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Chapitre 2 - Le développement international des firmes : stratégies et risques Ce chapitre est composé de trois sections : Section 1 - Les apports de lanalyse.

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1 Chapitre 2 - Le développement international des firmes : stratégies et risques Ce chapitre est composé de trois sections : Section 1 - Les apports de lanalyse économique contemporaine Section 2 - La nature des risques dans les opérations internationales Section 3 - Lexemple de la gestion du risque de change

2 Section 1 - Les apports de l analyse économique contemporaine Il sagit principalement des théories explicatives de léchange international, fondées sur les différences internationales de technologie. A - La base des théories La plus significative des théories apparaît au début des années 60 : le cycle de vie du produit de Raymond Vernon en Par rapport au modèle HOS, lécart est important : pas de recours à la formalisation (analyse basée sur des situations réelles, pas de modèle abstrait) ; approche dynamique (étude de lévolution dun phénomène au cours du temps) ; enfin, les firmes sont au centre de lanalyse. Précisons cette approche : Le cycle de vie du produit, notion ancienne, permet de rationaliser la vie économique dun produit, c-à-d la période séparant son lancement de son abandon : au cours de cette vie, des régularités repérables dans presque tous les cas avec des phases dans la diffusion du produit auprès des consommateurs. R. Vernon distingue lintroduction du nouveau produit, la croissance, la maturité et enfin, la sénescence. Ces étapes dépendent de lattitude des consommateurs face au produit mais aussi des conditions de production (2 variables qui structurent le secteur).

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4 - 1ère étape : lintroduction du nouveau produit. La demande est peu sensible au niveau du prix (bien perçu comme un bien de luxe). La production seffectue en courtes séries avec un travail qualifié et une faible intensité en capital. Le nombre de firmes est faible. - 2ème étape : la croissance. La concurrence par les prix entre les firmes se manifeste et les méthodes de production de masse sont utilisées. Le nombre de firmes est important. - 3ème étape : la phase de maturité. La concurrence repose sur le prix, la production se fait en grandes séries avec un travail faiblement qualifié et une forte intensité en capital. Le nombre de firmes diminue. - 4ème étape : la phase de sénescence. La production est progressivement abandonnée par toutes les firmes.

5 Sur un plan empirique, R. Vernon applique le schéma précédent aux firmes américaines en prenant en compte lespace international. Quexplique-t-il ? Les innovations nées aux Etats-Unis sont influencées directement par les variables spécifiques au marché américain dans les années soixante (consommation, conditions de production). Les Etats- Unis ont alors le revenu par tête le plus élevé du monde. Les capitaux sont abondants mais pas la main-dœuvre. La demande domestique exprime un besoin en produits nouveaux (pouvoir dachat élevé). Du côté de loffre, les firmes innovent en réponse à cette demande, sappuyant sur des processus de production avec peu de travail et beaucoup de capital dès que la phase de croissance est atteinte.

6 Les différentes étapes du cycle de vie du produit correspondent à des stratégies spécifiques des firmes pour approvisionner les marchés nationaux et étrangers. Précisons cette situation. Dans la première phase, la production est effectuée aux Etats-Unis et vendue dans ce seul pays. Avec le vieillissement relatif du produit (fin de la phase de nouveauté), des exportations commencent à apparaître. Elles sont peu importantes et destinées aux consommateurs étrangers les plus aisés (phase de croissance). Lors de la phase de maturité, la concurrence se manifeste. Ces concurrents mettent en vente sur le marché européen (principalement) des produits très proches. Aussi, pour lutter contre cette concurrence menaçant leurs exportations, les firmes américaines créent des filiales de production en Europe (baisse alors des flux commerciaux avec les Etats-Unis).

7 Enfin, avec la phase de sénescence, la production aux Etats-Unis diminue et les importations en provenance des filiales européennes des firmes américaines se développent (les firmes européennes fournissent également leurs propres marchés domestiques). Dans une ultime étape de la sénescence, la production est délocalisée dans les pays en voie de développement, les firmes américaines y créant des filiales. La demande européenne stagne voire se réduit et le produit est dans sa phase de déclin aux Etats-Unis.

8 B - Les vérifications empiriques Lexplication de R. Vernon ne vaut que dans un contexte particulier : celui des firmes américaines sur la période allant de 1945 à la fin des années 60. Après cette période, les modifications de lenvironnement international -en particulier la hausse des coûts salariaux en Europe conduisant à une parité avec les conditions de production nord américaines- rendent le schéma initial de R. Vernon inadapté. Mais ce schéma peut être repris et étendu à dautres pays en prenant en compte les innovations comme principe explicatif des échanges internationaux (par exemple, séquences Etats-Unis – pays asiatiques).

