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Lincidence de lappartenance de lemployeur à un groupe de sociétés Panorama de jurisprudence.

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1 Lincidence de lappartenance de lemployeur à un groupe de sociétés Panorama de jurisprudence

2 Lincidence de lappartenance de lemployeur à un groupe de sociétés: Panorama de jurisprudence I Entité économique et sociale 1. Définition de lentité économique et sociale 1.1Article L du Code du travail 1.2Décisions ayant reconnu lexistence dune entité économique et sociale 1.3Décisions nayant pas reconnu lexistence dune entité économique et sociale 2. Conséquences de la reconnaissance dune entité économique et sociale 2.1 Ancienneté de service (préavis légal, indemnité de départ, notification du licenciement au Comité de conjoncture) 2.2 Entretien préalable au licenciement 2.3 Représentation des travailleurs ( délégation du personnel, comité mixte, co- gestion dans les CA des sociétés anonymes) 2.4 Négociation et application dune convention collective II Autres sujets 1. Qualité demployeur 2. Licenciement économique au sein dun groupe de sociétés

3 I.1 Définition de lentité économique et sociale 1.1Article L du Code du travail 1.2Décisions ayant reconnu lexistence dune entité économique et sociale 1.3Décisions nayant pas reconnu lexistence dune entité économique et sociale

4 I.1.1 Article L alinéa 2 du Code du travail On entend par entreprise constituant une entité économique et sociale un ensemble dentités, même ayant des personnalités juridiques autonomes et/ou distinctes, et même en fonctionnant en régime de franchise, qui présentent un ou plusieurs éléments permettant de conclure quil ne sagit pas dunités indépendantes et/ou autonomes, mais révèlent une concentration des pouvoirs de direction et des activités identiques et complémentaires, respectivement une communauté de salariés liés par des intérêts identiques, semblables ou complémentaires, avec un statut social comparable.

5 I.1.1 Article L alinéas 3 et 4 du Code du travail Sont pris en compte pour lappréciation de lexistence dune entité économique et sociale tous les éléments disponibles, tels que: -le fait de disposer de structures ou dinfrastructures communes ou complémentaires; -de relever dune stratégie commune, complémentaire ou coordonnée; -de relever dun ou de plusieurs bénéficiaires économiques totalement ou partiellement identiques, complémentaires ou liés entre eux; -de relever dune direction ou dun actionnariat communs, complémentaires ou liés entre eux, ou dorganes de gestion, de direction ou de contrôle composés en tout ou en partie des mêmes personnes ou de personnes représentant les mêmes organisations; -de disposer dune communauté de salariés liés par des intérêts communs ou complémentaires ou présentant un statut social semblable ou apparenté. Plusieurs établissements fonctionnant sous une enseigne identique ou largement semblable, y compris dans un régime de franchise, sont présumés former une entité économique et sociale au sens du présent article.

6 I.1.2 Décisions ayant reconnu lexistence dune entité économique et sociale: C.A. 3 mai 2012, N° du rôle Contexte: -1er mars 1991: salarié engagé par A avec siège social en Belgique (TEUVEN) -1er janvier 2002: contrat de travail du salarié repris par B avec siège social en Belgique (TEUVEN) avec reconnaissance dancienneté et maintien des conditions contractuelles -31 décembre 2005: contrat de travail entre le salarié et B est résilié de commun accord -31 décembre 2005: contrat de travail conclu entre le salarié et C, avec siège social au Grand-Duché de Luxembourg. -26 mars 2009 licenciement du salarié Le salarié prétend à une ancienneté de service de 18 années tandis que lemployeur, se fondant sur la résiliation dun commun accord du 31 décembre 2005 et sur lexistence de deux entités juridiques (la société belge et la société luxembourgeoise), fait valoir une ancienneté de 3 années seulement. Question: quels sont les indices permettant à la Cour détablir lexistence dune entité économique et sociale?

7 I.1.2 Décisions ayant reconnu lexistence dune entité économique et sociale: C.A. 3 mai 2012, N° du rôle Raisonnement: Les indices relevés par la Cour sont: -le site internet de B avec siège à TEUVEN indique clairement que C regroupe ladministration et le planning de B; les papiers administratifs des deux sociétés sont indifféremment utilisés dans des affaires de lune ou de lautre. -La façon dont sest déroulée la résiliation de commun accord du contrat avec B, suivie de lengagement immédiat par C: documents signés dans le même bureau; même personne représentant les deux sociétés. -Lenvironnement professionnel du salarié reste identique: mêmes collègues, mêmes outils de travail, flotte de camions et de tracteurs routiers inchangée.

