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Raisonnement et rationalité. 3 types de traitement: descriptif - ce quon fait et comment on le fait (processus) normatif - comment on devrait faire évaluatif.

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1 Raisonnement et rationalité

2 3 types de traitement: descriptif - ce quon fait et comment on le fait (processus) normatif - comment on devrait faire évaluatif - si ce quon fait correspond à ce quon devrait faire Tradition rationaliste fondée sur les principes de la logique

3 Espace dun problème: lensemble de létat initial, de létat final ou état but (solution) et des opérateurs qui définissent les contraintes à lintérieur desquelles le problème peut être r é solu

4 Problèmes dont lespace est strictement défini (par exemple, problème des cannibales et des missionnaires): se résolvent via des algorithmes ou séquences dopérations cognitives qui conduisent à la solution avec certitude Problèmes dont lespace nest pas strictement défini (par exemple, partie déchecs ou diagnostic médical): se résolvent via des heuristiques, qui ne garantissent pas la solution mais dont lexpérience nous apprend que la solution peut être atteinte avec une probabilit é sup é rieure à celle du hasard

5 Point de vue pessimiste sur la rationalité humaine: a émergé au début des années 70 (inspiré des travaux de Amos Tversky, Daniel Kahneman) les gens raisonnent et prennent des décisions de telle sorte quils violent les règles familières de la rationalité étude des heuristiques et des biais de raisonnement

6 Les gens ordinaires ne possèdent pas la compétence rationnelle nécessaire pour traiter certaines tâches de raisonnement et exploitent alors une s é rie de heuristiques qui entra î nent des biais de raisonnement (raisonnements qui vont à l encontre de r è gles logiques) supposition: les r è gles de raisonnement d é rivent de th é ories formelles (la logique, la th é orie des probabilit é s, et la th é orie de la d é cision)

7 Il faut notamment tenir compte des facteurs sociaux et émotionnels qui peuvent influencer la rationalité humaine. L'apparition et la disparition d'erreurs ou de biais de raisonnement pourrait dépendre de ces facteurs. Illustration: le paradigme de décision "vie ou mort" de Tversky et Kahneman (1981), ou le « problème de la maladie asiatique », mettant en évidence des effets de « framing ».

8 Dans ce paradigme, les sujets sont confrontés à un grave problème de choix face à une situation où un certain nombre de personnes sont infectées par une maladie mortelle Ils doivent choisir entre deux plans de traitement disponibles suivant leur préférence pour les issues respectives, déterministe dans un cas et probabiliste dans l'autre (issue certaine ou risquée, respectivement) Dans ce paradigme, les sujets sont confrontés à un grave problème de choix face à une situation où un certain nombre de personnes sont infectées par une maladie mortelle Ils doivent choisir entre deux plans de traitement disponibles suivant leur préférence pour les issues respectives, déterministe dans un cas et probabiliste dans l'autre (issue certaine ou risquée, respectivement)

9 L'issue déterministe conduira à la survie certaine d'un tiers des patients, tandis que l'issue probabiliste résultera dans la probabilité d'un tiers que le groupe complet des patients survivra et la probabilité de deux tiers que personne ne survivra

10 Dans l'une de leurs expériences initiales, Tversky et Kahneman ont fait référence dans leur problème à 600 patients hypothétiques anonymes « Imaginez que les Etats Unis se préparent à loccurrence dune maladie asiatique inhabituelle, dont on sattend à ce quelle tue 600 personnes. Deux programmes alternatifs pour combattre la maladie ont été proposés. Supposez que les estimations scientifiques exactes des conséquences sont comme suit: Si le Programme A est adopté, 200 personnes seront sauvées. Si le Programme B est adopté, il y a une probabilité dun tiers que les 600 personnes seront sauvées et une probabilité de deux tiers que personne ne sera sauvé. Lequel des deux programmes favoriseriez-vous? »

11 Description différente du même probl è me: Si le Programme C est adopt é, 400 personnes mourront. Si leProgramme D est adopté, il y a une probabilité dun tiers que personnes ne mourra et une probabilité de deux tiers que les 600 personnes mourront. Lequel des deux programmes favoriseriez-vous? Description différente du même probl è me: Si le Programme C est adopt é, 400 personnes mourront. Si le Programme D est adopté, il y a une probabilité dun tiers que personnes ne mourra et une probabilité de deux tiers que les 600 personnes mourront. Lequel des deux programmes favoriseriez-vous?

12 Lorsque les choix étaient exprimés positivement en termes du nombre de personnes qui pourraient être sauvées, 72% des sujets ont choisi l'issue déterministe En revanche, lorsque le choix était exprimé négativement en termes du nombre de personnes qui iraient mourir, 78% des sujets ont choisi l'issue probabiliste (risquée)

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14 Ce renversement dans les préférences de choix viole le principe d'invariance de description de la théorie rationnelle du choix, suivant lequel des descriptions différentes des mêmes issues des choix devraient conduire au même ordre de préférence « vies sauvées » ou « vies perdues » aversion de la perte, en particulier de la perte de vie humaine mais ce qui compte comme un gain ou une perte dépend du taux de base et de la formulation (mode dexpression) sémantique

15 Le « framing » positif conduit les sujets à percevoir les résultats comme des gains (aversion du risque) et le « framing » négatif à les percevoir comme des pertes (recherche du risque) Kahneman & Tversky (1979): entre le choix dun gain s û r de $3000 et une probabilit é.80 de gagner $4000, 80% des sujets choisissent le premier entre le choix d une perte s û re de $3000 et une probabilit é.80 de perdre $4000, 92% des sujets choisissent le second

16 Cet effet de « domaine » (gain ou perte) est un ph é nom è ne distinct de celui du « framing » Une perte de $20 peut être formul é e de mani è re à para î tre un gain (si une perte encore plus grande é tait attendue) mais objectivement est une perte On peut manipuler ind é pendamment le « framing » et le « domaine » (dans la maladie asiatique, il s agit de menace ou perte plus ou moins grande) (dans d autres cas il s agit d opportunit é s) Afin de cr é er un effet de « framing », la situation de d é cision doit nous permettre de voir une situation de deux perspectives diff é rentes (un verre d eau comme moiti é vide ou moiti é plein)

17 La Th é orie du « prospect » (perspective) rend compte de l effet de « framing » de la mani è re suivante: percevoir un r é sultat comme un gain ou une perte d é pend du point de r é f é rence (suppos é être le « statu quo » au moment du choix) La fonction de valeur de pr é f é rence, ou valeur subjective, est concave pour les gains, et convexe pour les pertes Les d é cideurs optent pour une alternative s û re per ç ue comme un gain plutôt que pour une alternative risqu é e et l inverse pour ce qui est per ç u comme perte (optent pour perte risqu é e plutôt que s û re)

18 Deux étapes dans le traitement de la situation de choix: Editing : les « prospects » sont reformulés et encodés en termes de gains et pertes; le point de référence peut varier selon la formulation Evaluation : les options sont comparées en tenant compte tant des probabilités objectives que de la fonction de valeur subjective

19 Propriétés de la fonction de valeur subjective: Point de référence : les déviations du PR définissent des gains et des pertes Point de référence : les déviations du PR définissent des gains et des pertes Courbe S > aversion du risque (gains) et recherche du risque (pertes) Courbe S > aversion du risque (gains) et recherche du risque (pertes) Réponse aux pertes plus intense quaux gains correspondants Réponse aux pertes plus intense quaux gains correspondants

20 Diff é rences li é es au sexe: Fagley & Miller (1990): mort, perte d emploi, expulsion de l é cole... Des effets de « framing » ont é t é observ é s chez les femmes pour 4 des 5 probl è mes, mais chez les hommes pour un seul et dans le sens oppos é à la fois à celui pr é dit par la th é orie du « prospect » et observ é chez les femmes

21 Fagley & Miller (1997) vies humaines versus argent pr é diction: l effet de « framing » serait plus grand pour les vies humaines « Imaginez qu il y a trois ans vous avez achet é une maison. Il y a six mois elle valait $36000 dollars de plus que ce que vous aviez pay é. Maintenant vous êtes transf é r é à Chicago et vous devez la vendre. Mais le march é a baiss é et la meilleure offre c est seulement $12000 de plus Deux options: Vendre maintenant au meilleur offrant et gagner $12000 Vendre à terme, avec probabilit é de 1/3 de gagner $36000 et de 2/3 de ne rien gagner » Version n é gative: perdre au lieu de gagner

22 R é sultats: 1. l effet de « framing » n é tait pas plus grand pour les vies humaines que pour l argent 2. dans le « framing » positif les sujets ont fait plus de choix risqu é s pour les vies humaines que pour l argent (contraire à ce qui é tait pr é dit) mêmes r é sultats pour le « framing » n é gatif (conforme à ce qui é tait pr é dit) mêmes r é sultats pour le « framing » n é gatif (conforme à ce qui é tait pr é dit)

23 cf. Wagenaar et al. (1988): avec « framing » n é gatif, plus de choix risqu é s en r é ponse à un sc é nario de prise d otage d enfants (100 enfants de maternelle) qu à un sc é nario de maladie dans une î le (100 vacanciers gravement atteints) La plus grande valeur attribu é e aux vies des enfants aurait-elle conduit à des choix plus risqu é s?

