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De la crise de la finance dérégulée à la crise des dettes souveraines.

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1 De la crise de la finance dérégulée à la crise des dettes souveraines

2 Acte I Une crise immobilière

3 La crise des subprimes Quest-ce que les subprime ? 2. Pourquoi le système fonctionnait au début ? 3. Pourquoi ce système sest effondré?

4 1.Quest-ce que les prêts subprime ?

5 Deux premières années : faibles remboursements mensuels, mais qui augmentent fortement au bout de deux ans. Prêts accordés à des ménages modestes offrant peu de garanties. Crédit hypothécaire : possibilité pour la banque de saisir la maison si le ménage ne peut plus rembourser. Taux dintérêt plus élevés : parfois 18% contre 5-6 % pour un prêt dit « prime ». Taux variables (taux qui varient en fonction des taux dintérêt pratiqués dans léconomie). Si ces taux remontent, le ménage devra rembourser davantage.

6 Pourquoi le système fonctionnait au début ?

7 Les banques saisissaient les biens des ménages en difficultés et se remboursaient sans problème (prix sans cesse en hausse de limmobilier) 1.Les prix de limmobilier ne cessaient de grimper (bulle immobilière). 2.Les taux dintérêt étaient faibles : la FED (banque centrale américaine) faisait tout pour que ces taux restent faibles pour doper la croissance par le crédit (crédits immobiliers, mais aussi crédits à la consommation). La plupart des ménages pouvaient au début honorer leurs remboursements en raison des faibles taux dintérêt.

8 Pourquoi le système sest effondré?

9 Trois principales raisons Les taux dintérêt ont fini par remonter. Donc les remboursements que les ménages devaient acquitter ont brusquement augmenté (taux variables prévus dans les contrats). Comme toute bulle, la bulle immobilière a fini par éclater. Les prix de limmobilier ont chuté, notamment en raison de la hausse des taux dintérêt qui a réduit la demande de logements. Pour convaincre les ménages de contracter des prêts subprime, le contrat prévoyait de faibles remboursements la première, voire les deux premières années. Mais après, les remboursements prévus augmentaient fortement (ce qui avait parfois été caché aux ménages). +40% de remboursement mensuel pour certains ménages.

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11 A partir de 2007 les prix cessent de grimper Et ensuite baissent de 25%

12 Mais le marché de limmobilier est en chute libre et ces ventes massives aggraver le phénomène. De nombreuses banques ne reverront jamais largent quelles avaient prêté aux ménages sous forme de prêts subprimes. Conséquences De nombreux ménages ne peuvent plus honorer leurs remboursements et se retrouvent sans maison. 3 millions dentre eux se retrouvent à la rue. Les banques les obligent à revendre leurs maisons pour se rembourser.

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14 Plus dun million et demi de ménages américains expulsés en neuf mois…

15 Acte II une crise financière

16 La titrisation et la diffusion de la crise 2. Comment les autorités les ont laissées faire ? Ny a-t-il pas des procédures de contrôle ? 1.Pourquoi les banques ont pris de tels risques en accordant des prêts subprime ? 3. Comment la crise a mis en difficulté les banques?

17 Pourquoi les banques ont-elles pris de tels risques?

18 Réponse : En raison du mécanisme de TITRISATION DES CREANCES !

19 M. Jones Banque Crédit = $ Remboursement = $ + intérêts La banque est attentive aux capacités de remboursement du client car elle endosse totalement le risque dun défaut de paiement Relation classique banque/emprunteur en labsence de titrisation

20 M. Jones Banque Relation banque/emprunteur avec titrisation Crédit = $ Institution financière créée par la banque pour titriser les crédits Banque revend la créance quelle détient sur M. Jones $ Emission dobligations adossées aux crédits titrisés Investisseurs sur les marchés financiers : fonds de pension, hedge funds, banques elles- mêmes, etc. Achat dobligations = $ Les investisseurs perçoivent les intérêts de M. Jones Remboursement et intérêts sont versés à linstitution financière créée par la banque

21 Limportant pour elle est de multiplier le volume des crédits pour encaisser les commissions et empocher le différentiel de taux dintérêt (écart entre le taux dintérêt appliqué à M. Jones et le taux dintérêt appliqué aux détenteurs dobligations). Avec la titrisation, la banque sest déchargée du risque, elle nendosse plus le risque dun défaut de paiement. Donc elle ne se soucie guère des capacités de remboursement des clients.

