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Stage Médiation Sociale Philippe Castel & Marie-Françoise Lacassagne.

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1 Stage Médiation Sociale Philippe Castel & Marie-Françoise Lacassagne

2 Plan  Introduction  1) La catégorisation sociale et les biais de discrimination  2) La théorie de l’identité sociale et la théorie de l’auto-catégoristion  3) L’apport de la psychologie sociale du langage et la théorie des partitions  4) Les implications pratiques sur la médiation sociale  Conclusion

3 Introduction

4 Objet de la psychologie sociale Objet de la psychologie sociale La psychologie sociale se centre sur les interactions humaines. Notamment les êtres humains en collectivité.

5 L’étude des relations intergroupes constitue l’un de ses centres d’intérêt particulier. L’étude des relations intergroupes constitue l’un de ses centres d’intérêt particulier.

6 Les relations intergroupes  Les relations intergroupes peuvent être conflictuelles Conflit

7 Discrimination Discrimination  Le pendant psychologique (c’est-à-dire chez le sujet) des manifestations conflictuelles de niveau social ou culturel est la discrimination

8 Groupe A Groupe B Membre A Membre B Discrimination Conflit

9 La discrimination résulte du processus de catégorisation sociale.

10 Catégorisation sociale Groupe B M A M B Groupe A

11 La recherche La recherche  Il existe un grand nombre de recherches expérimentales dans le champ de la catégorisation sociale  elles mettent au jour les mécanismes à l’œuvre dans la discrimination

12 LA CATÉGORISATION SOCIALE 1 L’explication du fonctionnement du sujet humain dans les relations intergroupes s’appuie essentiellement sur la théorie de la catégorisation sociale.

13 Définition La catégorisation sociale correspond à la division d’un ensemble d‘humains en parties quel que soit le fondement de la séparation. partiparti Partie A - les Forts - les Majoritaires - les X Partie B - les faibles - les minoritaires - les Y

14 LA CATÉGORISATION SOCIALE Initié par Henri Tajfel dès les années 60, ce courant de recherches s’est développé de façon extrêmement importante jusqu’à nos jours.

15 les expériences princeps dirigées par Tajfel

16 Selon Tajfel, le fait d’être impliqué dans une partition sociale entraîne des distorsions automatiques

17 Conséquences des partitions Conséquences des partitions 1) Distorsions dans le traitement de l’information ( biais de contraste et d’assimilation) 1) Distorsions dans le traitement de l’information ( biais de contraste et d’assimilation) 2) Représentations faussées de l’autre groupe ( biais de stéréotypie) 2) Représentations faussées de l’autre groupe ( biais de stéréotypie) 3) Conduites discriminantes ( biais d’autofavoritisme et d’allodéfavoritisme)  4) Distorsions dans les jugements sur autrui ( biais évaluatifs).

18 1 Les biais de contraste et d’assimilation

19 Dès 1959, Tajfel, s’interroge sur la formation des stéréotypes il suggère qu’ils résultent d’une distorsion de même nature que celles à l’œuvre dans la perception. il suggère qu’ils résultent d’une distorsion de même nature que celles à l’œuvre dans la perception.

20 1 Les biais de contraste et d’assimilation  Stéréotype = distorsion perceptive  Pour confronter cette idée aux faits, il met au point avec A. L. Wilkes une première expérience.

21 Hypothèse théorique Hypothèse théorique  La classification de stimuli devrait entraîner une tendance à surévaluer les différences entre les stimuli appartenant à des classes différentes et les ressemblances entre les stimuli appartenant à une même classe.

22 Dispositif  Les sujets (N=54) participent à une série d’épreuves de perception consistant à estimer la longueur de lignes.  Ces lignes leur sont présentées par séquence de 8, différant les unes des autres par un écart représentant 5% de leur longueur.

23 Dispositif  Dans la condition classification, les 4 lignes les plus courtes sont affectées de la lettre A et les 4 lignes les plus longues de la lettre B. 

24 Expérience princeps (simplifiée)  Condition avec classification B A

25 Dispositif  Dans les conditions sans classification cette relation longueur-classe n’existe pas, les lettres A et B n’étant pas affectées du tout ou aléatoirement.

