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Histoire de lAfghanistan : des origines à demain….

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1 Histoire de lAfghanistan : des origines à demain…

2 Introduction 1 – Géographie 2 – Démographie 3 – Économie 4 – Société et culture

3 1- Géographie 1.1 – Lafghanistan et sa région. LAfghanistan actuel occupe km2 et est situé au milieu de la principale masse continentale de la planète. Jusquà larrivée des Européens, le territoire de lAfghanistan était sillonné par les marchands. La plus célèbre des passes de la Route de la soie est dailleurs située en Afghanistan. Le territoire pèse au moins partiellement sur le type dorganisation sociale des peuples qui y vivent. Cest ainsi que lAfghanistan avait jusquau XVIIe siècle une économie basée sur le commerce. Louverture de la route maritime Europe-Asie a conduit au déclin de la route de la soie, lequel a entraîné lisolement du pays. Paradoxalement, ce déclin coïncide avec létablissement des premiers États afghans, puisque ce déclin a rendu le territoire moins convoité.

4 LAfghanistan et ses voisins

5 Sagissant dun État enclavé, les relations avec les voisins revêtent une importance capitale. Ses voisins (Russie puis URSS, Royaume-Uni puis États-Unis, Perse puis Iran, empire moghol puis Pakistan) ont pesé de tout leur poids sur lévolution du pays et son territoire a toujours été convoité. Les causes de cet intérêt ne sont ni économique, ni démographique, mais géostratégique. LAfghanistan partage des frontières avec six États (Iran, Pakistan, Turkménistan, Tadjikistan et Kirghizstan et Chine) dont limportance régionale est variable et qui furent longtemps sous la domination dune puissance lointaine. Ainsi, lAfghanistan marque depuis deux cents ans les lignes de partage de puissances rivales. Le pays offre des possibilités de contrôle de la région très intéressantes, doù son rôle historique de zone tampon.

6 1.2 – Géographie intérieure – Caractéristiques générales Le cœur de l'Afghanistan est constitué par le massif de l'Hindou-Kouch, prolongement occidental de l'Himalaya, qui constitue une frontière culturelle majeure entre le Turkestan et le monde irano-indien. Très large, mais pas très haut à l'ouest, il se rétrécit en même temps que son altitude croît en direction de l'est. C'est là que se localise le point culminant du pays (Nowshak, m). L'Hindou-Kouch constitue en outre la réserve hydrique du pays. Les cours deau du versant sud-est, appartenant au bassin-versant de l'Indus, parviennent à la mer. Les autres se joignent aux cours deau de la région ou aux grands réservoirs, comme létait jadis la mer dAral, par le biais de lAmou-Daria et de ses affluents.

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8 Les précipitations sont rares et aléatoires, concentrées pendant la saison froide. Les confins afghano- pakistanais constituent une exception, où la mousson d'été indienne à une certaine influence. Cest dans cette région quon trouve les seules forêts du pays, occupées par des feuillus en basse altitude, lesquels sont progressivement remplacés par des conifères. La formation végétale dominante est la steppe, laquelle se change au printemps en riches pâturages

9 1.2.2 – Les principales régions Politiquement, le territoire est aujourdhui divisé en 34 provinces. Les plus importantes dentre-elles sont la province de Kaboul, celle de Kandahar, celle de Herat et celle de Balkh. Ces quatre régions constituent en outre les principales zones géographiques du pays. Chacune de ces zones est constituée de plaines, de plateau ou de vallées où coulent des rivières. Doù la concentration de population quon y trouve. La région de Kaboul est le cœur de lÉtat afghan. À lépoque médiévale, la région jouissait dune position stratégique sur la route de la soie, doù son importance. La région est située en haute altitude : Kaboul est sise à mètres daltitude et Gardez, à mètres. Les étés y sont relativement frais, et les hivers plutôt froids.

