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Psycholinguistique : Question de développement Leçon 2 : Le développement des habiletés de production du langage.

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1 Psycholinguistique : Question de développement Leçon 2 : Le développement des habiletés de production du langage

2 Plan Introduction Lémergence du babillage canonique à 6mois Théorie motrice Mc Neilage & Davis : oscillation mandibulaire Comment le babillage est influencé par la langue en acquisition : De Boysson-Bardies Théorie linguistique : Pettito : le babillage en langue des signes

3 Le langage articulé Le langage articulé sest inscrit dans le patrimoine génétique entre Homo habilis et Homo sapiens. Lappareil physique permettant la parole articulée a évalué avec la station debout, qui a permis lémergence du tube « coudé » : augmentation de la possibilité de produire des sons nouveaux et den accroître le rythme et le contrôle (+ accroissement du volume cérébral).

4 Le conduit vocal du nouveau-né (voir Transparent) Lorsquon parle, il faut coordonner un ensemble de muscles (mouvements du larynx, de la glotte, du voile du palais, de la mâchoire, des lèvres, de la langue, plus de 100 muscles) pour avoir un débit de 15 phonèmes par seconde Le bébé humain, riche en potentialités découte, doit traverser une longue période de maturation, ex-utero, avant de pouvoir produire qqs vocalisations Le conduit vocal du nouveau-né ne permet pas de produire des sons articulés car il ressemble à celui des primates non-humains Pinker : « Le larynx monte comme un périscope et sengage dans le passage nasal, forçant lenfant à respirer par le nez et rendant possible pour lui de respirer et boire en même temps ». Le pharynx du nourrisson est proportionnellement plus court que celui de ladulte, sa cavité orale est plus grande; la masse de la langue est située plus en avant, remplit la bouche, ce qui limite sa possibilité de mouvement.

5 Darwin, La Descendance de lhomme (1871) « Comme lobserve lun des fondateurs de la noble science de la philologie, le langage est un art, au même titre que lart de fabriquer de la bière ou du pain; il me semble toutefois que lécriture eût été un terme de comparaison bien plus convenable. Le langage nest certainement pas un instinct dans le sens propre du mot, car tout langage doit être appris. Il diffère beaucoup, cependant, de tous les arts ordinaires en ce que lhomme a une tendance instinctive à parler comme nous le prouve le babillage des jeunes enfants, tandis quaucun enfant na de tendance instinctive à brasser, à faire du pain, ou à écrire. «

6 Introduction :le babillage est-il pré-linguistique ou fait-il partie du développement du langage ? Selon la vision structuraliste de Jakobson (1941), le babillage constitue une période pré-linguistique, séparée (par un temps de silence) de la période à laquelle le bb acquiert réellement les structures sonores de sa langue. Pendant le stade prélinguistique du babillage, lenfant va produire une variété de sons qui ne coexistent dans aucun langage « A child during his babbling period can accumulate articulations which are never found within a single language or even a group of languages – consonants of any place of articulation, palatized and rounded consonants, sibilants, affricates, clicks, diphtongs, etc. According to the findings of Gregoire (1937), the child at the height of his babbling period « is capable of producing all conceivable sounds » (Jakobson, 1941, 21) Le bbé acquiert les patrons sonores de ses premiers mots sur base dunités de phonologie formelle, les traits distinctifs, indépendantes du contexte (Jakobson, 1968)