26 Expérience princeps (simplifiée)  Condition sans classification (1)

27 Expérience princeps (simplifiée)  Condition sans classification (2) AB A A BB A B

28 Hypothèses opérationnelles  H1: Les écarts perçus entre deux lignes adjacentes de catégories différentes (la plus grande ligne des « petites lignes » et la plus petite ligne des « grandes lignes ») seront plus grands dans la condition « classification » que dans les conditions « sans classification ».

29 Ecarts entre lignes adjacentes de catégories différentes A A A A B B B B

30 Hypothèses opérationnelles H2: Les écarts perçus entre deux lignes adjacentes d’une même catégorie (« grande ligne » ou « petite ligne ») seront plus petits dans la condition « classification » que dans les conditions « sans classification ».

31 Ecarts perçus entre deux lignes adjacentes  classification Sans classification

32 Résultats: Résultats: L’écart perçu entre les lignes adjacentes de classes différentes est en moyenne de 1,9 dans la condition « classification » contre 1,1 dans les autres conditions. Ce résultat étant significatif (p. <.025), il va a l’appui de l’hypothèse H1.

33 Moyenne des écarts perçus entre 2 lignes adjacentes de catégories opposées classification Sans classification 1,91,1

34  Par contre, les moyennes des écarts entre les lignes de même classe ne sont pas significativement différentes entre les conditions.  L’hypothèse H2 ne semble donc pas validée.

35  Si l’on compare les premiers essais et les derniers, on constate une diminution plus importante de l’écart estimé entre deux lignes adjacentes d’une même classe dans la condition « classification » que dans les autres conditions et cette différence est significative (p. <.01).

36 L’effet n’apparaît pas directement et globalement L’effet n’apparaît pas directement et globalementMais l’évolution dans le temps plaide en faveur d’une tendance à l’uniformisation à l’intérieur d’une classe donnée.

37 Conclusion Conclusion Les résultats valident le premier effet (“ effet de contraste ”) mais pas totalement le second (“ effet d’assimilation ”). Les résultats valident le premier effet (“ effet de contraste ”) mais pas totalement le second (“ effet d’assimilation ”).

38  Les recherches (très peu nombreuses) qui ont été menées sur des objets physiques ne retrouvent pas non plus simultanément les deux effets.

39  André Duflos et Guy Lauvergeon (1988, 1993), en répliquant quasiment cette expérience, obtiennent le premier effet, mais pas du tout le second.

40  Sur des recherches (beaucoup plus nombreuses) portant sur des objets non physiques, on obtient en général les deux effets en même temps.

41  Craig McGarty et John Turner (1992) ont réalisé une transposition du paradigme de Tajfel et Wilkes en manipulant des expressions d’opinions politiques.

42 Lorsque les stimuli sont sociaux, les deux effets (contraste et assimilation) peuvent apparaître en même temps.

43  La catégorisation d’objets sociaux (opinions) permet d’obtenir simultanément, contrairement à la catégorisation d’objets physiques, une maximalisation des différences inter- catégorielles et des ressemblances intra- catégorielles.

44 2 Le biais de stéréotypie

45  Poursuivant sa réflexion sur les stéréotypes, Tajfel envisage d’élargir son premier paradigme au cadre des catégories humaines.

46 Pour lui, les mécanismes à l’œuvre dans la catégorisation sociale sont les mêmes que ceux à l’œuvre dans une catégorisation d’objets physiques (contraste et assimilation).

47  De plus, ils devraient être activés par les stéréotypes associés aux catégories sociales. “ La classification qui forme la base du stéréotype conduit à une accentuation des différences entre les membres des différentes classes, mais seulement pour les attributs qui sont, subjectivement ou objectivement, reliés à la classification ; il en est de même pour la minimisation des différences entre les membres d’une même classe ” (p. 264).

48  Avec A. A. Sheikh et R. C. Gardner, il met ainsi au point une expérience portant sur des groupes nationaux en fonction des stéréotypes associés.

49 Hypothèse théorique: Hypothèse théorique:  « Des individus appartenant au même groupe ethnique [devraient être jugés] comme plus semblables les uns aux autres sur les traits qui font partie du stéréotype s’appliquant à leur groupe que sur les traits qui ne font pas partie du stéréotype » (p. 269).

50 Dispositif: Dispositif:  Les sujets (N = 25), tous Canadiens, assistent aux interviews de quatre individus (deux Indiens et deux Canadiens) sur des oeuvres de littérature et de cinéma.

