fut contraint de les cacher à nouveau dans le nord de lEspagne alors quil comptait en faire présent à léglise de Narbonne. En 1058, larchevêque de Narbonne, Guifred de Cerdagne, prétendit savoir où étaient cachées les reliques et les ramena à Narbonne. Ces reliques suscitèrent de nombreux dons de la part des fidèles et les clercs en vinrent à se disputer ces subsides. Guifred se retira à Durban où il transféra son siège épiscopal. Il avait emporté les objets sacrés de la cathédrale et les précieuses reliques. Les dons quelles suscitaient profitaient à ses soldats. Garsinde, sœur du vicomte Berenger de Narbonne, vint de nuit récupérer les reliques. Elle osa le faire car léglise, en 1058, navait pas encore été consacrée. Quant à larchevêque Guifred, cadet du Comte de Cerdagne, convaincu de trafic de sacrements et de charges ecclésiastiques, excommunié à deux reprises, il ne voulut pas entendre raison (Histoire Générale de Languedoc). Le gros œuvre de léglise actuelle, toujours dédiée aux saints Just et Pasteur est considéré comme construit au XIII ème siècle.

12 Sur le territoire de Durban se trouve également léglise isolée des Saintes Juste et Ruphine, également martyrisées en Espagne. Les archéologues, tels lAbbé Giry ou André Bonnery, la situent parmi les constructions dinspiration wisigothique précarolingiennes, soit le VIII ème siècle. Certains éléments du bâti, tels lappareil en épi et son orientation vers lest évoquent une époque plus ancienne. Son implantation en un lieu isolé et les tombes wisigothiques dispersées dans les parages confirment quil sagit dune église arienne, c'est-à-dire remontant à la première implantation des Wisigoths dans notre contrée (après 462). Voir sur ces sujets : En remontant le cours de la Berre, on rencontre donc une série dimplantations Wisigothiques, à savoir : la vieille église de Gléon, lancien village de Saint Just, lancien village de Rouffia prés de Villeneuve, Saint Julien et Sainte Basilysse de Cascastel, Sainte Léocadie de Quintillan.

13 Jean LHispani 711 Invasion de la péninsule Ibérique par les cavaliers berbères de Tarik. Le dernier roi Wisigoth de Tolède, Rodéric, est vaincu à Guadalete. 719 Prise de Narbonne par Al Samah qui fit payer cher aux Narbonnais leur résistance. 737 Bataille de la Berre. Charles Martel surprend les Musulmans dans les gorges de la Berre et met en déroute les armées dUmar venues au secours de Narbonne. Cependant la ville résiste et ne peut être prise. 759 Pépins le Bref prend Narbonne. Les Wisigoths armés par les Arabes affaiblis, lui ouvrent les portes. 778 Larmée Franque pénètre en Espagne, mais Charlemagne (roi , empereur ) doit se retirer pour aller combattre les Saxons. Une partie tente de prendre Saragosse et subira un mauvais sort dans les vallées de Roncevaux. Une partie occupe la Catalogne. Charlemagne cherchait a y établir une Marche. Les Espagnols qui sétaient ralliés à la cause de Charlemagne sexposaient aux représailles du cruel Emir Abd Alraham et senfuirent en Septimanie. Les autres Espagnols poussés par les exactions dont ils étaient victimes et la misère, firent de même. 792 LEmir Hescham proclame «lalgihad ».

14 Loccupation Arabe Les armées Arabes pillaient et rançonnaient les populations. A cela sajoutaient charges et impôts qui aboutissaient à une confiscation complète. Le plus souvent, ils émigraient dans les montagnes ou les contrées voisines. Mais on a vu des pères vendre leurs enfants pour se créer des ressources et il nétait pas rare quon e fit des eunuques de ces enfants. Rien ne pouvait égaler linfortune de ces habitants (E.Cauvet). Un désert dhommes Le Pays déjà épuisé par les dévastations Arabes, devint un « désert dhommes ». Le domaine du fisc arabe fut augmenté de toutes les propriétés qui appartenaient aux Sarrazins et de tous les biens abandonnés. Les Wisigoths sétaient déjà attribué les deux tiers des propriétés privées. Les Comtes Goths à qui Pépin avait laissé ladministration du Pays soccupèrent dabord de la restauration et de la reconstitution de lEglise. Les terres ne rapportant rien, des revenus fixes lui furent concédés (salines, autres).