8 I.1.2 Décisions ayant reconnu lexistence dune entité économique et sociale: C.A. 12 juillet 2012, N°37148 du rôle Contexte: -21 avril 2004: salarié engagé par C avec siège social en Belgique -13 juin 2005: salarié intègre D avec siège social en Belgique (sans résiliation du CT avec C) -13 juin 2005: affiliation du salarié auprès du Centre Commun de la Sécurité Sociale (« CCSS ») par A, avec siège social au Luxembourg -1 er février 2007: contrat de travail entre le salarié et A Le salarié prétend à une ancienneté de service à compter du 21 avril 2004 tandis que lemployeur fait valoir une ancienneté à compter du 1 er janvier 2007 (date de déclaration dentrée du salarié auprès de A telle quindiquée au CCSS) Question: Quels sont les indices permettant à la Cour détablir lexistence dune entité économique et sociale?

9 I.1.2 Décisions ayant reconnu lexistence dune entité économique et sociale: C.A. 12 juillet 2012, N°37148 du rôle Raisonnement: -Salarié repris par D sans résiliation du CT avec C (avant que C ne fasse aveu de faillite); salaire du salarié payé par D avant même reprise effective du salarié dans ses effectifs. -Forme et contenu similaires des fiches de salaire de C et de D -Salarié affilié par A auprès du CCSS sans que A ne soit partie à la relation de travail -Contrat de travail conclu entre A et le salarié avec effet au 1 er février 2007 alors que A ne fera une déclaration dentrée au CCSS que le 5 septembre 2007 avec effet rétroactif au 1 er janvier C, D et A exercent la même activité de transport routier -Identité des dirigeants des 3 sociétés -A admet dans la procédure judiciaire que le salarié a travaillé pour D à compter du 13 juin 2005 et que son ancienneté doit être appréciée à cette date et reconnaît donc implicitement le lien entre A et D et lancienneté du salarié à compte du 13 juin 2005

10 I.1.2 Décisions ayant reconnu lexistence dune entité économique et sociale: C.A. 24 mai 2012, N°37266 du rôle Contexte: -1 er juin 2002: salarié engagé par C -12 janvier 2009: licenciement du salarié Le salarié demande le paiement dune indemnité pour irrégularité formelle du licenciement prétendant que lemployeur occuperait, daprès lui, plus de 150 salariés et aurait dès lors dû procéder à un entretien préalable au licenciement. Question: Quels sont les indices permettant à la Cour détablir lexistence dune entité économique et sociale?

11 I. 1.2 Décisions ayant reconnu lexistence dune entité économique et sociale: C.A. 24 mai 2012, N°37266 du rô le -Lentête du papier à lettre utilisé pour le licenciement et pour motiver le licenciement comporte lindication « C part of the F » -Une «News» indique que B occupe au niveau international employés dans 13 bureaux à travers le monde -Les activités du groupe essentiellement dans le secteur bancaire et des assurances sont faites avec une vision commune -La société reconnaît employer plus de 100 managers portfolio et analystes à Luxembourg

12 I.1.2 Décisions ayant reconnu lexistence dune entité économique et sociale: autres décisions -C.A. 10 février 2011, N°35088 du rôle -C.A. 17 mars 2011, N°36198 du rôle -C.A. 14 juillet 2009, N°34077 du rôle

13 I.1.3 Décisions nayant pas reconnu lexistence dune entité économique et sociale : Tribunal administratif 25 janvier 2011, N°26924 du rôle Contexte: -Les délégations du personnel de A et B ont saisi lInspection du travail et des mines dun litige les opposant à leurs dirigeants quand à linstauration dun comité mixte dentreprise. -Le Directeur de lInspection du travail et des mines (« le Directeur ») a pris la décision de faire constituer un comité mixte sur le fondement de lexistence dune entreprise unique formée par A et B. -A et B ont introduit devant le tribunal administratif un recours en réformation de la décision directoriale. Question: Les deux entités juridiques constituent-elles une entreprise unique emportant lobligation de mettre en place un comité mixte dentreprise?

