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Lorientalisme: Les vices cachés de lOccident Guy Lanoue, Université de Montréal, 2011-2014.

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1 Lorientalisme: Les vices cachés de lOccident Guy Lanoue, Université de Montréal,

2 Lorientalisme dans son premier sens se réfère à un mouvement artistique et littéraire surtout populaire en France (mais certainement avec des échos ailleurs) populaire dans la 2 e moitié du 19 e siècle. Son sujet, lOrient surtout dans son sens du Moyen Orient (le mouvement sapparentait à lÉgyptologie), était sélectionné pour souligner les aspects exotiques de cette région. Pour eux, comme pour les Romains, lOrient commence aux Balkans. En fait, le critère saillant est culturel, car ce sont largement des cultures musulmanes qui se font orientalisées. On ajoute donc des sujets de lAfrique du Nord, qui nest aucunement lOrient pour la France. Pour les Anglais, cela inclut lInde. Plus tard, avec lexpansion coloniale vers la Chine et lIndochine, on y ajoute lAsie et la Polynésie. On a tendance aujourdhui à diaboliser ce mouvement pour sa simplification de lAutre, oubliant que plusieurs aspects des cultures orientales étaient admirés, pourvu quils fussent dénaturés et décontextualisés par la distance. Combien daspects de lesthétique victorienne et dempire ont incorporé des «chinoiseries»? AAAABqc/5EBFb1a1qT4/s400/aesthetic_interiors.com+victorian.jpg Intérieur victorien, avec tapis, rideaux et tapisserie ayant des motifs orientaux.

3 Lorientalisme trace ses origines au mythe dEuropa. Comme la légende romaine qui précise des origines orientales pour le lignage de Romulus, Europa, selon la mythologie grecque, est une Phénicienne noble (donc, étrangère et appartenant à un group rival). Il y a plusieurs versions, mais la plus répandue, et une de plus récentes (500 a.J.-C.) serait que Zeus assume la forme dun taureau et la séduit (ou la violé)* et lamène à Crète (pays du taureau sacré) sur son dos, où il révèle sa vraie identité. Il lui donne des cadeaux, et elle est couronnée la Reine de Crète. * Dans la littérature antique, le viol, le rapt (comme dans le cas des Romains et les femmes sabines) et la séduction sont souvent la même chose. La grande majorité des représentations dEurope la montre comme assise délicatement sur le dos de Zeus, signalant son accord avec lenlèvement, avec sa main qui tient une seule corne phallique du taureau. En fait, Europa femme phénicienne de Tyr, na jamais visité les terres qui portent son nom, sauf pour la Crète, qui est à la frontière extrême orientale et méridionale du continent. Selon Dumoulin, lhistoire du rapt serait une métaphore des efforts pour tracer la frontière avec lAsie. /commons/0/0c/Europa_auf_dem_Stier.jpg À gauche, Europa et Zeus, version «conventionnelle», daprès un portrait grec de lépoque classique. À droit, version plus érotique, de Félix Valloton, Voir M. Dumoulin (dir.), Europa. Lidée et lidentité européennes, de lAntiquité grecque au XXIe siècle,

4 Lempire grec, nous le savons, avait de rapports importants et de filiales en Asie. Les Grecs eux- mêmes, comme de fait tous les peuples indo-européens, sont dorigine «asiatique» (en fait, Homère les appelle «Achéens», car le mot «Grec» à lépoque était utilisé pour une seule tribu). Reste la question du pourquoi les Grecs ont voulu investir dans un mythe du type fondateur qui reconnait et ne cache pas lorigine orientale de lEurope. Je crois, comme Dumoulin, que le mythe dEuropa e de Zeus est une tentative de tracer de frontières là où il avait énormément de contacts commerciaux et politiques. Il y a de plus. Les Grecs, anciennement bergers et éleveurs (Homère le mentionne à maintes reprises), bénéficièrent de lalphabétisation venue des Phéniciens par Cadmos le frère dEuropa, ce qui les permet dériger un appareil étatique, dont lœuvre principale était de fonder des colonies semi-indépendantes, créant ainsi un commerce international qui devient la base du pouvoir des Grecs. Ils sont donc largement orientés vers lAsie et non vers lEurope, car ce sont les Phéniciens fondateurs de Carthage qui dominent la Méditerranéenne occidentale. Il est donc possible que la question de frontières assume une importance primordiale, car lengin symbolique qui fait fonctionner la machine grecque est au fond oriental. AAAAAAAAq8/I_-2UQyeaHU/s1600/greek-alphabet-1.jpg