10 Divisions administratives de lAfghanistan actuel

11 Kaboul – vue aérienne

12 Kaboul et lHindou Kouch

13 Lagriculture y est difficile, mais létalement des centres habités rend la région intéressante : dans les zones médianes, on cultive des céréales et certains arbres fruitiers, alors quau sud, on cultive le riz et les agrumes. La zone de la capitale est très diverse ethniquement et cest la plus densément peuplée: Elle représente à elle seule 30 % de la population totale du pays, Kaboul comptant elle-même, environ 4 millions dhabitants. Située sur une zone de fracture ethnique entre Tadjiks et Pachtounes, la zone attire des représentants de toutes les grandes familles ethniques présentes sur le territoire. Au sud du pays, Kandahar est le principal centre urbain. Le sud est particulièrement aride, mais, irriguées par la rivière Helmand, Kandahar et sa proximité immédiate forment une oasis fertile, où lon cultive des céréales, mais aussi des fruits. Le coton y est également cultivé, de même que, plus récemment, lopium.

14 Kandahar – vue aérienne

15 Une mosquée à Kandahar

16 Cest la région la plus faiblement peuplée, mais sa situation géographique, sur la route de la soie, en a fait une zone disputée entre les empires iranien et indien. Région peu diversifiée ethniquement, lélément pachtoune, surtout, le clan des Durrani. Kandahar fut la première capitale de lÉtat au XVIIIe siècle. Cest lune des zones les plus dangereuses, et cest de là que provient le mouvement des Taleban. À louest se trouve la ville de Herat. Ville oasis entourée dune zone aride, elle fut la capitale de la province dAreia de lempire perse. Son nom lui vient de lHarirud, la rivière qui lirrigue. Herat à longtemps été associé au voisin iranien. Sa puissance lui vient de sa richesse agricole, mais aussi de sa situation géographique, sur le passage des routes commerciales entre la Chine et la Perse dune part, et entre lAsie centrale et lInde, dautre part.

17 Herat

18 Une citadelle à Herat

19 Détruite par les Mongols en 1222, Herat se releva rapidement pour devenir un centre culturel et religieux et devint à son tour capitale en 1522, sous Tamerlan. Herat a toujours eu une population à dominante perse, où se mélangent sunnisme et chiisme. Sa richesse et sa diversité ont fait de la région lun des pivots des premiers États afghans, alors que le gouverneur de la ville était toujours un membre influent de la famille royale. Au nord se trouve la « mère de toutes les cités », Balkh, aux cotés du centre régional, la ville de Mazâr-e charif. Lun des plus vieux centres de peuplement du monde, Balkh fut la capitale de lempire gréco-bactrien et selon la légende, la ville dorigine de Zoroastre. Situé à une faible altitude entre lHindou-Kouch et lAmou Daria, son climat est semi-aride, avec des hivers frais et des étés chauds. La région est richement irriguée et de nombreuses rivières saisonnières y coulent.

20 La grande Mosquée de Mazar-ê-Sharif

21 La citadelle de Balkh

22 Cest une zone agricole prospère, où poussent céréales diverses (dont du riz), des melons et du coton. Ses pâturages en font aussi lune des principales zones de production de viande du pays. Son histoire fait de la région de Balkh la plus rebelle des régions face à la domination de Kaboul. La zone est riche et elle est la première à se détacher de lensemble afghan lorsque le pouvoir central saffaiblit. De plus, lélément pachtoune est plus faible que partout ailleurs, et les principaux groupes ethniques sont davantage apparentés aux voisins du nord : Ouzbeks et Kirghizes, mais surtout Tadjiks et Hazaras. La zone nord-est comprend la vallée du Panjshir fief du commandant Shah Massoud, qui lutta avec acharnement contre les Taleban jusquà sa mort.

