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Comment un apprenant finnophone maîtrise-t-il les stratégies dadresse en français ? Eva Havu Université de Helsinki/ Paris 3 – CIEH

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1 Comment un apprenant finnophone maîtrise-t-il les stratégies dadresse en français ? Eva Havu Université de Helsinki/ Paris 3 – CIEH

2 Introduction Deux pronoms dadresse en français et en finnois: sinä / te – tu / vous ) Systèmes dadresse non identiques : les Finlandais tutoient plus que les Français (Havu 2005) Comment distinguer en finnois entre les relations interpersonnelles de distance et de solidarité? (Brown&Gilman 1962) Le Finlandais les expriment dune autre manière trois types de tutoiement : menetkö ulos, menetkö sinä ulos, meeksä/meetsä ulos? (Lappalainen, à paraître) : sortiras-tu? les deux premiers les plus formels > souvent T « formel » finnois = V français

3 Introduction Lemploi dappellatifs plus rare en finnois quen français situations familières, non formelles: surtout emploi phatique (Hakulinen & alii 2004 : 1024) situations officielles, publiques : plus répandus (monsieur le ministre, mon général / herra ministeri, herra kenraali). Le système dadresse finnois ne peut donc pas être directement utilisé en français Le système dadresse dun apprenant de français finnophone: le tutoiement probablement surreprésenté les appellatifs probablement sous-représentés guère de variation dans les stratégies dadresse daprès la situation de communication

4 Lenseignement des langues en Finlande Enseignement des langues étrangères en Finlande à partir de la troisième année scolaire (à 9 ans): - langue A1 (le plus souvent langlais): pendant 10 ans; objectif: niveau B2.1. en anglais, autres langues: niveau B1.1.-B langue optionnelle A2 en 4ème ou 5ème année scolaire - langue B2 en septième année scolaire - langue optionnelle B3 en première classe de lycée - Lobjectif pour les langues B: niveau A2 (langue B2 : plutôt niveau A2.2, langue B3 : plutôt niveau A2.1)

5 Le projet HY-Talk HY-TALK (janvier 2007>): évaluer les différentes compétences linguistiques orales, y inclus les compétences interculturelles voir comment elles se situent sur léchelle du Cadre de Référence Européen. Prendre en vidéo les prestations dune cinquantaine délèves en langue A1/A2 en première année du collège (A1.2 ) en première année de lycée (A2. 1) à la fin des études scolaires (B.1.1) Faire évaluer ces dialogues par des évaluateurs « neutres »

6 Le projet HY-Talk Taches données aux élèves: monologue (auto présentation) interview par un francophone trois dialogues entre élèves Situations artificielles (cf. Lumley & Brown 2005): demandent des capacités de simulation Compétences orales visées: Direction générale de lenseignement (Opetushallitus), 2003, annexe 1): Collégiens: exprimer quelques besoins immédiats dune manière limitée en utilisant un vocabulaire de base très élémentaire

7 Le projet HY-Talk Lycéens: maîtriser des situations de communication simples et se débrouiller dans les situations de service les plus communes Niveau le plus élevé: maîtriser le vocabulaire des situations de communication normales et parler de sujets qui intéressent en se servant dun vocabulaire relativement vaste et dune gamme de structures différentes Description des objectifs socioculturels de lenseignement des langues à lécole (National core curriculum for upper secondary schools 2003, p. 94): sensibiliser les élèves aux différences socioculturelles (les compétences quil faut acquérir pas précisées).

8 Le projet HY-Talk Tests: comprennent des actes de langage (salutations, remerciements, requêtes) qui souvent (mais pas régulièrement) accompagnés dappellatifs en français (Kerbrat-Orecchioni 1992 : 24-25, Schegloff 1979 : 334) Les tests des deux premiers niveaux ne donnent guère la possibilité à lexpression dautres valeurs pragmatiques (mécanique de la conversation, niveau relationnel) Guère la possibilité à la variation des pronoms dadresse: dialogues entre élèves du même âge simulant des situations entre jeunes de leur âge > T interview menée par un adulte francophone: V devrait apparaître.