5 Je crois que ce qui est considéré une simple parenthèse dans lhistoire dEuropa est en fait dune importance capitale pour définir lorientalisme contemporain. Après lenlèvement, le père dEuropa envoie son fils Cadmos (frère dEuropa, logiquement) à la recherche de sa sœur. Il narrivera jamais à la trouver, mais ses errances en Grèce lamènent à fonder une ville qui va devenir un des symboles clés de la Grèce antique, Thèbes (bien quil ne la pas baptisé avec ce nom). Thèbes est la ville principale de la région de Béotie, qui est aussi la région des Grecs, la tribu qui a donné son nom aux peuples de la péninsule. Thèbes devient célèbre au 19 e siècle quand un certain médecin autrichien devenu psychanalyste va baser ses théories de la psyché sur la mythologie de la ville, la légende du Sphinx (une femelle, ne loublions pas, qui était gardienne de Thèbes), dŒdipe et de Jocaste sa mère quil épousera après avoir tué son père Laïos. Lorientalisme, qui nait 20 siècles a.J.-C. avec la légende dEuropa (situé par les Grecs 1000 ans avant les évènements de lIliade), signale deux grandes dynamiques: 1) linterpénétration de deux mondes et les tentatives de définir une frontière «pénétrable», et 2) la féminisation de la «chose publique», la res pubblica, la république, la communauté imaginée (pour reprendre les mots de Benedict Anderson, Imagined Communities, 1983), pour souligner sa faiblesse et pour autoriser lidée de lintervention «masculine». Ces deux thèmes deviennent inséparables avec la modernité psychanalytique. Au 19 e siècle, le colonialisme va «masculiniser» le Nous et féminiser lAutre qui, jadis, était une entité masculine qui menaçait de pénétrer lEurope depuis lépoque de la chute de lEmpire. Œdipe et le sphinx, Gustave Moreau, 1864, capte bien le courant sexuel entre les deux, qui anticipe les évènements à venir, le mariage dŒdipe avec sa mère.

6 Il ne faut pas oublier linfluence énorme du Japon (le japonisme) et de la Chine sur la porcelaine (en Anglais, «china») et sur le design européen. Porcelaine japonaise Porcelaine chinoise _files/store/product_fullsize/Mancelona-Porcelain-lg.jpg Même des textiles qui allaient devenir populaires auprès du style liberté (Art nouveau) sont influencés par les motifs orientaux exportés vers lOccident avec la porcelaine.

7 Lorientalisme est associé à ce mouvement littéraire et surtout artistique du 19 e siècle, mais il a certainement des antécédents, cars les Vénitiens, parmi dautres empires européens, étaient en contact avec lOrient depuis des siècles (on pense à Marco Polo, Livres des merveilles du monde, 14 e siècle, qui décrit ses aventures sur la Route de la soie et dans la cour de Kublai Khan; ce livre devient un trope pour laventure orientale, par exemple le livre dUmberto Eco, Baudolino, 2000). Voir Chris Bongie, Exotic Memories: Literature, Colonialism, and the Fin de Siècle, 1991, qui parle de lOrient et les œuvres de Jules Verne, Pierre Loti, Victor Segalen, Joseph Conrad, etc., et David Lucking, Conrads Mysteries: Variations on an Archetypal Theme, 1986, qui explore Conrad et la dimension mythique et même ésotérique. Au 20 e siècle, l«orientalisme» devient synonyme pour la diabolisation et lasservissement de lAutre, utilisant les techniques psychoculturels (appelé, parfois, lhégémonie) de la gouvernance moderniste: manipuler les images et les signifiés du quotidien pour créer et renforcer une hiérarchie de valeurs qui souligne tacitement la puissance et la domination de lidéologie occidentale.

8 En 1853, un Irakien dorigine assyrienne Hormuzd Rassam mais éduqué en Angleterre, engagé par larchéologue anglais A.H. Layard, a découvert la « bibliothèque » du roi néo-assyrien Assurbanipal (c.669 – 631 ou 626 av.-J.C), dont le palais était à Ninive, Mésopotamie (aujourdhui, un quartier de Mossoul, Irak, sur les rives du Tigre). Layard est à Londres au moment de la découverte; Rassam est en charge. Parmi les tablettes dargile, dans une langue inconnue écrite en cunéiforme, il trouve une version de lÉpopée de Gilgamesh, texte akkado-babylonien basé sur les exploits de Bilgamesh, 5 e roi dUruk, ville sumérienne, lErech biblique. On découvre plus tard que les premières versions de ce récit sinspirent de textes sumériens du 3 e millénaire – une histoire, donc, avec une renommée de 2000 ans. Cest le premier texte littéraire de lhistoire, car les Sumériens nont pas seulement inventé le cunéiforme, ils ont inventé lécriture. Cest une découverte phénoménale, car lépopée contient une version du déluge biblique, qui démontre que la version israélite nest quune copie dun texte beaucoup plus ancien, et que le récit, ayant deux sources, est possiblement inspiré de faits vrais.