9 De façon générale, comment tester le pouvoir explicatif de cette approche par le cycle de vie du produit? Le repérage de linnovation est difficile, faute dun accord sur une définition précise de ce phénomène. Pour pallier ce pb, on peut utiliser un indicateur quantifiable : la part des dépenses de recherche- développement dans le CA des firmes ou du secteur. M. Rainelli énonce alors la proposition théorique suivante : le commerce international doit être plus intense dans les industries où la recherche- développement est relativement importante que dans celles où elle est plus faible. Cette proposition a été vérifiée pour différents pays autres que les Etats-Unis (Japon, Royaume-Uni, etc) et différents secteurs (électronique, biens de consommation durable, pétrochimie, etc).

10 Ce type dexplication permet de comprendre le dynamisme des échanges mondiaux pour les produits des industries électromécaniques, chimiques : ce sont globalement des secteurs où les dépenses de R-D sont importantes. Cependant, une part significative du commerce international ne sexplique pas par linnovation. Par exemple, les produits intermédiaires. De plus, lapproche technologique pas dexplication, notamment dans les cas de déséquilibres commerciaux nationaux persistants et de coexistence dans de nombreuses branches dimportations et dexportations similaires (échanges croisés de produits similaires ou échanges intra-branche). Quelles sont les autres limites de la théorie du cycle de vie du produit ?

11 R. Vernon reconsidèrera dans une contribution de la fin des années 70 sa thèse initiale du fait de lévolution des processus dexportation et de délocalisation du capital. Trois effets nouveaux sont à considérer : - le processus dinnovation, dexportation et dinvestissement à létranger sest considérablement accéléré (le temps sest réduit entre lintroduction dun nouveau produit aux Etats-Unis et sa première production à létranger) ; - linnovation nest plus lapanage dun seul pays, les Etats-Unis. LEurope, le Japon sont devenus des zones de lancement de nouveaux produits, favorisés par un revenu/tête plus élevé (et plus proche de celui des Etats-Unis) ; - certaines firmes multinationales (FMN) se développent selon un schéma différent de celui de la thèse du cycle de vie du produit. Elles nadaptent pas leurs produits selon la séquence Etats-Unis - Europe - Pays en développement mais produisent des biens standardisés directement à léchelle mondiale : le processus de production est réparti entre les différents pays et les ventes seffectuent demblée sur tous les marchés (stratégie globale).

12 C - Les stratégies contemporaines de développement de la firme à léchelle internationale Une des principales explications concerne les modèles dinternationalisation fondés sur lexistence de coûts de transaction. (R. Coase, O. Williamson). Un coût de transaction coût lié à un échange sur le marché. Il existe du fait dimperfection sur les marchés des biens et des facteurs (coûts de recherche et dinformation - études de marché, coûts de négociation et de décision - rédaction et conclusion dun contrat, coûts de surveillance et dexécution - vérification de la livraison, etc). Lexistence de tels coûts incite les firmes à chercher la forme dorganisation optimale, cest-à- dire les coûts de transaction les plus faibles.

13 O. Williamson distingue 2 modes dorganisation alternatifs: le marché (M) et lentreprise (E). A ce niveau, larbitrage se fait entre lexportation (le marché) et linvestissement à létranger (linternalisation par lentreprise). Cependant, entre le marché et lentreprise, des formes intermédiaires peuvent se rencontrer : joint venture, sous- traitance, concession, réseau, etc. Le risque dinefficience du marché est accru dans les échanges internationaux (différence de langue, de culture). Lexportation avant léchange engendre des couts dinformation (réglementation, prix, barrières tarifaires et non tarifaires, etc) et après léchange, en cas de difficulté, des coûts darbitrage (principalement, des coûts juridiques pour la résolution des contentieux commerciaux).

14 La firme compare donc les coûts de transaction en cas dinternalisation par un IDE (coûts tels ceux dadaptation du personnel, ceux liés aux risques politiques, etc) aux coûts engendrés par le marché en exportant (coûts liés aux droits de douane, risques de change, etc). Le choix dépend aussi de la fréquence des transactions et de la spécificité des actifs de lentreprise. Plus les produits sont spécifiques (aéronautique par exemple), plus lentreprise va privilégier linternalisation plutôt que le marché). Plus les biens sont génériques (produits textiles par exemple), plus lentreprise va favoriser le marché (exportation ou tout accord nimpliquant pas un engagement en capital de la firme). En résumé, la firme est incitée à internaliser ses activités sur dautres marchés plutôt que dexporter ses produits tant que cette forme dorganisation reste celle qui minimise les coûts de transaction de ses activités.