14 I.1.3 Décisions nayant pas reconnu lexistence dune entité économique et sociale : Tribunal administratif 25 janvier 2011, N°26924 du rôle Raisonnement: Base décisionnelle du Directeur justifiant la mise en place dun comité mixte: Existence dune direction commune Administration centralisée au sein dune des deux sociétés regroupant les services de secrétariat, de personnel, de réception et de gestion technique, avec des numéros de fax et dadresses identiques Unicité du site dexploitation Politique commerciale commune, notamment en matière de publicité Recours par une des sociétés aux services de lautre société pour le transport de certains colis express vers le Luxembourg Facturation commune Existence dun travail semblable dans le domaine du transport et de lorganisation de celui-ci, même si qualifications différentes exigées Certaines mutations de salariés entre les deux sociétés par le passé Appréciation par le Tribunal administratif: Fait que les sociétés soient, en partie, dirigées par les mêmes personnes est insuffisant pour caractériser une EES. Pas dexistence dune administration commune de lenvergure telle que le directeur la retenue: si sur la base des échantillons de papiers à entête versés en cause les deux sociétés ont leur siège social à la même adresse, les numéros de téléphone, fax et adresses électroniques respectives des deux sociétés sont différents. Même si comptabilité est effectuée par une même société externe, réception et gestion techniques dans locaux différents, facturation non commune. Pas dexistence dactivités similaires ou complémentaires permettant de conclure à lexistence dune EES: il faut prendre en compte lactivité concrète de chaque société. Ici A procède à la conduite de poids lourds au niveau international et à la manutention de marchandises impliquant des travaux physiquement très lourds alors que B a pour activité la livraison expresse de colis dun poids inférieur à 70 kg et dans la majorité des cas ne dépassant pas 500g. Seul fait que domaine dactivité des 2 sociétés relève du transport est insuffisant Conditions de travail différentes: pour B de 7h à 16h sans prestation dheures supplémentaires et pour A des horaires plus contraignants propres aux transports internationaux. Pas dinterchangeabilité du personnel dune société vers lautre: les transferts de salariés sont des cas isolés.

15 I.1.3 Décisions nayant pas reconnu lexistence dune entité économique et sociale: autres décisions -Tribunal du travail 9 janvier 2012, N°110/2012 du rôle -Tribunal du travail 30 mai 2011, N°2404/2011 du rôle -C.A. 25 octobre 2007, N°31537 du rôle -C.A. 8 mai 2003, N° du rôle -Tribunal du travail 2 mai 2003, Répertoire fiscal N°1965/2003 -C.A. 11 mai 2000, N°23315 du rôle -C.A. 4 mars 1999, N°21839 du rôle

16 I.2 Conséquences de la reconnaissance dune entité économique et sociale 2.1 Ancienneté de service (préavis légal, indemnité de départ, notification du licenciement au Comité de conjoncture) 2.2 Entretien préalable au licenciement 2.3 Représentation des travailleurs (délégation du personnel, comité mixte, co-gestion dans les CA des sociétés anonymes) 2.4 Négociation et application dune convention collective

17 I.2.1 Ancienneté de service: C.A. 14 juillet 2009, N° de rôle Contexte: -1 er septembre 1983: salarié engagé par A avec siège social en France -31 mai 2000: contrat de travail entre A et le salarié résilié de commun accord -1 er juin 2000: contrat de travail conclu entre le salarié et B, avec siège social au Grand-Duché de Luxembourg -15 février 2007: licenciement du salarié pour motifs économiques Question: La Cour doit-elle prendre en compte lancienneté acquise par le salarié dans la société française pour le calcul de lindemnité de préavis et de lindemnité de départ à accorder dans le cadre du licenciement opéré par la société luxembourgeoise?

18 I.2.1 Ancienneté de service: C.A. 14 juillet 2009, N° de rôle Raisonnement: La Cour va considérer quil y a en lespèce une entité économique et sociale sur la base des critères suivants et va faire droit à la demande du salarié: -Les échanges de courriers entre parties et les sociétés française et belge témoignent de lexistence dune dépendance économique et sociale de la société employeuse luxembourgeoise par rapport aux sociétés française et belge et la volonté des parties de continuer les relations de travail au sein du même groupe -Lannexe au contrat de travail qui dispose que: « si pour une raison quelconque, la période probatoire nétait pas considérée comme concluante par vous comme par nous, vous seriez réintégré dans votre poste précédent avec la rémunération y afférente » est le signe de la continuité dans lidentité de lemployeur et la preuve que le salarié na fait lobjet que dune simple mutation dune société à une autre société du même groupe.

