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Pensée figurative et langage figuratif Pensée figurative et langage figuratif Le langage figuratif présuppose-t-il une pensée figurative? Figures: Métaphore,

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1 Pensée figurative et langage figuratif Pensée figurative et langage figuratif Le langage figuratif présuppose-t-il une pensée figurative? Figures: Métaphore, métonymie, Ironie, Euphémisme, Hyperbole, etc.

2 Exemples Métaphore: Ton mari est un bébé (processus analogique?)Métaphore: Ton mari est un bébé (processus analogique?) Métonymie: Paris séveille (ou « Bruxelles a décidé... »; tout à fait courante, elle ne pose aucun problème de compréhension )Métonymie: Paris séveille (ou « Bruxelles a décidé... »; tout à fait courante, elle ne pose aucun problème de compréhension ) Ironie: Quelle intelligence!Ironie: Quelle intelligence! Euphémisme: Cette maison a besoin dun coup de pinceauEuphémisme: Cette maison a besoin dun coup de pinceau Hyperbole: Hier je tai appelé des centaines de foisHyperbole: Hier je tai appelé des centaines de fois

3 les expressions idiomatiques ou métaphores "mortes" ("le dos de la cuiller ») les expressions idiomatiques ou métaphores "mortes" ("le dos de la cuiller ») l'oxymore ("obscure clarté" : alliance de mots sémantiquement opposés et apparemment incongrus, que pourtant nous pouvons comprendre et qui est utilisée fréquemment dans le langage poétique, cf. Quevedo, Shakespeare et leurs définitions de lamour) l'oxymore ("obscure clarté" : alliance de mots sémantiquement opposés et apparemment incongrus, que pourtant nous pouvons comprendre et qui est utilisée fréquemment dans le langage poétique, cf. Quevedo, Shakespeare et leurs définitions de lamour) La plupart des recherches sur le langage figuratif ont concerné la métaphore D'autres figures:

4 Métaphore: du grec metapherein = transfert Ton ami est une perle - pas de difficulté de compréhension, indépendamment du jugement personnelTon ami est une perle - pas de difficulté de compréhension, indépendamment du jugement personnel On ne pense pas à la pureté de sa couleur ni à son utilisation éventuelle dans un collierOn ne pense pas à la pureté de sa couleur ni à son utilisation éventuelle dans un collier Comment allons-nous au-delà du sens littéral?Comment allons-nous au-delà du sens littéral? Différent de la synesthésie:Différent de la synesthésie: A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu: voyelles, A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu: voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes

5 Métaphores attributives (X est Y) Métaphores relationnelles (X est comme Y) Métaphores filées (implicite dans les propositions ou phrases suivantes) Métaphores par apposition (Y avant X) Métaphores indirectes (via un autre terme associé)

6 Métaphores visuelles = dans des moyens picturaux dexpression (par exemple, le cinéma): un champ en hiver, sous le gel et parcouru par le personnage, seul, peut transmettre la désolation, labandon; limage dune femme qui regarde tristement les morceaux brisés dun miroir peut refléter son conflit intérieur Citizen Kane (rose button), Journal dune femme de chambre, Good morning Babilonia Oxymore au cinéma, exemple: Vertigo (deux mouvements contradictoires: zoom avant travelling arrière)

7 Répandu dans la littérature mais aussi dans la prose scientifique et dans la communication courante Puissant instrument conceptuel (notamment en sciences) et de communication (y compris pour une transmission indirecte, « déguisée »: on évite dexpliciter et on est facilement compris) Source de polysémie: par ex. « mine », cette encyclopédie est une mine, ce sens de mine est déjà lexicalisé, ou « boucher », ce chirurgien est un boucher (maladroit)

8 Aristote: un signe de la ma î trise du langage et du g é nie, mais un ornement appropri é à la po é sie mais é nigmatique pour la philosophie et la science conception fond é e sur la similitude ou comparative : conversion de X est un Y en X est comme un Y - le point de vue analogique s est maintenu jusqu à r é cemment Black (1962): ph é nom è ne de communication qui op é rerait au niveau de la structure conceptuelle: les processus sous-jacents seraient d interaction et non de comparaison

9 Des thèmes tels que la rationalité, les émotions et la signification de la vie et de la mort sont souvent discutés dans des termes figuratifs (surtout métaphoriques), en particulier dans la littérature et la poésie Le langage figuratif serait le produit d'une pensée flexible, hautement divergente

10 Métaphores conceptuelles dans les références journalistiques et scientifiques à propos des clones (Dolly - The Times et Nature, Hellsten, 2000) « Clones are mass products »: cette métaphore conceptuelle peut être utilisée avec des objectifs opposés, parce que la cible et la source ont beaucoup de propriétés en commun : mauvaises copies ou copies utiles; la science est un chemin avec objectif incertain vs. doit vaincre des obstacles. Expression méprisante: ex: Frankenfood, Frankenfish