15 Plus récemment, la théorie éclectique de J. Dunning (ou paradigme OLI - Ownership, Localization, Internalization)) représente une synthèse intéressante des théories existantes de linternalisation et des coûts de transaction. Elle propose aussi une explication des choix de déploiement international des firmes. Selon ce modèle, les firmes ont le choix entre trois modalités de pénétration du marché étranger : IDE, licence et exportation. Le choix sera fonction ou non des avantages relevant du paradigme OLI. Ces avantages se déclinent comme suit : avantages spécifiques dune firme (O ou Ownership), avantages spécifiques du pays (L ou Localization) et avantages de linternalisation (I ou Internalization) :

16 - les avantages spécifiques dune firme (ownership advantage). Les firmes vont à létranger parce quelles ont un avantage spécifique surpassant à LT les coûts occasionnés par la présence à létranger. Ces avantages peuvent recouvrir plusieurs dimensions : · ceux liés aux savoirs spécialisés, aux innovations et au niveau technologique ; · ceux liés aux économies déchelle de différentes natures ; · ceux de nature monopolistique (détention dune marque reconnue par les consommateurs, etc).

17 - les avantages spécifiques de localisation (localization advantage). La firme compare les différentes possibilités offertes par les pays afin de décider où elle peut maximiser le plus ses avantages spécifiques. La comparaison entre les pays peut seffectuer autour de 3 catégories, éléments que J. Dunning appelle le paradigme ESP (Environment, Systems, Policies). La 1ère catégorie concerne léconomie: qualité et quantité de facteurs de production disponibles, taille du marché, transports et réseaux de distribution, existence de clusters dentreprises, etc. La 2ème catégorie prend en compte les éléments sociaux et culturels tels le langage et la culture. Enfin, la 3ème catégorie concerne la politique gouvernementale du pays.

18 - les avantages de linternalisation (Internalization advantage). Cela concerne la forme dorganisation choisie par la firme pour simplanter à létranger. Plusieurs méthodes possibles pour se déployer à linternational : exportation, délégation (licence, sous-traitance), partenariat (joint venture, par exemple), filiale locale contrôlée à 100% (création de type greenfield ou acquisition). La firme retient la forme permettant de maximiser ses avantages spécifiques et de bénéficier des avantage liés à la localisation.

19 Pour J. Dunning, le choix du mode de pénétration des marchés étrangers est donc fonction des trois avantages OLI. La firme choisit limplantation à létranger (IDE) si elle réunit les 3 avantages OLI. La cession de licence est préférable si la firme ne détient quun avantage spécifique (O). Enfin, lexportation est le meilleur choix si elle détient un avantage spécifique et un avantage à linternalisation sans avantage à la localisation (OL). Voir tableau ci-dessous.

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21 Aujourdhui, un schéma dinternalisation lié aux interactions entre les firmes peut être cité avec un degré significatif de pertinence : les clusters dentreprises (ou pôles de compétitivité). Les firmes exploitent alors des externalités positives ou économies déchelle externes (Silicon Valley aux Etats-Unis, villes de Bangalore puis de Madras en Inde pour les activités liées à linformatique, quartier du sentier à Paris pour les secteurs des TIC jusquà léclatement de la bulle internet en lan (Notons le risque de coûts de congestion quand le cluster dentreprises se développe trop – exemple de Bengalore).

22 Au total, la thèse du cycle de vie du produit conserve un bon pouvoir explicatif. En effet, la production et lexportation dun bien sintensifient lorsque le produit atteint sa phase de maturité (la production, très demandée par les consommateurs, bénéficie de rendements déchelle). Mais le cycle peut démarrer ailleurs quaux Etats-Unis, le temps entre les différentes phases du cycle se réduit et la production par les filiales à létranger apparaît souvent sans phase intermédiaire dexportation par les sociétés-mères.

23 Section 2 - La nature des risques dans les opérations internationales (source : Eur-Export) Le risque de non-paiement auquel est confrontée la firme peut avoir deux sources : - Le risque commercial ou de défaillance de l'acheteur : risque lié à la solvabilité et/ou au comportement du client (rupture de contrat, non-paiement ou paiement partiel, faillite, etc); - le risque politique : des évènements indépendants de la volonté du client empêchent le paiement (changements politiques, guerres, boycotts politiques, grèves, etc). Il comprend également le risque de non-transfert (interdiction ou limitation des mouvements de capitaux vers l'étranger ainsi que le risque bancaire lié à la solvabilité de la banque de l'acheteur (faillite de la banque).

