La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

Marx et Keynes : Deux analyses des mécanismes financiers pour comprendre le capitalisme néolibéral Jean-Marie Harribey 2007

Présentations similaires


Présentation au sujet: "Marx et Keynes : Deux analyses des mécanismes financiers pour comprendre le capitalisme néolibéral Jean-Marie Harribey 2007"— Transcription de la présentation:

1 Marx et Keynes : Deux analyses des mécanismes financiers pour comprendre le capitalisme néolibéral Jean-Marie Harribey 2007

2 Keynes ( ) (Marx traité par Gérard Duménil) Introduction Un recul par rapport à la perspective de Marx : la question des rapports sociaux Une extension par rapport à lapproche de Marx : la question monétaire et financière

3 Sommaire 1.Monnaie et finance chez Keynes 2.Le plan Keynes de La crise aujourdhui

4 1. Monnaie et finance chez Keynes

5 Lincertitude pèse sur les décisions économiques Contexte : crise des années 1930, les préceptes libéraux impuissants à vaincre le chômage On ne connaît pas lavenir Lavenir dépend des décisions des autres Anticipations

6 La monnaie 1. Monnaie = réserve de valeur La monnaie peut être « préférée » car elle est liquide 2. La préférence pour la liquidité varie en sens inverse du taux dintérêt 3. La caractéristique majeure de la monnaie dêtre lactif le plus liquide donne à son détenteur la possibilité davoir un comportement spéculatif ; la spéculation est donc intimement liée à la liquidité 4. Mimétisme des comportements : en labsence dinformations, chacun adopte le comportement du plus grand nombre qui na pas dautre rationalité que de faire advenir ce quil anticipe

7 5. Monnaie active dès quil y a sous emploi ; laction de lEtat est donc nécessaire et possible : « Laccroissement de la quantité de monnaie ne produit absolument aucun effet sur les prix tant quil reste du chômage. » (TG, 1936, p. 299) Selon Keynes, laction de lEtat dun côté et la détention de la monnaie de lautre sont des « digues » qui protègent de lincertitude radicale sans toutefois léliminer

8 Points communs entre Marx et Keynes La création monétaire est nécessaire à laccumulation : - Marx : linjection de monnaie pré-valide la plus-value qui sera produite - Keynes : le financement de linvestissement précède celui-ci Les crises économiques sont possibles : - Suraccumulation de capital et surproduction pour Marx - Insuffisance de la demande pour Keynes

9 2. Le plan Keynes de 1944

10 Contre létalon-or Opposition de toujours de Keynes à létalon-or qui avait prouvé son inefficacité pendant la 1ère Guerre mondiale Il combat le retour de la livre sterling à sa parité-or davant guerre, ce qui équivalait à une forte réévaluation par rapport au dollar et aux autres monnaies : le retour à létalon-or dans un seul pays est absurde, dautant que les Etats-Unis ont la haute main sur la fixation du prix de lor Le retour général nest possible quau prix dune profonde récession synonyme de baisse des salaires et de chômage Lor est une « relique barbare » (RM, 1923, p. 198) Malgré la campagne de Keynes, le Royaume-Uni revient à létalon-or en 1924 ; la crise nest pas loin

11 Lavant-projet de Keynes : proposition de création dune Clearing Union (Union de compensation) Les banques centrales des Etats nont plus de comptes les unes chez les autres mais auprès du Clearing Union Ces comptes sont libellés en « bancors » qui servent à la compensation des balances des paiements Le bancor est une monnaie scripturale définie par un poids en or et chaque banque centrale définit sa monnaie par rapport au bancor Une monnaie nationale ne peut plus servir de réserve internationale ; un pays peut échanger de lor contre du bancor mais pas linverse Chaque pays se voit allouer un quota de bancors La résorption des déséquilibres incombe aux pays débiteurs et aux pays créanciers

12 Vers Bretton-Woods (1944) 1941 : Les Etats-Unis sactivent pour impulser un plan de réforme White envisage deux institutions : un Fonds de stabilisation des taux de change et une Banque pour la reconstruction et le développement Lor reste la monnaie internationale Keynes est hostile à ce plan quil juge comme retournant à létalon-or ; il tente de sauver lidée dune monnaie de banque internationale quon appellerait lunitas Mais il est désavoué par la Banque dAngleterre et le gouvernement britannique La conférence de Bretton-Woods entérinera la suprématie du dollar seul convertible en or et créera le FMI et la BM

