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Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre 2008 Les leçons à tirer de la crise financière Michel Aglietta Université Paris X et CEPII.

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1 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre 2008 Les leçons à tirer de la crise financière Michel Aglietta Université Paris X et CEPII

2 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre La crise financière un an après Pourquoi la crise financière est-elle si longue ? Quels nouveaux développements ? –Approfondissement de la crise bancaire aux US : GSE et banques régionales –La crise immobilière samplifie aux US et atteint lEurope Répercussions sur les pays développés : –Un rebond de croissance non durable aux US –Un schéma familier : la crise aux US, le marasme prolongé en Europe Répercussions sur les pays émergents : –les BRIC : des inquiétudes à CT, mais une croissance robuste 2

3 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Pourquoi la crise financière est-elle si longue ? La crise atteint le cœur du processus qui a fait la croissance des 10 dernières années : le crédit titrisé par le système bancaire parallèle (banques d affaire, conduits, SIV, hedge funds) et financé par un levier de marché (repos, papier commercial), bien plus élevé à l expansion et à la contraction que celui des banques commerciales parce que le portefeuille est en mark-to-market 3 Ajustement du levier à la hausse Renforcement bilans Expansion bilans des banques de marché Hausse des prix dactifs Ajustement du levier à la baisse Affaiblissement bilans Contraction bilans des banques de marché Baisse des prix dactifs

4 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Pourquoi la crise financière est-elle si longue ? Les banques de marché nont pas de base de dépôts. Elles financent des actifs illiquides et longs avec des émissions de titres à CT achetés par les investisseurs et des lignes de crédit de contrepartie forte interaction pertes sur crédit/assèchement des marchés de financement et donc pertes de liquidité des marchés/incapacité à financer les positions dactifs Crises de liquidité récurrentes accompagnant les pertes de crédit dans de nouvelles classes de crédits titrisés : subprime mortgage/ prime mortgage/immobilier dentreprise/prêts automobile/cartes de crédit/ prêts aux étudiants Conséquence : loffre et la demande de crédit sont positivement corrélées par le processus commun « leverage/deleverage » des banques de marché la crise sétend dans léconomie tant que le « deleverage » nest pas terminé. 4

5 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Fannie Mae et Freddie Mac rattrapées par la crise… Les agences créent de la liquidité dans le marché hyp (prime mortgage) en achetant des prêts, les titrisant et émettant des dettes obligataires. Ce sont des organismes privés munis dune charte fédérale Les agences sont peu capitalisées ($81mds) et seulement $11mds de surplus/ minimum réglementaire. Or la montée des pertes détruit leur capital ($53mds de pertes anticipées selon Goldman Sachs effondrement du cours de leurs actions par crainte dune crise de liquidité résultant du refus des prêteurs de renouveler leurs dettes La menace dune paralysie du marché immobilier a fait réagir les autorités. En juillet la Fed ouvre une facilité de long terme (long term repo) en acceptant des MBS contre des Fed Funds et la loi du crée un fonds fédéral du logement doté de $300mds pour aider les ménages 5 Encours ($mds) Actifs titrisés et détenus Actifs titrisés et revendus Encours total des dettes

6 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre 2008 …et nationalisées de facto Action décisive du Trésor le 7 septembre : –Injecte $100mds de capital dans chaque agence –Se tient prêt à acheter les titres détenus ou garantis par les agences –Ouvre une ligne de liquidité illimitée jusquà fin 2009 –Remplace les dirigeants par des administrateurs provisoires Condition nécessaire mais non suffisante pour stabiliser les marchés financiers : –Enraye une source de crise systémique globale quaurait provoqué leur faillite –Devrait abaisser leur coûts de financement et aider à abaisser les taux hyps sur les crédits « prime mortgage » Mais nempêche pas la propagation de la crise par le « deleveraging » dans les intermédiaires de marché avec la spirale : baisse des prix dactifs, hausse des appels de marge et des « hair cuts », ventes dactifs en détresse 6

7 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre La crise sétend aux banques commerciales Faillite de la banque Indy Mac sur $32mds dactifs le 11 juillet 2008 Multiplication des banques à problème avec la détérioration rapide de la rentabilité des banques régionales qui détiennent les actions préférentielles des GSE et émettent des CDS sur leur dette subordonnée Indicateurs de la situation des banques assurées par la FDIC * * Rendement des actifs (%)0,370,811,201,28 Rendement du capital (%)3,587,7611,412,3012,43 Résultat net dexpl. (% var. annualisée) -65,0-27,6-2,68,511,4 Nombre de banques à pbs Montant des actifs à pb ($b) Ratio au 30 juin et croissance du résultat dexploitation au 1 ème semestre de lannée considérée

8 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Baisse des prix et explosion des saisies La baisse des prix immobiliers 8 Prix dans l'immobilier résidentiel Prix medians dans le neuf (GA MM3, %) Indice des prix de Shiller (GA,%) Indice des prix de Shiller des 20 plus grandes villes (GA, %) Source : Thomson Datastream La montée verticale des saisies Taux de saisies (total des crédits concernés, % du total des crédits) ,20 0,30 0,40 0,50 0,60 0,70 0,80 0,90 1,00 Source : Thomson Datastream