24 S'il est aisé de se couvrir contre le premier type de risque, il est relativement difficile de se protéger contre le risque de non-paiement lié à des facteurs politiques. Certains organismes publics proposent des assurances - crédit dans ce contexte mais celles-ci sont généralement réservées à des opérations de montants relativement importants. La protection contre le risque politique et ses conséquences demeurent principalement dans la prévention et la surveillance des marchés. Pour pallier le risque commercial (analyse privilégiée ici), 2 types d'actions : - Evaluer le degré de risque auquel la firme est exposée ; - Choisir une des techniques les plus appropriées à lenvironnement de la firme.

25 A - Lévaluation du degré de risque Généralement, le degré de risque est fonction de la répartition du chiffre d'affaires, des caractéristiques des clients et des délais de paiement octroyés.. Pour le CA: plus les ventes sont concentrées sur un petit nombre de clients et/ou de pays, plus la vulnérabilité de la firme est forte. En cas de défaillance de l'un d'eux, l'impact sur sa rentabilité est important (règle à nuancer selon la qualité des clients du portefeuille).. Pour les caractéristiques des clients : tout dabord, lancienneté des relations avec le client. Si les clients sont connus par la firme, l'intensité du risque dépend du nombre d'incidents de paiement répertoriés pour chacun d'entre eux. Mais toute nouvelle relation commerciale internationale élève le risque de crédit de la firme (sauf si le client a une notoriété financière reconnue). Dans ce cas, recours à tout organisme susceptible de donner des informations financières sur le futur client (sociétés d'assurance-crédit, annuaires spécialisés, clubs d'exportateurs, organismes publics de promotion des exportations, etc).

26 Ensuite, le statut du client : l'acheteur étranger peut être une firme ou un gouvernement. Dans le cas d'un opérateur public, le risque est en général plus faible. Dans ce cas, peu importe le motif de défaillance, celui-ci est considéré comme un risque politique, une entreprise publique ne pouvant pas être mise en faillite. Mais avec un acheteur privé, le risque peut être commercial ou politique, en fonction du type d'incident. L'expérience montre aussi que les organes publics demandent des délais de paiement souvent longs et que les risques sont fortement liés au climat politique entre les Etats du vendeur et de l'acheteur.. Pour les délais de paiement : ils ont un impact important quant au risque auquel l'entreprise sexpose vis-à-vis du recouvrement de sa créance. Plus ces délais sont longs, plus l'intensité du risque d'impayé croît. En effet, durant le délai de crédit, l'acheteur peut faire faillite, des événements politiques peuvent se produire, etc.

27 B - Le choix des techniques de couverture du risque Le risque d'impayés est fonction des caractéristiques propres à chaque entreprise. Il dépend du type de clients, des délais de paiement accordés et de la composition du chiffre d'affaires. Il apparaît donc difficile de donner une classification des techniques de protection du risque de non-paiement sur la base du degré de sécurité qu'elles offrent. Le tableau ci-après indique les avantages et inconvénients des différentes techniques de couverture.