51 CICI Interviewer Public

52 Dispositif  Les sujets doivent évaluer chacun des interviewés sur 25 items bi-polaires en 7 points Compliqué simple

53  Les stéréotypes (« Indien » et « Canadien ») sont déterminés en demandant à d’autres sujets canadiens (N = 37) de choisir parmi les items précédents ceux qui caractérisent le mieux « les gens des Indes » et les « Canadiens ».

54 Caractéristiques des gens des Indes  Pour plus de 50% de la population  spiritualistes  matérialistes  religieux  ayant l’esprit de famille  soumis  soumis  détendus  détendus  Pour moins de 10%  optimistes  optimistes  confiants  bavards  bavards  flatteurs  sociables  sociables

55 Caractéristiques des Canadiens  Pour plus de 50% de la population  conservateurs  sociables  amicaux  pacifiques  souples  souples  Pour moins de 10% de la population  romantiques  artistes  religieux  spiritualistes  subtils

56 Hypothèse opérationnelle: Hypothèse opérationnelle:  Les écarts entre les notes attribuées aux deux interviewés de même nationalité seront plus petits pour les traits inclus dans le stéréotype de cette nationalité que pour ceux qui en sont exclus.

57 Résultats: Résultats:  Sur les traits stéréotypiques, l’écart moyen est de 1,33; sur les traits non stéréotypiques, il est de 1,60

58 Moyenne des écarts perçus entre les 2 interviewés traits stéréotypiques traits stéréotypiques traits non stéréotypiques traits non stéréotypiques 1,331,60

59 Approfondissement en fonction de la nationalité Traits stéréotypiques Traits non stéréotypiques Indiens1,221,50 Canadiens1,431,70

60 Résultats: Résultats: Le test du signe indique que les Indiens sont perçus comme nettement plus ressemblants sur les traits stréréotypiques que sur les traits exclus du stéréotype (p. <.011). Il en va de même, dans une moindre mesure, pour les Canadiens (p. <.039).

61 Analyse Analyse  Cette expérience est très différente de la précédente  1) l’effet de contraste n’est pas testé  2) l’effet d’assimilation n’est pas traité pour lui-même Les auteurs comparent la ressemblance des interviewés d’une même nationalité sur les traits appartenant au stéréotype et sur les traits exclus du stéréotype, et ne regardent pas si les Indiens et les Canadiens se ressemblent plus entre eux qu’ils ne ressemblent les uns aux autres.

62 Les résultats obtenus sont donc partiels puisqu’ils ne concernent qu’un effet (l’assimilation), et non équilibrés puisqu’ils sont plus importants dans un cas (celui de l’exogroupe, c’est-à-dire des Indiens).

63 Par contre, il ressort Par contre, il ressort L’importance du stéréotype dans l’appréhension d’autrui.

64  En effet, l’expérience prouve que, dans une situation de catégorisation, la perception des autres se fait en référence à leur catégorie d’appartenance.  La catégorisation provoquerait la mobilisation des stéréotypes, qui préexistent et servent de filtre à la perception d’autrui.

65 Définition Définition  “ L’endogroupe est composé des individus qu’une personne a catégorisés comme membres de son propre groupe d’appartenance et avec qui elle a tendance à s’identifier. Par contre, on peut définir l’exogroupe comme étant composé de tous les individus qu’une personne a catégorisés comme membres d’un groupe d’appartenance autre que le sien et avec qui elle n’a pas tendance à s’identifier ” (p. 716, Bourhis et Gagnon, 1994).

66 Conclusion Conclusion  Ainsi, l’expérience de Tajfel, Sheikh et Gardner met en évidence un biais de stéréotypie (sous-jacent au biais d’assimilation).

67 3 Les biais d’autofavoritisme et d’allodéfavoritisme

68  Les différences d’effets obtenues entre exogroupe et endogroupe, en particulier pour l’effet d’assimilation, amène à s’interroger sur le rôle de l’appartenance du sujet à l’une des catégories.

69 3 Les biais d’autofavoritisme et d’allodéfavoritisme H. Tajfel, M. G. Billig, R. P. Bundy et C. Flament (1971) H. Tajfel, M. G. Billig, R. P. Bundy et C. Flament (1971) le “ paradigme des groupes minimaux ”. le “ paradigme des groupes minimaux ”. = une situation de catégorisation sociale “ pure ”, fondée sur un critère arbitraire, dans laquelle le sujet est parti prenante. = une situation de catégorisation sociale “ pure ”, fondée sur un critère arbitraire, dans laquelle le sujet est parti prenante.