11 Le langage figuratif est examiné aujourd'hui par les linguistes et les psycholinguistes mais aussi dans un contexte plus large de psychologie cognitive Il est aussi étudié dans le cadre de l'organisation et de la structure des concepts

12 Pour un certain courant théorique (cf., entre autres, Georges Lakoff et Raymond Gibbs Jr.), les figures sont constitutives de notre expérience car elles la conceptualisent, déterminant ainsi des connexions très fortes entre le langage figuratif et ce que ce courant considère être une "pensée figurative"

13 « Ses affirmations sont indéfendables », « j'ai démoli son argument », « il a attaqué chacune de mes positions », « ses critiques sont allées droites à la cible », « si vous utilisez cette stratégie d'argumentation il vous battra » « Ses affirmations sont indéfendables », « j'ai démoli son argument », « il a attaqué chacune de mes positions », « ses critiques sont allées droites à la cible », « si vous utilisez cette stratégie d'argumentation il vous battra » Sous-jacente à toutes ces expressions, il y aurait une "conceptualisation métaphorique" de la discussion argumentative comme une guerre. Les "métaphores conceptuelles", disent ces auteurs, structurent notre expérience, lui donnent un sens. Notre compréhension de beaucoup d'expressions métaphoriques nouvelles est fondée sur une connaissance métaphorique commune

14 D'autres métaphores conceptuelles sont, par exemple, "les causes sont des forces" (notamment en science) "la communication est un conduit, un espace » (cf. "le chapitre était vide d'idées", "j'ai du mal à faire passer cette idée"), ou "la colère est un fluide chaud dans un conteneur" (cf. "la colère monte en moi", "il brûle de colère, il explose") Cela montrerait bien la présence dominante des modes figuratifs de pensée

15 Rôles des métaphores conceptuelles 1. Rôle représentationnel: les concepts complexes (abstraits) sont organisés à partir de concepts plus simples (concrets) selon un principe déconomie cognitive 2. Rôle de traitement: elles permettent une médiation pour lutilisation et compréhension de certaines expressions métaphoriques (économie: récupération dans la mémoire, dispensant le calcul; plusieurs expressions métaphoriques peuvent être dérivées dune structure sémantique unique)

16 M é taphore conceptuelle; les th é ories sont des é difices, bâtiments ( « buildings » ) Domaine « cible » Domaine « source » Th é orie Edifice Th é oricien Constructeur Formulation Construction Id é es Mat é riels Hypoth è ses Fondements Validit é Solidit é R é vision R é novation

17 Murphy (1996) a analysé 3 conceptions de la métaphore: Deux versions de l'idée que la cognition humaine est modelée par des processus figuratifs de pensée Version forte: certains concepts (par ex., les concepts d'émotions) ne sont pas compris via leur propre représentation mais par référence (métaphorique) à un concept + facile à comprendre, + structuré ou + concret Version faible, nous avons une structure conceptuelle bien développée pour les concepts abstraits, la représentation de ces concepts nest pas métaphorique per se, mais l'existence de métaphores systématiques dans notre culture a influencé leur structure (ex. théories comme édifices)

18 La troisième conception est celle d'une similitude structurale: Tous les concepts sont représentés directement, les métaphores résultant de la similitude entre structures conceptuelles pré-existantes

19 Murphy considère que la version forte de la représentation métaphorique ne tient pas pour les raisons suivantes: 1. D'après les données développementales, les émotions sont conceptualisées par les enfants bien avant les domaines sources 2. On ne comprend pas comment des métaphores multiples, parfois conflictuelles, pourraient résulter dans une structure cohérente 3. Si le concept dit métaphorique n'incluait pas une structure propre on ne pourrait pas distinguer entre les propriétés du domaine source qui sont pertinentes et celles qui ne le sont pas

20 Supposons par exemple que la discussion argumentative est bien une guerre; nous savons que beaucoup de choses qui caractérisent les guerres (employer des armes telles que des missiles ou du napalm, mettre des uniformes, ou payer des réparations au vainqueur) n'ont pas de place dans les discussions argumentatives Pour Murphy (1996), il n'est pas possible pour l'instant de décider entre la version faible et la théorie de la similitude; il préfère la dernière pour sa simplicité

21 Gibbs, en réponse à Murphy, défend la version forte de la représentation métaphorique Pour lui, la théorie de Murphy ne peut pas rendre compte de l'asymétrie ou directionnalité entre le domaine cible et le domaine source (l'amour peut recevoir une interprétation métaphorique en termes de voyage, mais les voyages ne sont pas interprétables en termes d'amour), étant donné le caractère plus vague ou incomplet du domaine cible Cependant, Gibbs reconnaît que d'autres conceptions non représentationnelles, comme la conception de l'appariement de structures, peuvent rendre compte de cet aspect des métaphores