28 Couverture interne : l'entreprise couvre son risque de non-paiement au cas par cas si elle le désire. Le paiement à la commande :Le paiement à la commande : paiement anticipé des marchandises qui ne sont pas encore livrées, et qui ne sont peut-être même pas encore fabriquées. Technique de paiement la plus simple et la plus sûre pour l'exportateur (des risques subsistent néanmoins comme le risque de non-transfert des fonds). Technique de financement pour l'exportateur. Technique commercialement mauvaise car traduit un sentiment de méfiance de la part de l'exportateur + importateur qui supporte tout le poids financier de l'opération. Le crédit documentaireLe crédit documentaire : engagement d'une banque de payer l'exportateur contre remise de documents qui prouvent que les marchandises ont bien été expédiées. Ces documents seront ensuite transmis par la banque à l'acheteur pour que ce dernier puisse prendre possession de la marchandise, moyennant remboursement. Technique sûre si le crédit documentaire est irrévocable. La sécurité est totale s'il est confirmé. Equilibre des obligations de l'acheteur et de l'exportateur. Gestion administrative très lourde, basée sur la véracité des documents. Technique relativement coûteuse (commission des banques) qui s'applique à des opérations d'un montant relativement important. Les sûretésLes sûretés : lorsqu'un créancier a des doutes sur la capacité financière de son débiteur d'exécuter les obligations qui incombent à ce dernier, il peut faire constituer une sûreté (garantie ou caution) à son profit. La sûreté ne sera amenée à jouer son rôle de sécurité que si le débiteur de la prestation ne s'est pas préalablement exécuté. Technique supplétive à la carence du débiteur - ne sera appelée que si le débiteur est défaillant. Technique surtout utilisée pour protéger l'importateur de la bonne exécution des obligations du vendeur (dans le cadre d'un appel d'offre par exemple) et non l'inverse. Régimes juridiques fort différents d'un pays à l'autre - implique le recours à des spécialistes. Technique commercialement moyennement acceptée - nécessite pour le constituant de la garantie des engagements auprès de sa banque. La lettre de crédit stand-byLa lettre de crédit stand-by : la lettre de crédit stand-by consiste en l'engagement irrévocable d'une banque d'indemniser son bénéficiaire lorsque le donneur d'ordre s'avère défaillant. Les lettres de crédit stand-by sont utilisables contre la remise de certains documents qui peuvent dans certains cas se limiter à la déclaration faite par le créancier que le débiteur ne s'est pas acquitté de ses obligations. Technique moins lourde administrativement que le crédit documentaire (gestion documentaire plus légère). Technique supplétive à la carence de l'importateur - ne sera mise en jeu que si celui-ci ne paye pas (dans le cadre du crédoc, celui-ci est mis en jeu quoiqu'il arrive). Technique qui n'offre pas le même équilibre dans les obligations des deux parties que le crédoc, au détriment de l'acheteur. Technique récente : risque de vides juridiques liés à une jurisprudence limitée.

29 Couverture externe : l'entreprise transmet les risques d'impayés sur un organisme financier moyennant rémunération. L'assurance-créditL'assurance-crédit : l'assurance-crédit est une couverture proposée par les compagnies d'assurance qui couvre le risque d'impayé dans le cadre d'opérations d'exportation. Possibilité de recourir à des services annexes tels que la surveillance de la santé financière des clients et l'analyse de la solvabilité de nouveaux clients. Techniques qui peut convenir pour des factures de petits montants. Principe de globalité : l'exportateur est obligée de couvrir toutes les factures répondant aux critères établis par l'assureur-crédit, et pas seulement les mauvais risques. Technique relativement onéreuse. Indemnité qui ne recouvre pas la totalité du sinistre. L'affacturageL'affacturage : cession des créances d'un exportateur à une société d'affacturage qui se charge d'en opérer le recouvrement. Gestion administrative, comptable et juridique simplifiée : la société d'affacturage les prend en charge. Couverture totale du risque d'impayés (indemnité de 100 % du montant des factures contestées). Peut constituer une technique de financement (85% du montant des factures) et de protection contre le risque de change. Coût relativement élevé. Principe de globalité : obligation de transmettre toutes les créances répondant aux critères établis par la société d'affacturage (les bons comme les mauvais risques). Dépersonnalisation de la relation avec le client : vous ne pouvez pas octroyer de conditions de paiement pour des clients particuliers comme vous l'entendez. Gestion du recouvrement des factures parfois brutale.

30 La décision de recourir à une technique de couverture plutôt qu'à une autre ne doit pas être prise à chaque opération de vente : une politique générale préalable de protection contre l'impayé doit être définie pour deux raisons : - les opérateurs ne doivent pas s'interroger à chaque transaction sur la couverture à appliquer. Cela rendrait la gestion quotidienne des opérations commerciales internationales très lourde ; - le transfert du risque de crédit en externe (via l'affacturage ou l'assurance crédit) fait intervenir le principe de globalité. Il stipule que la firme ne peut pas décider au cas par cas des créances qu'elle transfèrera ou pas, mais est obligée de les transmettre dans leur totalité, selon des critères préétablis (zone géographique prédéfinie, secteur d'activité déterminé, etc). Le transfert des créances doit donc reposer sur une stratégie construite de la firme, ayant pris en compte les avantages et les inconvénients de ces techniques.

31 Section 3 - Lexemple de la gestion du risque de change Quels sont tout dabord les comportements observables sur le marché des changes ? Une firme ou une banque possède à tout instant des avoirs et des engagements en devises. Les avoirs sont des actifs libellés en devises, détenus à des dates certaines et les engagements (ou dettes) sont des devises empruntées ou des obligations à verser des devises à des tiers à des dates certaines. La différence entre avoirs et engagements constitue la position de change de lagent. Si les créances > les engagements, on dit que la position est longue, sinon elle sera courte. Trois types dopérations permettent dagir sur cette position de change :

32 la couverture (ou hedging) ; la spéculation ; larbitrage. - la couverture de change Le caractère imprévisible des variations des taux de change (et aussi des taux d'intérêt) fait courir des risques aux intervenants qui, pour se prémunir contre les pertes, réalisent des opérations de couverture. Ainsi, un agent économique se couvre lorsquil prend sur le marché une position inverse de celle engendrée par lopération quil veut couvrir.