15 Immigration des Espagnols Quel que soit le propriétaire de la terre, il fallait des bras pour la travailler. Les Espagnols, fuyant la guerre, arrivèrent très opportunément. Les nobles Wisigoths furent richement dotés. La foule des migrants pauvres (minores) choisit la région de Narbonne où il y avait le plus de terres libres. Théodulfe, Ostrogoth dorigine, envoyé par Charlemagne ( missi dominici ) à Narbonne (après 781) décrit ainsi son arrivée: Récit de Théodulfe « Bientôt, nous touchons les murs de Narbonne, dont la splendeur fixe mon regard (*).Un cortège nombreux vient à ma rencontre, joyeux de mon arrivée. Jy vois les débris des Wisigoths, qui faisaient partie de la population de Narbonne, avant que les malheurs des temps les eussent décimés, et une foule démigrants espagnols que le tyrannie des sarrasins a rejetés dans ce pays. Tous reconnaissent en moi un compatriote et acclament un protecteur ».

16 de loccupation à laprision La mise en valeur des terres occupées se transformait en un droit de propriété. Les tenants de ces manses ne payaient pas le cens et ne devaient que ce qui était du à lempereur et/ou au Comte. Les nobles Hispani, dont un bon tiers de Wisigoths, occupèrent de grands domaines retournés à la friche et devaient régulièrement justifier de leurs titres, surtout sils navaient pas entièrement restauré leur territoire. Les minores, vu leur manque total de ressources, ne pouvaient rapidement mettre en valeur des terres. Les monastères, déjà eux- mêmes bénéficiaires de donations de terres, constituèrent des colonies daprisionnaires à qui ils apportaient, vivres, outils, semences, et les consolations spirituelles.

17 Jean LHispani Il faisait partie de ces nobiliores, à qui les Franks avaient confié un commandement militaire. Il est dorigine Wisigothique. Il combattit les Arabes lors de la tentative de création dune Marche dEspagne par Charlemagne en 778. En 792, le vizir Abd Almaleck concentre une armée en Catalogne. Jean fait partie de ceux qui harcèlent cette armée afin de retarder son arrivée en Septimanie ou Gothhie. Jean fut victorieux lors dun engagement au lieu dit ad pontes, non loin de Barcelone. Il enleva un important butin à lennemi.

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19 Jean lHispani Jean se rendit auprès de Louis le Pieux, en Bavière pour lui remettre un cheval de prix, un haubert et une épée indienne à fourreau garnie dargent et lui demander formellement la concession du domaine de Fontjoncouse. Louis écrivit à Sturmion, Comte de Narbonne, pour que Fontjoncouse soit remis à Jean. En 793 Jean demande confirmation à Charlemagne qui le reçoit comme son vassal, ce qui lui donnait une position considérable.

20 Jean LHispani Le diplôme de 793 Le diplôme se trouvait dans les archives de larchevêché de Narbonne, suite à lacquisition quils firent de la seigneurie de Fontjoncouse en 963. Ces archives furent détruites lors de la révolution française (elles contenaient les preuves de tous les ancien privilèges). Seuls quelques volumes furent épargnés par le feu. La copie du diplôme de 793 que détenaient les archevêques fut sauvée et cest ainsi que lhistoire singulière de Jean lHispani nous est parvenue. Histoire singulière par la personnalité de Jean, mais pas unique dans les Corbières. Ainsi, les Ibérinus, devinrent seigneurs de Durban dans les mêmes conditions que Jean, mais avec moins déclat et pour une plus longue durée.