22 Pour Gibbs, les deux termes de l'expression métaphorique ne doivent pas partager des relations abstraites avant d'être interprétés en tant que composantes d'une métaphore (cf. Tourangeau & Rips, 1991, déjà cité) Cependant, cette affirmation devrait mettre en question la notion même suivant laquelle le concept cible reçoit sa structure du concept source (voir ci-après)

23 Des trois arguments de Murphy, Gibbs ignore dans sa réponse celui qui concerne les propriétés pertinentes et non pertinentes du domaine source Il répond à largument des métaphores multiples en soulignant que les concepts ne sont pas des structures fixes, statiques et que lon peut avoir différentes manières de conceptualiser la même expérience Pour lui, les concepts sont des constructions temporaires dans la mémoire de travail créées sur le pouce à partir de linformation (connaissance) contenue en mémoire à long terme

24 Ainsi, les différentes conceptions de lamour seraient appropriées à différentes situations Cependant, répond Murphy, cette distinction ne fait que reculer le problème Sil existe une connaissance au sujet de lamour en mémoire à long terme, elle devrait avoir une structure propre qui intégrerait (ou non) linformation correspondante à chacune des différentes métaphores

25 Largument développemental reçoit de la part de Gibbs une réponse qui semble plus convaincante: Les enfants nont pas besoin dune connaissance sophistiquée de la physique pour conceptualiser certaines émotions en termes de forces physiques Les expériences du corps, en particulier kinesthésiques (le corps entre dans des conteneurs tels que le lit, la baignoire, etc., et contient, incorpore ou expulse lui-même dautres objets), et de manipulation des objets peuvent être à lorigine de toute une série de constructions métaphoriques

26 McGlone (2001, 2006): Il faut cesser dutiliser uniquement lévidence linguistique pour traiter des connexions profondes entre la pensée et le langage; le raisonnement se trouve déjà biaisé (cf. histoire de lhypothèse de Whorf) Comment est-ce que nous savons que les gens pensent aux théories en termes dédifices? Parce quils utilisent une terminologie fondée sur les édifices pour parler des théories? Un postulat dans la preuve (le langage reflète exactement la pensée) Il faut donner une substance à ces affirmations qui soit indépendante de lévidence linguistique, dautant plus que lidée est que la métaphore conceptuelle nest pas essentiellement linguistique

27 Les processus de traitement des métaphores La fausseté littérale n'est pas, contrairement à ce qu'ont dit à la fois Grice et Searle, une condition nécessaire de la métaphore Par exemple, "aucun homme n'est une île" est vrai littéralement et métaphoriquement; "mon mari est un animal" est vrai littéralement quoi qu'il arrive du point de vue métaphorique

28 On avait cru que les expressions métaphoriques (par exemple, "l'homme est un loup") étaient traitées via des opérations séquentielles, d'abord pour extraire la signification littérale, ensuite moyennant une correction de type métaphorique Ce nest pas le cas

29 Glucksberg, Gildea et Bookin (1982): Les sujets répondaient plus lentement "non" à une phrase littéralement fausse lorsqu'elle avait une interprétation figurative que lorsqu'elle n'en avait pas Donc, la signification métaphorique est calculée involontairement, interférant avec la décision Dans la mesure, cependant, où la prise de décision n'est pas instantanée, on ne peut pas être sûr que l'interprétation métaphorique a été atteinte aussi rapidement que l'interprétation littérale

30 D'autres expériences ont montré qu'il ne faut pas plus de temps pour comprendre les expressions métaphoriques que les expressions littérales

31 Connine et Blasko (1993), avec la technique d'amorçage inter-modal, ont estimé la vitesse relative d'activation des significations littérales et métaphoriques des mots dans des métaphores comme "l'indécision est un tourbillon (d'eau) (whirlpool)" Les sujets devaient écouter ce type d'expressions et émettre le plus vite possible des jugements de décision lexicale en réponse à des mots écrits, soit des associés littéraux tels que "eau", soit des associés métaphoriques tels que "confusion", soit encore des non associés tels que "permission"

32 Les réponses aux associés littéraux et métaphoriques ont été également rapides entre elles et plus rapides que les réponses aux non-associés, ceci même lorsque les cibles étaient présentées simultanément avec le mot critique de l'expression Il semble donc y avoir accès simultané aux significations littérales et métaphoriques Cependant, lorsque, dans l'expérience, des métaphores non appropriées étaient utilisées, seules les significations littérales ont été activées Donc, à condition que la métaphore soit interprétable, les significations littérales et métaphoriques sont engendrées en parallèle