33 Soit un importateur français devant payer ses achats à létranger en $ ( $ dans 3 mois). Il est confronté à une dette en euros au montant aléatoire (variation en fonction de la valeur du dollar en euros jusquà léchéance des 3 mois). Si limportateur anticipe une hausse du $ par rapport à l, il se couvre contre cette hausse en achetant immédiatement des dollars contre euros. La valeur de sa dette en euros devient certaine et non plus aléatoire. Si le dollar sétablit à 0,80 et que limportateur anticipe une valeur de 0,90, il va acheter aujourdhui $ avec : il se couvre contre la hausse de la monnaie américaine. Autrement dit, il compensera ainsi sa dette en dollars (à verser dans 3 mois) par un actif en dollar (achat aujourdhui de dollars sur le marché). Le jour de léchéance, sa couverture se trouvera ou non justifiée en fonction de lappréciation ou pas du dollar.

34 - La spéculation Le spéculateur prend volontairement un risque pour obtenir un gain du fait de l'évolution du cours du change. Un agent anticipant une hausse du $ en termes d achète du $ contre et attend la hausse de la monnaie américaine pour la revendre contre et percevoir le bénéfice en, égal à la différence des cours. Le gain spéculatif est la rémunération du risque pris. Ajoutons que lanticipation de la majorité des spéculateurs fait évoluer le taux de change dans un sens conforme à cette anticipation (anticipation auto-réalisatrice), sauf si les B. C. interviennent pour freiner cette évolution. Lanticipation à la hausse provoque la hausse (intensification dachats de $ qui fait monter son cours).

35 - Larbitrage Les opérations d'arbitrage proviennent de l'imperfection des marchés, liée en particulier aux coûts de transaction et aux coûts d'information. Les agents identifiant des écarts de cours et/ou des écarts de taux d'intérêt (rapportés par des actifs libellés dans des monnaies différentes) tentent de tirer profit de ces écarts par des opérations darbitrage. Celles-ci, en modifiant les caractéristiques des marchés (taux de change, taux dintérêt), font disparaître les écarts qui leur ont donné naissance. Lorsque les écarts disparaissent, larbitrage cesse.

36 b - Les compartiments du marché Sur le marché des changes, les transactions sont réalisées par les cambistes agissant pour leurs employeurs, les banques. Ils communiquent par Ntic les conditions des contrats, engageant les contractants. Les transactions concernant 2 monnaies ont des taux de change proches, voire semblables, eu égard à la spécificité des marchés des changes se caractérisant par une circulation très rapide de linformation. Ces taux évoluent dans la journée en fonction des anticipations des cambistes. Le marché des changes comporte plusieurs compartiments régis pour chacun dentre eux par des règles spécifiques et qui ne sont pas cloisonnés en raison des comportements darbitrage des opérateurs.

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38 - Le marché des changes au comptant (spot) et à terme (forward) Sur le 1er marché, les conditions de léchange de devises (p et q) sont fixées par les contractants le jour j et la transaction effective (remise de devises) a lieu 2 jours ouvrables après le jour j. Sur le marché à terme, les conditions de la transaction sont fixées le jour j et lexécution de la transaction a lieu après le 2 ème jour ouvrable qui suit le jour j. Plus précisément, la durée est variable : 30 jours ; 60 jours ; 90 jours ; 6 mois et un an. Lavantage du marché à terme, outre lengagement par avance des contractants dans des conditions non aléatoires, est que les intervenants ne doivent pas posséder la contrepartie dès le jour j mais peuvent attendre le jour du terme. De ce fait, ce marché facilite le règlement des transactions en autorisant des opérations de couverture.

39 Prenons un exemple : un importateur français A achète à un exportateur américain B du maïs, avec contrat conclu en $. A se fait accorder un crédit à 3 mois en $ par B. Si A attend léchéance pour se procurer les $ nécessaires, il peut voir sa facture salourdir en si entretemps, le $ sapprécie par rapport à l. Pour pallier cet inconvénient, A peut se couvrir contre un tel risque en achetant des $ contre sur le marché à terme à 3 mois. Il achète donc aux conditions du marché du jour ses $ qui sont livrables à 3 mois. Le jour du terme, A récupère les dollars au prix connu 3 mois auparavant et règle sa dette. Cela étant, si limportateur A a anticipé une appréciation de la monnaie de règlement et sest couvert en conséquence, il sera lésé si la monnaie de règlement in fine se déprécie.