21 La Fondation de Fontjoncouse Muni de son diplôme délivré par Charlemagne, Jean repart pour Narbonne et remet au Comte Sturmion la lettre de Louis le Pieux. Sturmion, accompagné de ses juges se rendit à Fontjoncouse qui était en friches. Il fit planter des bornes aux quatre orientations du domaine afin que dautres migrants ny fassent point daprisions. Les travaux de mise en valeur furent très lents à cause de la famine qui sévissait. Les compagnons de Jean Jean avait amené un de ses frères Wuillemir et son fils, Teofred. Il semble quil était veuf. Il fit venir dEspagne un certain nombre de colons quil attacha à son domaine : Christian, Fedance et Ildebone étaient mariés et avaient amené leur famille. Atonelle, Ele, Mancion, Amunne et Aserrar, plus jeunes, étaient célibataires. Un prêtre nommé Ombolat, fut adjoint à la petite colonie. Ces vingt cinq personnes se mirent à lœuvre et construisirent en peu de temps des maisons et des bâtiments agricoles, mirent en culture les terres.

22 Les compagnons de Jean

23 Plaid de 834: « Ces hommes (ceux que Jean avait établis sur le domaine de Fontjoncouse) sétaient recommandés à lui et lavaient pour patron; tout ce quils avaient construit ou mis en culture, les maisons, les locaux, les jardins, les champs et les vignes, ils lavaient fait par suite des dons et des libéralités que Jean leur avait consentis, mais non par leur aprision, ni par la libéralité du Comte, du Vicomte ou de toute autre personne ». Les Wisigoths détenteurs de vastes domaines et soucieux de disposer dune influence morale sur les populations, choisirent des clients a qui ils donnaient des armes, des objets mobiliers ou des terres. Les donataires (buccellarii) devaient à leur patron obéissance, fidélité et assistance. Cette relation entre Jean et ses compagnons témoigne de leur origine Wisigothique. Les Septimaniens conservèrent lusage de leurs lois après la conquête Franque pour plusieurs siècles encore.

24 Les compagnons de Jean Jean et son fils Teofred, firent lobjet de confirmations de leurs droits en 814, lors de lAvènement de Louis le Pieux, en 844 et 849 par Charles le Chauve. Le diplôme de 814 confirme Jean dans ses possessions, mais il le met aussi à labri des entreprises des Comtes ou des Fonctionnaires contre sa personne ou ses biens. Sur son domaine, Jean est dépositaire du pouvoir judiciaire de manière absolue et règle en maître les différends sur son domaine. Cette trace est la plus ancienne dune telle immunité. Sainte Léocadie Les colons espagnols construisirent une église dédiée à Sainte Léocadie (reconstruite depuis). Sainte Léocadie est la patronne de la cathédrale de Tolède et Jean un noble Wisigoth, cette dédicace accrédite lidée que Jean et ses affidés étaient originaires de Tolède, dernière capitale du Royaume Wisigoth. Des célébrations avec les Tolédans ont eu lieu à Fontjoncouse en 2004.

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26 Les églises de Fontjoncouse E. Cauvet attribue aux descendants de Jean la construction de léglise de saint Victor. Remaniée par Pierre de Lerce au 12 ème siècle, la construction dorigine est rattachée par les archéologues aux églises de tradition Wisigothique. Ceci étant acquis, le site de cette chapelle intrigue: est-ce un mémorial suite à linstallation réussie à Fontjoncouse? Est-ce un site plus ancien remontant à limplantation wisigothique systématique dirigée par Frederic à partir de 462 et jouant un rôle de vigie? Outre laventure monastique, on sait quil y avait encore un chapelain à saint Victor au 13 ème siècle. Etait-il le pasteur des bergers? La construction de Saint Christol non loin de la Villa de Palats, mais à lécart, la rattache à la première arrivée des Wisigoths dans nos contrées, lorsquil étaient ariens et enterraient leurs morts au chevet de leurs églises. Jean avait donc choisi Fontjoncouse, un lieu certes abandonné et désert, mais bien nommé et localisé et non vierge de toute trace d occupation humaine.