24 3. Interaction entre formulation et sexe: le « framing » a affect é le choix chez les femmes mais pas chez les hommes Les femmes ont fait plus de choix risqu é s lorsque les r é sultats é taient formul é s n é gativement que lorsqu ils é taient formul é s positivement

25 Levin & Chapman (1900), utilisant 6000 (et pas 600) individus à risque, ont modifi é la maladie asiatique en « nouvelle é pid é mie de SIDA » 1/3 des sujets: l é pid é mie affecterait surtout les hommes homosexuels et bisexuels et les drogu é s 1/3: les h é mophiles 1/3: pas sp é cifi é Pour les deux derniers groupes, effets habituels Groupe 1: pas d effet de « framing »

26 Raisonnement influencé par des « intuitions morales » (exemple de heuristique dans le domaine des jugements moraux) Cropper et al. (1994) a démontré limportance du « framing » moral dans le cadre très important, du point de vue moral, politique et juridique, des obligations envers les générations futures: les gens ne distinguent pas entre sauver 1 vie aujourdhui et 45 dans 100 ans Questions du type « choisiriez-vous un programme qui sauve 100 vies maintenant ou un nombre plus grand dans 100 ans? »

27 La réponse pourrait dépendre de lincertitude sur cette mort (peut-être des progr è s technologiques les sauveront). D autres types de formulation conduisent à des r é sultats tr è s diff é rents: Frederick (2003) a montr é que beaucoup de gens consid è rent é galement « mauvaise » une seule mort de pollution l ann é e prochaine et une seule mort de pollution dans 100 ans. Donc, les jugements moraux des gens sur les obligations envers les g é n é rations futures sont influenc é s par des effets de « framing »

28 Autre question importante: est-ce que le gouvernement devrait consid é rer non seulement le nombre de vies mais aussi le nombre d ann é es de vie sauv é es par les interventions de r é glementation? Si on tient compte du nombre d ann é es de vie, un programme qui sauve des enfants devrait recevoir beaucoup plus d attention qu un programme similaire qui sauve des personnes âg é es Est-ce immoral? Autre question importante: est-ce que le gouvernement devrait consid é rer non seulement le nombre de vies mais aussi le nombre d ann é es de vie sauv é es par les interventions de r é glementation? Si on tient compte du nombre d ann é es de vie, un programme qui sauve des enfants devrait recevoir beaucoup plus d attention qu un programme similaire qui sauve des personnes âg é es Est-ce immoral?

29 Les intuitions morales d é pendent d effets de « framing » (Sunstein, 2004) Les personnes rejettent une approche qui compterait chaque personne âg é e comme valant moins que ce que vaut un enfant ou un jeune. Mais si on leur demande si elles favoriseraient une politique qui sauverait 105 vieux ou 100 jeunes, beaucoup de gens pr é f è rent la derni è re, ce qui sugg è re que l on tient en compte le nombre d ann é es de vie à sauver

30 Wang (1996) a réalisé une étude dans laquelle le nombre de patients anonymes hypothétiques était varié: 6, 60, 600 et 6000 Pour les groupes de 600 et 6000 les résultats de Tversky et Kahneman ont été reproduits: plus de choix déterministes lorsqu'on indiquait le nombre de personnes sauvées et de choix probabilistes lorsqu'on indiquait le nombre de personnes condamnées Cependant, pour les groupes de 6 et 60 patients, il n'y avait pas d'effet du mode d'expression verbale du problème, la majorité (relativement faible) préférant l'issue probabiliste

31 Autre expérience de Wang, destinée à tester les fonctions sous-jacentes aux préférences de choix: la référence au groupe familial de 6 patients hypothétiques était introduite au travers de la spécification de leurs identités Dans cette expérience, indépendamment du mode d'expression verbale du problème, une claire majorité des sujets a choisi l'issue probabiliste Cependant, il y avait une différence dans la tendance à faire ce choix : 72% des sujets l'ont choisie lorsque l'issue était exprimée en termes du nombre de patients sauvés, et 94% lorsque l'issue était exprimée en termes du nombre de personnes condamnées

32 Donc, l'expression négative a conduit à une augmentation de la nature intrinsèquement négative de la nature du problème de la vie et de la mort dans un contexte familial (sans qu'il y ait, cependant, de renversement irrationnel de la préférence en fonction du mode d'expression) En résumé, la rationalité de la décision est affectée par les relations de parenté. Lorsque la perte de vies implique des personnes apparentées, une famille, nous devenons plus probabilistes

33 Les résultats indiqués ci-dessus ont été obtenus avec des sujets américains Wang les a reproduits avec des sujets chinois. La seule différence est que l'effet du mode d'expression verbale ne s'est pas manifesté pour le groupe de 600 patients hypothétiques, la tendance majoritaire favorisant le choix probabiliste

34 Cette différence peut être liée à la "taille" subjective des petits groupes qui serait différente chez les américains et les chinois, étant donné les caractéristiques démographiques de la population chinoise (en particulier, plus grande taille de la famille, interactions sociales plus stables à travers les générations dans la communauté locale, faible mobilité des groupes sociaux) Le nombre de 600 personnes apparaîtrait donc moins grand pour des chinois que pour des américains

35 Ces résultats appuient la pertinence d'une approche sociale de la rationalité La rationalité des décisions ne dépend pas seulement de la probabilité formelle et de la structure en termes de coûts et bénéfices d'un problème de choix mais aussi, et de manière déterminante, du contenu et du contexte

36 Théorie combinant effort cognitif minimal à valeur affective (Gonzalez et al., 2004) Leffort cognitif requis pour sélectionner un gain s û r est plus petit que celui requis pour choisir un gain risqu é ; et celui requis pour choisir une perte s û re est é gal à celui requis pour choisir une perte risqu é L effet de « framing » a lieu en raison d une fonction d é change entre l effort cognitif n é cessaire pour calculer les valeurs d une alternative (quand c est co û teux, on a moins tendance à choisir) et sa valeur affective (on choisit moins si elle est n é gative)

37 pr é f é r é R é sultats: les participants ont pr é f é r é des gains s û rs à des gains risqu é s et des pertes risqu é es à des pertes s û res fMRI: moins d activit é lors du choix d un gain s û r (compar é à risqu é ) et même activit é pour le choix de perte s û re ou risqu é e temps de r é action pour choisir dans les « framing » n é gatifs (formul é s en termes de perte) plus longs que dans les « framing » positifs (formul é s en termes de gain)

38 Mémoire de licence de Valérie Bachérius: Domaines : Santé Argent (Fagley & Miller, 1990: davantage de choix déterministes) Relations affectives (Boon & Griffin, 1996: davantage de choix probabilistes, mais effet de « framing » uniquement chez les sujets qui avaient une relation stable) Examens

39 Questionnaire sur « limportance » des 4 domaines (« ratings » de 1 à 7) : * Relations affectives: 6.6 * Santé: 5.7 * Examens: 5.0 * Argent: 4.9 RA > Examens et Argent (mais seulement 14 sujets)

40 Prédictions: 1. En moyenne, plus grande est limportance du domaine, plus le comportement est « risqué » (= plus il y a de choix probabilistes 2. En moyenne, effet de « framing » 3. Interaction entre domaine et « framing »

41 Méthode: 296 sujets (150 F, 146 M) 8 situations de choix (scripts) 2 « framing » différents Contrôle de l ordre de présentation des 8 scripts (intra- sujets) « Framing » et implication personnelle: facteurs inter- sujets

42 S600 (S pour santé): Asian Disease Problem S2 : survie individuelle suite à 2 types de thérapie Argent: ayant gagné 20 dans un pari de 60, rejouer (probabilité de récupérer les 60 /perdre tout) ou ne pas rejouer Infidélité: conséquences de la révéler ou non au partenaire (non: un an de plus; oui: stop / pour toujours) Déclaration: 1 soirée s û re vs toujours / jamais Pari (drague multiple) : 1 s û re vs 3 probabiliste Confiance: un secret (à lami 1, s û r pendant 3 mois; à lami 2, pas s û r: pour toujours / révélé immédiatement) Examens: 2 méthodes: garantie de succès dans 2/6 examens vs 30% probabilité de 6/6 (70% 0/6)

43 Domaine p<.0001 Formulation p<.068 Domaine x Formulation p<.027 Sexe p<.006 Domaine x Sexe p<.01 « Framing » significatif pour santé Non significatif pour examens, relations affectives et argent

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46 Discussion « framing effect ») confirmé que pour 2 scripts (« S600 » & « Pari ») « S2 »: seule très légère tendance: 58% (N) vs 53% (P) choix prob. Infidélité et « Déclaration »: > 80% de choix prob.; « Pari » et Confiance: 47% et 42% > grandes différences au sein du même domaine Argent : 67% de choix déterministes > trop peu d argent? Infidélité : préférence trop claire ? > expé 2 > expé 2

47 Expérience 2 Argent: x10 (600 euros) « Infidélité 10%»: 10%-90% au lieu de 30%-70% « Infidélité renversé » - conséquences de la révéler sont devenues déterministes: 1 an de plus avec certitude; ne pas révéler: probabiliste « S600 » (pour réplication avec ce groupe)

48 185 étudiants (73 F,113 M) nouveaux sujets Procédure (comme dans Exp. 1) Effet de « framing » pour « S600 » et « Infidélité renversé » Pas deffet pour Argent : 62% de choix déterministes Pas deffet pour « Infidélité 10% » : 94% de choix probabilistes