70 Hypothèse théorique: Hypothèse théorique:  La catégorisation sociale devrait entraîner un biais d’autofavoritisme.

71 Dispositif: Dispositif:  Suite à une partition aléatoire et sans valeur sociale, les sujets (N = 48) sont répartis en deux groupes.  Chacun doit ensuite distribuer des points (correspondant à une rétribution en argent) aux participants autres que lui-même, considérés successivement deux par deux.

72 Expérience de Tajfel, Billig, Bundy & Flament (1971) 3 . Les répartitions sont effectuées à partir d’une série de choix en suivant des règles qui permettent de mettre au jour différentes stratégies

73 abcdefghijklm X Y nopqrstuvwxyzX Y Matrices de Tajfel

74 Récompense commune maximale Récompense commune maximale  - « la Récompense Commune Maximale (R.C.M.) définie comme le choix qui entraîne le plus grand bénéfice commun possible pour les deux individus à qui le choix se destine »

75 abcdefghijklm X Y nopqrstuvwxyzX Y Matrices de Tajfel

76 La récompense équitable La récompense équitable La Récompense Équitable (R.E.) définie comme le choix qui répartit également les bénéfices entre les deux destinataires

77 abcdefghijklm X Y nopqrstuvwxyzX Y Matrices de Tajfel

78 La récompense intragroupe maximale La récompense intragroupe maximale - « la Récompense Intragroupe Maximale (R.I.M.) définie comme le choix correspondant au plus grand nombre de points qui peuvent être attribués au membre de l’endogroupe »

79 abcdefghijklm X Y nopqrstuvwxyzX Y Matrices de Tajfel

80 La différence maximale en faveur de l’endogroupe La différence maximale en faveur de l’endogroupe « la Différence Maximale en faveur de l’endogroupe (D.M.), définie comme le choix entraînant la plus grande différence possible entre les points attribués aux deux individus à qui le choix se destine, cette différence étant en faveur du membre de l’endogroupe » « la Différence Maximale en faveur de l’endogroupe (D.M.), définie comme le choix entraînant la plus grande différence possible entre les points attribués aux deux individus à qui le choix se destine, cette différence étant en faveur du membre de l’endogroupe »

81 abcdefghijklm X Y nopqrstuvwxyzX Y Matrices de Tajfel

82 Hypothèses opérationnelles: Hypothèses opérationnelles:  H1 : Les points attribués correspondront plus à la stratégie R.C.M. lorsque le choix concerne deux membres de l’endogroupe que deux membres de l’exogroupe.

83 Hypothèses opérationnelles: Hypothèses opérationnelles:  H2 : Lorsque le choix concerne un membre de chaque groupe, les points attribués correspondront plus à la stratégie D.M. qu’à toute autre.

84 Résultats:  Les résultats vont significativement dans le sens des hypothèses. Pour les choix concernant deux membres d’un même groupe, le total des deux sommes est plus élevé lorsqu’il s’agit de deux membres de l’endogroupe que de deux membres de l’exogroupe (p. <.0002).

85  Pour les choix concernant des membres de groupes différents, 35 sujets ont une majorité de réponses favorisant leur propre groupe contre 4 qui ne favorisent aucun groupe et 9 qui favorisent l’autre groupe.

86  Enfin, les sujets privilégient la stratégie de la différence maximale à toute autre (l’écart maximum entre les deux au détriment de celui de l’autre groupe est préféré au gain maximum pour les deux ou au gain maximum pour celui de son groupe).

87 Analyse Analyse  Les sujets, jamais directement concernés (ils ne s’attribuent pas de points à eux- mêmes) sans aucune interaction personnelle avec les participants (tous les noms sont codés sur les feuilles de réponses), mettent en œuvre des stratégies instituant une inégalité au profit de leur groupe.

88 biais d’allodéfavoritisme  Ils vont même jusqu’à préférer faire gagner moins en valeur absolue à ceux de leur propre groupe “ pour ” faire perdre plus à ceux de l’autre groupe.  plus largement, il y a mise en évidence d’un phénomène de discrimination.