9 Vingt ans plus tard, George Smith, un génie travaillant comme commis au British Museum, commence à déchiffrer ces signes cunéiformes. Prolétaire dorigine, il meurt dans loublie, mais Rassam, désormais vivant en Angleterre et directeur de plusieurs fouilles pour le Musée, vit assez long pour être accusé par le nouveau directeur E.A. Wallis Budge dêtre incompétent et possiblement un voleur qui vendait des objets archéologiques. Rassam fait procès. Il gagne une victoire pyrrhique, car le tribunal le dédommage seulement 50 livres, une insulte. Sa réputation est ruinée. Il se retire, mais ne peut plus publier ses livres. Son nom est rayé des guides du musée. Pour lhistoire officielle, Rassam serait toujours un « employé local » de son ami Layard, « a common sort of Levantine », comme a témoigné un professeur allemand au procès. Même deux ans après la mort de Rassam, Budge publie un livre sur lhistoire de lassyriologie où il cite le commentaire dédaigneux et raciste. Voilà lautre visage de lorientalisme: un outil de lhégémonie.

10 Le nationalisme occidental qui émerge au moitié du 19 e siècle préférait postuler des origines grecques plutôt que romaines, car les Grecs étaient ethniquement homogènes et donc plus « nationales » selon un modèle européen, comparés aux Romains, qui ignoraient lethnicité pour créer une communauté purement politique basée sur la citoyenneté. Lintérêt dans les classiques grecs alimente lappétit pour les fouilles en Mésopotamie (en en Égypte). Une source importante pour les Européens, Hérodote, (Histoires, Tome I:199, dans un passage cité à maintes reprises), décrit une coutume où les Babyloniennes étaient obligées à se vendre à un inconnu dans le temple local, au moins une fois dans leur vie. Les femmes belles accomplissaient leur devoir après un seul jour, mais les moins mignonnes étaient souvent obligées dattendre jusquà trois ou quatre ans avant quun homme les choisisse. Les femmes qui recevaient un prix plus élevé finançaient les dots de femmes moins désirées. Edwin Long, 1875, The Babylonian Marriage Market; inspiré non seulement dHérodote mais par des objets assyriens récemment trouvés par les archéologues. Considérés « véridique » au niveau des détails, lhistoire de base est complétement inventée.

11 Gyula Tornai – The Connaisseurs (1892)* LOrientalisme se distingue surtout par son sujet, lorient exotique. Les sous- textes parfois appuient la position extrême de Edward Said, Orientalism, 1978; ici, on voit des «Orientaux» qui visionnent une œuvre orientaliste, perplexes et émerveillés, comme si la dimension visuelle leur était totalement inconnue. On voit, également lutilisation de couleurs fortes et de soleil lumineux, et une attention particulière à lhabillement des «Orientaux», des traits qui vont devenir la marque de commerce de ce style. * Notez que les titres qui suivent sont parfois approximatifs, car les œuvres sont parfois connues sous plusieurs noms, qui, souvent, ont été attribués par des marchands et des galeristes, plus sensibles au marché quau sujet.

12 Jean-Léon Gérôme, Le marché desclaves (1871) Limpact de cette représentation, à part de la belle femme nue à gauche, est certainement dû au dégout avec le sujet annoncé par le titre, car les Européens se félicitaient toujours pour avoir aboli lesclavage 50 ans auparavant (nous sommes 5 ans après la guerre de Sécession aux États- Unis). Ici, nous voyons une première stratégie pour représenter lOrient: se concentrer sur une dimension exotique pour la sexualiser.

13 Leopold Carl Muller, Primary School in Upper Egypt (1881) Notez que lartiste présente une activité banale, mais fondamentale, léducation, pour souligner les conditions précaires et primitives (représentées par le bâton du professeur). Cest lépoque où on établit, en Europe, lidée de léducation standardisée et «scientifique ».

14 Jean-Léon Gérôme, Charmeur de serpent (1880) Plusieurs ont noté la nudité du petit gars pour suggérer que lartiste voulait proposer ou souligner une vision pervertie de lOrient, mais notez le détail exquis de la calligraphie arabe que lartiste a choisi dimmortaliser. Même sans connaitre les détails de la vie de Gérôme, ceci suggère une certaine admiration pour le sujet «oriental». Cependant, cette admiration sans doute sincère nempêchait que ces artistes et écrivains sexualisent lOrient. Cela faisait partie inconsciente de léconomie politique de lesthétique de lépoque.

15 Gérome, Charmeur de serpent (détail) Une autre ambigüité: comme est souvent le cas avec le style orientalisant, les détails naturels ou architecturaux semblent dominer les personnes. Ceci est une autre stratégie visuelle de la culture de lorientalisation, c.-à-d., présenter les individus dans une position subordonnée et assujettie à leur environnement.

16 Vasily Vereshchagin, Dervishes in Tashkent (c.1880) Une variation de la technique précédente, où lindividu est soit dominé soit caché par ses vêtements ou par la perspective sélectionnée par lartiste.