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50 « Infidélité renversé »: le résultat de lExp. 1 était probablement dû à un principe moral (dire la vérité); dans lExp. 2 il y a ambiguïté, dire la vérité nest pas satisfaisant affectivement en termes de résultat (1 an de plus)

51 Conclusions Effet de « framing » dans plusieurs domaines, mais même dans ces domaines pas toujours (santé - 1 script / 2), relations affectives (2 scripts / 6) Quand le choix est facile, pas deffet de « framing » Quand le choix est difficile (ambigu ï t é ), leffet nappara î t pas toujours > lambigu ï t é est n é cessaire mais pas suffisante > autres facteurs (?) sont-ils impliqués? ? EM: émotionnels, moraux? ? Q: quantité? (S2, argent, examens) ? « Trade-off » entre EM et Q? De toute manière, la « prospect theory » requiert re-élaboration

52 Neuroscience de leffet de framing De Martino et al. (Science, 2006): IRMf spécifiquement associé à lamygdale > rôle crucial du syst è me é motionnel dans les biais d é cisionnels l activit é du cortex pr é frontal m é dian et orbital é tait associ é à une susceptibilit é r é duite à l effet de framing Nouvelle tâche de d é cision financi è re: les sujets re ç oivent 50$ et doivent choisir entre une option s û re et une option risqu é e, sous deux formulations: s û re = conserver 20$, perdre 30$ versus risqu é e = un sch é ma (identique dans les deux formulations) é non ç ant les probabilit é s de gain et de perte > effet de « framing »

53 Irrationalit é dans les jugements de fr é quence Combien de mots, dans tout ce que je vous ai montr é aujourd hui, ont « ment » comme quatre derni è res lettres? Combien de mots ont « aux » comme quatre derni è res lettres? Combien ont « ot » comme deux derni è res lettres? Combien ont « g » comme avant-derni è re lettre? Combien ont « n » comme avant-derni è re lettre? Combien de mots ont « ain » comme trois derni è res lettres?

54 Linda is 31 years old, outspoken, and very bright. She majored in philosophy. As a student, she was deeply concerned with issues of discrimination and social justice, and also participated in anti-nuclear demonstrations Please, rank the following statements by their probability, using 1 for the most probable and 8 for the least probable

55 (a)Linda is a teacher in elementary school (b) Linda works in a bookstore and takes Yoga classes (c) Linda is active in the feminist movement (d) Linda is a psychiatric social worker (e) Linda is a member of the League of Women voters (f) Linda is a book teller (g) Linda is an insurance sales person (h) Linda is a book teller and is active in the feminist movement

56 Les problèmes de conjonction font partie des tâches qui demandent un jugement de probabilit é Kahneman & Tversky (1982): 89% ont jug é que (h) é tait plus probable que (f), malgr é qu on ne puisse pas être un cadre de banque f é ministe sans être un cadre de banque 85% des é tudiants du cours de science de d é cision de la Stanford Business School ont donn é la même r é ponse

57 Sophisme de conjonction: une conjonction de deux éléments est jugée plus probable que lun des composants de la conjonction cest un effet très robuste

58 Ancrage Tversky & Kahneman (« Judgment under uncertainty », 1974) les processus de raisonnement quantitatifs - notamment la production destimations - peuvent être fortement influenc é s par les valeurs prises comme point de d é part Exemple de tâche: estimer rapidement (en 5 secondes) le produit de (groupe 1) 8x7x6x5x4x3x2x1 (groupe 2) 1x2x3x4x5x6x7x8

59 Prédictions confirmées: 1. Sous-estimation par manque de temps de faire tous les calculs 2. Résultat de 1 plus élevé que résultat de 2 (médiane pour 1 fut de 2250 et pour 2 de seulement 512) Réponse correcte:

60 Autres exemples de « ancrage »: Estimation du pourcentage de pays africains aux Nations Unies avant cela on montrait aux sujets un nombre arbitraire (roue de la fortune en leur présence): 65 ou 10 dire si lestimation correcte était plus grande ou plus petite que le nombre indiqué et produire une estimation quantitative > estimation médiane: 45% après 65 et 25% après 10 Cet effet a lieu même lorsque sujets sont conscients que le nombre d ancrage a é t é g é n é r é par un processus al é atoire!

61 Suffisance ou présomption (« overconfidence ») Tâche: indiquer le degré de confiance dans sa réponse à des questions factuelles Quelle ville a le plus dhabitants dans chaque paire: (a) Las Vegas (b) Miami (a) Sydney (b) Melbourne (a) Hyderabad (b) Islamabad (a) Bonn (b) Heidelberg Suffisance ou présomption (« overconfidence ») Tâche: indiquer le degré de confiance dans sa réponse à des questions factuelles Quelle ville a le plus dhabitants dans chaque paire: (a) Las Vegas (b) Miami (a) Sydney (b) Melbourne (a) Hyderabad (b) Islamabad (a) Bonn (b) Heidelberg

62 Et quel événement historique a eu lieu dabord: (a) Signature de la « Magna carta » (b) Naissance de Maomé (a) Mort de Napoléon (b) Lachat de Louisianne (a) Lassassinat de Lincoln (b) La naissance de la Reine Victoria Et quel événement historique a eu lieu dabord: (a) Signature de la « Magna carta » (b) Naissance de Maomé (a) Mort de Napoléon (b) Lachat de Louisianne (a) Lassassinat de Lincoln (b) La naissance de la Reine Victoria

63 Après chaque réponse les sujets devaient dire leur degré de confiance dans la correction de leur réponse: 50% 60% 70% 80% 90% 100% En général, quand ils sont confiants à 100%, seules 80% des réponses sont correctes; quand ils sont confiants à 90%, seules 70% de leurs réponses sont correctes; et quand ils sont confiants à 80%, seules 60% de leurs réponses sont correctes Prévenir les sujets sur cet excès de confiance, ou leur offrir de largent (ou des bouteilles de champagne français) pour l exactitude naffecte pas le patron de résultats. Cela a été montré avec différentes populations: étudiants de plusieurs niveaux, médecins et même des analystes de la CIA

64 Négligence du taux de base dans les jugements probabilistes Kahneman & Tversky (1973) ont montré que les sujets sous-évaluent limportance des probabilités antérieures Exemple: psychologues administrent des tests de personnalité à 30 ingénieurs et à 70 avocats, qui tous réussissent dans leur domaine, et en font des descriptions écrites sommaires. Pour 50 (au hasard) des 100 descriptions, il faut indiquer la probabilité que la personne soit ingénieur ou avocat Ceci pour une moitié des sujets; pour lautre moitié on a inversé le nombre dingénieurs et davocats - Certaines descriptions se conformaient au stéréotype ingénieur, dautres au stéréotype avocat, et dautres neutres

65 Jack is a 45-year-old man. He is married and has four children. He is generally conservative, careful and ambitious. He shows no interest in political and social issues and spends most of his free time on his many hobbies which include home carpentry, sailing, and mathematical puzzles Dick is a 30-year-old man. He is married with no children. A man of high ability and high motivation, he promises to be quite successful in his field. He is well liked by his colleagues Résultats: Les sujets des 2 groupes ont attribué à Jack une très haute (et similaire) probabilité dêtre ing é nieur. L ignorance des taux de base é tait encore plus frappante pour Dick, car la probabilit é m é diane é tait de 50% dans chaque groupe

66 Linformation sur les probabilités à la base est entièrement ignorée, sauf en cas de description « nulle »: « Supposez que vous navez aucune information sur un sujet choisi aléatoirement dans léchantillon » Quand il ny a aucune information, les probabilités sont utilisées de manière appropriée; mais quand une information spécifique non pertinente est présentée, ce nest plus le cas

67 Casscells et al. (1978) sujets de la Medical Harvard School Si un test utilisé pour détecter une maladie dont la prévalence est de 1/1000 a un taux de faux positifs de 5%, quel est le risque quune personne chez qui on trouve un résultat positif ait réellement la maladie, en supposant que lon ne sait rien sur ses symptômes?

68 0.001 / 0.05 = 0.02 > 18% des sujets 45% ont répondu p = 0.95

69 Les travaux plus récents cherchent à contrecarrer lapproche pessimiste de la rationalité humaine: 1. Conceptions de la psychologie évolutive 2. Rôle des facteurs pragmatiques et linguistiques (on n a pas fait assez attention à la mani è re dont les gens interpr è tent les tâches exp é rimentales)

70 Psychologie évolutive: De manière générale, la cognition humaine comprendrait une collection assez étendue de modules fonctionnellement spécialisés et connectés entre eux, lesquels guideraient la pensée et le comportement en fonction de problèmes évolutifs persistants posés par l'environnement écologique mais aussi par l'environnement social (cf. la théorie de Cosmides & Tooby, 1992) Hypothèses psychologiques: hypothèse de la détection de fraudeurs ou tricheurs hypothèse fréquentielle

71 Lhypothèse fréquentielle (ou fréquentiste) « les animaux ont d û faire des jugements sous incertitude » (Cosmides & Tooby, 1996) Dans le monde moderne nous sommes confront é s à beaucoup de descriptions d informations statistiques (pr é visions sur des risques de maladies, de pluie le lendemain, etc.) Mais ce qui é tait disponible dans le monde o ù nous avons é volu é é tait la fr é quence d é v é nements r é els, par exemple que l on a eu du succ è s dans 5 fois sur les 20 o ù l on a chass é au nord de la rivi è re