19 I.2.1 Ancienneté de service: autres décisions - C.A. 12 juillet 2012, N°37148 du rôle - C.A. 3 mai 2012, N°37556 du rôle - C.A. 10 février 2011, N°35088 du rôle

20 I.2.2 Entretien préalable: C.A. 17 mars 2011, N° du rôle Contexte: -Salarié actionnaire de F avec siège social en Belgique -Salarié cède ses actions dans F à B, avec siège social en Belgique. Suite à cette cession, activité de F est reprise par B -B = maison mère de C, avec siège social au Luxembourg -1 er novembre 2007: salarié engagé par C pour « assurer la transition » -28 octobre 2008: notification du licenciement avec préavis (motif: manque de rendement) Lappelant argue notamment de lirrégularité formelle du licenciement et estime que la société employeuse faisant partie dun groupe de société employant 400 personnes en Europe, groupe constituant une unité économique et sociale, un entretien préalable au licenciement aurait dû avoir eu lieu. Question: Quels sont les effectifs dont la Cour doit tenir compte dans la computation du nombre des salariés afin de déterminer si un entretien préalable au licenciement est obligatoire?

21 I.2.2 Entretien préalable: C.A. 17 mars 2011, N° du rôle Raisonnement: La Cour relève que sagissant de la computation des salariés pour la détermination des entreprises soumises à lobligation dun entretien préalable au licenciement, il a été, à ditératives reprises, jugé quil y avait lieu de tenir compte de la totalité des personnes occupées dans les diverses sociétés dun groupe pour déterminer leffectif du personnel qui rend lentretien obligatoire. La Cour relève différents indices: -des courriels envoyés par un employé ainsi que ladresse de la société employeuse indiquent quelle fait partie du Groupe « Jost group ». -Le site internet du Groupe indique quil occupe plus de 400 salariés, de sorte que C est malvenue de se baser uniquement sur le nombre de salariés affiliés au Luxembourg.

22 I.2.2 Entretien préalable: autres décisions -C.A. 7 juin 2012, N° du rôle -C.A. 24 mai 2012, N° du rôle -C.A. 4 mars 1999 N° du rôle

23 -Tribunal du travail 25 janvier 2011, N°26924 du rôle -C.A. 9 février 1999, N° 11081C Cedel c/Biwer, Schiltz -Conseil dEtat 16 décembre 1996, N° 9409 du rôle Ceodeux LPG Valves Technology S.A. c/ Inspection du Travail et des Mines -Conseil dEtat 17 janvier 1994, N° 9039 Skandinaviska Enskilda Banken (Luxembourg) S.A. c/ Dock c/ Directeur de lITM I.2.3 Représentation du personnel

24 I.2.4 Négociation et application dune convention collective Article L CT une ou plusieurs organisations professionnelles demployeurs une entreprise particulière un groupe dentreprises ou un ensemble dentreprises dont la production, activité ou profession sont de même nature, ou constituant une EES

25 I.2.4 Négociation et application dune convention collective Entreprise : société ayant la personnalité juridique unité économique qui implique la mise en œuvre de moyens humains et matériels de production ou de distribution des richesses reposant sur une organisation préétablie groupe de travailleurs exerçant une activité commune sous lautorité dun même employeur plusieurs sociétés juridiquement distinctes peuvent constituer une seule entreprise (travaux parlementaires, projet de loi N° portant transposition de la directive 2002/14 établissant un cadre général relatif à linformation et la consultation des travailleurs dans la CE du 11 mars 2002)

26 II.1 Qualité demployeur: C.A. 6 avril 2000, N°23317 du rôle Faits : salarié embauché par une société-mère luxembourgeoise (holding) – affecté à une filiale à 100% à Luxembourg en qualité dadministrateur-délégué (contrat) – transféré en qualité dadministrateur directeur puis PDG à la filiale française du groupe (contrat) – transféré à la succursale suisse de la filiale suisse du groupe en qualité de directeur général (contrat)