17 Vasily Vereshchagin, Throne Room at the Shah Jahan Fort in Delhi (c.1885) Notez ici lutilisation dune perspective très bizarre, où le plan central de lespace sous les arches disparait vers larrière- plan de façon conventionnelle (selon les canons de la perspective linéaire), bien quexagérée, mais le toit suit toute une autre géométrie, et lédifice est orienté sur un troisième axe, pour créer un effet visuel plutôt dérangeant, un genre de tension subtile qui devient une métaphore apte pour la façon dont lOccident voit lOrient.

18 Fabio Fabbi, Il sogno dellarabo (Le rêve de lArabe, c.1890 ). Un autre sujet préféré des orientalistes: représenter lutilisation de la drogue et la recherche exagérée du plaisir; la décadence, la débauche. Notez lattention exquise aux détails des vêtements (quétablit un contraste avec la condition physique un peu dégénérée de lhomme, représentée par ses mains) et le fait que les débauchés sont présentés comme passifs. Notez aussi le contenu de son rêve, manifesté par les visages de jeunes filles à droit.

19 Pasquale Liotta, Leffetto dellhashish (1875) Ici, leffet du sujet «osé» est renforcé par la pose et par les vêtements un peu féminins

20 Jean Lecomte du Nouÿ, La porte du sérail, souvenir du Caire (1876) Il sagit de la garde du harem du Sultan, mais notez les poses féminines des soldats, qui établissent un contraste avec la collection impressionnant e darmes; toujours la tension entre deux extrêmes: derrière lapparence dinertie, la tension.

21 Du Nouÿ, détail Lattention portée aux détails trop soignés établit la distance avec les normes européennes; pour des soldats, ceci suggère un manque de discipline.

22 José Villegas y Cordero, Le fumeur oriental (1875) Un autre drogué dans une pose langoureuse

23 Nicola Forcella, Le fumeur de narguilé (1880s) Une autre stratégie occidentale est de suggérer que le plaisir un peu perverti est peut-être un peu trop important pour ces personnes; lhomme en arrière-plan qui se donne au plaisir banal de boire un thé normalise (et notez la théière à gauche) le plaisir illicite du fumeur décadent. Cest la vie normale: thé ou hachisch, cest la même chose.

24 Nicola Forcella, The Hookah (1876) Un autre fumeur tranquille, mais notez la pose excessivement complexe de lhomme, suggestive dune certaine décadence et même une condition primitive, car elle suggère quil a complètement perdu le contrôle de son corps.

25 Stephen Wilson Van Schaik, Turkish Idlers (1880s) Des flâneurs dans un rêve quasi narcotique (détail). À droit (en dehors du cadre présenté ici) il y a un sheesa (narghileh) et leurs pantoufles quils ont enlevées (un sous-texte de perte, donc pire de la sauvagerie des «vrais» primitifs sans chaussures).

26 William Hogarth, Cruelty 1 et 2 (1750s) Notez, quà différence de la dissolution et décadence orientale, le même phénomène en Occident (dont Hogarth est linterprète le mieux connu) souligne la violence et lagression sociale, le désordre. Laspect paisible et passif des débauchés orientaux suggère que la société nest pas un point de référence important dans la dynamique de la psyché individuelle, un point qui semble avoir frappé les orientalistes de lOccident.

27 Hogarth, Beer Street (gauche), Gin Lane (droit) (1750s) Avant le 20 e siècle, la débauche en Occident est une forme dagression sociale. Peut-être le contraste que les orientalistes ont saisi représente une envie de la débauche «passive» de lOrient. Le manque dagression dans les représentations de lOrient souligne la normalité du kayf, le loisir et la détente. À noter que le loisir oriental est certainement lié à un rythme dune vie non industriel, et que Hogarth vivait au plein milieu de la révolution industrielle, qui impose ses rythmes farouches sur le corps et sur lâme. Un corolaire: la fameuse politesse orientale nest quune ritualisation de la passivité de lindividu face à la société.

28 Gustav Bauernfeind, Market in Jaffa (1887) Notez que les détails dominent les personnes, que limpression est dun chaos, et que les figures principales, les femmes en blanc à bas à gauche, ont le visage caché

29 Ludwig Hans Fischer, An Arab Caravan (1903) Ici on voit non seulement laccent sur les détails qui dominent et éclipsent les personnes, mais aussi lutilisation dun autre technique préféré des orientalistes, lillumination contrejour (qui est quasiment linverse du chiaroscuro italien), qui effectivement utilise la lumière pour exagérer limportance de lenvironnement aux dépens des personnes.