72 Le raisonnement inductif aurait donc utilisé des représentations de fréquence (dans les probabilités, le n dispara î t et par cons é quent aussi la fiabilit é de l information) Prédictions: 1.La performance en raisonnement inductif va être diff é rente selon que l on demande aux sujets de juger une fr é quence ou la probabilit é d un seul é v é nement 2. La performance sur les versions fr é quentielles de probl è mes sera sup é rieure aux versions non-fr é quentielles 3. Plus les sujets peuvent former une version fr é quentielle, meilleure sera leur performance

73 Cosmides et Tooby ont réalisé une série dexpériences similaires à celle du diagnostic médical de Casscells et al. Reproduction avec des étudiants de Stanford: 3 (12%) ont donné la réponse correcte: 2% 14 (56%) ont répondu 56% Version fréquentielle: « 1 dans chaque 1000 américains ont la maladie X. (...) En chaque 1000 américains en bonne santé, 50 donnent un résultat positif. (...) Imaginez que nous prenons 1000 américains au hasard. (...) Combien, parmi ceux qui ont donné un résultat positif, ont réellement la maladie? » 38 sujets (76%) ont donné la bonne réponse

74 Facteurs entra î nant une am é lioration de la performance: Demander une réponse en termes de fréquences donne le plus grand effet, suivi immédiatement par la présentation du problème en termes de fréquences Les représentations fréquentielles activent des mécanismes permettant de raisonner correctement

75 Dans le problème « Linda » (Fiedler, 1988: « Il y a 100 personnes qui correspondent à cette description. Combien sont...? ») a obtenu les résultats suivants: version originale: employée de banque féministe plus probable que employée de banque: 91% des sujets version fréquentielle: seulement 22% ont donné cette réponse

76 Effet de suffisance: Gigerenzer et al. (1991) Leffet peut dispara î tre si les sujets doivent r é pondre à des questions formul é es en termes de fr é quences A la fin du test (y compris le jugement de confiance), on demandait aux sujets « combien de ces questions vous pensez avoir r é ussi » ? « Il y avait même une l é g è re tendance à la sous- estimation. L illusion cognitive é tait disparue » Effet de suffisance: Gigerenzer et al. (1991) Leffet peut dispara î tre si les sujets doivent r é pondre à des questions formul é es en termes de fr é quences A la fin du test (y compris le jugement de confiance), on demandait aux sujets « combien de ces questions vous pensez avoir r é ussi » ? « Il y avait même une l é g è re tendance à la sous- estimation. L illusion cognitive é tait disparue »

77 L hypoth è se de d é tection de tricherie Test de s é lection de cartes de Wason (1966) E C 5 4 « Si une carte a une voyelle d un côt é, alors elle a un chiffre impair de l autre »

78 Griggs & Cox (1982) beer coke 25 years old 16 years old If a person is drinking beer, then he must be over 20 years old Dans le contexte dune histoire sur les limitations dâge concernant la boisson (le patron du bar perd sa licence si la r è gle n est pas respect é e)

79 Problème structurellement identique au premier, mais son contenu a un effet très différent Premier problème: 25% des sujets donnent la réponse correcte Second problème: 75% Pourquoi?

80 Laltruisme réciproque est avantageux du point de vue évolutif Mais les arrangements réciproques sont vulnérables à la tricherie Dun point de vue individuel, ce serait mieux dêtre aid é quand il le faut mais de ne pas r é ciproquer quand les autres ont besoin d aide Dans ces conditions, il faut des m é canismes cognitifs qui permettent la d é tection des tricheurs de mani è re à ce qu ils ne soient plus aid é s à l avenir

81 Cosmides et Tooby: modules Darwiniens dont le rôle est de reconna î tre les arrangements r é ciproques et d é tecter les tricheurs qui acceptent les b é n é fices mais ne paient pas les co û ts de tel arrangements Et voil à, certaines versions de la tâche de s é lection engagent ces modules qui doivent d é tecter les tricheurs dans des situations d é change social (donc, la performance à cette tâche d é pend de la mani è re dont elle est pr é sent é e)

82 Daprès la méta-analyse de Cosmides et Tooby (1992), les problèmes sur des règles présentées en conformité avec un contrat social ont été bien réussis (16/16 expériences), tandis que pour ceux dont le thème ne concernait pas un contrat social cela ne fut le cas que pour 3/19 Daprès la méta-analyse de Cosmides et Tooby (1992), les problèmes sur des règles présentées en conformité avec un contrat social ont été bien réussis (16/16 expériences), tandis que pour ceux dont le thème ne concernait pas un contrat social cela ne fut le cas que pour 3/19

83 Gigerenzer et Hug (1992) percevoir la règle comme un contat social nest pas suffisant, il faut aussi quil y ait des indices de la possibilité dune tricherie Version 1: « tricherie » Histoire sur le fait que les occupants dune cabine à haute altitude dans les Alpes suisses doivent apporter leur propre contribution de bois. « Il y a des rumeurs que la règle nest pas toujours suivie ». « Un garde vérifie si chacun des occupants a violé la règle »... Version2: non-tricherie: Des membres du Club Alpin pouvaient aussi y passer la nuit Version 1: 89% de réponses correctes Version 2: 53%

84 Autre problème avec possibilité de tricherie bilatérale (entre employeurs et employés) sujets placés dans la perspective des employés et possible tricherie des employeurs: 75% versus 5% sujets placés dans la perspective des employeurs et possible tricherie des employés: 60% versus 10%

85 Mais... Pas de théorie sur les mécanismes Par ailleurs... Il y a des alternatives: schémas de raisonnement pragmatique module inné de raisonnement déontique (permissions, obligations, promesses, menaces, conseils...) Le sophisme de conjonction a été présenté par Kahneman et Tversky (1996) comme argument contre lidée que cet effet dispara î t lors des jugements fr é quentiels; peut-être cette derni è re hypoth è se est-elle trop simpliste

86 Pour la psychologie évolutive, le raisonnement humain nest pas servi par des heuristiques rapides et pas flexibles mais par « des machines élégantes » construites par la sélection naturelle pendant des millions dannées nous ne devons pas être pessimistes en ce qui concerne la rationalit é humaine

87 Objection pragmatique: nous ne pouvons pas supposer, sans plus darguments, que les gens comprennent les tâches de la mani è re dont les exp é rimentateurs voudraient qu ils comprennent. Par exemple, dans le probl è me « Linda », le terme « et » peut ne pas être compris comme un op é rateur fonctionnel. L information la plus compl è te peut être la plus vraisemblable, la plus plausible.

88 Mais... (contre-objection) si cest comme cela que les sujets linterprètent, pourquoi la version fréquentielle conduit à une augmentation des réponses correctes? Cela doit être parce qu il y a quelque chose d erron é dans notre raisonnement face à la version originale du probl è me « Linda » Adler (1984): principes de Grice sur la prgmatique de la conversation (par exemple, une phrase est pertinente dans le contexte linguistique sp é cifique dans lequel elle est prononc é e)

89 Si les sujets se comportent selon ces principes, alors ils doivent choisir une alternative dans laquelle la description de Linda est pertinente. Alors dans (f), si on dit seulement que Linda est un cadre de banque sans dire quelle est féministe, alors cest quelle nest pas féministe (ce qui nest pas probable dans le cadre de la description de Linda). Selon Adler, les gens ne violent pas la règle de conjonction, mais fournissent la bonne réponse étant donné leur interprétation de la question. Il reste à comprendre pourquoi les sujets exhibent leffet de conjonction dans la version originale mais pas (ou moins) dans la version fréquentielle

90 Leffet de lâge (exp é rience?) sur les pr é f é rences « irrationnelles » Tentori et al. (2001) La d é t é rioration du jugement peut être attendu aux âges avanc é s erreur de d é cision dite « pr é f é rence irr é guli è re » : Si je pr é f è re des croissants à des couques au chocolat pour le petit d é jeuner, je devrai continuer à pr é f é rer les croissants si on me propose de choisir les croissants aux couques au chocolat si l on ajoute une troisi è me possibilit é de choix, par exemple des couques aux amandes

91 Mais cela nest vrai que si le 3e produit napporte pas de nouvelle information sur les deux premiers. Le changement de préférence peut avoir lieu, même lorsque C n est pas une alternative attractive, si C peut être plus facilement compar é à B (couque au chocolat) qu à C (croissant) Simonson & Tversky (1992): A: 6 dollars en main; B: un stylo é l é gant; C: un stylo pas tr è s é l é gant > la proportion de sujets choisissant B a é t é plus é lev é e dans la situation à deux alternatives que dans la situation à 3

92 Tentori et al. (2001): réductions au super-marché variant selon la réduction de prix et le prix minimum dachat Réduction offerte Achat minimum Carte A 15% $20 Carte B 25% $45 Carte C 26% $100

93 Daprès une étude pilote, les sujets ne pensent pas que leurs préférences entre A et B pourraient être influenc é es par la pr é sence de C. Les auteurs en retirent la conclusion qu il est improbable que la pr é sence de C ajoute de l information à propos de A ou de B. Etude 1 (300 universitaires et 190 personnes âg é es, moyenne: 69 ans) sur AB et ABC % choisissant B Etudiants Adultes âg é s AB ABC Une plus grande proportion d é tudiants, mais non d adultes âg é s, a choisi B quand C é tait pr é sent

94 Etude 2 (italiens) Réduction offerte Achat minimum Carte A 20% lire Carte B 38% lire Carte C 40% lire % choisissant B Etudiants Adultes âg é s AB ABC 50 26