89 La catégorisation sociale selon Tajfel La catégorisation sociale selon Tajfel Synthèse

90  Tajfel a initié et développé une nouvelle conception des relations intergroupes : la catégorisation sociale.  Partant du principe que les phénomènes psychosociaux sont régis par les processus cognitifs, il inaugure la socio-cognition.

91  Au vu des expériences clés qui ponctuent sa trajectoire de recherche, il semblerait que le biais de contraste soit attesté dans l’appréhension des données tant physiques que sociales et humaines.  Dès qu’il y a catégorisation, le sujet aurait tendance à surévaluer les différences entre les éléments d’une catégorie et ceux de l’autre.

92  Lorsque la catégorisation s’applique à des humains ou à des objets produits par des humains, au biais de contraste se rajouterait le biais d’assimilation.  Les éléments appartenant à une même catégorie seraient perçus comme se ressemblant plus entre eux. Ce phénomène, très lié à l’aspect social du stimulus, pourrait être dû à la mobilisation de représentations sociales.

93  En effet, par leur dispositif, Tajfel, Sheikh et Gardner, indépendamment de leurs hypothèses, montrent que la perception des groupes passe par la mobilisation des stéréotypes, ce qui amène le sujet percevant à utiliser une grille de lecture réduite, pouvant rendre compte du biais d’assimilation.  En d’autres termes, le biais de stéréotypie pourrait être à la base du biais d’assimilation.

94  Enfin, lorsque la catégorisation implique le positionnement du sujet dans un groupe face à un autre comparable (Tajfel, Billig, Bundy et Flament), elle entraîne des comportements de discrimination.

95  Autrement dit, il existerait bien des lois de fonctionnement du sujet humain qui rendraient compte des phénomènes de discrimination au sens large.  Ces lois impliqueraient des mécanismes psychologiques, des représentations sociales et des pratiques comportementales.

96  L’intégration de ces trois effets mène directement à l’explication de la mise en œuvre du préjugé dans une situation de partition sociale

97 Les préjugés Les préjugés  “ Les préjugés sont des sentiments négatifs à l’endroit de personnes du seul fait qu’elles sont membres d’un groupe donné ” (p. 127, Leyens, 1997). Cognition sociale et relations intergroupes. In J.-P. Leyens et J.-L. Beauvois (Eds.), L’ère de la cognition. Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble. p

98  Les sujets appartenant à un groupe devraient percevoir les autres comme étant tous (assimilation) socialement (stéréotypie) indésirables (allodéfavoritisme).

99 5 les biais évaluatifs automatiques

100 La catégorisation sociale produit des distorsions évaluatives allant dans le sens d’une sur-évaluation de son propre groupe et d’une sous évaluation de l’autre groupe

101 Amorçage Amorçage L’amorçage est un processus cognitif automatique selon lequel l’interprétation d’un stimulus est modifiée par un autre stimulus, moins de 500 millisecondes avant. Les mots, associés de façon consistante avec des stimuli connotés, acquièrent la valeur de ces stimuli

102 Perdue,Dovidio, Gurtman & Tyler (1990) 1  Il s’agit d’une présentation simplifiée de trois expériences de Charles Perdue, John Dovidio, Michel Gurtman et Richard Tyler sur la mise en évidence du biais d’autofavoritisme à l’aide de l’amorçage par les pronoms personnels.  Perdue, C. W., Dovidio, J. F., Gurtman, M. B., et Tyler, R. B. (1990). Us and them: Social categorization and the process of intergroup bias, Journal of Personality and Social Psychology, 59(3),

103 Perdue,Dovidio, Gurtman & Tyler (1990) 2  Les auteurs adoptent la technique de l’amorçage sur du matériel langagier pour tester les hypothèses de la catégorisation.

104 Perdue,Dovidio, Gurtman & Tyler (1990) 3  Partant de l’idée que les pronoms “ nous ” / “ ils ” “ eux ” et les adjectifs possessifs “ notre ” / “ leur ” sont directement liés à la catégorisation cognitive des membres de l’endogroupe et de l’exogroupe, ils font l’hypothèse que leur manipulation entraînera automatiquement un biais dans l’évaluation de personnes inconnues (discrédit de l’exogroupe).