9 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Un rebond de croissance non durable aux US La contribution à la croissance du PIB de 3,3 % est presquentièrement due aux exports nettes : exports à 13,2 % et imports à 7,6 %. Ce ciseau ne peut se poursuivre avec le rebond du dollar et le ralentissement économique dans les partenaires des US Les effets de la stimulation fiscale sur les ménages vont sestomper. Lemploi se détériore et lévolution des salaires est quasi-plate. En sens inverse la baisse du prix du pétrole fonctionne comme une nouvelle stimulation fiscale. Mais sera-t-elle consommée ou épargnée ? Baisse possible de la conso en volume de 2 % en T3 (rythme annualisé) La baisse des profits avant impôts pendant 4 trimestres consécutifs (7 % en un an, mais 20 % en rythme annualisé en T dans le secteur des biens), la faiblesse de la demande des ménages et le durcissement des conditions de crédit ne plaident pas pour un investissement dynamique 9

10 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre L ajustement des ménages US aux contraintes financières La contraction de la cash extraction : prélude à la remontée de lépargne 10 Les ventes de titres par les ménages

11 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Des hausses de prix excessives dans limmobilier résidentiel hormis Allemagne et Japon Les hausses de prix ont été très fortes depuis dix ans. Mais une large part a été due aux fondamentaux : augm. de la pop. d'âge actif, croissance du RD, baisse des taux dintérêt LT, progression du crédit, situation fin des ménages Il y a une composante non expliquée qui peut être attribuée à des bulles : ce nest pas aux États-Unis que la bulle est la plus grande 11 PaysVariation/ même période année n-1 T1 2008T Variation cumul Écart à valeur fondamentale (%) Allemagne-4,70,6n.dnéant Espagne3,87, France5,78, Italie5,15, Japon-0,7-1,5-33Néant Suède11,18, R U-1,09,520227,5 E U-13,6-1, Source : Economists House Price Indicators et FMI (op.cit.)

12 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre La crise immobilière se développe au Royaume-Uni La baisse des prix immobiliers saccentue : –Baisse en variation annuelle de 10,5 % (dix mois consécutifs de baisse) –La hausse des prix a été >200 % depuis 1997 et le gap / valeur fondamentale de 25 à 30 % une baisse dau moins 20 % / pic est attendue Conséquences sur le marché du crédit –Parce que la « cash extraction » na pas été développée dans les bas revenus autant quaux US et parce que lessor de la vague immobilière a été plus étalée, beaucoup moins de ménages auront une « equity value »<0 pour une baisse de 20 % –Mais la hausse du coût du crédit tarit loffre de prêts nouveaux dans le marché « subprime » Dépression immobilière et montée de linflation : « double bind » pour la politique monétaire –Remontée des anticipations dinflation à 3,3 puis 4,3 % dans les 12 mois –Baisse du taux de change effectif de £ de 12 % depuis juillet 2007 –Croissance nulle en T2 12

13 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Les faiblesses de la zone euro sont disparates, mais la passivité des politiques globales les cumule Les endettements sont contrastés, la situation espagnole se rapproche du Royaume-Uni. Les remboursements des crédits des ménages faisaient 47 % de leur revenu au début de 2008 et vont atteindre 50 % au 2 ème semestre La construction de logements va passer de en 2007 à moins de en 2008 Loffre de crédit bancaire se contracte, mais le plan de relance budgétaire est de 20mds Baisse généralisée de la demande intérieure finale dans toute la zone. Effet désastreux de la hausse des taux de juillet sur la confiance des consommateurs dans toute la zone Euro : croissance nulle attendue 13 FranceAllemagneEspagneGrande- Bretagne Italie Endettement des ménages 45 %68 %84 %107 %39 % Endettement des entreprises non financières 73 %57 %104 %88 %63 % Total hors dette publique 118 %125 %188 %185 %102 % Endettement public 63 %67 %39 % 106 % Endettement total 181 %192 %227 %224 %208 % Source : INSEE, BCE et comptes nationaux Endettement comparé en % du PIB en 2006

14 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Demande interne et externe sessoufflent La confiance des consommateurs se dégrade : 14 Les banques allemandes sont très éprouvées par la crise financière et lindustrie ne résiste pas à leuro cher :

15 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Les risques commun aux BRIC Une avalanche d entrées de capitaux en 2007 a provoqué : –Des valorisations boursières (et aussi immobilières) incompatibles avec toute estimation raisonnable de la croissance fortes corrections en 2008 : depuis janvier, Chine -54 %, Inde -37 %, Russie -27 %, Brésil -5 %. –Une appréciation des taux de change que les banques centrales cherchent à maîtriser au prix d une expansion monétaire difficile à stériliser poursuite du gonflement de la sur liquidité mondiale au cœur d une crise financière ! Des pressions inflationnistes contrôlées en Chine (6,2 % après 8,6 %), mais encore montantes en Inde (12,6 %), en Russie (14,5 %) au Brésil (6,0 % mais sur tendance accélérée). 15 Devises Appréciation contre US$ (% annuel) Real brésilien8,616,6 Roupie indienne1,910,7 Rouble russe8,56,8 Yuan chinois3,36,6

16 Présentation Léconomie mondiale 2009, 10 septembre Mais une croissance robuste Le ralentissement attendu de la croissance devrait la rendre plus soutenable, tout en restant très impressionnante sauf au Brésil, toujours étouffé par des taux dintérêt réels assassins bien au dessus de 10 %. La sortie de la crise financière (en 2010 ?) se fera dans un régime de croissance dynamisé par les BRIC qui devrait entraîner les PVD à condition que le système financier global soit réorganisé pour véhiculer les transferts durables de capitaux depuis les pays développés. Croissance réelle du PIB des BRIC (%) 16 Pays (prévision)2009 (conjecture) Brésil5,43,73,8 Russie8,16,97,0 Inde9,07,77,5 Chine11,99,79,2 Source : Consensus Economics


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