9 Ladresse dans les manuels de français Séries de manuels de français les plus utilisées: petits dialogues où les appellatifs sont bien présents Apparaissent surtout dans certaines fonctions pragmatiques typiques: salutations, remerciements, répliques adversatives (mais chérie) et interpellations (emploi phatique). Lemploi des appellatifs parfois exagéré dans ces méthodes (rappeler aux finnophones lemploi plus courant des appellatifs en français ?): (Dialogue entre vendeuse et jeune Finlandaise) - Madame, cest combien ? francs, mademoiselle. […] - Voilà, Madame. Ce sont mes derniers sous..(Pont Astérisque, p. 18)

10 Ladresse dans les manuels de français Situations de communication: surtout situations familières famille, amis : tutoiement situations adulte-jeune: adresse non-réciproque situations de service: vouvoiement situations varient peu: la grande variation des stratégies dadresse ny est pas présentée Absence dinteractions authentiques en classe Lemploi naturel de vous de politesse très limité (on se tutoie en classe) > sutilise dans des situations artificielles Tutoiement plus facile: le morphème verbal ne change pas à loral (je mange – tu manges). Lapprentissage approfondie des stratégies dadresse dépend donc de lenseignant

11 Ladresse et les compétences socioculturelles et sociolinguistiques La multitude des variantes des stratégies dadresse difficile où impossible à acquérir: Ladresse constitue déjà en soi un champ sociolinguistique très complexe (Dewaele 2004 : 307). Les apprenants dont la langue maternelle possède un système à pronoms dadresse multiples trouvent le système de pronoms dadresse français plus difficile que ceux dont la première langue ne connaît quun pronom dadresse (p.ex. langlais) Dewaele & Planchenault (2006: 165) conscients des multiples problèmes posés par le choix les deuxièmes ne se doutent pas encore de la quantité de problèmes sociolinguistiques et -culturels

12 Ladresse et les compétences socioculturelles et sociolinguistiques La maîtrise parfaite des règles dadresse ne garantit pas lemploi impeccable des pronoms (cf. Dewaele 2002 : 159, 2004 : 307) : le choix lié e.a. à lâge des locuteurs à la situation de communication au degré de connaissance à laspect physique à la hiérarchie Toute interaction: catégorisation des contextes de lactivité (activité sérieuse / blague, contexte formel / informel, etc.) > choix des bonnes formes linguistiques en fonction du contexte spécifique, des interlocuteurs Mondada (2000 : )

13 Ladresse et les compétences socioculturelles et sociolinguistiques Dans cette situation de test et avec les compétences langagières pré-acquises, la catégorisation concerne linterlocuteur (adulte /jeune, finlandais/ étranger) le type dactivité (formelle / informelle). Si la situation est catégorisée comme un jeu et si le testé accepte dentrer dans ce jeu, linteraction devient plus naturelle La dimension sociolinguistique se développera donc avec le procès dapprentissage Seul un contact régulier avec des locuteurs natifs semble avoir un impact manifeste sur les compétences sociolinguistiques (Dewaele 2004 : 314)

14 Ladresse et les compétences socioculturelles et sociolinguistiques Les stratégies dadresse examinées doivent être situées dans ce cadre : les testés sauront-ils gérer une interaction dans une situation artificielle avec les moyens quils possèdent et donner un sens spécifique aux outils dadresse utilisés, même si les compétences linguistiques (p.ex. flexion verbale) ne sont pas encore parfaites? Les lycéens ont-ils une notion nettement plus claire des pratiques socioculturelles que les collégiens? Ici: prestations de 8 élèves en première année de lycée Merci à Aino Eerikäinen, Sabine Kraenker, Maria Paloheimo et Päivi Sihvonen pour les enregistrements

15 Analyse des résultats Test (temps de préparation : 15 minutes) 1. interview par un francophone 2. auto présentation pour une vidéo envoyée à un(e) ami(e) français(e) qui viendra en Finlande (monologue) 3, 4, 5 : dialogues entre le/la jeune Finlandais(e) et son ami(e) français(e) qui vient darriver (3 : e.a. logement, emploi du temps, 4. cinéma, musique, 5. planification dune excursion) Consignes très précises, p.ex. dialogue 3: a : Commentez la chambre quon a mise à votre disposition, b : Dites qui loccupe généralement et où il se trouve pour le moment a : Demandez où vous pouvez ranger vos affaires, etc.

16 Analyse des résultats Cinq filles et trois garçons en première année de lycée Français langue A1 ou A2 (5-7 ans détudes) (a, b, e, f) aucun contact avec le français en dehors de lécole ((e) père algérien habitant en Algérie) les trois garçons (c, g, h) regardaient TV5 et/ou avaient été en France et avaient (eu) des contacts avec des Français (d) mère française Manque de pratique, situation denregistrement : (a, b, f) beaucoup de problèmes dexpression et de compréhension (e) problèmes de langue, mais plus à laise (exclamations, demandes de répétition, gestes pour expliquer)