23 Enfin, il convient de mentionner brièvement la région de Peshawar, qui ne fait pas partie de lAfghanistan, mais bien du Pakistan, car la zone est essentiellement peuplée de Pachtoune et jusquen 1834, était contrôlée par ceux-ci, avant de passer entre les mains des Sikhs, puis des Britanniques, puis dIslamabad dans la foulée de lindépendance du Pakistan. Capitale des « territoires tribaux », Peshawar continue de peser de tout son poids sur lAfghanistan, car cest dici que partent les armes qui alimentent la guérilla actuelle.

24 2 - Démographie 2.1 – Notions générales Zone de passage des caravanes et des marchands, lAfghanistan constitue une mosaïque démographique complexe. Selon les statistiques dont nous disposons aujourdhui (peu fiables), le pays compterait aujourdhui environ 25 millions de personnes. On doit ajouter à ce nombre près de 5 millions de réfugiés qui ont fui le pays depuis la fin des années 70 et qui forment la plus importante communauté de réfugiés au monde.

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26 2.2 – Composition ethnique Originellement, au XVIIe siècle, le terme « afghan » était employé pour désigner les Pashtounes, peuple majoritaire du pays, et ce nest quà la frontière des XIXe et XXe siècles que ce terme dAfghan commencera à sappliquer aux autres ethnies. Ces Pashtounes constituent lun des deux principaux groupes nationaux de lAfghanistan. À ce jour, ils forment environ 40 % de la population du pays. Population dorigine indo-européenne, leur langue est le pachtou, langue indo-européenne de la famille des langues perses. Présents sur lensemble du territoire, ils sont majoritaires dans leurs zones traditionnelles, près du Pakistan. Ce 40 % de la population est à son tour divisé en près de 90 tribus. De ces 90 tribus, deux ont une plus grande importance politique depuis plusieurs siècles, les Durrani, dont proviennent la plupart des rois (et Karzaï), et les Ghilzai.

27 Cette division clanique empêche les Pachtounes de contrôler le pays de façon stable, car elle entraîne des conflits continuels entre clans. Selon la tradition historique, les principaux clans sont issus directement du fondateur de la nation pachtoune, Qais Abdur Rachid, la primauté de ceux-ci étant déterminé par le principe de primogénéité : les Durrani seraient issus du premier fils de Qais, les Ghilzaï du deuxième, etc. Il est à noter, et cest là que réside lun des principaux éléments déstabilisateurs du pays, que de nombreux Pachtounes habitent de lautre côté de la ligne Durand, frontière imposée par les Britanniques au XIXe siècle entre lAfghanistan et la Pakistan, dans ce que lon nomme les « territoires tribaux ». Conséquemment, la communauté pachtoune est coupée en deux.

28 Deuxième groupe en importance, avec environ 25 à 30 % de la population, les Tadjiks sont localisés surtout au nord-est, mais aussi autour de lHindou-Kouch. Tout en appartenant eux aussi à la branche sunnite de lIslam, ils ont généralement été en situation dinfériorité par rapport aux Pashtounes, lesquels ont fourni lécrasante majorité des dirigeants du pays. Les Tadjiks parlent une variante régionale du farsi (perse) le dari, très proche de celle parlée par leurs cousins du Tadjikistan. Moins nombreux (10 %), les Hazaras forment le 3e plus important groupe ethnique du pays À la différence des deux groupes précédents, les Hazaras sont chiites, ce qui les place dans une position difficile. Ils sont concentrés dans les montagnes du centre du pays. Ils parlent une langue dorigine mongole et seraient possiblement les descendants des armées de Genghis Khan, installés sur ce territoire depuis le XIIIe siècle.