105 Perdue,Dovidio, Gurtman & Tyler (1990)  Nous, Notre, … endo-groupe  Eux, Ils, leur,… exo-groupe

106  En effet, les recherches sur l’apprentissage associatif ont montré que les mots, associés de façon consistante avec d’autres stimuli connotés, acquièrent la valeur de ces stimuli.

107 Les pronoms et adjectifs possessifs liés à l’endogroupe devraient donc s’être chargés progressivement de valeurs positives, et ceux liés à l’exogroupe de valeurs moins positives, et même, selon certains auteurs, de valeurs négatives. Les pronoms et adjectifs possessifs liés à l’endogroupe devraient donc s’être chargés progressivement de valeurs positives, et ceux liés à l’exogroupe de valeurs moins positives, et même, selon certains auteurs, de valeurs négatives.

108  Ainsi, la simple utilisation d’un marqueur de l’endogroupe (“ nous ” par exemple) pour parler d’une personne devrait entraîner une prédisposition favorable à son égard alors que l’utilisation d’un marqueur de l’exogroupe (“ eux ” par exemple) devrait entraîner une prédisposition défavorable.

109 L’ effet de polarisation (positive avec “ nous ”, négative avec “ eux ”) devrait s’appliquer quel que soit le matériel utilisé, en particulier sur du matériel lexical. L’ effet de polarisation (positive avec “ nous ”, négative avec “ eux ”) devrait s’appliquer quel que soit le matériel utilisé, en particulier sur du matériel lexical.

110  Pour tester l’hypothèse selon laquelle l’amorçage par les pronoms de l’endogroupe et de l’exogroupe devrait entraîner des polarisations respectivement positives et négatives, cette équipe de chercheurs a mis au point plusieurs expériences.

111  Dispositif:  Les sujets (N = 23) croient participer à une tâche de décision lexicale sur ordinateur. Ils doivent dire aussi vite que possible laquelle, parmi deux suites de lettres qui apparaissent simultanément sur l’écran, constitue un mot réel. Première expérience Pronoms personnels et jugements esthétiques

112  L’un de ces “ mots ” est une syllabe sans signification (par exemple: (“ CLA ”), l’autre est soit un pronom renvoyant à l’endogroupe (“ NOUS ”), soit un pronom renvoyant à l’exogroupe (“ EUX ”), soit un autre pronom (“ IL ”, “ ELLE ”, “ VOUS ”, “ ME ”, “ MOI ”...).

113 Cla Nous Bli Eux Der me Pronom endogroupe Pronom exogroupe Autre pronom Les places des pronoms changeaient et les sujets devaient dire le plus rapidement possible si le mot était à droite ou à gauche

114 Après 108 présentations, sous le prétexte que le choix esthétique peut jouer sur la rapidité des réponses, les sujets devaient dire s’ils trouvaient les syllabes sans signification plaisante ou non Cla plaisantedéplaisante Bli plaisante Der déplaisante

115 Hypothèses opérationnelles:  H1: Les syllabes ayant été présentées avec le pronom “ NOUS ” seront jugées plus plaisantes que les autres.  H2: Les syllabes ayant été présentées avec le pronom “ EUX ” seront jugées moins plaisantes que les autres

116 Les résultats montrent qu’il y a un effet significatif (p. <.0004) du pronom sur la positivité du jugement. Les syllabes liées à un pronom renvoyant à l’endogroupe sont jugées plus agréables que celles liées à un pronom renvoyant à l’exogroupe (p. <.001); de même, elles sont jugées plus agréables que celles liées à un autre pronom (p. <.001). Cependant, il n’y a pas de différence significative entre l’effet du pronom de l’exogroupe et l’effet d’un pronom quelconque. Les syllabes liées à un pronom renvoyant à l’endogroupe sont jugées plus agréables que celles liées à un pronom renvoyant à l’exogroupe (p. <.001); de même, elles sont jugées plus agréables que celles liées à un autre pronom (p. <.001). Cependant, il n’y a pas de différence significative entre l’effet du pronom de l’exogroupe et l’effet d’un pronom quelconque. Résultats:

117  Cette expérience montre que la mobilisation de son propre groupe est associée au versant positif de l’affectivité.

118 Deuxième expérience Pronoms personnels et traits de personnalité  Dispositif:  Les sujets (N = 30) ont à identifier le plus rapidement possible la valence (positive ou négative) d’un trait de personnalité s’affichant sur un écran. En fait, chaque mot est précédé, de façon subliminaire, c’est-à-dire en dessous du seuil perceptif, d’un terme renvoyant soit à l’endogroupe (“ NOUS ”, “ NOTRE ”), soit à l’exogroupe (“ ILS ”, “ EUX ”, “ LEUR ”).