30 Jean-Léon Gérôme, Arabes traversant le désert (1870) Toujours lillumination contrejour, augmentée par les voiles quils portent et leur peau foncée. Le thème de mouvement, un préféré des orientalistes, suggère une condition sociale déracinée

31 Charles Théodore Frère, La caravane près du Caire (1875) La même chose, mais avec une illumination contrejour tellement exagérée quelle annule totalement les personnes. Le mouvement et le déplacement de personnes sont un autre thème préféré, dont le sous-texte suggère le manque de racines (un passé flou; les personnes donc vivent dans une dimension atemporelle) et la faiblesse de la dimension civilisée qui pousserait les Arabes à se déplacer continuellement: le nomadisme souligne leur manque de villes et donc de civilisation.

32 Léon Belly, Pèlerins allant à La Mecque (1861) Illumination contrejour, masse humaine un peu chaotique, la primauté accordée aux chameaux (et donc de la nature aux dépens de lhumain), et le mouvement, lorganisation spatiale des personnes en flèche qui vise et menace le public européen qui visionne cette toile – tous des techniques et des thèmes préférés des orientalistes ici unies dans un seul portrait, et la raison pour laquelle on appelle cette illustration la plus grande du genre.

33 Jean-Léon Gérôme, Le bain du harem (1876) Les femmes sensuelles et langoureuses, avec un esclave mâle qui en effet domine les femmes, en dépit de son statut desclave, par sa taille exagérée.

34 Léon Belly, Femmes fellah au bord du Nil, 1863 Illumination contrejour, visages cachés, et laccent sur les fesses et les seins nus suggèrent une condition sensuelle et donc un peu sauvage.

35 Frederick Arthur Bridgman, The Siesta, 1878 Le féminin comme métaphore de lOrient, dans une pose très sexuelle. La femme langoureuse séduit toujours, même quand elle dort. Ceci suggère la qualité primordiale et incontournable de la sensualité orientale.

36 Jean-Léon Gérôme, Le bain maure, 1870s La femme dominée par lesclave suggère que les hiérarchies du pouvoir ne sont pas claires. En même temps, il réussit à suggérer une tendresse entre les deux, unis par ce geste simple. Ici, on voit un autre technique préféré des orientalistes, présenter la femme du dos plutôt que du devant. Ceci met lemphase sur les fesses et non sur les seins symboles du rôle féminin de nourrice et donc de créatrice (dans un sens) de lêtre humain. Le pouvoir sexuel inné des femmes orientales doit être dompté, et donc elles sont souvent présentées dans cette pose de soumission qui conserve quand même lodeur de la sexualité.

37 La petite baigneuse, ou lintérieur du harem (Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1838) Le dos tourné est une stratégie préférée pour représenter les odalisques (du Turc odalik, femme de chambre); dans ce contexte, cacher les attributs féminins ne fait que les souligner, de surchauffer limagination érotique. /items/tn_12-La_baigneuse_de_Valpincon_817.jpg Parfois, lappropriation se fait recycler; ici, loriginal dIngres, La Baigneuse de Valpinçon, 1808

38 Jean-Auguste-Dominique Ingres, Lodalisque et lesclave (1839) (en arrière-plan, un gardien); quand la femme est présentée du devant, elle est souvent dans une pose langoureuse

39 Eugène Delacroix, Femmes dAlger dans leur appartement, 1834 (les femmes dominées par un esclave); ici, elles ne sont pas présentées dans des femmes particulièrement langoureuses, mais elles suggèrent néanmoins la décadence

40 Mariano Fortuny Marsal, Odalisca, 1862 (la menace indistincte)

41 Luis Riccardo Falero, Lenchanteresse (1878) Une sensualité naturelle et donc plus menaçante que la séduction classique et «pensée»; linnocence du visage et la nudité innocente cachent (à peine) un pouvoir érotique formidable.

42 Jean-Léon Gérôme, Une Almeh, 1882 La femme européenne comme odalisque; en fait, une grande partie des femmes du harem venait de lEurope orientale. Même cette femme, pas trop belle selon les canons classiques, dégage un pouvoir et une confiance en soi qui démentent son statut officiel de la personne qui est devenue victime de la culture patriarcale. Elle est une almée: chanteuse, poète, femme de salon.

43 Lecomte du Nouÿ, Lodalisque, 1888 Ses cheveux rouges la marquent comme Européenne; la femme blanche (lEurope) menacée

44 Fernand Boucher, Odalisque blonde, 1752 (lEurope menacée; il sagit dun portrait de Louise OMurphy, maitresse de Louis XV, c. 1752)

45 Eugène Delacroix, Lodalisque, 1857

46 François Boucher, Le viol dEuropa (Lenlèvement dEurope), 1734 La représentation dun mythe classique, traitant de lorigine de lEurope (car Europa senfuit dans la région qui va porter son nom); ceci est une vision non orientaliste de la féminisation; la femme est soumise, mais pas dominée; la nature sauvage est clairement «en bas», et le ciel héberge de petits cupidons qui viennent à son aide. Bref, la femme occidentale peut lier des éléments bas et hauts, le sauvage et le noble. La condition féminine nest pas totalement négative.