17 Analyse des résultats (c, g, h) bien moins stressés, jouaient volontiers les rôles quon leur donnait > prestations vivantes (d) sexprimait bien, réagissait dune manière assez naturelle (mais difficultés à parler français avec un finnophone) personne noubliait tout à fait la situation de test. 1. Interview avec une francophone : Intervieweuse: salutation, auto présentation (Bonjour, (donc) je mappelle XY) et demande de se présenter Interviewés: Salutation sans appellatif Questions sur différents sujets (Est-ce que vous parlez français en dehors de lécole, quel endroit voudriez-vous montrer à un étranger… ?). Personne ne comprend immédiatement toutes les questions

18 Analyse des résultats Trois stratégies : 1.(a et f) ne répondent pas 2.Réaction: Je ne comprends pas (b), Voulez-vous répéter ? Je ne comprends pas. Pardon, voudrez (vous ?) répéter ? (e ), Cest quoi lieu ?(d) 3.(c, g, h) réaction ou réponse immédiate à ce quils ont cru comprendre (c et d) sadressent à lintervieweuse en la vouvoyant (c : Si vous voulez regard culture..et..) Mais interaction entre les jeunes: regards, explications en finnois (surtout e et f), cf. situation authentique Fin: remerciements sans appellatifs (Merci en tout cas, merci beaucoup pour cette collaboration.- Merci

19 Analyse des résultats 2. Monologue : auto présentation et questions au correspondant français Tous regardent (parfois) leurs notes; les questions ne se détachent guère du monologue assez monotone. Salutation initiale sans appellatif (Salut, je mappelle X (c), Bonjour, je suis X (g)). Questions: (a, b, c, d) tutoient leur ami(e) (Tu parles quelle lange [sic] et quel âge as-tu ? (a)) (h) vouvoie (Quelle langue vous parlez et vous habite où ?) (g) alterne les pronoms dadresse (Quelle langue vous parlez ? […] Quand tu aller en Finlande, tu peux faire le voile aussi)

20 Analyse des résultats -les deux garçons qui vouvoient ont été en France et ont (eu) des contacts avec des Français > savent quil faut parfois vouvoyer -la fille dont la mère est française tutoie > sait quon peut tutoyer un autre jeune (f) parle à la troisième personne (Quelle langue parlé Anna et quel endroit habité elle ? (infinitif ou imparfait?) ; (f) la plus tendue : soupire, regarde ses papiers, ne trouve pas les mots (Multa katoaa kaikki sanat); salutation finale manque Salutation finale (remerciement) sans appellatif : Merci découter moi. Au revoir (h) Cest tout, merci (e) A bientôt (et) à tout à lheure (b).

21 Analyse des résultats 3. Dialogues Se détendent le plus: à deux entre Finlandais (et amis) jouent clairement un rôle peuvent sentraider. Résultat: (f) devient souriante et même naturelle: (e) gesticule, improvise et semble tout à fait à laise (b) continue de dialoguer dun ton monotone, mais sourit parfois timidement aux répliques de (a) qui se prête au jeu Deux types dinteraction Entre les « acteurs » Entre les camarades de classe

22 Analyse des résultats Présence de lautre parfois indispensable: Comment film est......(f) - Ratatouille ! Oui cest très bon ! (e) Tu peux prendre ton douche à.. je ne sais pas.. (c) -Salle de bains [...] (d). Partie du test la plus naturelle Pour (d) (mère française) la situation moins naturelle > parle un peu moins bien français que dans les autres parties Des situations où on aurait pu trouver un appellatif le/la Français(e) donne un cadeau > remerciement situation où lon attire lattention de lautre sur quelque chose Pas dappellatifs, mais répliques assez naturelles: interjections, expressions…

23 Analyse des résultats / Conclusion b : Voici le souvenir que je vas donner à la famille - Merci e : Oh, mon Dieu, cest le... (moment ?) - f : Calme-toi ! Tutoiement, sauf (g) alterne de nouveau les deux pronoms (f) ici non plus aucune adresse directe 5. Conclusion Ici: huit testés, tous en 1ère année de lycée Autre travail (Havu à paraître): dialogues de 24 élèves en terminale > confirment entièrement les résultats les jeunes Finlandais ne se servent jamais dappellatifs en dialoguant en français entre eux le tutoiement est presque de règle

24 Conclusion Les deux études: conjugaison verbale pas maîtrisée Létude antérieure : V parfois avec un verbe entendu au pluriel: Pour ton avis, pour quelques personnes est le film bon ? – Répétez, sil vous plaît. Manuels: appellatifs, mais les élèves ne sen servent pas> calquent leurs dialogues sur le modèle finnois Séjour dans un pays francophone, contacts avec francophones: conscience de la signification des stratégies dadresse (traces chez d, g, h) Les stratégies dadresse assez absentes, mais stratégies dinteraction : En finnois: aide / En français: construction dun dialogue


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