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23 Pourquoi les autorités ont laissé faire les banques? Ny a-t-il pas des procédures de contrôle?

24 Mais grâce à la titrisation, les banques ont pu saffranchir des règles prudentielles pour les crédits hypothécaires quelles ont fait disparaître de leur bilan en les transférant dans les institutions financières créées à loccasion et souvent basées dans les paradis fiscaux où il ny a aucun contrôle de leurs activités. Il y a donc bien eu un déficit de régulation publique Les procédures de contrôle existent : Une banque qui a à son actif des créances doit les couvrir en partie en alimentant en conséquence son compte à la banque centrale. Il existe un ratio réglementaire entre les fonds propres et les crédits accordés.

25 La déréglementation financière à lorigine de la crise Ce sont donc bien des décisions politiques des Etats qui ont permis cette multiplication de produits dérivés toujours plus complexes, tels que les dérivés de crédit liés à la titrisation. La déréglementation financière intervenue depuis les années 80 a laissé libre cours à linnovation financière. Voir le film inside job qui montre comment le monde de la finance a obtenu des responsables politiques (dont un certain nombre sont issus de lunivers de la finance) une liberté toujours plus grande.

26 Comment la crise a mis en difficulté les banques ?

27 Le bilan des banques avant la crise crédits accordés = créances détenues par la banque = actifs de la banque = 100 Mds $ Passif les ressources des banques Capitaux propres des actionnaires 10 Mds $ Dépôts reçus des clients 90 Mds $ Actif l utilisation de ces ressources Total actifs possédés 100 Mds $ Total des ressources 100 Mds $

28 Cette réponse – rationnelle individuellement – était collectivement suicidaire. Après cette panique financière, les crédits titrisés ne valaient plus rien. La perte de valeur des crédits titrisés Les défauts des ménages ayant contracté des crédits subprime se multiplient Les agences de notation ont fini par dégrader la note des crédits titrisés. Ces titres deviennent risqués aux yeux de tous les investisseurs sur les marchés. Mouvement de panique sur les marchés financiers. Les acteurs sur les marchés ont voulu se débarrasser massivement de ces titres devenus toxiques.

29 Perte de valeur des obligations adossées à des crédits immobiliers selon la qualité de ces titres entre juillet et novembre 2007 Les meilleurs titres ont perdu 20 % Les moins bons 80 % !!

30 Le succès des crédits subprime titrisés Les agences de notation les notaient triple A. Ces agences de notation sont rémunérées par lentreprise ou la banque dont elles notent les titres. Donc forte incitation à mettre de bonnes notes si lagence ne veut pas perdre son client (conflit dintérêts). Pourquoi étaient-ils très demandés ? Ils étaient très rémunérateurs (rappelez-vous que les taux dintérêt appliqués à M. Jones étaient très élevés). Leurs cours sur les marchés ne cessaient de monter, donc possibilité de réaliser dimportantes plus-values lors de la revente. Ils étaient garantis par les biens immobiliers hypothéqués et la bulle immobilière ne cessait denfler, donc ils apparaissaient sans risque. Ils étaient mélangés dans des espèces de pochette surprise (CDO = collateralised debt obligations) avec dautres crédits titrisés beaucoup plus sûrs (titres de dette publique, prêts étudiants, etc.).

31 Des banques prises à leur propre jeu Les banques ne se sont pas contentées de titriser les crédits, elles ont voulu participer au banquet et ont acheté elles-mêmes des crédits titrisés en espérant faire des plus-values lors de la revente. Elles ont donc dans leur bilan des titres qui ne valent plus rien. Elles engrangent alors des pertes colossales. De plus, les banques et institutions financières sont reliées les unes les autres par une chaine de crédits. Donc lorsque lune ne peut plus honorer ses dettes (ou un hedge fund), les autres banques font des pertes. Crise systémique.

