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Cécité au changement: présentation Classiquement, les sciences cognitives postulent que la perception est le résultat d'un processus constructif. Selon.

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1 Cécité au changement: présentation Classiquement, les sciences cognitives postulent que la perception est le résultat d'un processus constructif. Selon Marr (), il existerait trois grandes étapes aboutissant à la création d'une représentation mentale. Dans cette optique, la représentation mentale seraiet enrichie de manière très spécifique à chaque étape. Une fois la représentation construite, il est nécessaire que cette dernière soit stockée. En effet, Construire un percept et détecter les changements de notre monde perceptif La notion de représentation mentale Les représentations mentales sont un sujet dimportance en philosophie depuis lantiquité. Elles ont donné lieu à une littérature considérable, bien antérieure à la révolution cognitive, et sont aujourdhui encore un objet détude privilégier pour la philosophie. Ici par représentation mentale nous entendrons plus particulièrement une construction théorique des sciences cognitives. En tant que tel, cest un concept basique de la théorie computationnelle de lesprit, daprès laquelle les états et les processus cognitifs sont constitués par loccurrence, la transformation et le stockage (dans le cerveau/esprit) de structures véhiculant de linformation (des représentations). Une représentation mentale est ainsi un objet avec des propriétés sémantiques ( contenu, référence, conditions de vérité, valeur de vérité,…), syntaxiques (combinatoires), un rôle computationnelou inférentiel… Une théorie sera dîte représentationnaliste pour peu quelle postule lexistence de tels objets mentaux sémantiquement évaluables incluant : les pensées, les concepts, les percepts, les idées, les impressions, les notions, les règles, les schemas, les images, les fantasmes…aussi bien que les divers types de représentations subpersonnelles (non-concientes) postulées par les sciences cognitives. Quest-ce que percevoir? Classiquement, les sciences cognitives postulent que la perception est le résultat d'un processus constructif. Selon Marr (), il existerait trois grandes étapes aboutissant à la création d'une représentation mentale. Dans cette optique, la représentation mentale seraiet enrichie de manière très spécifique à chaque étape. Une fois la représentation construite, il est nécessaire que cette dernière soit stockée. En effet,

2 Change Blindness : expérience Des résultats surprenants Des implications très fortes - Soit nous navons aucune représentation visuelle du monde, soit chaque nouvelle image supprime limage précédente. - Nous voyons la scène comme à travers un tube: cest-à-dire que seuls quelques éléments visuels dintérêt particulier sont retenus dans le focus attentionnel. - Pour cela, ces éléments doivent être convertis dans un format non-visuel abstrait (par exemple de type fichier-objet). Les résultats montrent très clairement deux phénomènes. Si aucun écran blanc n'est intercalé entre les images, la détection de changements est quasiment instantanée (après une ou deux répétitions). Par contre, le nombre de répétitions nécessaires pour trouver le changement est bien plus grand avec lécran. Cest le change blindness. Enfin, les sujets mettent plus de temps à détecter un changement dintérêt marginal quun changement dintérêt central. L'expérience princeps Pour mettre en évidence ce phénomène, les auteurs (Rensink, ORegan & Clarck, 1997) ont développé le paradigme suivant: une image et une image modifiée sont présentés alternativement en répétition. Elles durent 240 ms et sont séparées par un écran blanc de 80 ms. Les changements peuvent porter sur un objet dintérêt central ou marginal. La tâche des sujets consiste à détecter le plus rapidement possible le changement survenu. Voir en détails: une illusion? Nous pensons saisir instantanément tous les détails de notre environnement et disposer dune perception extrêmement riche et détaillée. Il se pourrait pourtant que cette impression ne soit quune illusion. Du moins cest ce que semble nous montrer le phénomène de cécité au changement (change blindness), qui est léchec surprenant à remarquer un large changement visuel. Enactivisme La cécité au changement a souvent servi dargument à un cadre théorique alternatif à la théorie computationnelle de lesprit : lenactivisme. Daprès lenactivisme il est faux que la perception soit un processus cérébral par lequel le système perceptif construit des représentations internes du monde. Il ne sagit pas de remettre en cause le fait que la perception dépende de ce qui a lieu dans le cerveau, et lenactiviste admet quil existe très probablement des représentations internes dans celui-ci. Mais ce serait une erreur de considérer que la perception est un processus cérébral. Il sagit bien plutôt dun genre daptitude de la part de lanimal tout entier. Plus précisément, lenactivisme défend lidée que laptitude dun sujet à percevoir quelque chose est constituée en partie par une connaissance sensorimotrice (cest-à-dire, par une appréhension pratique de la manière dont la stimulation sensorielle varie en fonction des mouvements du sujet percevant).