33 Le fait que l'accès aux deux interprétations soit indépendant et simultané n'implique pas que les processus de traitement respectifs sont identiques Keysar (1989) : Prenons la phrase "my son is a baby » Elle peut être littéralement vraie ou fausse selon l'âge du fils. Elle peut être littéralement vraie ou fausse selon l'âge du fils. Métaphoriquement, aussi: vraie si le fils a un comportement infantile, et fausse s'il est indépendant. Les interprétations littérale et métaphorique sont logiquement orthogonales (L+/M+; L-/M-; L+/M-; L-/M+). Les phrases ont été présentées en contexte. Le contexte pouvait les rendre soit littéralement vraies ou fausses, soit métaphoriquement vraies ou fausses.

34 Appuyant l'idée que l'interprétation métaphorique est construite de manière obligatoire, on a observé une interférence pour les phrases où les deux interprétations sont incongrues Keysar (1989) Latence Erreurs Contexte Vrai Faux Vrai Faux Congruence Oui Non Appuyant l'idée que l'interprétation métaphorique est construite de manière obligatoire, on a observé une interférence pour les phrases où les deux interprétations sont incongrues

35 Considérons maintenant la manière dont l'interprétation métaphorique est construite. Modèle standard: on convertit l'assertion attributive "X est un Y" ("my son is a baby") en relationnelle "X est comme un Y" ("my son is like a baby") Or, l'assertion de similitude et l'assertion de catégorie sont pragmatiquement incompatibles: si "le cuivre est un métal" est acceptable, alors "le cuivre est comme un métal" n'est pas acceptable; si une personne est un vrai bébé, alors on ne peut pas dire qu'elle est comme un bébé > la prédiction suivante: les phrases qui sont vraies littéralement et métaphoriquement devraient être difficiles à vérifier parce qu'elles posent un problème d'incongruité fonctionnelle > la prédiction suivante: les phrases qui sont vraies littéralement et métaphoriquement devraient être difficiles à vérifier parce qu'elles posent un problème d'incongruité fonctionnelle

36 Cependant, les données de Keysar n'ont pas montré ce type de résultat En réalité, les phrases L+/M+ ont donné lieu aux vérifications les plus rapides Ainsi, on peut conclure que les interprétations métaphorique et littérale sont fonctionnellement équivalentes La signification métaphorique est calculée obligatoirement et ne prend pas une forme comparative. Elle ne demande pas plus de transformations que l'interprétation littérale

37 Quel type d'information utilisons-nous pour engendrer des significations métaphoriques ? Cinq modèles ont été proposés 1. D'après le modèle de déséquilibre de saillance (Ortony, 1979), la métaphore résulte d'une asymétrie dans les attributs partagés, leur saillance étant plus importante pour le terme B que pour le terme A Exemple: les sermons sont des conférences/somnifères (attribut: exposés oraux/monotonie) Inverse: les somnifères sont des sermons (monotonie na pas de saillance pour B)

38 2. D'après le modèle d'interaction entre domaines (Tourangeau & Sternberg, 1981), la qualité métaphorique résulte d'une similitude de position à l'intérieur des domaines respectifs et augmente avec la distance entre ceux-ci Exemple: Bush est un faucon (« Bush est comme un faucon » est exclu)

39 3. D'après le modèle d'appariement de structure (Gentner, 1983), les relations structurelles, à un niveau abstrait, entre les domaines seraient importantes (ex.: la vie est un chemin) et la préférence des sujets irait aux métaphores relationnelles (mais peut-être pas vrai) les relations structurelles, à un niveau abstrait, entre les domaines seraient importantes (ex.: la vie est un chemin) et la préférence des sujets irait aux métaphores relationnelles (mais peut-être pas vrai) Aucune de ces théories ne rend compte des processus on- line

40 4. D'après le modèle d'inclusion de classes (Glucsberg & Keysar, 1990), toutes les métaphores sont des affirmations d'inclusion de classe En créant une métaphore on crée une nouvelle catégorie ou catégorie de diagnostic Par exemple, en disant "my job is a jail" on crée une catégorie dans laquelle on inclut toutes les entités qui vont contre notre volonté, qui sont désagréables et dont il est difficile d'échapper "Jail" devient un exemplaire typique de cette nouvelle catégorie

41 Ces nouvelles catégories seraient structurellement similaires aux catégories taxonomiques habituelles pour lesquelles il y a des noms conventionnels (aliments, moyens de transport, etc.) ou aux catégories ad hoc (aliments à prendre en cas de régime, etc.) Les métaphores seraient donc des affirmations implicites de catégorie (modèle de « catégorisation attributive »)