47 Eugène Delacroix, Cavalier arabe attaqué par un lion, 1849 Lhomme oriental comme sauvage violent, mais aussi la présence menaçante de la nature. Limage communique que la soi-disant civilisation des Orientaux ne réussit pas à les isoler de la nature, comme elle le fait en Europe.

48 Eugène Delacroix, Massacre à Chios, 1824 (viol, esclavage et le sauvage, surtout la menace turque)

49 Une autre version, attribuée à Delacroix, mais il sagit dune interprétation contemporaine

50 Eugène Délacroix, Le mort de Sardanapulus, 1827 Orientalisme: viol, esclavage et le sauvage

51 Jean-Léon Gérôme, Prière dans la mosquée, 1871 La religion, dont la qualité mystique et donc «orientale» est établie par la domination de larchitecture, surtout par la présence dune grille suspendue qui encadre les hommes en prière et qui suggère que la structure du bâtiment a besoin dêtre renforcée (contraste implicite avec larchitecture et les techniques de construction plus robustes des Européens). _Prayer_in_a_Mosque_1871_LS_d2h_.jpg

52 Pierre-Auguste Renoir, lOdalisque, 1870 Nous sommes vers la fin de cette phase visuelle de limaginaire occidental, et nous voyons les signes dune autre femme orientale, un peu moins belle, moins séductrice, moins menaçante. Pas surprenant, les pays occidentaux commencent à dominer lOrient.

53 Jean-Auguste-Dominique Ingres, Le bain turc, 1862 La vision baroque; larrangement spatial des femmes en poses langoureuses et la perspective plus typique de la Haute-Renaissance transforment ce sujet banal en scène exotique mais déjà un peu moins menaçante – les femmes ont lair de poupées

54 Frederick Leighton, Odalisque, 1862 Mythification – le mythe de Léda, qui est considérée comme «Européen», car grecque (cest lépoque du mouvement néoclassique qui invente limage de la Grèce comme «berceau de la civilisation»). On dompte lOrient, car lantiquité de «notre» culture nous donne une force supérieure. Cette combinaison de crainte et dadmiration est typique du mouvement.

55 Jean-Léon Gérôme, La prière sur les toits de Caire, 1865 La religion mystique qui déborde dans la rue, qui souligne la puissance de la religion dans lOrient; elle nest pas confinée aux mosquées. Ces personnes ne semblent pas distinguer le sacré et le laïc comme «Nous» le faisons. Limage de lOman qui fait appelle à la prière suggère une religion moins développée quen Occident, où les cloches suffissent (le pouvoir des symboles est donc moins efficace en Orient).

56 Joshua Reynolds, Portrait of Omai, 1775 Lhomme féminisé; ici, par les vêtements qui dominent le corps; pire, Omai nétait aucunement un «Oriental». Il était un jeune homme polynésien (Tahiti) amené en Angleterre à loccasion dune expédition dexploration comme «pièce de musée». Il est allé, semble-t-il, parce quil cherchait lappui des Anglais pour résoudre une lutte politique locale. Reynolds a recyclé une pose «héroïque» quil avait utilisée pour son portrait exécuté en 1772 dAugustus Keppel, un commandant naval anglais et son ami. Reynolds/Augustus_Keppel_1752_53.jpg

57 George Seymour, A Consecration of Arms (1880s) Bien que ceci soit un portrait dun soldat qui consacre ses armes (devant lui, à ses pieds), il y a une qualité féminine très marquée à ce portrait, surtout avec lemphase sur le pectoral dévoilé, comme dans un geste de séduction. Notez la différence de couleurs; à gauche, une reproduction contemporaine; à droite, loriginale

58 Karoly Csuzy, Nubian Man (1880s) Toujours un homme sensuel, dans une pose évocatrice de lOdalisque de Ingres; la musculature évidente est drôlement féminisée par la pose

59 Jean-Léon Gérôme, La danse pyrrhique (1885) Cette danse est censée être un rituel de magie sympathique avant de se lancer au combat, mais en dépit du sujet belliqueux, le danseur principal (voilé) a une jupe très féminine, pour ne pas mentionner que lidée des soldats dansants devait apparaitre assez bizarre aux Européens.

60 Photographe, 1880, Le café turc Lexotique et le sauvage; la hiérarchie représentée par le petit gars serviteur. La domination du patriarcat dans la dimension publique en Orient est souvent vue comme un trait marquant sa faiblesse. Ont-ils peur des femmes?