40 Remarque : le marché des swaps cambistes Le swap cambiste correspond à une transaction financière dans laquelle deux parties sengagent à échanger des devises aujourdhui (par exemple des euros contre des $) au cours de change au comptant et à échanger les mêmes devises à léchéance du contrat (généralement inférieure à 1 an). Les swaps cambistes sont donc la combinaison dune opération de change au comptant et dune opération de change à terme. Elles ont lieu sur le marché interbancaire des changes et permettent aux banques de se couvrir à terme pour une échéance courte. Il sagit là dun point qui les différencie des swaps de devises qui sont conclus pour des échéances à moyen et long terme.

41 - Les options sur devises et les contrats de devises (futures) Ces opérations concernent le marché des produits dérivés de change. Un produit dérivé est un contrat entre 2 parties (un acheteur et un vendeur), qui fixe des flux financiers futurs basés sur ceux dun actif sous-jacent réel ou théorique, généralement financier. Le marché à terme permet la couverture dun risque mais il présente linconvénient quune fois engagés, les contractants ne peuvent pas se soustraire à leurs obligations. Le marché des options sur devises, crée en 1982, offre des possibilités de couverture plus intéressantes. Sur ce marché, lun des deux contractants peut ou non sengager dans une transaction moyennant le paiement dune prime à lautre contractant. Plus précisément, une option sur devise (ou option de change) est un droit dacheter (call) ou de vendre (put) une devise contre une autre devise, à une certaine date (option européenne) ou dans un certain délai (option américaine), à un certain prix appelé prix dexercice (ou strike price). Lacheteur de loption paie une prime au vendeur et exerce ou non son droit, en comparant le prix dexercice avec le prix du marché.

42 Détaillons le mécanisme des options sur devises Une option est le droit, et non l'obligation, d'acheter ou de vendre un actif dans l'avenir à un cours fixé à l'avance. Ce droit est exerçable une fois au choix pendant une période fixe (cas des options américaines) ou seulement à une date fixe qui est souvent le dernier jour de la durée de vie de l'option (option européenne). Les actifs en question, appelés actifs sous-jacents, peuvent être des valeurs mobilières (action, obligation...), des contrats futures, des indices boursiers, de l'or, et bien sûr des devises. Dans ce dernier cas, on les appelle options de change.

43 Exemple : Une option peut être le droit dacheter USD contre EUR sur la base de 1 pour 1,10 $, pour une durée de 3 mois, à n'importe quel moment (option américaine) ou seulement le dernier jour des 3 mois (option européenne). Le droit de vendre est appelé un PUT, le droit d'acheter est appelé un CALL. Quand on achète un call, on achète le droit d'acheter le sous-jacent au prix fixé; quand on achète un put, on achète le droit de vendre le sous-jacent au prix fixé. Pour acquérir ce droit, l'acheteur de l'option paie, dès la conclusion du contrat, une prime au vendeur de l'option.

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45 La prime est donc payable en devise échangée. On peut cependant la payer dans l'autre devise, le cours de conversion pris en compte est alors le cours comptant vendeur du marché, auquel on doit acheter la devise au moment de la conclusion du contrat. L'acheteur détient le droit, et non l'obligation, d'acheter ou de vendre l'actif sous-jacent. Il paie la prime. On peut analyser cette prime comme une assurance : si tout se passe bien, c'est à dire si les cours évoluent favorablement pour l'acheteur (l'assuré), l'assurance ne jouera pas. Dans le cas contraire, l'assurance (l'exercice de l'option) servira à compenser la perte occasionnée par l'évolution défavorable des cours. En résumé, le risque de l'acheteur est limité au montant de la prime, et il a une possibilité de gain significative.

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49 Un contrat de devises (ou future) est un titre qui porte sur une certaine somme à remettre dans une devise X à une certaine date t, le prix dune devise X en termes dune devise Y variant quotidiennement en fonction des offres et des demandes sur les contrats à terme de même type.