29 Parmi la multitude des autres groupes ethniques présents sur le territoire de lAfghanistan actuel, les Nouristani sont les plus fascinants. Leur origine est obscure : indo-aryen, ils occupent le sud-est de lHindou-Kouch depuis Alexandre. Jusquà la fin du XIXe siècle, ils demeurèrent païens et ce nest que par la force quils furent convertis à lIslam. Les Aïmaks sont importants dans leur région dorigine, soit lest dHerat. Sagissant dune population dorigine turque, sunnites parlant le farsi, ils constituent un bel exemple des mélanges surprenant que la situation de carrefour de lAfghanistan a pu produire. Et puis il y a les autres : Ouzbeks, Taimuri, Taimani, Karakalpak, Arabes, etc. Les langues parlées par ces nations sont diverses (persanes, turco-altaïques, etc.) Mais à quelques très rares exceptions (quelques juifs, bouddhistes et chrétiens), ils sont pratiquement tous de confession musulmane sunnite.

30 2.3 – La question nationale Cette population si diverse forme-t-elle une nation? À l'exception des Hazâras, toutes les autres ethnies se prolongent au-delà de frontières. Une conscience nationale se dégage pourtant, dans la mesure où tous les ressortissants du royaume afghan partagent le même cadre étatique, les mêmes préoccupations et la même culture matérielle depuis environ deux siècles. Depuis 1919, l'élite éduquée cultive un nationalisme virulent, pour compenser en partie chez elle l'affaiblissement du sentiment religieux. Malgré la multiplicité des appartenances ethniques, un mode de vie semblable unit tous ces peuples. Ainsi, en 1978, l'Afghanistan manifestait une certaine symbiose entre ses deux peuples principaux, les Tadjiks et les Pashtounes.

31 2.4 – Indices démographiques L'indice de fécondité (6,8 enfants par femme) est lun des plus haut de la planète. Le taux de mortalité pour lensemble de la population est de 22 %. L'espérance de vie à la naissance est de 41 ans pour les hommes, 42 ans pour les femmes. 87 % de la population n'a pas accès à l'eau potable. Le nombre de dispensaires est estimé à 800. Le choléra, la poliomyélite ou le tétanos ont atteint un niveau endémique. Le paludisme est fréquent et seule la rougeole désormais mieux contrôlée. La mortalité infantile et maternelle tue quotidiennement six cents enfants (un décès toutes les deux minutes et demie) et cinquante femmes (un décès toutes les trente minutes).

32 Il existe une véritable diaspora afghane mondiale, mais le gros de l'émigration s'est dirigé préférentiellement vers les pays frontaliers à forte affinité culturelle : l'Iran a accueilli jusqu'à trois millions de réfugiés, et le Pakistan cinq autres millions. Lexode intérieur a contribué à accélérer une urbanisation modeste. Avec moins de 30 % de population urbaine, l'Afghanistan reste l'un des États les moins urbanisés du monde. Cependant, Kaboul est aujourdhui devenue une ville de trois à qautre millions d'habitants, alors qu'elle en comptait à peine en Entre les principales villes du pays, on trouve un semis de villes moyennes qui assurent les activités de services requises par la population : chefs-lieux de province, petits centres industriels (surtout dans le nord-est), gros marchés de collecte de produits agricoles et de distribution de biens de consommation. Les montagnes, bien sûr, restent sous-urbanisées.

33 3 - Économie 3.1 – Agriculture L'économie du pays est fondamentalement agricole, le secteur employant plus de la moitié de la population active et contribuant pour plus de 50 % au PNB. Le secteur se modernise depuis quelques décennies et a rejoint les circuits économiques mondiaux. La plupart des villages vivent encore selon le schéma de la vieille civilisation agropastorale associant, dune part un terroir central irrigué, voué à une rotation entre des cultures vivrières d'hiver, et des cultures d'été plus diversifiées, associées à une arboriculture fruitière; et, d'autre part, un terroir périphérique non irrigué.