61 Ludwig Deutsch, The Scribe, 1894 Lhomme oriental féminisé par son environnement et par sa corporalité langoureuse.

62 Osman Hamdy-Bey, Old Man in Front of a Childs Tomb (1903). Lorientalisme a aussi influencé le monde oriental, car voici un exemple dun portrait par un «vrai» oriental (un politicien et intellectuel turc renommé) qui est allez en Europe pour étudier les techniques perfectionnées durant la Renaissance. Notez la fidélité au technique à faire dominer les détails, mais il y a aussi une illumination tout à fait différente du contrejour standard des orientalistes européens, plus évocateur du chiaroscuro, car la rétro-illumination ne cache aucunement le visage de lhomme. Laperçu de larrière-plan «naturel» à travers larche est très italien et donc, a ce point dans le parcours esthétique, très classique.

63 Odalisque La photographie osée (pour lépoque) inspirée par lart orientaliste (Delacroix)

64 Kay Neilson, 1920, Scheherazade Telling the Tales (la femme soumise; art nouveau; illustration pour un livre denfants)

65 Lorientalisme en Amérique, femme indienne comme odalisque

66 Alexandre Cabanel, LÉgyptologie 1: Cléopâtre expérimente les poisons sur les condamnés à mort, 1887 (la femme menaçante)

67 LÉgyptologie 2: Art Nouveau et le décor contemporain Lawrence Alma-Tadema, The Finding of Moses, 1904 Ici, comme dans lillustration précédente, on voit les premiers pas vers la standardisation des motifs censés illustrer «lOrient»: finie lexpérimentation osée des premiers artistes, nous sommes devant la vulgarisation sur le seuil de devenir le kitch, signe certain que les attitudes populaires ont changé.

68 Henri Matisse, Le tatouage, 1923 (modernisme); on ne peut ignorer la croix (la femme est donc copte, et surement une chrétienne), mais aussi la forme ovale du visage «typique» des femmes orientales

69 Lorientalisme nest pas véhiculé uniquement par une école académique de peinture. Lintérêt pour lorient à des antécédents qui remontent aux Romains, et à lexpédition de Napoléon en Égypte en Bien sûr, Shakespeare dans le monde anglais avait popularisé le thème avec Antony and Cleopatra (1623). Plusieurs films à son sujet ont été réalisés: mini-séries en 1993, le film « classique » de 1963 où Liz Taylor a séduit Richard Burton, Marcantonio e Cleopatra (Italien, 1913), pour ne pas mentionner Asterix & Obelix - Missione Cleopatra (2002). Le tout a commencé avec la guerre civile suivant la mort de Jules César. Octave le neveu et fils adoptif de César, nest pas content avec la partie occidentale de lempire. Il veut tout, surtout la partie orientale que Marcus Antonius avait reçue, car Égypte était le grenier à blé de Rome. Cléopâtre, pour tenter de sauver son royaume, avait eu un fils de César et elle tente la même stratégie avec Marc-Antoine. Il est séduit par ses charmes. Octave lance une campagne acharnée de propagande pour justifier sa guerre civile: le général et ancien ami de César est accusé davoir délaissé son devoir et son honneur romain face à cette séductrice, quOctave accuse dêtre une prostituée, une toxicomane, une alcoolique; elle veut couronner Marc-Antoine pour le transformer en roi dÉgypte: cest un insulte à Rome républicaine. On connait la fin: une grande bataille navale à Actium en 31 av.-J.C. au large de la côte ouest de la Grèce. Octave. Un an plus tard, Cléopâtre et Marc-Antoine se suicident, et Octave devient lEmpereur Auguste.

70 Voilà: dune côte: séduction, trahison, sexe, bataille, encore du sexe, vie sybaritique; de lautre: vie austère, devoir, « démocratie » (pour lépoque), repas de soldat (pain, fromage, vin âpre). Cest le combat classique du principe féminin voilé par la séduction, contre le masculin dur, direct, pénétrant. Derrière ces prises de position: lavidité, la soif du pouvoir, la naissance dun empire. Le secret de la popularité de cette histoire nest pas les émotions, mais le fait quelle fait un pont entre les dynamiques du pouvoir nu et lintimité à laquelle chaque personne a accès: désir, amour, sexe, amitié, loyauté, trahison. Lhistoire de Cléopâtre, César, Marc Antoine et Octave forme une armature sur laquelle un individu quiconque peut construire une interprétation des dynamiques du pouvoir desquelles il est exclu par sa station humble. Ici, le haut descend vers le bas. Lorientalisme au niveau étatique est un jeu dempire, mais sur le plan individuel, il est une porte dentrée au pouvoir, version simulacre.

71 Fillette afghane (Sharbat Gula), National Geographic, 1985 (photographe: Steve McCurry) /TFVxNS6WJoI/AAAAAAAAAXQ/2P- -gKOiBIE/s400/Afghan+Girl+Now+with +NG+Magazine.jpg Shurbat en 2002

72 La nouvelle orientalisation. Ici, on le voit dans la revue de bord dAir Canada, que jai choisi au hasard. Ces revues se ressemblent toutes.