32 A la crise de solvabilité liée aux pertes liées à la crise des subprime sajoute une crise de liquidités : les banques obtiennent de plus en plus difficilement les liquidités nécessaires à leur fonctionnement car elles refusent de se prêter mutuellement des liquidités. Des banques prises à leur propre jeu Les banques ont besoin régulièrement de se refinancer sur le marché monétaire. Elles empruntent des liquidités aux autres banques. Ces échanges sont vitaux pour elles. Or, leffondrement du cours des CDO entraine une crise de défiance généralisée entre banques (les banques ne se font plus confiance donc ne se prêtent plus).

33 Le bilan des banques durant la crise baisse de la valeur de limmobilier de 20 % Montant des crédits accordés = valeur des créances détenues par la banque = valeur des actifs de la banque = 80 Mds $ Pertes de 20 mds $ Passif les ressources des banques Capitaux propres des actionnaires 10 Mds $ Dépôts reçus des clients 90 Mds $ Actif l utilisation de ces ressources Total actifs possédés 80 Mds $ Les banques nont plus assez de liquidités pour faire face aux retraits de leurs clients On est mal …

34 Dépréciation des actifs de quelques banques

35 Au fil des mois les pertes des institutions financières se révèlent de plus en plus élevées, leur valeur en bourse seffondre Les investisseurs estiment que les dettes sont tellement élevées que ces sociétés ne valent plus rien

36 En septembre 2008 la crise financière bat son plein !! Le 7 septembre, Freddie Mac et Fanny Mae sont mises sous tutelle. Ces deux institutions « qui assurent ou garantissent près de7 septembreFreddie MacFanny Mae milliards de dollars de prêts considérées comme « trop grandes pour faire faillite » Le Trésor américain envisage d'y investir 200 milliards $ Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers se déclare en faillite après que. Cette faillite qui constituerait « la banqueroute la plus importante de toute l'histoire financière des États-Unis » provoque un affolement des bourses mondiales15 septembre2008Lehman Brothers Le 16 septembre 2008, AIG, premier assureur américain, est sauvé par l'État au prix d'un prêt de 85 milliards de dollars accordé par la Fed et d'une nationalisation du capital à hauteur de près de 80%En16septembre2008AIGnationalisation Le 19 septembre 2008, la banque britannique Halifax-Bank of Scotland (HBOS) est rachetée pour 12,2 milliards de dollars par la Lloyds TSB19 septembreHalifax-Bank of ScotlandLloyds TSB Le 25 septembre 2008, Washington Mutual, l'une des premières caisses d'épargne américaines, a été saisie et l'essentiel des actifs seront revendus à JPMorgan Chase, pour 1,9 milliard de dollars, qui devient alors la première banque américaine25 septembreWashington MutualJPMorgan Chase Le 28 septembre 2008, la banque du Bénélux Fortis, est nationalisée partiellement, les trois États du Bénélux apportant 11,2 milliards d'euros de capitaux propres pour 49% du capital28 septembreBénélux Fortis Le 28 septembre 2008 également, la banque britannique Bradford & Bingley, spécialisée en crédit immobilier, est nationalisée28 septembreBradford & Bingley Le 28 septembre, toujours, la banque allemande Hypo Real Estate, spécialisée dans le financement de l'immobilier, est sauvée par un plan d'urgence de 35 milliards d'euros qui doit permettre « une liquidation dans l'ordre et non en catastrophe 28 septembreHypo Real Estate Le 30 septembre, la première banque mondiale pour le financement des collectivités locales, la franco-belge Dexia, lève 6,4 milliards d'euros auprès des gouvernements belges, français et luxembourgeois30 septembre Dexia

37 Au final, quand M. Jones fait défaut, cest une banque française ou australienne ou même le conseil général de la Seine-Saint- Denis qui engrange une perte ! Les CDO se sont diffusés dans le monde entier au gré des reventes successives. On ne sait dailleurs plus très bien qui est relié à la dette initiale de M. Jones. Les ingénieurs financiers de Wall Street ont créé des CDO composés de différents CDO (CDO 2 ) et même des CDO 3 composés de différents CDO 2. Des banques en difficulté dans le monde entier Cest tout le système financier mondial qui bat de laile !