95 Interpr é tations (consistantes): l exp é rience quotidienne du march é enseigne l adulte (âg é ) à être conscient des effets contextuels dans le jugement de la valeur des marchandises la familiarit é avec la cat é gorie des produits peut r é duire la prise de d é cision « irr é guli è re » r é sistance aux achats « impulsifs » : é cartement des produits dont le minimum d é passe le budget (prudence) dans tous les cas, cela agit contre le d é clin des processus de contrôle (en particulier d inhibition)

96 Background contrast effects in the market, well-being, and morality domains Background contrast effect: the same product may appear attractive on the background of less attractive alternatives and unattractive on the background of more attractive alternatives

97 Two-step single comparison: Subject 1 chooses a vs b, subject 2 chooses a vs b then all subjects choose x vs y

98 Attraction and background contrast effects have been found in the market domain. Are they displayed also in (perhaps) personally more engaging domains like well- being, affective relationships and morality? Most of the work on the latter issues have used explicit judgments > Compare the occurrence or not of those effects to explicit judgment ratings

99 Focusing illusion: Judgment about a category with attention focused on a subset of the category leads to overweighting this sub- category relative to others (Schkade & Kahneman, PS, 1998, 9, ) When more is less and less is more: the silver medal that fell short of the gold but distanced the bronze, versus was quite distant from the gold but only slightly ahead of the bronze (Medvec et al., JPSP, 1995, 69, )

100 Temporal factors: The value attached to a whole life is not the sum of the values of its parts assessed in isolation: for example, a life that begins badly and ends well is better than one that begins well and ends badly (Diener et al., PS, 2001, 12, ) Peak-end theory of Kahneman: tendency to neglect duration

101 James Dean & Alexander Solzhenitsin effects Positive life Negative life Number of years Non-extended Extended But: Could retrospective, global judgments of quality of life could be different from choices with the goal of attaining a good life in the future? Preference judgments at a point looking forward and after an event: looking ahead, people may anticipate more positive experiences; looking back, they might prefer the best story

102 Other temporal phenomena: People prefer to integrate losses (receive two rejection letters on the same day) but to segregate gains (earn two prices on different years) (Linville & Fisher, JPSP, 1990, 59, 1-18) Effets de renversement de préférence et rationalisation (cf. dissonance cognitive)

103 Mémoire de Carole Liesens

104 Déduction et modèles mentaux P. Johnson-Laird modèles qui utilisent la connaissance générale, des représentations sémantiques de la situation évoquée par les prémisses, et pas seulement (ou pas du tout) les règles de la logique formelle 1. Chaque modèle mental représente une possibilité 2. Il représente ce qui est vrai, pas ce qui est faux

105 Raisonnement modal: à propos de ce qui est possible et de ce qui est nécessaire il est facile dinférer une possibilité mais difficile dinférer une impossibilité (qui exige de vérifier tous les modèles mentaux applicables); en revanche, facile dinférer que quelque chose nest pas nécessaire que quelque chose est nécessaire (de nouveau, tous les modèles)

106 Jeu de basket un-contre-un If Allan is in then Betsy is in If Carla is in then David is out Can Betsy be in the game? If Allan is out then Betsy is out If Carla is out then David is in Can Betsy be in the game? Or: Must Betsy be in the game?

107 Réponses oui non correctes Question sur ce qui est possible 91% 65% Question sur ce qui est nécessaire 71% 81%

108 Stratégies On cherche rarement les contre-exemples Plus de la moitié des gens dans cette salle parlent français Plus de la moitié des gens dans cette salle parlent anglais Est-ce quil sensuit que plus de la moitié des gens dans cette salle parlent à la fois français et anglais?

109 X X X X X X X

110 Situations destimation de probabilités sur la base de la mathématique ou sur la base de notre expérience Es-ce quil y a plus de mots en Anglais qui commencent par la lettre K ou qui ont K en troisième position? Si un couple a 3 garçons (G) et 3 filles (F), quelle est la séquence de naissances la plus probable: GGGFFF ou GFFGFG ? Intuitions (paris) sur la base de la « disponibilité »

111 Tversky & Kahneman (1973) lecture dune liste de 39 noms de gens connus (20 hommes 19 femmes mais les femmes étant plus célèbres, ou linverse) Y avait-il plus dhommes ou de femmes? Surestimation de la fréquence du genre pour lequel il y avait le plus dindividus célèbres

112 Bill est un homme de 36 ans, grand, pas sportif, décrit par le voisinage comme étant intellectuel et timide. Il est coopératif et a besoin d ordre et structure. Est-il plus probable qu il soit un agent de commerce ou un bibliothécaire? (A) La nuit passée, à Las Vegas, vous avez gagné 1.000$, (B) Hier vous avez découvert que dans votre compte il y avait 1.000$ de plus que prévu. Question: dans quel cas allez-vous jouer demain une somme plus grande que dhabitude? 1. Radio: 50$ - 25$ 2. Ordinateur: 2.545$ $

113 La notion de représentativité Distribution au hasard de jetons entre 5 enfants: I II Alan 4 4 Ben 4 4 Carl 5 4 Dan 4 4 Ed 3 4 Est-ce quil y aura plus de cas I ou II ?

114 Quand « plus » signifie « moins » On préfère minimiser les expériences ou résultats négatifs ou désagréables Mais exception, si étendus dans le temps

115 Kahneman et al. (1993) Deux expériences aversives: 1. Immerger une main dans de leau à 14° pendant 60 secondes 2. Même chose, plus 30 secondes daugmentation progressive de la température de 14° à 15° Possibilité de choix pour la répétition: 69% ont préféré 2 (laugmentation de la température rendait lexpérience moins négative). Lexpérience subjective nest pas la simple addition de ses composantes : importance du moment le plus fort et des derniers moments

116 Exemple dapplication pratique: traitements médicamenteux douloureux Redelmeier & Kahneman (1996) examen de colonoscopie rectale groupe contrôle: terminé abruptement groupe expérimental: terminé par un retrait plus graduel de la sonde Le groupe expérimental a trouvé lexpérience moins désagréable que le groupe contrôle

117 Les jugements moraux

118 Idée d'un module inhibiteur de la violence à l'origine du développement de la moralité, entre autres de la distinction entre transgression morale et conventionnelle Il ferait défaut chez les psychopathes ou, plus généralement, chez les personnes atteintes de APD - "antisocial personality disorder" (Blair, 1993, 1995)

119 Pour Blair, les êtres humains posséderaient un mécanisme cognitif d'inhibition de violence (VIM). Lorsqu'il serait activé par une communication non-verbale de désarroi (par exemple, une expression faciale triste, la vue et l'écoute de pleurs, etc.) lindividu initierait une réponse de retrait, arrêtant ainsi l'attaque Camras (1977) : la présentation d'indices de désarroi (dans ce cas, une expression faciale triste) a conduit à l'arrêt de l'agression chez des enfants de 4 à 7 ans qui cherchaient à s'emparer d'un objet L'agresseur en général mettait fin à ses demandes et permettait à celui qui initialement avait détenu l'objet de continuer à jouer pendant un temps relativement long

120 Pour Blair, le VIM ne serait pas le seul mécanisme cognitif contrôlant le comportement de retrait d'agression Les fonctions exécutives (cf. le système attentionnel de supervision) pourraient déterminer la réponse finale, allant ainsi éventuellement à l'encontre de la réponse qu'aurait suscitée l'activation du VIM, soit dans un but d'attaque soit pour mettre en place un comportement d'aide Le VIM serait de toute manière un pré-requis pour le développement de trois aspects de la "moralité": les émotions "morales" (sympathie, empathie, culpabilité, remords, etc.), l'inhibition d'une action violente et la distinction moral/conventionnel

121 Blair a étudié particulièrement la distinction entre les transgressions de normes morales et de normes conventionnelles Habituellement, les enfants et les adultes jugent les transgressions morales comme plus sérieuses que les transgressions de conventions. Ils considèrent que les transgressions morales ne sont pas acceptables, même en l'absence de règles d'interdiction tandis que les transgressions de conventions sont jugées comme permissibles s'il n'y a pas de règle qui les interdit Les transgressions morales sont moins sous une juridiction d'autorité (l'acte ne serait pas permissible même si une autorité dit qu'on peut le faire) que les transgressions de conventions

122 La distinction moral/conventionnel a été trouvée chez des enfants (> 39 mois) et à travers différentes cultures Blair: l'appariement répété de représentations de transgression avec les indices de désarroi causés par l'acte conduit à ce que ces représentations deviennent, à travers un conditionnement de type classique, des stimuli conditionnés pour l'activation du VIM En revanche, puisque les transgressions de conventions, par définition, ne produisent pas de victime, leurs représentations ne sont jamais appariées avec des indices de désarroi et par conséquent ne deviennent jamais des stimuli pour l'activation du VIM L'aversion ressentie lors de la réponse de retrait suite à l'activation du VIM (en cas de transgression morale) fait que l'acte soit jugé comme mauvais

123 Le VIM serait un mécanisme cognitif indépendant d'autres mécanismes cognitifs tels que le mécanisme de la théorie de l'esprit responsable de l'attribution d'intentionnalité En effet, Blair a trouvé que les psychopathes, contrairement aux autistes, ne sont pas appauvris dans les tâches d'attribution de croyances. Le manque de VIM fait perdre une source de l'interruption de l'action violente Le développement du psychopathe serait donc une conséquence du manque de VIM accompagné de facteurs cognitifs (éventuellement des déficits au niveau des fonctions exécutives) ou environnementaux qui restent non spécifiés