73 De la revue enRoute (Air Canada – Star Alliance): Background In 2001, enRoute relaunched as a lifestyle magazine. In May 2005, we underwent another transformation to become a publication that celebrates the travel lifestyle of our readers. enRoute stories are infused with the idea of mobility, with travel- related stories occurring throughout the magazine. We speak to an international readership that is on the go, cultured and educated.

74 … suite/2 What are we about?enRoute is the place where Canada and the world intersect. We are an upscale travel lifestyle magazine interested in everything from wine to design, popular science to pop music. We are a trusted and consistent source of entertainment and information about the world and the mobile lifestyle of our readers. The magazine is smart and fun and seeks to celebrate the excitement and glamour of air travel. As many travellers first introduction to Canada, we are proudly Canadian but never parochial about Canadian content.

75 …suite/3 Who are our readers? enRoute readers are highly mobile people who live, work and play on a global scale. Air Canada passengers (64 percent male/36 percent female) are affluent business travellers from major Canadian cities and highly educated frequent flyers with disposable incomes far above the national average.

76 … suite/4 What makes an enRoute story? A subject that will remain fresh during our four-to-six month lead time and has a unique, unexpected angle. A tone that is personal, highly narrative and opinionated. Stories that are about or that illustrate a sense of mobility (not only dealing with travel but all on- the-go lifestyles) and that have a broad, international perspective (which may or may not include a Canadian angle).

77 … suite/5 Topics that relate to our key lifestyle areas (food, wine, spirits, wellness, beauty, design, architecture, style, technology, consumerism, new and traditional media, social trends and the arts (including books, music and visual art). Fresh formats that go a step beyond traditional reportage and essays. A forward-looking approach instead of a rehashing of the past. enRoute makes our readers feel more tuned in to the world than they did before picking it up. Its like a hip, trusted friend who always gives you the inside scoop.

78 … suite/6 What does veteran concierge Frank Laino have in common with a rowdy South African barbecue, a rock festival in Holland and a bookstore in San Francisco? They are all part of the enRoute 100, a special compendium of our favourite people, places and things from around the world. To read selections from the package, including our profile of Leslie Feist see below. FEIST CLUB With two hit albums, a top ten single and an iPod commercial under her belt, it begs the question about Feist: Is the golden girl of indie rock ready to be a pop star? PARADISE BY THE DASHBOARD LIGHT Touring Dalat, Vietnam, from the backseat of a Citroën, its clear why this colonial outpost is nicknamed Little Paris. AN ODE TO THE DIVE BAR Crack open a bottle of beer and cue the jukebox. Its time to give the dive bar some respect. A WEEKEND IN THE LAKE SIMCOE AREA, ONTARIO In the time it takes to get to downtown Toronto from the airport you can make it to cottage country. Dont forget the skates. THE ITALIAN SANDWICH LUXURY GETAWAYS Mary Gostelows hotel picks. STOP WATCH Readers get the green light to shoot traffic signals around the world. Ready, set, go. IMAGINE – EXPERIENCE THE DREAM Leisure, Luxury and Love: Sol Meliá Hotels & Resorts and You

79 Le nouvel orientalisme: Où sommes-nous? (Berlin à gauche et Tokyo à droit )

80 Le nouvel orientalisme: Où sommes-nous? (Tokyo à gauche et Dubai à droit)

81 Le nouvel orientalisme se manifeste sous plusieurs formes. Lexpression nest plus limitée à un mouvement littéraire ni aux attitudes envers le transculturel, car le système mondial, ses cultures postcoloniales et les idéologies néolibérales ont brouillé les frontières traditionnelles. Par contre, la fusion du Nous et de lAutre na pas éliminé lorientalisme. Par exemple, Anca Baicoianu lutilise pour décrire une forme de victimisation qui existe dans la culture national roumaine (« The Trap of Memory: Auto-Orientalism as Victimization », 2006, ), où lexaltation de sacrifices héroïques pour la patrie désormais inutiles, laffirmation que le parcours national « historique » et glorieux a été interrompu par une puissance exogène, lidéalisation du passé (lâge dor) et la diabolisation du présent, le sentiment répandu que l« ailleurs » soit supérieure aux conditions locales, sont des manifestations dune attitude postcoloniale (sans quil ait forcément eu une étape récente de domination coloniale); en fait, et dans le cas de la Roumanie et dautres pays de lEurope de lEst qui ont vécu le socialisme, il sagit dun excès de sentiment nationaliste qui mène à la frustration collective après la chute des régimes qui les isolaient du reste du monde. Lorientalisme devient autovictimisation, une forme de nationalisme basée plus sur la honte que lorgueil. Voir également Gérard Leclerc, mondialisation culturelle : les civilisations à l'épreuve, Paris, 2000). À gauche, Le Grande Roumanie, montrant les territoires perdus après la 2 e Guerre mondiale.


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