3 Change Blindness : une option théorique Le rôle des images blanches: Le problème de limage intercalée est quelle peut potentiellement agir comme un masque sur les éléments à détecter. Une critique plus sérieuse est que le système qui compare fonctionne avec une mémoire de 2 éléments. Il existe en effet des preuves que nous ne pouvons détecter quun changement à la fois et donc ne comparer que deux éléments ensemble (Rensink, 2002). Dans ce cas, la 1 e image peut être comparée avec le cache blanc et celui-ci avec la 2 e image mais pas les deux images ensemble. Pour répondre à cela, un autre paradigme fait apparaître transitoirement des « taches de boues » sur limage pendant quelle change (O'Regan, Rensink, & Clark, 1999). Ces tâches ne sont pas superposées au changement. Le rôle de limage blanche était donc bien uniquement de tromper le système dalerte. (4) Les données doivent éliminer la possibilité que de telles représentations existent dans un format approprié, mais que lopération de comparaison nest pas réalisée (bien quelle le puisse). (1) Les données doivent éliminer la possibilité que des représentations complètes et détaillées existent, mais quelles sont remplacées ou se dégradent avant que la perception du changement ne survienne. (2) Les données doivent éliminer la possibilité que des représentations du stimulus précédant le changement existent, mais sont inaccessibles aux mécanismes sous- tendant la perception de changement. (3) Les données doivent éliminer la possibilité que de telles représentations existent, mais sont dans un format qui ne peut pas être utilisé par la perception de changement. Les quatres requisits pour une théorie sans représentation (Rensink, 2005) La durée des images blanches: Le problème de limage intercalée est quelle peut potentiellement agir comme un masque sur les éléments à détecter. Une critique plus sérieuse est que le système qui compare fonctionne avec une mémoire de 2 éléments. De même, un second paradigme utilise des changements très lents (Simons, Franconeri & Reimer, 2000). Le change blindness ayant lieu quand même dans ces deux nouvelles expériences, ces deux critiques sont écartées. Le rôle de limage blanche était donc bien uniquement de tromper le système dalerte.

4 Change Blindness : conclusions Bibliographie Rensink, R. A., O'Regan, J. K., & Clark, J. J. (1997). The Need for Attention to Perceive Changes in Scenes. Psychological Science, 8(5), / Rensink. (2002). Failure to see more than one change at a time. Journal of Vision, 2(7), / O'Regan, J. K., Rensink, R. A., & Clark, J. J. (1999). Change-blindness as a result of 'mudsplashes'. Nature, 398(6722), 34. / Simons, D. J., Franconeri, S. L., & Reimer, R. L. (2000). Change blindness in the absence of a visual disruption. Perception, 29(10), « Mind sight » : Les recherches sur la détection de changements a également permis de développer des manières dexplorer de possibles contributions non- attentionnelles (et peut-être non conscientes) à la perception visuelle. De tels processus peuvent enregistrer la présence dun changement avant la perception consciente, de celui-ci soit via lopération possible de processus implicites, ou via dautres mécanismes tels que le « mindsight » : laptitude de quelques observateurs à expérimenter un « sentiment viscéral » de la présence dun changement avant même de lavoir identifié. Cette sensation de changement peut constituer un nouveau mécanisme perceptif révélé à travers lutilisation du change blindness. Bien que de tels chemins non attentionnels sont controversés, le change blindness a incontestablement inspiré de nouvelles hypothèses testables au sujet des mécanismes de la perception.. La cécité à la cécité : La plupart des sujets croient fermement quils remarqueraient des changements aussi importants que ceux qui interviennent lors des expériences de change blindness. Ce phénomènes à certaines conséquences pratiques. Par exemple, la croyance fausse que des évènements inattendus dirigent systématiquement lattention peut aider à rendre compte du fait que nous pouvons en un sens « regarder sans voir » les accidents de la route. Phénomènes à retenir et intérêt du change blindness Clarification conceptuelle : Les recherches sur le change blindness ont permis également de raffiner certains concepts Par exemple ce phénomène a rendu nécessaire de distinguer entre la perception du mouvement, la perception du changement, et la détection de différences, notions qui étaient auparavant confondues. La perception du mouvement est maintenant comprise comme la détection dun flux non organisé en un lieu, la perception de changement comme la détection dune transformation en cours dun objet structuré, et la perception de différence comme une comparaison inférentielle des stimuli présents avec des traces dans les mémoires à long terme. Ces distinctions peuvent être largement appliquées par exemple en distinguant entre les contributions du mouvement et du changement dans la perception des expressions faciales. Différences inter-individuelles : Il a été montré que les drogués étaient plus performants que les sujets normaux dans la détection de changements dans des photographies de la panoplie standard du bon drogué. Les experts en football américain sont également bien plus performants que les néophytes dans la détection de changements intervenant dans des scènes de football. Le change blindness peut aussi aider à identifier les mécanismes et les stratégies utilisées par les patients ayant de sérieux déficits visuels.


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