42 La catégorie qui est utilisée pour caractériser la catégorie topique fonctionne comme une catégorie attributive, cest- à-dire elle fournit des propriétés à la catégorie topique Ces propriétés peuvent souvent sappliquer à beaucoup dautres catégories, et quand cet usage est très extensif le référent de la catégorie attributive peut devenir une signification conventionnelle (par exemple, « boucher » pour désigner intervention brutale et incompétente)

43 Est-ce que lapplicabilité de la théorie en termes de métaphore conceptuelle versus en termes de catégorie attributive dépend du caractère conventionnel versus innovateur de la métaphore? Jones et Estes (2005), expérience dévaluation dattributs: dans quelle mesure la catégorie topique était un membre de la catégorie véhicule? Exemple: « lexamen est un filtre »

44 Les résultats ont été comparables pour les métaphores conventionnelles et les nouvelles, mais la catégorisation a été jugée plus élevée pour les métaphores à haut degré daptitude que pour celles à faible degré (« aptness »: mesure dans laquelle laffirmation reflète des caractéristiques importantes de la catégorie topique) Jones & Estes (2006): même type de r é sultats dans une tâche de compr é hension (rapidit é et pr é cision)

45 Tâches utilis é es par McGlone pour contraster la th é orie de la m é taphore conceptuelle et la th é orie de la cat é gorisation attributive : é mettre des paraphrases d une affirmation é mettre des paraphrases d une affirmation cr é er des m é taphores similaires en signification (tendance à cr é er des v é hicules de la même cat é gorie attributive) cr é er des m é taphores similaires en signification (tendance à cr é er des v é hicules de la même cat é gorie attributive) faire un rappel indic é (en manipulant l indice) faire un rappel indic é (en manipulant l indice)

46 comprendre une m é taphore : par exemple, pour « la le ç on du Dr. X é tait un repas complet pour l esprit », pr é c é d é e d autres m é taphores, il n y avait pas de facilitation suite à des m é taphores du même domaine (aliments, manger) ( « ce livre é tait un restaurant » ), ce qui rel è verait de la m é taphore conceptuelle, mais bien suite à d autres m é taphores de la même cat é gorie attributive (grande quantit é ) ( « ce livre é tait une mine d or » ) comprendre une m é taphore : par exemple, pour « la le ç on du Dr. X é tait un repas complet pour l esprit », pr é c é d é e d autres m é taphores, il n y avait pas de facilitation suite à des m é taphores du même domaine (aliments, manger) ( « ce livre é tait un restaurant » ), ce qui rel è verait de la m é taphore conceptuelle, mais bien suite à d autres m é taphores de la même cat é gorie attributive (grande quantit é ) ( « ce livre é tait une mine d or » )

47 Pour Gibbs, "mon mariage est une longue route poussiéreuse" ne constituerait pas tant une création implicite de catégorie, dans le but de rendre une certaine idée plus expressive, que la manifestation d'une conceptualisation d'expérience déjà structurée dans notre esprit (la métaphore conceptuelle "LOVE IS A JOURNEY") > compréhension immédiate sans reconnaissance consciente du caractère métaphorique

48 Gibbs et Nascimento (1993) se sont fondés sur cette dernière théorie dans leur étude des conceptions des étudiants au sujet de l'amour Dans lexpérience 1, les sujets devaient décrire ce qu'ils avaient expérimenté lorsqu'ils étaient "tombés amoureux" pour la 1ère fois Plus de la moitié des sujets ont utilisé des expressions qui relèveraient des métaphores conceptuelles "LOVE IS A UNITY", "LOVE IS A NATURAL FORCE", et "LOVE IS PHYSICAL CLOSENESS"

49 Dans lexpérience 2, les sujets devaient lire 10 fragments de poésie amoureuse, suivis d'une liste de 5 métaphores conceptuelles et ils devaient sélectionner la métaphore qui convenait le mieux à ces fragments Les réponses se sont révélés très précises (autrement dit, conformes au jugement préalable de juges) Dans lexpérience 3, les sujets devaient lire les mêmes fragments et choisir parmi une liste de 5 expressions conventionnelles la plus appropriée (par exemple, "we were sick with love") La même conformité a été observée

50 Enfin, dans lexpérience 4, on a examiné les déclarations et commentaires faits pendant la lecture de poèmes. et on a constaté que 78% de ces affirmations correspondaient aux conceptions métaphoriques sous-jacentes Ceci suggérerait que, en réalité, les poètes ne créent pas de nouvelles métaphores mais de nouveaux exemplaires de catégories pré- existantes

51 Ces résultats, s'ils sont cohérents avec la théorie de la métaphore conceptuelle, n'excluent pas pour autant d'autres interprétations Le degré de ressemblance ou similitude entre les catégories utilisées peut être suffisant pour conduire à ces résultats sans qu'il faille nécessairement attribuer aux différentes métaphores de l'amour une structure propre En outre, ces auteurs non pas opposé une situation impliquant une métaphore conceptuelle à une autre impliquant la catégorie attributive