34 Cette association d'une agriculture savante diversifiée et d'un élevage parfaitement intégré a longtemps assuré la stabilité du système de production. Mais la transition démographique a entraîné la rupture des équilibres traditionnels, l'apparition d'un déficit de ressources alimentaires, encore aggravé par plusieurs graves sécheresses. La quasi-totalité de l'espace rural est traversée par un réseau de migrations pastorales empruntées par des nomades qui ont aujourd'hui perdu l'une de leurs fonctions essentielles, le commerce caravanier. Les sécheresses récurrentes ont anéanti une bonne partie du cheptel et engendré une sédentarisation de ces nomades paupérisés, ainsi que la multiplication d'une population flottante de nomades de service, privés de revenus pastoraux et maintenant à la recherche de travaux agricoles ou urbains. Mais aujourdhui le principal produit du terroir afghan est le pavot à opium, qui a en quelques décennies a promu le pays au rang de premier producteur mondial d'opium dès Il fournit aujourd'hui plus de 90 % de la production mondiale.

35 3.2 – Le secteur non-agricole Introduite dans les années 1930 pour transformer certaines productions agricoles, l'infrastructure industrielle a été ruinée par la guerre. De timides efforts de reconstruction sont en cours de réalisation, mais la pénurie de sources d'énergie et l'insuffisance du réseau de transport retardent le développement. Les ressources minières restent à l'état de potentialités, à l'exception de la mine de lapis-lazuli de Sar-e Sang, sur le versant sud de l'Hindou-Kouch oriental (Badakhshan) L'artisanat du tapis reste une activité importante qui alimente une exportation notable.

36 Lourdement tributaire de l'aide internationale avant 1980, l'Afghanistan l'est encore davantage aujourd'hui. Plus de 10 milliards de dollars auraient été injectés par la communauté internationale dans l'économie afghane depuis 2001, alors que le pays n'en avait reçu au total que 1,7 entre 1957 et 1977, beaucoup plus que le PNB annuel du pays, estimé à 7,2 milliards de dollars en Mais malgré cet apport de capitaux important, les changements sont lents à se faire sentir. Laide est très mal utilisée, quand elle n'est pas détournée au profit de réalisations ostentatoires ou d'enrichissements personnels. Selon les responsables internationaux, le système aboutit à une déperdition de l'ordre de 40 % des crédits alloués, et même plus dans certains programmes.

37 4 – Société et culture 4.1 – Organisation sociale Avec le temps, le mode de fonctionnement de lensemble des communautés a fini par ressembler à celui de la majorité pashtoune. Ce mode de fonctionnement tribal a peu évolué depuis plusieurs siècles. La base de celui-ci demeure encore aujourdhui le pachtounwali, ou code dhonneur des Pashtounes. Il comprend trois éléments principaux : 1 Lhospitalité : traditionnel pour les sociétés musulmanes, entendu que suivant le prophète, lhôte est un envoyé de Dieu, 2 – le droit de vengeance : également traditionnel, mais pour les sociétés peu organisées, où la justice nest pas dispensée par une autorité centrale et incontestée, la loi du talion est alors le moyen naturel dobtenir justice.

38 3 – Le droit dasile est plus spécifique et vient tempérer le droit de vengeance obligeant les gens à secourir quiconque se trouve victime dune vendetta et dont la vie est en danger. En pashtou, on nomme souvent le pays le Yagestan ou Royaume de linsolence, ou de linsoumission. La population afghane étant en grande partie montagnarde, lesprit dindépendance y règne. Les peuples dAfghanistan, souvent en guerre les uns contre les autres, lorsquils font face à un envahisseur, parviennent à mettre de côté leurs divergences pour faire front commun. Lune des forces du pays dans ces périodes de crise lui vient de sa géographie peu hospitalière, qui rend les communications difficiles et provoque léclatement de ladministration centrale en cas de tentative doccupation. LÉtat en vient alors à se dissoudre et retourne dans son anarchie primitive, rendant difficile pour lenvahisseur un contrôle, même relatif du pays.