124 Dans l'expérience de Blair (1995), des psychopathes et des contrôles ont été questionnés sur des histoires comportant des situations de transgression morale et de conventions (un enfant frappant un autre enfant, un enfant tirant les cheveux d'un autre qui se met à pleurer, un enfant abîmant un piano ou cassant un jouet; deux enfants parlant en classe, tournant le dos à l'enseignant ou partant de la classe sans autorisation, etc.) Les résultats ont montré que les réponses des psychopathes, contrairement aux non psychopathes (ainsi qu'aux enfants autistes), ne faisaient pas la distinction entre les transgressions morales et de convention

125 Cependant, contrairement aux prédictions de l'auteur, les psychopathes ont traité les transgressions de conventions comme des transgressions morales et pas le contraire Le fait que ces sujets étaient incarcérés et hautement motivés pour leur libération les portaient à essayer de démontrer que les traitements qu'ils recevaient étaient efficaces et qu'ils adhéraient aux règles de la société Pour eux, toutes les normes transgressés étaient donc indépendantes de la juridiction de l'autorité Enfin, les justifications avancées par les psychopathes se référaient beaucoup moins au bien-être de la victime que celles des non psychopathes

126 Une autre tradition de travail concerne les dilemmes moraux Les émotions influencent les jugements moraux aussi bien dans les situations impliquant des normes morales que dans les situations impliquant des dilemmes moraux La reconnaissance de cette influence a pu mener à la sous- estimation du rôle des r è gles dans le jugement moral

127 Greene et al., Science, 2002, 293, Script 1: A runaway trolley is headed for five people who will be killed if it proceeds on its present course. The only way to save them is to hit a switch that will turn the trolley onto an alternate set of tracks where it will kill one person instead of five. Ought you to turn the trolley in order to save five people at the expense of one? Yes Script 2: You are standing next to a large stranger on a footbridge that spans the tracks, in between the oncoming trolley and the five people. The only way to save the five people is to push this stranger off the bridge, onto the tracks below. Will you do it? No Greene et al., Science, 2002, 293, Script 1: A runaway trolley is headed for five people who will be killed if it proceeds on its present course. The only way to save them is to hit a switch that will turn the trolley onto an alternate set of tracks where it will kill one person instead of five. Ought you to turn the trolley in order to save five people at the expense of one? Yes Script 2: You are standing next to a large stranger on a footbridge that spans the tracks, in between the oncoming trolley and the five people. The only way to save the five people is to push this stranger off the bridge, onto the tracks below. Will you do it? No

128 Greene et al., Science, 2002, 293, Cingulaire postérieur et préfrontal médian, corrélats neuraux de lémotion: plus activés lors du deuxième problème que du premier Interférence émotionnelle: conduit à des temps de réaction plus longs dans le cas des réponses émotionnellement « incongrues » (répondre oui dans la deuxième situation; tendance légère à leffet opposé dans la première situation) Interprétation de Greene et al. : les actions personnelles génèrent un engagement émotionnel plus important Greene et al., Science, 2002, 293, Cingulaire postérieur et préfrontal médian, corrélats neuraux de lémotion: plus activés lors du deuxième problème que du premier Interférence émotionnelle: conduit à des temps de réaction plus longs dans le cas des réponses émotionnellement « incongrues » (répondre oui dans la deuxième situation; tendance légère à leffet opposé dans la première situation) Interprétation de Greene et al. : les actions personnelles génèrent un engagement émotionnel plus important

129 Greene et al., Science, 2002, 293, Une violation morale est personnelle si elle peut causer un dommage corporel sérieux, à une certaine personne et si le dommage ne résulte pas dune tentative décarter cette personne dun danger préexistant pour elle Cependant, il y a beaucoup darguments contre l« hypothèse personnelle »: autodéfense, guerre et punition (par exemple, donner une fessée à son enfant) sont personnels et émotionnels mais jugés permissibles Variations culturelles: cf. la circoncision des garçons et, chez les Yanoman ö, le fait que les maris peuvent frapper leurs femmes, bien que ce soit personnel et é motionnel Greene et al., Science, 2002, 293, Une violation morale est personnelle si elle peut causer un dommage corporel sérieux, à une certaine personne et si le dommage ne résulte pas dune tentative décarter cette personne dun danger préexistant pour elle Cependant, il y a beaucoup darguments contre l« hypothèse personnelle »: autodéfense, guerre et punition (par exemple, donner une fessée à son enfant) sont personnels et émotionnels mais jugés permissibles Variations culturelles: cf. la circoncision des garçons et, chez les Yanoman ö, le fait que les maris peuvent frapper leurs femmes, bien que ce soit personnel et é motionnel

130 Nichols & Mallon, 2006 Approche de la moralité fondée sur des règles: une action est mauvaise ou erronée si elle viole une règle morale « Ne pas tuer »: ninterdit pas un acte qui mène à ce résultat mais où cet effet, bien quattendu, nétait pas intentionnel: en réalité il sagit dun débat complexe Alternative: distinction entre une action qui viole une règle mais, tout pris ensemble, peut être acceptable (faiblement non permissible), et une action qui, tout pris ensemble, est consid é r é e mauvaise ( (totalement non permissible) Nichols & Mallon, 2006 Approche de la moralité fondée sur des règles: une action est mauvaise ou erronée si elle viole une règle morale « Ne pas tuer »: ninterdit pas un acte qui mène à ce résultat mais où cet effet, bien quattendu, nétait pas intentionnel: en réalité il sagit dun débat complexe Alternative: distinction entre une action qui viole une règle mais, tout pris ensemble, peut être acceptable (faiblement non permissible), et une action qui, tout pris ensemble, est consid é r é e mauvaise ( (totalement non permissible)

131 Scénarios de Greene et al. + deux scénarios impersonnels qui minimisent le contenu émotionnel Question: lasymétrie (entre lindividu spectateur ou présent sur la passerelle) se maintient-elle? Cas impersonnel du spectateur: la maman de Billy sort en interdisant les enfants de casser ne f û t-ce qu une seule des tasses qui sont sur la table. Un peu plus tard, Billy voit que sa soeur a mis les tasses sur les rails de son train; il peut encore faire d é vier son train vers un rail o ù il n y a qu une tasse... Cas impersonnel de la passerelle: la seule possibilit é de stopper le train est de jeter l une des tasses contre lui, ce qui permet de sauver les 5 autres

132 Expérience 1 1. Est-ce que Billy a enfreint la règle de sa mère?: 22/39 2. Est-ce que, tout considéré, Billy a bien fait de jeter la tasse?: 34/39 Expérience 2 (between-subjects) Question 1: 44% - 96% Situation 2: 85% des participants ont dit que Billy avait enfreint la règle mais avait eu raison de le faire Expérience 3 Cas catastrophe: un train qui transporte un virus extrêmement dangereux, Jonas (un scientifique) voit que sur le rail il y a une bombe, si le train passe sur la bombe le virus sera lib é r é et des billions de personnes iraient mourir; seule solution, pousser quelqu un sur la voie devant le train

133 Est-ce que Jonas a enfreint une règle morale? : 68% Est-ce que tout considéré Jonas a pris la mauvaise décision (did Jonas do the wrong thing)? : 24% Les sujets ne sont pas des déontologistes absolus: il peut être permis de faire quelque chose qui viole une r è gle morale, y compris la r è gle qui interdit de tuer des innocents 1. Les gens ont la capacit é de raisonner sur ce qui peut minimiser les mauvais effets 2. Ils ont un ensemble de r è gles qui qui interdisent certaines actions 3. Cet ensemble de r è gles n est pas é limin é par la capacit é de raisonner sur la minimisation des effets nocifs

134 Les jugements moraux dépendent de 2 types de processus: 1. Processus intuitifs, qui modifient les états hédoniques en réponse à certains stimuli socialement pertinents 2. Processus (délibératifs) généraux sous-jacents au raisonnement abstrait et au contrôle cognitif En g é n é ral, les 2 convergent: les buts socialement adapt é s sont souvent congruents avec les principes moraux abstraits mais dans les dilemmes é thiques il y a comp é tition Rôle de la sensibilit é contextuelle des affects: les affects apportent de l information sur l environnement Des sentiments de positivit é induits par le contexte au moment du jugement peuvent r é duire la n é gativit é per ç ue ou signal d aversion à une violation de la r è gle morale et conduire à une r é ponse utilitaire

135 Pour induire un affect positif, Valdesolo & DeSteno (2006) ont montré un passage de « Saturday Night Life » (le passage neutre était un documentaire sur un village espagnol) Fréquences des réponses au dilemme de la passerelle: appropriée inappropriée neutre 3 35 positif 10 31

136 Un lien entre l intuition et les comportements sociaux? L é valuation rapide de situations complexes Le moyen: les neurones Von Economo, grandes cellules bipolaires, localis é es dans la couche 5 du cingulaire ant é rieur et du cortex fronto-insulaire (une seule dendrite basale, large, contrairement aux cellules pyramidales), qui existent uniquement chez les humains et les grands singes (derni è res 15 millions d ann é es) et se d é veloppent tardivement chez l individu (petit nombre à la 35e semaine de gestation, à la naissance seulement 15%, et nombre adulte seulement vers 4 ans) Chez les b é b é s: 6% plus nombreux dans l h é misph è re droit; à l âge adulte: 30%