52 Dans le cadre d'une théorie qui ne fait pas dépendre la compréhension de la métaphore d'une structure métaphorique pré-existante, on peut envisager deux types de mécanisme : soit l'interprétation se fait en termes de traits émergents qui ne se trouvent dans chacun des deux concepts mis en relation (par ex., dans l'expression « un cheveu dans la soupe » le trait « dérangeant » n'est présent ni dans « cheveu » ni dans « soupe », étant donc un cas de combinaison conceptuelle, cf. Tourangeau & Rips, 1991), soit par simple appréciation d'une relation de similitude (Katz, 1989)

53 5. Modèle de Structuration Spatiale (Coulson & Matlock, 2001): la coordination entre plusieurs domaines conceptuelles crée, par « blending » (combinaison ou fusion), une structure émergente propre (et temporaire) Le sens métaphorique naît de linformation représentée dans ce réseau dintégration conceptuelle (« all the nurses at the hospital say that surgeon is a butcher » implique une coordination entre les structures associées avec chirurgie et « butchery » - patient/animal mort, bistouri/gros couteau -, et la fusion des deux)

54 N400: son amplitude reflète la difficulté dintégration avec le contexte Coulson & Van Petten (2000): (1) He knows that whisky is a a strong intoxicant (2) He knows that power is a strong intoxicant (3) He used cough syrup as an intoxicant (coord. littérale) gradient de N400: (2) > (3) > (1), dû à la complexité des opérations de blending Tourangeau & Rips (1991): beaucoup de traits des métaphores sont émergents, ne sont pas énoncés à propos des deux domaines (par exemple, respectabilité pour « laigle est un lion parmi les oiseaux »

55 Gineste et al. (2000): (matériel de base: métaphores extraites de la poésie française - ex. « votre bouche est un corail », de Pontors de Tyard; « Sa bouche est un bouton de fleur », de Stanislas-Jean de Bouffers; et « ta bouche est la blessure ardente du courage » dApollinaire) tâche: lire une expression m é taphorique et produire trois concepts ou propri é t é s en relation avec elle

56 Expérience 1 Attributs (en %) émergents du topique du véhicule communs mais cette tâche nexclut pas la pertinence de lattribut émergent pour T et V (topique = domaine cible; véhicule = domaine source)

57 Expérience 2 - jugement, mesure du temps de r é ponse La topique, ou le véhicule, ou la métaphore, suivi dun attribut T+T T+E V+V V+E M+T M+V M+E 927 > > > < attribut E > T,V quand testé avec prime T ou V > attributs émergents ne sont pas saillants p/ T et V 1.attribut T et V: réponse plus lente quand précédé de M que de T ou V > la métaphore, créant un sens émergent, a réduit laccès aux attributs de chaque terme

58 La plupart des attributs de chaque terme de la métaphore, nétant pas pertinents, doivent être ignorés « lawyers are sharks »: nager, vivre dans l océan, avoir des nageoires,... Mécanisme cognitif de suppression Activation de ténacité, agressivité

59 Gernsbacher & Robertson (1999): Vérification de « sharks are tenacious » plus rapide quand précédée de « lawyers are sharks » que quand précédée de « hammerheads are sharks » Pour la vérification de sharks are good swimmers, le résultat opposé a été observé (reproduit avec des sujets > 70 ans)

60 Ces résultats peuvent être interprétés aussi dans le cadre dune théorie dinclusion de classes : le véhicule constitue un exemplaire typique de la catégorie superordonnée (hyperonyme), dans ce cas lavocat est un membre de la catégorie des « êtres tenaces »

61 Corrélats cérébraux du traitement des métaphores Rapp et al. (2004): IRMf tâche: lire des phrases, m é taphoriques ou non, et juger si elles avaient une connotation positive ou n é gative traitement de la m é taphore: gyrus frontal inf é rieur gauche Eviatar & Just (2006): IRMf lecture d histoires suivies par une phrase litt é rale (L), m é taphorique (M) ou ironique (I) dans le gyrus frontal inf é rieur gauche et temporal inf é rieur bilat é ral, plus d activation pour les phrases M que pour les L et I dans les gyrii temporaux sup é rieur et m é dian droits plus d activation pour les phrases I que pour les L (et interm é diaire pour les M)

62 Ces données reflètent la sélection sémantique (soit la sélection des traits saillants du véhicule à comparer avec la catégorie topique, soit lattribution de catégorie) patients cérébro-lésés: les lésions de lhémisphère droit tendent à affecter la compréhension de lironie plus que la compréhension de la métaphore, linverse ayant lieu lors des lésions de lhémisphère gauche pour lironie: soit le traitement dune intention communicative soit la construction dune narrative cohérente