39 La plupart des zones montagneuses de la planète fonctionne de même : les communications étant difficiles, les conditions de vie aussi, les sociétés montagnardes sont en général assez éclatées, mais en même temps, soudées autour de la cellule tribale. Cela concerne aussi le mode de subsistance. En effet, les ressources sont rares, et celui qui parvient à les contrôler est le chef. Seule une petite partie des sols de lAfghanistan sont arables et leau provient de la fonte saisonnière des glaciers et nirrigue quun faible pourcentage des terres. La population afghane a élaboré des techniques dirrigation primitives, par le biais de la construction de canaux dirrigation. Ceux-ci sont fragiles et nécessitent beaucoup de soins. Cest pourquoi seuls les plus fortunés peuvent en construire et en entretenir. Ces seigneurs de la guerre des montagnes se transforment alors en « hommes daffaires » et vendent leau aux paysans, doù le pouvoir quils ont sur eux…

40 Lautre grande source de revenus traditionnelle était le pillage. Le pays ayant été jusquau XVIe siècle un carrefour, il était possible à cette époque de sattaquer aux caravanes des marchands qui devaient traverser les zones tribales. Mais le pillage pouvait aussi se porter contre les sédentaires des plaines. Afin de lutter contre ce fléau, les puissances voisines avaient lhabitude darmer les clans les uns contre les autres. Cela fonctionnait la majeure partie du temps, mais il arrivait quun chef vire sa chemise et se vende à un plus offrant. La stabilité des alliances nétait donc pas une caractéristique des relations entre clans

41 4.2 - Civilisation du désert et civilisation sédentaire Pays de désert et de montagnes, lAfghanistan est structuré historiquement, politiquement et socialement, autour dune dualité désert-ville, pour reprendre la distinction élaborée par lhistorien médiéval arabe ibn Khaldun, distinction qui détermine pour une bonne part les rapports régionaux. Cette distinction nest pas absolue car au fil des siècles, les deux mondes ont cohabité, et avec le temps, une partie de la civilisation du désert sest sédentarisée. La distinction peut paraître anachronique mais permet de comprendre lévolution des diverses régions du pays. La structure économique de la civilisation du désert est basée sur une agriculture peu diversifiée, dominée par la nécessité de survivre et se limitant souvent à la subsistance.

42 Dans une même zone, tous produisent à peu près la même chose. La richesse y est déterminée par la propriété des terres, des pâturages et du bétail et léconomie y est presque entièrement démonnaitarisée. Les surplus ne sont pas vendus, mais échangés contre un « statut », par lorganisation de fêtes, loffre de cadeaux, etc., qui relèvent le statut de celui qui y recourt, lestime et la gloire étant plus prisées que largent, peu utile dans ce milieu. Cette structure économique influe sur lorganisation sociale. La fidélité au clan et à la tribu y est très importante et se trouve à la base dune solidarité basée sur la généalogie et la descendance. Ainsi, les individus sy conçoivent comme les parties dun tout et une attaque contre lindividu devient une attaque contre le clan dans son entier. Doù les codifications du pachtounwali précédemment évoquées.

43 À lopposé se trouve la civilisation sédentaire, dont la base économique est le luxe, rendu possible par la division du travail. Dans les villes, le commerce rend possible léchange des produits essentiels, afin dacquérir des produits de luxe. La richesse individuelle constitue ici la puissance et la force. Ces deux mondes sont interdépendants : le désert a besoin de la villes pour ses produits manufacturés ; la ville des déserts pour son alimentation. Cette interdépendance est lun des éléments clés permettant de comprendre comment une population si diverse ethniquement est parvenue à se maintenir dans un ensemble politique commun, car les clivages ethniques perdent de leur importance. Ainsi, cest historiquement linterdépendance ville-désert qui structure la vie afghane, plutôt que les différences ethniques et linguistiques.