38 Les places financières seffondrent….. Indice Footsie Londres - 45 % - 61 % - 58 % - 50 % Le CAC à Paris Dow Jones New York Nikkeï à Tokyo Entre juillet 2007 et décembre 2008

39 Acte III une crise économique

40 Les canaux de transmission à léconomie réelle

41 Cela nuit aussi à la consommation. Consommation par endettement plus difficile. Essentiel de la dynamique de la conso aux Etats-Unis fondée sur lendettement. Les banques qui sont en difficulté vont essayer de reconstituer leurs fonds propres et donc limiter drastiquement les crédits accordés. La crise financière va donc se propager à léconomie réelle par la contraction du crédit (crédit-crunch). Cela nuit à linvestissement des entreprises, notamment pour les PME qui ne trouvent plus de financement. Cela nuit à linvestissement des ménages : limmobilier est en crise et les ménages nobtiennent plus aussi facilement quavant les prêts quils souhaitent.

42 un mécanisme de transmission : le « crédit crunch »

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45 Cela va conduire à la plus violente récession depuis la crise des années 30 et à une montée spectaculaire du chômage dans la plupart des pays. La détérioration de la situation sociale, la montée du chômage, le blocage des salaires conduisent les acteurs économiques à faire des anticipations pessimistes. Les entreprises repoussent leurs projets dinvestissement car la demande effective est faible. Les ménages épargnent davantage en prévision des temps difficiles à venir. De plus, ceux qui avaient placé leur épargne en bourse voient leur patrimoine fortement réduit en raison de la baisse des cours boursiers.

46 Montée du taux de chômage

47 Les causes structurelles de cette crise économique

48 Comment soutenir alors la croissance ? Par une politique monétaire de la FED de très faibles taux dintérêt pour encourager la consommation à crédit. La dette privée des ménages américains est considérable. Cela a encouragé la formation de bulles immobilières et boursières qui ont fini par éclater. La déréglementation financière qui a permis à lingénierie financière de mettre en place des innovations financières toujours plus complexes et toujours plus risquées. Les ingénieurs de Wall-Street croyaient domestiquer le risque avec des modèles mathématiques qui se sont révélés totalement inefficaces en période de retournement du marché. Les rendements élevés sans risque nexistent pas et nexisteront jamais. Les politiques néolibérales aux Etats-Unis qui ont conduit à une explosion des inégalités de revenus qui a limité le pouvoir dachat de limmense majorité des ménages américains. Aux Etats-Unis, les 10% les plus riches ont 48% des revenus (ce qui est le niveau le plus élevé jamais atteint depuis 1928) et les 10% les plus pauvres seulement 2%. Dans ce cadre, il est mathématiquement impossible que chacun ait les revenus suffisants pour être propriétaire de sa maison...

49 Répartition de plus en plus inégalitaire : 45% des revenus pour les 10% les plus riches Source : E. Saez, Striking It Richer ; données fiscales USA, Univ. of California 1/3 des revenus pour 5% Retour au début du XXe siècle 1/5 des revenus pour 1%

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51 Comment la crise économique liée à la crise des subprime a fait exploser la dette des Etats ? 3. Des recettes fiscales en baisse en raison de la faiblesse de la croissance. 1.De largent public pour recapitaliser les banques et racheter les créances toxiques quelles avaient dans leur bilan (surtout aux Etats-Unis et en Grande- Bretagne mais aussi en France). 2. Des dépenses publiques pour relancer lactivité économique.

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53 Ne pas oublier que la crise actuelle des finances publiques est due en grande partie à une crise de la finance privée. Cette crise de la finance privée étant due à des choix idéologiques et politiques (déréglementation, confiance dans lefficience des marchés financiers, politiques néolibérales).


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