63 En ce qui concerne la compréhension de métaphores nouvelles: Sotillo et al. (2005) - N400 dans le gyrus temporal supérieur DROIT (en accord avec données sur les violations sémantiques)

64 Production de métaphores Dans la production de métaphores, il est intéressant d'examiner le rôle joué par l'expérience de l'auteur Williams-Whitney, Mio et Whitney (1992) ont réalisé une expérience dans laquelle on comparait des textes produits en contexte autobiographique et non-autobiographique

65 contexte autobiographique : les sujets devaient verbaliser lévénement pendant lequel ils avaient expérimenté le plus intensément soit de la honte soit de la fierté contexte non-autobiographique : les sujets étaient confrontés à deux scénarios où une fille, Sarah, était dans une situation provoquant soit de la honte soit de la fierté, ils devaient se mettre à la place de ses parents, supposés être responsables pour le comportement de Sarah, et exprimer leurs réactions sils étaient effectivement ses parents

66 Dans chaque cas, ils devaient exprimer à la fois leurs sentiments (internal feelings) et leurs actions Les sujets étaient soit des étudiants de cours décriture narrative soit des étudiants de 1e année de psychologie Les sujets expérimentés ont produit globalement plus de métaphores Par ailleurs, les descriptions de métaphores contenaient plus de métaphores que les descriptions dactions

67 % didées contenant des métaphores: Condition (perspective) Soi Lautre Sentiments Actions Sentiments Actions Sujets Inexpérimentés Expérimentés

68 Au-delà de ces effets principaux, on a constaté que seuls les sujets expérimentés ont produit beaucoup de métaphores en écrivant sur les sentiments de personnes hypothétiques Lhabileté dempathie ou de prise de rôle se développerait avec lexpertise ou lexpérience de lécriture Cependant, il est possible aussi que lhabileté dempathie prédispose certains individus à poursuivre une écriture créative

69 Expressions idiomatiques: ce ne sont pas du langage littéral car indécomposables sémantiquement (changement de sens suite à une transformation syntaxique: par ex. transformation passive de Jean a vu des chandelles ou de Jean boit du petit lait)

70 Oxymore (ou oxymoron): figure de limpossibilité, exprimant les contradictions de la vie (pensées et sentiments conflictuels: « O heavy lightness! serious vanity!) (Octavio Paz: limage poétique est une étreinte de réalités opposées ») Oxymore directe: les deux termes sont des antonymes (exemple: un homme féminin) Oxymore indirecte: lun des termes est un hyponyme (exemple spécifique) de lantonyme de lautre terme (un mensonge honnête, l antonyme serait « vrai » ) La grande majorité des oxymores dans la poésie sont des oxymores indirectes Combinaison de métaphore et doxymore: « La terre est bleue comme une orange »

71 Gibbs et Kearney (1994) ont demandé à des sujets de signaler aussi vite que possible dès quils estimaient avoir compris le sens dune expression contenant une oxymore (soit directe soit indirecte) et ensuite de juger sur une échelle de 1 à 7 le degré dacceptabilité de loxymore

72 Appréciation Compréhension Jugement (de 1 à 7) Temps de réponse Indirecte high medium low Directe Appréciation Compréhension Jugement (de 1 à 7) Temps de réponse Indirecte high medium low Directe

73 Les résultats ont montré que les oxymores les moins poétiques étaient les oxymores directes ainsi que les oxymores indirectes dun degré de typicité moyenne (utilisant des exemplaires de typicité moyenne à lintérieur de la catégorie) Etaient donc jugées comme plus poétiques les oxymores indirectes dont le degré de typicité était soit élevé soit faible Par ailleurs, les oxymores indirectes à haut degré de typicité conduisaient aux temps de réponse les plus rapides

74 Ces résultats suggèrent que la compréhension et lappréciation poétique reposent sur des processus différents et qui ne sont pas nécessairement corrélés En outre, ils infirment lidée suivant laquelle le langage le plus poétique exigerait un effort cognitif plus important pour être compris Le langage figuratif en tant quinstrument de créativité

75 Neuroscience cognitive de la créativité (lhabileté à produire des idées, des actes ou des oeuvres nouveaux (originaux, inattendus) et appropriés (adaptés aux situations) Les manifestations de la créativité sont toujours conscientes La créativité peut être le r é sultat de processus de contrôle d é lib é r é (explicites) ou de processus « intuitifs », spontan é s (implicites); dans les deux cas, les contenus peuvent r é sulter d analyses cognitives ou de r é actions é motionnelles