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28 Saint Victor La seule travée restante de lédifice à chevet carré des 6 ème ou 7 ème siècle est encore visible avec la masse de sa voûte soutenue en sous-œuvre par des arcs du 12 ème siècle. La proximité des sites de Gléon, de saint Cristol, de sainte Ruphine, lOlive, Rouffia, donne une idée de la densité de linsertion wisigothique avant les raids des musulmans. Léglise Sainte Léocadie de Jean LHispani, aujourdhui reconstruite ne relevait pas de cette architecture wisigothique primitive et devait représenter un art hispanique plus élaboré.

29 Ce qui reste de San Cristol Un lieu dit, une source

30 De Jean LHispani à Jean de Fontjoncouse En 963, lunique descendant de Jean lHispani sappelle Jean de Fontjoncouse, où il réside avec son épouse Ode et ils navaient pas dhéritier. Ce qui pouvait être considéré à lépoque comme un péché ou sa conséquence. Le 17 Avril 963, ils firent donation de leur propriété à larchevêque Aimeri de Narbonne, sous réserve de lusufruit au dernier vivant. Ayant pendant 200 ans résisté à bien des attaques dont faisaient lobjet les aprisionnaires, la première famille de Fontjoncouse succomba faute de descendants. Les évêques percevaient de quoi mener un train de vie princier, mais de nombreuses charges leur incombaient (travaux publics: ponts, fortifications; œuvres hospitalières; etc.) a la fin de lancien régime de nombreux évêques dirigeaient les états des provinces.

31 Lhistoire de Fontjoncouse allait se poursuivre paisiblement sous la houlette des archevêques ou de leurs affiliés, puis sous nos institutions modernes. Lemprise viticole sest considérablement amoindrie et le territoire souvre à dautres aprisionnaires: gastronomie, sports mécaniques, escalade, géologie, randonnées, asinerie, ainsi quà ceux qui sont sensibles à la magie de ces lieux, à leur fabuleuse genèse…

32 Notre remontée du cours de la Berre en suivant les anciennes traces des Wisigoths, après Durban, nous amène à Rouffia, prés de Villeneuve les Corbières. Sur un terrain élevé de quelques mètres au dessus du lit de la Berre le sol a été fouillé et parmi les amas de pierres remuées, apparaît une base de mur, tout ce qui reste de lancien Rouffia qui fut habité jusquau 18 ème siècle. En 1672, les habitants de Villeneuve sont autorisés à prendre la pierre de léglise de Rouffia pour construire une église à Villeneuve, de lautre côté de la rivière. Cette église était terminée en Son emplacement est toujours appelé le Christ. Elle-même ruinée à la fin du 19 ème siècle, cette église dédiée à Saint Saturnin fut remplacée par léglise actuelle et ses décombres furent enlevés pour agrandir la courbe du virage afin de permettre au Tramway, en 1902, de continuer sa route vers Tuchan.

33 La modeste ruine ci-dessus, est peut-être celle de la construction la plus soignée du village de Roffian, léglise. Lorigine de ce village que ses habitants quittèrent pour rejoindre Villeneuve, est probablement un domaine Gallo-romain, appartenant à un nommé Ruffius. La présence dun cimetière Wisigothique en ces lieux est mentionnée par lAbbé Giry (Les Corbières) et par Gauthier Langlois (Vilatges al Pais). Ces cimetières se signalent le plus souvent par des tombes dites « à coffre » ou à « lauzes ». Il nen reste plus aucune trace sur le site de Roffian. Ces tombes Wisigothiques sont souvent dispersées dans la nature car lors de leur première arrivée dans la vallée de la Berre, vers 462, les Wisigoths observaient encore cette coutume qui était celle des peuples nomades qui enterraient leurs morts dans des lieux sauvages, comme fût enterré Alaric 1 er, sous le lit dune rivière.