44 4.2 – Lislam Cest à la faveur de lavancée des armées arabes, au VIIe et VIIIe siècle, que lislam fait son apparition au pays. Le zoroastrisme, le bouddhisme et le brahmanisme indien avaient tous percé sur le territoire, mais linfluence dune religion sétendant de la péninsule ibérique aux Indes sera si importante que lIslam va simposer. Lislam n'est pas une culture exotique et n'appartient pas à l'« Orient » de l'Inde et de la Chine. II provient des mêmes sources que le christianisme médiéval : les Écritures sémitiques et la philosophie grecque. II croît dans les provinces méridionales de l'Empire romain. Sa théologie s'articule selon la logique d'Aristote. Sa mystique prolonge la spéculation néoplatonicienne de Byzance.

45 Si saint Thomas peut emprunter aux philosophes arabes, cest parce que christianisme, judaïsme et islam du Moyen Âge sont trois volets d'une même civilisation gréco-sémite. Cette filiation hellène de la pensée musulmane met en exergue le caractère stérile du combat mené par l'intégrisme islamique pour s'arracher à un Occident dont il fait partie. LAfghanistan étant largement analphabète, ce fait favorise la solidité des croyances religieuses puisque celles-ci reculent avec le développement de linstruction publique. Dans les villes, au XXe siècle, la religion reculera effectivement, même si le phénomène demeure marginal. Dans les campagnes, ou le taux dalphabétisation est faible, les croyances religieuses sont très vivaces.

46 Cependant, lislam traditionnel nétait pas radical, ni surtout intégriste et se mariait sans difficulté à des pratiques ancestrales distinctes de la tradition musulmane. Ce sont les communistes et leurs alliés soviétiques dune part, ainsi que le Pakistan et les États-Unis, par réaction, qui ont favorisé la radicalisation d'un islam qui, tout en étant traditionnellement conservateur, nétait pas au début des années 70 particulièrement radical. Ainsi, avant cette époque les rigoristes (comme les wahhabites) étaient peu présents au pays et la tradition soufi dominait. Wahhabisme : Le wahhabisme désigne la doctrine de retour à l'islam des origines enseignée par le théologien Mohamed ibn Abd al-Wahhab. Le terme est utilisé de manière péjorative par les musulmans qui rejette le salafisme et lensemble des doctrines intégristes de lislam Il a été forgé très tôt par les détracteurs d'Ibn Abd-Al Wahhab.

47 Le texte fondateur de l'enseignement de Mohamed ibn Abd al-Wahhab est son Livre du monothéisme. Son objectif est la « purification » de l'islam des innovations, déviances, hérésies et idolâtries. Parmi les principes de cet enseignement, il est notamment question de l'interdiction du culte des saints, de l'édification de monuments funéraires, ou même de mosquées luxueuses. Ces interdictions se basent sur le Coran et la Sounna, interprétés à la lumière de la pratique des premiers musulmans, et rejetant les avis théologiques ultérieurs. Il va donc de soi que le wahhabisme rejette les pratiques de lIslam traditionnel à des zones non arabes, où la religion musulmane sest entremêlée à des pratiques païennes anciennes ayant précédé la conversion. Cest le cas du Caucase ou de lAfghanistan, où la tradition soufie domine.

48 Le soufisme est un mouvement spirituel de lislam. Les soufis se regroupent en confréries, les tariqa, qui se sont développés un peu partout dans le monde arabo- musulman à partir du Xe siècle. Le mot soufisme désigne en arabe l'homme qui a réalisé pleinement sa spiritualité et est arrivé au terme de la Voie. Par extension, il désigne les gens qui aspirent à la Voie spirituelle. Les musulmans soufis privilégient l'intériorisation, l'amour de Dieu, la contemplation, la sagesse. Ils combattent au nom de l'islam le vice sous toutes ses formes Vraisemblablement, le soufisme est lié à lascétisme monastique chrétien, ainsi quau zoroastrisme, au bouddhisme et dune certaine façon à lhindouisme. Favorisant lindividu et le libre arbitre, à contrario de la tradition sunnite classique, le soufisme sest ainsi solidement implanté dans les régions montagneuses.


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