50 Prenons un exemple concret de contrat de devises. Ainsi, sur lInternational Money Market de Chicago sont échangés des contrats de 12,5 millions de yen japonais, francs suisses ou Livres Sterling. Quelle utilisation peut-on en faire ? Soit un investisseur institutionnel japonais dont une partie du portefeuille est composée de titres en $. Il souhaite se couvrir contre le risque de dépréciation du $. Il va acheter à terme un ou plusieurs contrats de 12,5 millions de yens japonais. Si le yen sapprécie, linvestisseur va réaliser un profit en revendant des yens acquis contre $. Ce gain de change compense la moins-value sur son portefeuille de titres en $ imputable à la dévalorisation du $.

51 A linverse, si le $ sapprécie, linvestisseur japonais réalise une perte sur sa position acheteuse à terme en yens qui est compensée par la plus-value réalisée sur les titres en $. Indiquons de façon complémentaire que le marché des futures en devises suit les mêmes règles que le marché à terme des marchandises.

52 Quelques différences apparaissent cependant : les opérations sur futures sont menées sur des marchés organisés avec des Chambres de compensation au sein desquelles sont échangés des contrats standardisés. La standardisation va porter sur les quantités et les échéances, en général une échéance par trimestre à une date précise selon la place financière. Un contrat de devises est un instrument de couverture mais aussi de spéculation puisque son prix est variable pendant toute sa durée de vie. Il peut donc être utilisé pour se couvrir contre les variations du taux de change sur le marché au comptant.

53 Enfin, indiquons que les swaps de devises sont des transactions de change au comptant assorties de transactions à terme sur les mêmes devises mais dans le sens inverse. Lexemple-type de ces opérations se rencontre avec des investisseurs de moyenne et longue période. Ainsi, un entrepreneur européen souhaitant réaliser un investissement aux Etats-Unis et un entrepreneur américain désirant effectuer un investissement en Europe. Chacun de ces deux entrepreneurs a intérêt à sendetter sur son propre marché national dans sa propre monnaie où il aura de meilleures conditions de prêt et à mettre ensuite à la disposition de lentrepreneur étranger les liquidités en monnaie nationale dont ce dernier a besoin pour réaliser son opération dinvestissement. Cet échange au comptant ($ mis à la disposition de lentrepreneur européen et euros mis à la disposition de lentrepreneur américain) sera suivi à terme de la même opération mais en sens inverse.

54 CONCLUSION Quelle stratégie dintelligence économique de la firme aujourdhui ? En France, lintelligence économique (IE) est à la fois une politique publique élaborée et mise en œuvre par lEtat et une démarche dentreprise, avec un objectif commun: le soutien à la compétitivité. La mise en œuvre de l'intelligence économique, tant par les acteurs publics que par les firmes et établissements de recherche s'inscrit dans un contexte précis: celui de la mondialisation et de l'interconnexion des économies. Face à ces nouveaux défis, toute entité économique doit désormais intégrer lIE afin de comprendre, analyser et anticiper ces mutations et de protéger sa compétitivité et ses savoir-faire.

55 LIE est une démarche qui concerne tous les acteurs de léconomie, et notamment les entreprises quelle que soit leur taille. En effet, toute entreprise, de la start-up au grand groupe, doit mettre en œuvre des mesures pour se développer, soutenir sa compétitivité et la protéger : assurer une veille afin de détecter de nouvelles opportunités de marché et de surveiller la concurrence, mener des actions afin de simplanter sur de nouveaux marchés ou accroître son influence, détecter les dispositifs de financement auxquels elle est éligible, mettre en évidence de nouveaux risques et prendre des mesures de protection, etc.

56 Si les firmes de grande taille semblent mieux armées et mieux organisées, les PME sont tout aussi concernées et prennent peu à peu conscience des enjeux liés à lintelligence économique : ainsi, selon une étude menée en 2011 dans plusieurs régions (Bretagne, Lorraine) par le réseau des chambres de commerce et dindustrie, près dun quart des PME interrogées déclaraient disposer dune personne ou dune équipe dédiée à la veille. En tout état de cause, la mise en place dune démarche dIE, pour être efficace, doit reposer sur une stratégie et une organisation structurée, et doit être construite comme un tout cohérent, impliquant lensemble des acteurs de lentreprise, du dirigeant aux salariés.

57 Parallèlement, les établissements de recherche publics, acteurs économiques majeurs du paysage économique français, restent encore relativement peu sensibilisés à lIE. La recherche publique doit pourtant agir pour mieux valoriser ses innovations et mieux les protéger. A cet effet, la Délégation Interministérielle à lIntelligence Economique (D2IE) travaille notamment, aux côtés de plusieurs acteurs, à améliorer la prise de conscience des chercheurs. FIN DU COURS


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