76 Rôle int é grateur du cortex pr é frontal ant é rieur à la fissure centrale, il ne re ç oit pas d information sensorielle directement et ne stocke pas l information à long terme impliqu é dans: la conscience auto-r é fl é chie, l int é gration temporelle, l attention soutenue et dirig é e, les fonctions sociales complexes, la pens é e abstraite, la flexibilit é cognitive, la planification, les actions volontaires, la m é moire de la sourde et de travail, l intentionnalit é ( « la th é orie de l esprit » )

77 VMPFC: cortex pr é frontal ventro-m é dian: critique pour int é rioriser les valeurs sociales et culturelles permet d é valuer les cons é quences pour la personne de son propre comportement et dans ce processus les é motions (connexions tr è s riches avec le syst è me limbique) interviennent dans la prise des d é cisions qui nous apparaissent comme logiques et rationnelles (Damasio et le cas de Phineas Gage) richement connect é aussi au cortex cingulaire

78 DLPFC: cortex pr é frontal dorso-lat é ral: se serait d é velopp é à partir du tissu hippocampique est richement connect é aux lobes TOP (temporaux, occipitaux, pari é taux), dont il re ç oit l information il envoie surtout de l information aux cortex moteurs il ne re ç oit pas d innervation directe des structures sub-corticales comme l amygdale impliqu é es dans le comportement affectif les l é sions du DLPFC ne conduisent pas à des changements de personnalit é ou des affects

79 DLPFC: cortex pr é frontal dorso-lat é ral: gauche: impliqu é dans la r é cup é ration de l information s é mantique droit: impliqu é dans l attention soutenue

80 Deux modes de traitement impliqu é s dans la cr é ativit é : d é lib é r é et intuitif (attention focalis é e et floue) la pers é v é ration (observ é e dans les cas de l é sion frontale) empêche la pens é e cr é ative, qui implique la cassure des patrons de pens é e conventionnels ou é vidents; le cortex frontal est à la base de la flexibilit é cognitive et de la libert é

81 La cr é ativit é comme un processus darwinien, de variation et s é lection, rendant possible la nouveaut é et l adaptabilit é il faut un processus de s é lection pour d é terminer quelles id é es sont vraiment adaptatives (donc v é ritablement cr é atives) parmi la grande masse des combinaisons d id é es engendr é es par notre syst è me mental

82 Rôle du cortex pr é frontal: é valuer le caract è re appropri é d une nouvelle pens é e mobiliser l arsenal des processus ex é cutifs (maintien de l attention, r é cup é ration des connaissances pertinentes, int é gration, raisonnement abstrait, etc.) mise en forme ou impl é mentation, en accord avec les buts et exigeant une haute « technicit é » ou expertise

83 Le mode d é lib é r é de traitement permet l orientation vers un probl è me particulier, mais son d é savantage est de limiter l espace des solutions d é finition de M.A. Boden (1998) de pens é e cr é atrice: « l exploration d un espace conceptuel structur é » Le mode de traitement spontan é ou implicite constitue le m é canisme sous-jacent à l intuition (quand le syst è me attentionnel ne contrôle pas le contenu de la conscience)

84 Pendant le sommeil REM inactivit é pr é frontale relative, distorsions du temps ( é changes entre pass é, pr é sent et futur), diminution du contrôle les rêves: r é sultat des tentatives du cerveau de donner un sens aux repr é sentations activ é es en dehors des capacit é s int é gratives du cortex pr é frontal - n é anmoins, une certaine coh é rence é merge due à la nature associative des activations ils repr é sentent un potentiel de cr é ativit é

85 La richesse des informations relatives à des domaines sp é cifiques constitue une condition de la cr é ativit é : pas « d inventions » si les informations repr é sent é es dans le syst è me TOP sont pauvres Le mode d é lib é r é de traitement peut s appliquer aussi à des contenus affectifs en psychoth é rapie les ressources attentionnelles sont appliqu é es à la r é cup é ration de souvenirs affectifs et à leur utilisation en m é moire de travail de mani è re à promouvoir des d é couvertes (la compr é hension de soi)

86 Le mode spontan é de traitement: exemple d utilisation des connaissances - Einstein a pens é à la relativit é en s imaginant chevauchant un faisceau de lumi è re combinaison avec les exp é riences é motionnelles - celles-ci engendrent un besoin tr è s fort d expression cr é atrice exemple: Picasso et Guernica, fond é sur la compr é hension de la souffrance humaine, de l injustice et de la peur

87 La cr é ativit é dans les arts: longue p é riode d immersion profonde dans le travail de l expression (approfondissement de l habilet é ) ensuite davantage fond é e sur les r é actions é motionnelles qu à la quantit é et au degr é d abstraction des connaissances explicites Rôle de l âge dans la carri è re L hypoth è se de Planck: r é ceptivit é à l innovation


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