27 II.1 Qualité demployeur: C.A. 6 avril 2000, N°23317 du rôle En droit : contrat avec la filiale suisse le salarié doit rapporter à la DG de la filiale suisse la rémunération a été payée par la filiale suisse lien de subordination avec la filiale suisse la société-mère holding = co-employeur ? – société-mère faîtière de 5 filiales bancaires européennes = groupe de sociétés – clause de non-concurrence vis-à-vis du groupe – avantages garantis et directement accordés par la société-mère absence de lien de subordination

28 II.1 Qualité demployeur: C.A. 7 décembre 2006, N°29627 et du rôle Faits : engagement sans contrat de travail écrit dun salarié par une société luxembourgeoise ayant pour activité la gestion dun ensemble dimmeubles bâtis avec installations techniques dont elle est propriétaire cette société donne en location ces immeubles bâtis à ses filiales à 100% groupe économique et commercial salarié embauché comme responsable pour la maintenance et la gestion, puis directeur, puis directeur général salarié rémunéré successivement par les filiales et a assumé un mandat social dans lune delles salarié affilié auprès du CCSS comme salarié successivement par les différentes filiales

29 II.1 Qualité demployeur: C.A. 7 décembre 2006, N°29627 et du rôle En droit : le salarié na pas pu exercer la fonction de directeur général pour le groupe dépourvu de personnalité juridique – donc le salarié a presté pour le compte de la société-mère = personne juridique suprême du groupe économique dont lorgane de décision est lautorité suprême du groupe la société-mère détermine la politique commerciale du groupe, soccupe des questions de détail de la gestion journalière des différentes sociétés le salarié assistait aux réunions de la DG et rendait compte de sa gestion et recevait des instructions – le salarié a exercé sous les ordres et le contrôle de lorgane de décision suprême du groupe économique lien de subordination avec la société-mère le rôle demployeur des filiales purement fictif filiales = « sociétés daffectation » absence de contrat de travail avec la filiale dans laquelle il a exercé un mandat social

30 II.1 Qualité demployeur: C.A. 24 mai 2007, N°30644 du rôle gérant unique dune Sàrl / contrat de travail pour la fonction de « General Manager of Employer responsible for the supervision and management of the activities of Employer in Luxembourg… » contrat de travail en bonne et due forme instructions données par la société-mère US qui prend les décisions structurelles ou financières – salarié était lintermédiaire et non pas le décisionnaire entre la direction générale de la société-mère US et les autres employés de la Sàrl luxembourgeoise – salarié était un subordonné par rapport à la société-mère US et ses représentants de la part de laquelle ou desquels il a reçu des ordres et directives en conséquence il y a eu contrat de travail effectif entre le salarié et la Sàrl luxembourgeoise

31 II.1 Qualité demployeur: CJUE, 10 octobre 2010, ALBRON CATERING B.V., C- 242/09 Directive 2001/23/CE relative au maintien des droits des travailleurs Contexte : il sagit de déterminer si, dans le cadre dun groupe de sociétés dont lune des entités juridiques fait office demployeur central et détache ses travailleurs auprès de diverses sociétés, qui constituent ce groupe, le transfert des activités dune société à un tiers, doit être considéré comme relevant des règles instituées par la Directive 2001/23/CE Question : En cas de transfert au sens de la Directive 2001/23/CE dune entreprise appartenant à un groupe à une entreprise extérieure à ce groupe, lentreprise du groupe à laquelle les travailleurs étaient affectés de manière permanente sans toutefois être liés à cette dernière par un contrat de travail, peut-elle être considérée comme « cédant », étant donné quil existe au sein du groupe une entreprise avec laquelle les travailleurs sont liés par un tel contrat de travail? Raisonnement: -Le cédant est celui qui perd la qualité demployeur mais employeur contractuel et/ou employeur non contractuel? -Exigence dun contrat de travail ou relation de travail donc lien contractuel nest pas en toute circonstance requis

32 II.1 Qualité demployeur: CJUE, 10 octobre 2010, ALBRON CATERING B.V., C-242/09 Directive 2001/23/CE relative au maintien des droits des travailleurs Mais rapport contrat de travail et relation de travail = rapport de subsidiarité? NON si au sein dun groupe de sociétés, coexistent deux employeurs, lun ayant des rapports contractuels avec les travailleurs de ce groupe et lautre ayant des rapports non contractuels avec ces derniers, peut également être regardé comme « cédant », lemployeur responsable de lactivité économique de lentité transférée qui à ce titre, établit des relations de travail avec les travailleurs de cette entité et ce en dépit de labsence de contrats de travail avec lesdits travailleurs.