13 3. La crise aujourdhui

14 Effondrement de Bretton-Woods et crise Le SMI entre en crise à la fin des années 1960 : - La balance des paiements américaine devient déficitaire - Les dollars saccumulent dans le monde (FM) - Nixon suspend la convertibilité du dollar en or (1971) Parallèlement, le système productif capitaliste entre lui aussi en crise avec la baisse des taux de profit Le capitalisme va réagir de trois manières : - Passage aux changes flottants et totale liberté de circuler pour les capitaux - Déréglementation, titrisation, produits dérivés - Exploitation accrue de la force de travail

15 Et le néolibéralisme commença… Rétablissement des taux de rentabilité du capital Mais plus pour servir les actionnaires que pour linvestissement Le capitalisme se rapproche de son modèle le plus pur : satisfaire les exigences de la finance Libre-échange corollaire de la liberté de circuler pour le capital Marchandisation accrue Enrichissement des riches

16 …Les contradictions de léconomie dominante des Etats-Unis Déficit du commerce extérieur US : plus de 600 milliards $ par an (environ 6% du PIB) Endettement extérieur : 6000 milliards $ Epargne intérieure nulle Financement par les épargnes extérieures européenne, japonaise et chinoise Contradiction potentielle : les revenus financiers payés à lextérieur > ceux payés à lintérieur ? Depuis 2005, la FED remonte son taux dintérêt directeur (taux demprunt interbancaire) : 5,25% ; elle a baissé le 17 août 2007 son taux de réescompte (prêts dun jour aux institutions financières non bancaires) de 6,25 à 5,75%

17 Pendant ce temps, La restructuration continue - Fusions, acquisitions, concentration, rachat dactions - Leverage by out (LBO) et effet de levier Marché du crédit immobilier à haut risque (subprime mortgage) aux Etats-Unis

18 Leffet de levier Investissement = 100 Profit = 15 Taux de rentabilité économique (ou taux de profit) = 15% Si linvestissement a été financé par apport de capital, les actionnaires ont un taux de rendement des fonds propres de 15% Si linvestissement a été financé à 40% par apport de capital et à 60% par emprunt à un taux dintérêt de 5%, pour un même taux de rendement économique, le taux de rendement des fonds propres (ou rentabilité financière) est de : (15 - 3) / 40 = 30% Plus lécart entre le taux de rendement économique et le taux dintérêt est grand, plus il y a intérêt à sendetter pour augmenter le taux de rentabilité des fonds propres

19 Leffet de levier Entreprises cotées au MSCI World Index (1980 à 2006) Source : L Moret, Exane BNP Paribas, 1er mars 2007 Rentabilité économique (ROIC : Return on invested capital) Rentabilité financière (ROE : Return on equity = sur fonds propres)

20 Lengrenage Incapacité du système productif à produire une rentabilité « suffisante » les marchés financiers sont le lieu où se fixent les nouvelles normes de rentabilité et où sexacerbe la concurrence pour lappropriation de la rente bulles Le crédit facilite les restructurations et la spéculation : les créances (par ex. titres hypothécaires) deviennent des produits financiers sur lesquels les fonds spéculent Le relèvement des taux dintérêt fait retourner le marché immobilier faillite de fonds et banques car les titres deviennent invendables les banques restant en lice naccordent plus de prêts quà taux très élevés manque de liquidités les actions sont liquidées Les anticipations sur le cours des actions se retournent la bulle financière éclate car les actionnaires prévoient que lactivité menace de se retourner à son tour

21 De la finance à la production… - Crise de limmobilier : les ménages peu solvables ne peuvent plus rembourser, les banques ne peuvent plus négocier les titres dévalués Répercussion sur le marché des actions Le système se trouve en manque de liquidités : or, une « économie monétaire de production » (le capitalisme) ne peut se passer de financement

22 Que font les banques centrales ? Elles étaient sur une tendance à la hausse des taux dintérêt depuis deux ans En une semaine : - BCE injecte 250 milliards dont 94,8 le 9 août, 61 le 11 août - FED : 90 M $ (66 M ) dont 24 le 9 août - B du Japon : 1600 M yens (10 M ) le 9 août, puis 3550 M yens retirés (22,7 M ) les 14 et 15 août et 1260 M yens réinjectés (8 M ) le 16 août Quel rapport y a-t-il entre la politique monétaire et le capitalisme financier ?