34 Encore très nombreuses dans les années 1960, les modestes sépultures « à lauzes » sont souvent effacées à cause de la méconnaissance de leur antiquité et de leur signification. Si vous en découvrez, vous pouvez nous les signaler, en prendre une photo. Léglise de Roffian était dédiée à Saint Marcel, pape et martyr en 309. Il nest pas cité parmi les saints du sanctoral Wisigothique. Les Wisigoths de Roffian ont peut- être été à lorigine, les protecteurs militaires du domaine du Gallo-romain Ruffius.

35 En poursuivant la remontée du cours de la Berre, nous arrivons à Cascastel. Les diverses transcriptions de ce nom en bas latin (cascio castello, etc.) nous ont éloignés dune hypothèse plus évidente, quant à son origine : en occitan, le château ou réside le seigneur terrien est appelé « cap castel » (Gauthier Langlois, Affirmation de la seigneurie castrale dans le Midi). Cest en effet en ce lieu et Château de Cascastel que résidait le seigneur de Cascastel, Villeneuve et Roffian, puis Baron de Castelmaure. Lorigine de ce Village situé au dessus du lit de la Berre, comme Saint Just à Durban et comme Roffian près de Villeneuve, et au milieu de condamines fertiles, résulte probablement dune installation agricole très ancienne. En labsence de vestiges, constructions ou mobilier, nous avons un indice qui peut faire remonter la création de Cascastel bien avant les premières mentions (861), il sagit de la dédicace de léglise. Léglise actuelle date pour sa plus grande partie du 11 ème siècle, elle est dédiée à Saint Julien et Sainte Basilysse. Ces Saints appartiennent eux aussi, au sanctoral Wisigothique. Comme Just et Pasteur, Juste et Ruphine, Estève, ils ont accompagné le reflux des Hispani vers nos régions sous la pression Arabe au VIII ème siècle. Le site de Cascastel a été occupé en permanence, les constructions sempilant sur le même site, au fil du temps, et il y a peu de chances de découvrir des indices archéologiques vu la forte densité doccupation actuelle. On peut cependant admettre dans le contexte, que les Saints Patrons Hispaniques de léglise y ont été installés par les populations qui les vénéraient. Julien et Basilysse sont les patrons déglises très anciennes (Fitou, Cucugnan) dans notre contrée, il en va de même pour les Félix (de Gérone) que lon retrouve à Castelmaure, Sigean, Paziols. Mais ceci fera lobjet du prochain et dernier volet de « Les Wisigoths, cest notre Histoire ».

36 En remontant le ruisseau de St Martin, affluent de la Berre, se trouve le lieu dit Sainte Eulalie, sainte appartenant au sanctoral wisigothique primitif. Au bord du ruisseau de St Martin se trouve une vigne, répertoriée par Julien Mantenant (Économie et histoire de l'arrière-pays narbonnais à la fin de l'âge du Fer et au début de la période romaine) comme un lieu de traitement du minerai de fer. Au dessus de cette vigne sétend une zone boisée et caillouteuse dite Ste Eulalie. Les cartes IGN mentionnent des ruines en ce lieu, mais rien de significatif nest décelable aujourdhui. Par contre la colline voisine de St Martin (476m) réserve une surprise. A son sommet, située comme à la proue dun navire, se trouve la base dune construction en forme dabside à lest, complétée dune nef à plan rectangulaire. Son implantation en ce lieu nommé St Martin, rappelle léglise de St Victor, qui est dailleurs bien visible de ce sommet, comme lest aussi la Récaoufa.

37 Avec St Martin et St Victor nous avons quitté la piste Wisigothique, mais sans nous égarer pour autant. En effet, le village de Quintillan était à lorigine un enclos ecclésial. Les habitants des nombreux lieux dispersés dans un vaste secteur sont venus sy rassembler sous la protection divine, dans un enclos sacré, autour dune église. Cest la loi Wisigothique qui accordait limmunité dans un périmètre autour des églises. (Gauthier Langlois, Affirmation de la Seigneurie Castrale) Cette loi, toujours vivante en particulier en Catalogne, allait dailleurs déboucher sur linstitution de la trêve de Dieu dans le Midi, au 11 ème siècle. Ceux qui respectaient le périmètre sacré, ou plus tard la trêve de Dieu, avaient la vie éternelle et les autres étaient voués au châtiment éternel. Au départ, la protection sappliquait aux environs immédiats du lieu de culte et au cimetière. Les paysans y construisent des silos et des cabanes. Encouragés par léglise, toujours en conflits dintérêts avec les seigneurs laïcs, ces enclos formèrent de véritables villages. Mais la plupart devinrent des castra au bénéfice de Seigneurs laïcs, et cest ainsi que disparut cette tradition Wisigothique…