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140 R é cepteurs de 3 neurotransmetteurs: de la vasopressine 1a: impliqu é dans la formation des liens sociaux de la dopamine D3: signale l expectative de r é compense en situation d incertitude de la s é rotonine 2b (tr è s nombreux aussi dans l estomac et les intestins): antagoniste de la dopamine, signale le danger et la punition la conscience de l activit é visc é rale joue un rôle dans la prise de d é cisions bien adapt é es au contexte comportemental: les « marqueurs somatiques » Calcul de la probabilit é relative de r é compense et de punition

141 L intuition: exige des calculs complexes, probabilistes, peu conscients, en situation d incertitude; exp é riment é e au niveau visc é ral L autisme: une situation de manque d intuitions sociales rapides r é duction du volume et hypoactivation du cingulaire ant é rieur droit anomalies dans la croissance et l organisation de ces structures (notamment, d é fauts de la migration neuronale) pendant les premi è res ann é es de vie chez les autistes

142 La prise de d é cision De la s é lection d un acte simple, comme bouger un doigt, jusqu à la s é lection d une action complexe, comme acheter des parts de march é ou courtiser un potentiel partenaire sexuel Trois processus partiellement distincts fonctionnellement et temporellement: 1. L é valuation et l é tablissement de pr é f é rences (attribution de valeur) parmi plusieurs options 2. La s é lection et l ex é cution d une action (d é termination et organisation temporelle d une s é quence d actes, inhibition d actes incongrus ou comp é titeurs) 3. L é valuation des cons é quences de l action (par rapport à celles attendues ou esp é r é es)

143 L é valuation permet d ajuster les valeurs attribu é es pendant le premier stade, et red é finir la s é lection et l ex é cution de l action pendant le deuxi è me stade, en vue de la prise de d é cision suivante La prise de d é cision, dans une perspective dynamique, relative à l histoire de l individu, est un processus it é ratif et adaptatif La prise de d é cision est souvent associ é e à de l incertitude, qui peut être repr é sent é e explicitement comme la probabilit é de la cons é quence d une action, ou implicitement comme l association d une cons é quence à une action

144 Chaque option, dans une situation de prise de d é cision, a une certaine valeur, et celle-ci peut être repr é sent é e relativement aux autres options envisag é es > la prise de d é cision est d é pendante du contexte Jugements de pr é f é rence pour des stations de ski diff é rant par la qualit é de la neige et le prix de l hôtel > tendance à valoriser davantage l attribut qualit é de la neige; mais s il faut estimer le prix maximum que l on est prêt à payer tendance à surestimation de l attribut prix > tendance à ne pas traiter les options globalement mais sur la base des attributs individuellement (certains sont surestim é s, d autres sous-estim é s)

145 Ajouter une option avec une valeur extrême sur un attribut peut avoir deux effets: augmenter la pr é f é rence pour l option avec une valeur moyenne sur cet attribut (compromis) ou rejeter l option dont l attribut en question est moins attractif (polarisation): ajouter une cam é ra « haute qualit é et prix » augmente la pr é f é rence pour la cam é ra de qualit é et prix moyens, mais ajouter une cam é ra « basse qualit é et prix » augmente la pr é f é rence pour une cam é ra « haute qualit é et prix »

146 Les sujets s é lectionnent une option plus vite quand il y a une association forte entre cette option et l action correspondante en m é moire à long terme, car cette action est plus accessible Les valeurs attribu é es aux options ne sont pas d é termin é es de mani è re uniquement rationnelle (logique) mais aussi de mani è re affective (associative)

147 Bernouilli, il y a 200 ans, a reconnu que l é valuation des cons é quences potentielles d une d é cision est fond é e sur une valeur subjective et diff è re du produit math é matique de la magnitude de la probabilit é et de la magnitude de la cons é quence Fonction psychologique concave pour les valeurs positives (gains) et convexe pour les valeurs n é gatives (pertes) : la diff é rence entre $200 et $400 est é valu é e comme plus grande (plus avantageuse en cas de gain et plus d é savantageuse en cas de perte) que la diff é rence entre $1200 et $1400

148 Nous tendons à valoriser moins la r é duction d une probabilit é que son é limination compl è te (nous pr é f é rons passer de 1% à 0% de chances d être malade que passer de 2% à 1%) A cause des ressources limit é es de traitement de notre syst è me cognitif, nous tendons à simplifier notre repr é sentation des options quand elles sont complexes: en supprimant les é l é ments communs (par ex., deux prix de voiture tr è s similaires > on n é glige cet attribut dans l é valuation finale des options) et en s é parant les é l é ments à risque et sans risque

149 Contraste d arri è re-plan ou avec l exp é rience pr é alable: on a tendance à s é lectionner un pneu meilleur march é (donc selon le prix plutôt que la qualit é ) quand on a d û choisir avant entre deux pneus qui diff é raient peu en prix et beaucoup en garantie, mais un pneu avec une garantie plus longue si le choix pr é alable pr é sentait le patron de diff é rences oppos é

150 Distinction entre utilit é de la d é cision et utilit é subjective ou impact é motionnel exp é riment é de sa cons é quence (Kahneman): situations hypoth é tiques de d é cision vs situations r é elles > n é cessit é de comparer les substrats neuraux en situation fictive et quand il y a r é elle r é compense ou punition discordance entre le sentiment de plaisir sur une d é cision importante dont l action est lointaine ou, en revanche, imminente: p. ex. accepter de faire une conf é rence quand les cons é quences changent sur beaucoup vs peu d essais, il y a activation soutenue des substrats neuraux importants pour le traitement temporel

151 Auto-contrôle: habilet é à utiliser les repr é sentations des cons é quences futures, à long terme, des actions pour conditionner le comportement de prise de d é cision Les affects positifs peuvent conduire à une surestimation de la probabilit é des é v é nements favorables et à une sous- estimation des é v é nements d é favorables et à des strat é gies de d é cision plus complexes. Les affects n é gatifs peuvent r é duire le champ des alternatives et l utilisation de diff é rentes sources d information, et acc é l é rer la s é lection des r é ponses

152 Syst è me I - ancien, rapide, souvent automatique, peu accessible à la conscience et au contrôle et qui utilise des principes de similarit é et de relation associative Syst è me II - fond é sur des r è gles et algorithmes (calcul de probabilit é s, logique formelle), lent, requiert de l effort et contrôle conscient En pr é sence de risques, on tend à utiliser des heuristiques affectives (un « pool » d affects) en situation de prise de d é cision. Ce « pool » d affects contient toutes les signaux positifs et n é gatifs consciemment ou inconsciemment associ é s aux actions des options Comment ces syst è mes sont-ils repr é sent é s dans le cerveau?

153 Shiv et al. (2005a): patients avec l é sions dans le cortex pr é frontal ventral m é dian, confront é s à la « tâche d investissement » : recevaient au d é but $20, à chaque tour (20 tours) devaient d é cider soit investir $1 soit s abstenir; 50% de chances de perdre le $1 investi, 50% de recevoir $2.50. Investir à chaque tour repr é sente une valeur attendue de $1.25 et seulement 13% de risque de gagner à la fin moins que les 20% re ç us Les patients ont r é v é l é moins d aversion « myopique » à la perte, ont fait plus de d é cisions avantageuses et ont gagn é plus d argent, que les normaux

154 Anomalies du cortex orbitofrontal chez les toxico- d é pendants. Or, les toxico-d é pendants et les patients avec l é sions dans la r é gion ventro-m é diane du pr é frontal montrent des comportements similaires: nient ou ne sont pas conscients qu ils ont un probl è me; et poursuivent une action qui peut conduire à une gratification imm é diate au risque de subir cons é quences n é gatives, y compris la perte de leur r é putation, travail, maison et famille. Ils pourraient, dans certains cas, prendre de meilleures d é cisions que les normaux: cas du conducteur (avec l é sion orbitofrontale) qui é vitait de freiner sur la neige (Damasio, 1994) La perte de traitement de l information é motionnelle peut se r é v é ler avantageuse

155 R é sultats de Shiv et al. ( « The dark side of emotions », 2005 b) avec sujets toxico-d é pendants (m é dianes): Patients D é pendants Normaux D é c. investir 90% 95% 50% Inv. apr è s perte 95.5% 100% 33.3% Inv. apr è s gain 100% 100% 66.7% Alors que les normaux tendaient à ne pas choisir une option risqu é apr è s une perte, les frontaux et les toxico- d é pendants pr é sentaient beaucoup de choix risqu é s apr è s une perte ou un gain > traitement att é nu é de la perte (d û à l idiff é rence é motionnelle)?, diminution de l habilet é à é valuer les cons é quences n é gatives futures?, inhabilet é à inhiber l attractivit é d une r é compense imm é diate?