23 Petit détour technique : composition de la masse monétaire Les agrégats monétaires M1 : billets, pièces et dépôts à vue dans les banques = moyens de paiement (monnaie parfaitement liquide) M2 : M1 + placements à vue (comme les livrets A) disponibles immédiatement mais qui ne peuvent servir de moyen de paiement M3 : M2 + actifs financiers négociables émis par les banques (notamment les OPCVM)

24 La masse monétaire de la zone euro mars 2007 M2 M3 M1 47% M2 - M1 38% M3 - M2 15%

25 Le mystère de la BCE Norme de croissance de la masse monétaire fixée par la BCE : 4,5% par an, pour couvrir : 2,5% de croissance moyenne du PIB 2% dinflation tolérée Or la masse monétaire croît sur une base de 10,9% par an Et la contribution à la croissance de la masse monétaire de chacune de ses composantes est : M1 : 31% M2 – M1 : 44% M3 – M2 : 25% Donc 69% ( ) de la croissance de la masse monétaire est due à la croissance des actifs financiers

26 Limposture de la BCE « A bas linflation sur les biens et services » Vive linflation sur les actifs financiers ! Telle est la philosophie de la politique monétaire néolibérale : le crédit pour les circuits financiers spéculatifs

27 Crise financière : bourrasque ou symptôme du capitalisme néolibéral ? A cause de la financiarisation, la politique monétaire est confrontée à un dilemme : - Si les BC baissent les taux, elles favorisent léconomie réelle et la bulle spéculative qui finit par entraîner léconomie dans sa chute - Si elles les augmentent pour empêcher linflation des actifs financiers, elles cassent léconomie Il sagit dune contrainte qui est née de laffectation de la majeure partie des profits à la rente financière, ce qui est la définition même du néolibéralisme Limite à lexploitation limite à la rentabilité économique accroître le levier pour accroître la rentabilité des fonds propres

28 Retour à Keynes… et à Marx Contrôle des mouvements de capitaux Banque centrale mondiale Politique monétaire au service des besoins humains et non de la rente financière : « euthanasie des rentiers » (Keynes) Taxes sur les transactions financières Impôt unique sur les bénéfices consolidés des multinationales Impôts sur les profits financiers ou fixation dune marge actionnariale limite autorisée (SLAM de Lordon) Plus on restreint la liberté du capital de sapproprier le surplus produit par la collectivité, plus on on desserre létau de lexploitation de la force de travail puisque la rente financière nest que lune des formes de la plus-value

29 Conclusion Régulation politique indispensable Mais… - Régulation pour mieux faire fonctionner le système ? - Ou pour amorcer les transitions vers son dépassement ?

30 Bibliographie Attac (dir. Harribey J.M.), Le petit Alter, Dictionnaire altermondialiste, Paris Mille et une nuits, 2006 Combemale P., Introduction à Keynes, Paris, La Découverte, Repères, 1999 Duménil G., Lévy D., Economie marxiste du capitalisme, Paris, La Découverte, Repères, 2003 Harribey J.M., « Les conceptions de la monnaie », 2001, bordeaux4.fr/travaux/monnaie/attac-monnaie.pdf Harribey J.M., « Les dessous de de la politique économique européenne », 2003, Keynes J.M., La réforme monétaire, 1923, Paris, Ed. du Sagittaire, 1924 Keynes J.M., Théorie générale de lemploi, de lintérêt et de la monnaie, 1936, Paris, Payot, 1969 Marx K., Le capital, Livre I, 1867, Paris, Gallimard, La Pléiade, tome 1, 1965 Plihon D., La monnaie et ses mécanismes, Paris, La Découverte, Repères, 2000

31 Annexes

32 Leffet de levier

33 Levier Profitabilité Amélioration de rf si le taux dendettement augmente Amélioration de rf dautant plus faible que le taux dendettement est faible Détérioration de rf si le taux dendettement augmente Détérioration de rf dautant plus faible que le taux dendettement est faible

34 Leffet Tobin q de Tobin Une hausse des prix des actifs financiers peut stimuler la demande de biens dinvestissement

35 A quoi sert la Bourse ? Comme le désir de détenir de la monnaie est en raison inverse de la confiance dans lavenir, les capitalistes acceptent dinvestir à long terme parce quils savent quils peuvent récupérer à court terme leur liquidité sur le marché financier, à condition de trouver un acheteur de titres acceptant de porter linvestissement car la liquidité ne peut être vraie pour tous simultanément. Ainsi, le marché financier facilite linvestissement parce quil est « linstitutionnalisation de lillusion » de la liquidité parfaite mais il est en même temps le « foyer de la spéculation ». Tout cela forme un ensemble de « conventions » aidant à la stabilisation.

36 La préférence pour la liquidité varie en sens inverse du taux dintérêt Plus le taux dintérêt est faible, moins on renonce à une rémunération alléchante et plus la probabilité quil remonte est grande –année 1 : obligation 100 euros à 5% par an (5 euros) –année 2 : nouvelle obligation 100 euros à 10% (10 euros) –le prix de lancienne chute de moitié : prix/5% = 100/10%, donc prix = 100/2 = 50


Télécharger ppt "Marx et Keynes : Deux analyses des mécanismes financiers pour comprendre le capitalisme néolibéral Jean-Marie Harribey 2007"

Présentations similaires


Annonces Google