38 Sur la commune dEmbres, de nombreuses sépultures à lauzes auraient été recensées, il y en aurait jusque dans le village dont les pierres sont récupérées. Mais la perle Wisigothique de la commune dEmbres, cest le site de Notre Dame de lOlive. Labbé Giry mentionne des tombes Wisigothiques dans son cimetière ainsi que des murs dont subsiste lappareil en épi attribué aux Wisigoths. La situation isolée et le cimetière permettent de supposer une implantation Wisigothique ancienne (après 462) alors que ce peuple était de confession arienne. Malgré de nombreuses reconstructions, léglise a conservé son chevet carré que toujours labbé Giry, considère comme caractéristique de ces très anciennes églises. Enfin ce lieu de culte nest pas consacré à un saint patron dorigine hispanique comme le furent les sanctuaires construits par les « Hispani » réfugiés en Septimanie (après 780), mais consacré à Marie, ce qui fut le sort des plus illustres lieux de culte arien (Rome, Recopolis, La Daurade à Toulouse). Les récits légendaires entourant la fondation de Notre Dame de lOlive tentent daccréditer une origine plus auguste que celle qui est la plus probable. Aussi le peuple Wisigoth na-t-il laissé quune empreinte, que nous vous avons invités à retrouver….

39 Le chœur actuel du sanctuaire de Notre dame de lOlive

40 Saint Martin des Puits

41 Le chœur carré ouvre sur la nef par un arc outrepassé soutenu par des colonnes antiques et des chapiteaux mérovingiens de remploi. Les colonnes senfoncent à un mètre au dessous du niveau actuel du sol. Larc triomphal fortement outrepassé est caractéristique de la permanence de foyers de peuplement et de résistance wisigothique en Septimanie. Toutefois les archéologues se bornent à parler dart Asturien, Carolingien ou préroman pour cette architecture dont on trouve de nombreux exemples en Catalogne, dans laude et dans lHérault. Il est fait mention en 897 dun monastère carolingien de Saint Martin de Montredon ou des Puits. Larchéologie du chœur ( arc outrepassé, piètre qualité des murs et chainages dangles soignés) révèle une antériorité wisigothique du site. La nef et ses bras sont du 11 ème siècle, les fresques du début du 12 ème siècle. LannonciationNabuchodonosor

42 Sources Emile Cauvet: Etude historique sur létablissement des Espagnols dans la Septimanie et sur la Fondation de Fontjoncouse. Louis Lapeyre: Histoire de Fontjoncouse. Histoire Générale de Languedoc, Claude de Vic et Joseph Vaissète, Edition 1783 Bulletin Commission Archéologique de Narbonne, Tome 1, Jordanès, Histoire des Goths Dictionnaire topographique Aude, Abbé Sabarthès La Septimanie au regard de l'Histoire, André Bonnery, Loubatières 2005 Les Wisigoths: Première puissance organisée dans l'Empire éclaté de l'Occident Romain: de la Baltique aux Colonnes d'Hercule, de Toulouse à Tolède, huit siècles d'épopée. Georges Labouysse, Loubatières 2006 Toulouse, première capitale du Royaume Wisigothique, Article par Jean Guyon Al-Andalous , Pierre Guichard, Hachette 2006 Prieurés de lAude, R. Aymard, Lacour 2007 Noms de lieux du Languedoc, Paul Fabre, Bonneton 1995 Le Détroit de Tuchan, Georges-Edouard Pous, chez lauteur à Tuchan Pyrénées Cathares, Juillet 2011 Données Wikipédia


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