33 II.2 Licenciement économique au sein dun groupe de sociétés: C.A. 28 février 2008, N°30523 du rôle licenciement pour motifs économiques dun salarié engagé comme Directeur Adjoint dans le cadre du groupe mais affecté au sein dune filiale – il ne suffit pas de prendre en considération seulement la situation économique de la filiale mais bien celle du groupe en entier – il nest pas établi quun poste de travail équivalent à celui pour lequel le salarié a été engagé, lui a été proposé avant ou après le licenciement par le groupe licenciement abusif

34 II.2 Licenciement économique au sein dun groupe de sociétés: C.A. 29 janvier 2009, N°33502 du rôle licenciement fondé sur des motifs économiques dun salarié et embauche dun autre salarié pour un autre poste de travail qualifications professionnelles identiques de ces deux salariés – lemployeur avait la possibilité de proposer au salarié licencié un autre poste correspondant à ses qualifications et de le reclasser au sein de son entreprise licenciement abusif

35 II.2 Licenciement économique au sein dun groupe de sociétés: C.A. 24 juin 2010, N°32919 du rôle lemployeur peut légitimement prendre les mesures quil juge opportunes pour assainir une branche dactivité déficitaire qui pèse sur le résultat global de son entreprise si le chef dentreprise est seul responsable du risque assumé, il bénéficie corrélativement du pouvoir de direction politique économique de son entreprise, lorganisation interne, modalités techniques de son fonctionnement quil peut à tout moment aménager à son gré le juge ne saurait à aucun titre se substituer au chef dentreprise dans lopportunité des mesures prises

36 II.2 Licenciement économique au sein dun groupe de sociétés: C.A. 27 octobre 2011, N°35913 du rôle licenciement fondé sur des motifs économiques précision des motifs : – principe : entrepreneur peut restructurer un département déficitaire au sein dune entreprise entrepreneur peut restructurer une société déficitaire au sein dun groupe la société du groupe qui est déficitaire ne doit dès lors pas détailler la situation financière de lensemble du groupe dans la lettre de motivation

37 II.2 Licenciement économique au sein dun groupe de sociétés: C.A. 27 octobre 2011, N°35913 du rôle choix du licenciement : – le chef dentreprise est seul responsable des risques assumés et bénéficie en corrélative des pouvoirs lautorisant à adopter des mesures dordre intérieur que lui paraît commander lintérêt de lentreprise – choix du critère à la base de la suppression demploi et le choix de la personne relève du seul pouvoir dappréciation du chef dentreprise – lopportunité du choix est discrétionnaire sauf abus de droit – il nappartient pas à la juridiction du travail dapprécier lopportunité du choix

38 II.2 Licenciement économique au sein dun groupe de sociétés: C.A. 1 er mars 2012, N°37078 du rôle société de droit luxembourgeois dont les activités ne sont pas rentables soutien financier de la société-mère étrangère depuis le rachat par celle-ci de 100% des actions de la société luxembourgeoise décision de stopper le support financier et de cesser les activités à Luxembourg

39 II.2 Licenciement économique au sein dun groupe de sociétés: C.A. 1 er mars 2012, N°37078 du rôle les difficultés économiques doivent être appréciées au sein dun même secteur dactivité lorsquil y a appartenance à un groupe et non au niveau de lentreprise (Cour de Cassation française 23 juin 2009) – la spécialisation différente/implantation dans un pays différent nexcluent pas le rattachement à un même secteur dactivité il ne suffit pas de prendre en considération seulement la situation de la société employeuse mais celle du groupe entier la lettre de motivation doit faire état de la situation économique des autres sociétés du groupe

40 II.2 Licenciement économique au sein dun groupe de sociétés: C.A. 1 er mars 2012, N°37078 du rôle un groupe de société en bonne santé ne peut procéder à des licenciements économiques dans une de ses sociétés en difficultés, même si cette dernière bénéficie dune autonomie juridique référence à un arrêt du 25 juin 2009 de la Cour dAppel de Paris et du 18 janvier 2011 de la Cour de Cassation française : – notion de co-employeurs – précision quune société assure « la direction opérationnelle et la gestion administrative de lautre société qui ne dispose daucune autonomie » – « confusion dintérêts, dactivités et de direction » entre les deux sociétés du groupe

41 Merci de votre attention Isabelle COMHAIRE et Anne MOREL


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