119 (((Nous))) Orgueilleux Tapez P pour positif, Tapez N pour négatif Orgueilleux

120   H1: La valence des traits de personnalité positifs sera identifiée plus vite lorsqu’ils auront été précédés par “ NOUS ” ou “ NOTRE ” que par “ ILS ”, “ EUX ” ou “ LEUR ”.  H2: La valence des traits de personnalité négatifs sera identifiée plus vite lorsqu’ils auront été précédés par “ ILS ”, “ EUX ” ou “ LEUR ” que par “ NOUS ” ou “ NOTRE ”. Hypothèses opérationnelles :

121 Résultats:  Le temps pour identifier la valence des termes positifs est significativement (p <.03) plus court lorsqu’ils ont été amorcés en référence à l’endogroupe qu’à l’exogroupe; le temps pour identifier la valence des termes négatifs est significativement (p <.02) plus court lorsqu’ils ont été amorcés en référence à l’exogroupe qu’à l’endogroupe.

122  Cette expérience montre que l’effet mis en évidence par la précédente est automatique puisque les sujets ne sont pas conscients d’avoir été exposés aux marqueurs catégoriels.  Elle semble montrer aussi que ce phénomène est d’ordre cognitif et pas seulement affectif puisque la variable dépendante n’est pas une préférence mais une décision (mesurée par un temps de réaction).

123 Troisième expérience Pronoms personnels et adjectifs évaluatifs  Les sujets (N = 32), après un amorçage subliminaire catégoriel (“ NOUS ” / “ EUX ” / “ XXX ”), doivent indiquer le plus vite possible si des traits correspondent à des personnes ou à des maisons; les traits qui nous intéressent (ceux correspondant à des personnes) sont pour moitié positifs (“ bon ”, “ aimable ”, “ loyal ”) et pour moitié négatifs (“ mauvais ”, “ cruel ”, “ douteux ”).

124 Hypothèses opérationnelles : Hypothèses opérationnelles :   H1: Les traits de personnalité positifs seront identifiés plus vite comme qualifiant des humains lorsqu’ils ont été précédés par “ NOUS ” que par “ EUX ”.  H2: Les traits de personnalité négatifs seront identifiés plus vite comme qualifiant des humains lorsqu’ils ont été précédés par “ EUX ” que par “ NOUS ”.

125 Résultats: Résultats:  Le temps pour reconnaître comme humains des traits de personnalité positifs est plus court quand ils ont été amorcés en référence à l’endogroupe qu'en référence à l’exogroupe et cet effet est significatif (p. <.02). Le temps pour reconnaître comme humains des traits de personnalité négatifs est plus court quand ils ont été amorcés en référence à l’exogroupe qu'en référence à l’endogroupe mais cet effet n’est pas significatif (p. <.16). Les résultats dépendant de l’amorçage sans signification (“ XXX ”) sont comparables à ceux du groupe dont l’amorce se réfère à l’exogroupe.

126 Discussion Discussion  1) L’introduction d’un groupe contrôle permet de montrer qu’il s’agit d’un effet d’autofavoritime et non d’allodéfavoritisme.  Cet effet serait dû d’une part à une facilitation de la reconnaissance des traits positifs et d’autre part à une inhibition de celle des traits négatifs.

127 L’ensemble de ces trois expériences démontre que les effets de la catégorisation peuvent être engendrés à partir d’éléments langagiers. L’utilisation de “ déictiques sans référents dans la situation ” garantie la non-mobilisation de représentations sociales. L’ensemble de ces trois expériences démontre que les effets de la catégorisation peuvent être engendrés à partir d’éléments langagiers. L’utilisation de “ déictiques sans référents dans la situation ” garantie la non-mobilisation de représentations sociales.

128  Autrement dit, ces catégories “ socialement vides ” (“ nous ” et “ eux ” peuvent représenter n’importe qui selon les situations) semblent permettre de dégager ce qui revient aux mécanismes cognitifs en dehors de l’activation de toute représentation sociale.  La valorisation de son propre groupe est un effet automatique de la catégorisation.


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