156 Les é motions ont une valeur adaptative en r é duisant les options pour l action ( é cartant celles qui sont dangereuses) et en permettant de prendre les d é cisions plus rapidement Mais... il ne faut pas toujours faire confiance aux é motions comme é tant l arbitre infaillible des bonnes et mauvaises d é cisions Il faut analyser les circonstances et arriver à un é quilibre raisonnable de cette analyse et des é motions

157 Fishbein et al. (2005): même type de r é sultats sur des toxico-d é pendants, qui ont par ailleurs montr é moins d activation dans le cortex cingulaire ant é rieur ventral Les toxico-d é pendants performent aussi moins bien dans des tâches d inhibition ( « stop task » et « go / no go » )

158 Mesure de la r é activit é physiologique pendant les situations de prise de d é cision, afin d examiner les effets des é motions Damasio: th é orie des marqueurs somatiques Hypoth è se du risque comme affect: le cingulaire ant é rieur et l insula ant é rieure peuvent être critiques pour l int é gration de l information interoceptive aff é rente relative aux stimuli externes et aux é tats é motionnels

159 Est-ce que les changements corporels, par exemple les changements de rythme cardiaque, sont primaires (servant à alerter les aires du cerveau sur la signification du stimulus ou de la s é lection d une action) ou secondaires (initi é s par le cerveau pour pr é parer l individu à ces actions?) Crone et al. (2005): les changements de rythme cardiaque peuvent être li é s sp é cifiquement à la variabilit é dans les cons é quences (selon ce qui pourrait arriver) > auraient plutôt une fonction d alerte pour ajuster la performance future (coh é rent avec la premi è re hypoth è se)

160 Structures neurales: Celles qui sont importantes pour le traitement de la r é compense, de la punition et des affects positifs et n é gatifs, sont aussi actives dans les situations de prise de d é cision L é valuation pourrait être li é e au cortex pari é tal post é rieur (au del à des diff é rents degr é s de traitement attentionnel) et le cingulaire ant é rieur sous-tendrait le choix d une grande r é compense hautement incertaine

161 Kuhnen & Knutson (2005): l activation du noyau accumbens pr é c è de les choix risqu é s et les erreurs de recherche du risque, tandis que l activation de l insula ant é rieure seraient li é es aux choix non risqu é s et aux erreurs d aversion du risque Donc, diff é rents circuits c é r é braux sous-tendent diff é rents types de choix financier, et « l activation excessive de ces circuits peut conduire à des erreurs d investissement » ou serait-ce l inverse?

162 Les diff é rences individuelles: Goudrian et al. (2005): les joueurs pathologiques ne r é gulent pas leur comportement d é cisionnel ad é quatement, soit par manque de flexibilit é soit parce qu ils sentent la n é cessit é de regagner apr è s des pertes, et utiliseraient une strat é gie « apropri é e » dans un objectif inappropri é. De même, les toxico-d é pendants montrent une prise de d é cision adaptative dans un cadre d objectifs perturb é

163 La perception du risque peut aussi être modul é e par la crainte é prouv é e: risque d un accident nucl é aire et d un accident d avion

164 Théorie des marqueurs somatiques - SM, signaux engendrés par des émotions (Damasio) développée pour rendre compte des problèmes de prise de décision exhibés par des patients qui présentent certains types de lésions frontales et des anomalies du comportement émotionnels Quand un SM sassocie par apprentissage aux conséquences futures prédites de certains scénarios, la combinaison fonctionne comme une alarme si le SM est négatif et comme un incitation sil est positif

165 Parfois le SM peut fonctionner sans parvenir à la conscience (il faut distinguer la conscience du SM de la conscience des faits, options, résultats et stratégies impliqués dans la situation de prise de décision) Le « Iowa Gambling Task » - Tâche de Jeu (de hasard) de Iowa (Bechara), a é t é d é velopp é pour é valuer et quantifier les d é ficits de prise de d é cisions chez des patients neurologiques en simulant des conditions de r é compense et de punition en incertitude La tâche est interrompue apr è s les premiers 20 essais et puis tous les dix (sur un total de 100 essais) afin d interroger le sujet sur sa connaissance consciente de la situation (non du SM). La conductance de la peau (indice de SM) é tait mesur é e avant et apr è s chaque d é cision

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168 Résultats: Des patients (avec des lésions dans le cortex pré-frontal ventro-médian) qui ont montré une connaissance consciente de la situation (ils sétaient rendu compte de quels piles de cartes étaient mauvaises): la connaissance consciente de la situation nest pas suffisante pour implémenter des décisions avantageuses Daprès les auteurs, en raison de labsence dun SM, conscient ou inconscient > les SM assistent les processus cognitifs même quand ils ne sont pas conscients La réponse de conductance de la peau a été observée chez les sujets normaux pendant la phase de pondération des décisions risquées, mais pas chez les patients

169 Résultats: En outre, les sujets de contrôle ont commenc é à prendre les meilleures d é cisions (ainsi qu à exhiber des r é ponses de conductance de la peau, indicateurs de SM) alors qu ils n avaient pas encore montr é de connaissance appropri é e de la situation: donc, l absence de connaissance consciente n empêche pas un comportement d é cisionnel avantageux D é bat r é cent: Maia & McClelland (2004) ont mis en question cette derni è re id é e (c est- à -dire, que les normaux d é cident avantageusement avant de conna î tre consciemment la strat é gie avantageuse)

170 Maia & McClelland (2004): les questions de Bechara et al. é taient insuffisantes pour é valuer la connaissance consciente: « Tell me all you know about what is going on in this game » ; « Tell me how you feel about this game » Ces questions n incluent pas des indices, et les sujets peuvent ne pas vouloir rapporter une connaissance encore hypoth é tique (plus facteurs de personnalit é ou degr é d engagement) Les auteurs ont utilis é des questions plus pr é cises, d é taill é es, exigeant des r é ponses sur é chelle, et ont trouv é que vers l essai 50 au moins 80% de leurs sujets (tous normaux) avaient une connaissance explicite claire de la situation

171 Maia & McClelland (2004) ont d è s lors mis en doute l id é e que les sujets de Bechara et al. auraient d é cid é avantageusement sans être conscients des d é cisions avantageuses Mais ils reconnaissent que leurs r é sultats ne d é montrent pas que la connaissance consciente aurait un rôle causal ou que des biais non-conscients pourraient contribuer au comportement de d é cision En outre, si de tels biais existent, ils pourraient ne pas être li é s à des SM mais, par exemple, à des ajustements de pond é rations dans l activation ou l inhibition transmises via les connexions dans les r é seaux neuronaux

172 Et la r é ponse anticipative de conductance de la peau? Elle pourrait être li é e à une plus grande incertitude de la situation lors de la s é lection dans les mauvaises piles de cartes (qui pr é sentaient aussi la plus grande variance) Dans une version modifi é e du Yowa Task, o ù c é taient les bonnes piles qui avaient la plus grande variance, les r é ponses de conductance de la peau ont montr é une plus grande amplitude pour les « bonnes » piles (Tomb et al., 2002)

173 Pour Maia & McClelland, les patients auraient en fait des difficult é s à contrarier une r é ponse qui aurait é t é é tablie suite aux exp é riences positives initiales avec les piles de $100 (au d é but du jeu celles-ci sont effectivement avantageuses) > probl è me d adaptation aux renversements de contingences R é ponse de Bechara et al. (2005): pour qu il y ait adaptation à des renversements de contingence il faut un signal « stop » et ce signal est é motif, donne lieu à un SM Inhiber une r é ponse c est en soi une « d é cision » D ailleurs les r é gions c é r é brales associ é es à l apprentissage de renversements sont les mêmes qui sont associ é es au traitement é motionnel, y compris le pr é - frontal ventral m é dian

174 Bechara et al. notent que ces patients rejettent les mauvaises piles apr è s une perte (tout comme les normaux) mais y retournent plus vite et plus souvent, donc ne tenant pas compte de tous les essais pass é s Mais ils ne r é pondent pas à la possibilit é que la r é ponse de conductance soit li é e à l incertitude En r é sum é, pour Bechara, Damasio et collaborateurs l é motion joue un rôle cl é entre la connaissance et le comportement, entre ce que l on conna î t et ce que l on fait; alors que pour Maia et McClelland non seulement « les SM ne sont pas n é cessaires pour rendre compte des r é sultats relatifs aux participants normaux dans le IGT » mais « actuellement il n y pas d é vidence les soutenant »

175 Discordances entre l intention et le r é sultat de l action dans une tâche de d é cision simple La d é tection de ces discordances nous permet d ajuster notre comportement à des circonstances changeantes Nous cr é ons des mod è les mentaux des cons é quences de nos actions (avant même de les ex é cuter) et nous les comparons aux cons é quences r é elles Et dans quelle mesure d é tectons-nous les discordances? Si nous ne les d é tectons pas, comment jugeons-nous introspectivement les raisons de nos choix vis- à -vis des diff é rences entre le r é sultat attendu et le r éé l?

176 Johansson et al. (2005): situation exp é rimentale de choix, dans laquelle ils ont manipul é la relation entre le choix et sa cons é quence Paires de photos de femmes pour choix en termes d attractivit é, suivi de description verbale des raisons Dans certains cas, é change non remarqu é des visages entre le choix et la description

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178 Johansson et al. (2005): R é sultats: tr è s faible d é tection de l é change: 13% (27% si temps libre pour d é lib é ration) Analyse en ayant é limin é tous les essais apr è s une d é tection (car les sujets deviennent suspicieux): Entre M (manipul é ) et NM: pas de diff é rence dans la longueur des d é clarations ni dans les rires (signe potentiel de nervosit é ) Specific confabulations: « I chose her (the blonde woman) because she had dark hair » : 13.3% Original choice: « I chose her because she smiled (about the solemn one) » : 11.2% « choice blindness » : extension de l effet de « change blindness »


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