7 Lenneberg (1967: The biological foundation of language) soutient que les enfants sourds commencent à babiller au même âge que les entendants, alors quils ne produisent pas des mots au même âge. Mais les études ultérieures ont montré que le babillage oral est fortement retardé chez les enfants sourds (Stoel Gammon & Otomo, 1986; Oller & Eilers, 1988) Bb trachéotomisés durant la période de babillage et des premiers mots mettent plusieurs mois à acquérir la parole normale après arrêt de la trachéotomie, en dépit de leur expérience auditive normale (Locke & Pearson, 1990) Les bbs continuent à babiller même après avoir produit leurs premiers mots Les caractéristiques phonétiques des premiers mots sont en continuité avec les patrons prévalents dans le babillage des enfants Diversité des sons dans le babillage : les 12 consonnes les plus fréquentes rendent compte de 95% des consonnes produites par les bbs (et les 12 consonnes moins fréquentes apparaissent dans 5% des productions) Lexistence dun babillage en langue des signes par les enfants sourds et les enfants entendants de parents sourds (Petitto et al., 1991, 1993) suggère que le babillage est un passage nécessaire de lacquisition du langage Il semble quune audition normale et un accès normal aux tentatives de vocalisation soit nécessaire dans les stades précoces de lacquisition de la parole

8 Les changements développementaux dans le babillage (1) Les vocalisations avant 6 mois : voyelles isolées + nasalisation, coups de glotte … voir DDB, pp À partir de 6 mois, babillage canonique ou (reduplicated babbling); pas de caractère référentiel Lenfant produit des séquences de syllabes composée dune consonne plosive combinée à une voyelle centrale « bababa » « papapa » (interprété par les parents !) composée dun noyau : voyelle pleine, tractus vocal ouvert et beaucoup dénergie, et de marges : consonnes, tractus vocal contracté, et dune transition de formant entre le noyau et les marges à chaque voyelle correspond une syllabe durée : entre 100 et 500 msec Progression linéaire jusquà lâge de 10 mois, indépendamment du milieu socio-économique, mono- ou bi-linguisme le plus souvent : labiales et dentales /p, b, t, d, m, n/ ; parfois : vélaires /g, k/ : plus de 80% des consonnes en début de babillage combinées avec /a/, /o/, /ae/ ; les autres voyelles sont relativement rares dans les productions ; peu de syllabes fermées Suites répétititves de syllabes : /ba, ba, ba/, /dae dae dae/, /be be be/ Ex : production du bébé de 8 mois (Grégoire) : /pa pa/, /ta ta ta/, /de de de / /emawma/, /aba abwou/, /go agou ga/, /go agé eka/ Suites VCV fréquentes : /aba/, /aedae/, /éka/ Syllabes fermées : rares : /dat/, /bam/

9 Développement (2) 9-10 mois : Babillage « panaché » (variegated) devient ensuite plus complexe, et se rapproche des syllabes de la langue native : alternance de segments consonantiques plutôt que réduplication la proportion augmente considérablement entre 12 et 14 mois lorsque lenfant produit une variété de consonnes sur un patron intonatoire de la phrase; la production des mots commence et lenfant essaye dimiter un grand nombre de patrons intonatoires différents : sorte de laboratoire où seffectue une préparation à la production des sons de la langue avec leur spécificité articulatoire (DBB, 67) Changements dans les voyelles : /i/ et /u/ (voyelles fermées) sont les plus difficiles à prononcer à cause de la configuration du tractus vocal

10 Rôle de la motricité dans le babillage (MacNeilage & Davis, 1995, 2000) Théorie « Frame/Content » dévolution de la parole : rôle central de lalternance consonne-voyelle, sexplique par le mouvement simple douverture et de fermeture de la mâchoire les consonnes et les voyelles requièrent des mouvements mandibulaires incompatibles: conduit ouvert pendant la phonation : voyelles; conduit vocal relativement fermé : consonnes Oscillation mandibulaire fournirait le « cadre » (« frame ») articulatoire, dont le contenu (« content ») serit donné par les mouvements de la langue Well made -> Mel Wade Add hoc -> odd hack Et jamais de permutation entre consonnes et voyelles (no-> own) Perspective darwinienne, neurobiologique Loscillation mandibulaire pour la parole a un précurseur (il y a 200 millions dannées) sous la forme doscillations mandibulaire pour des buts dingestion (mastiquer, sucer, lécher); ce comportement a été utilisé pour la communication visuo-spatiale chez les primates pré-humains et finalement associé à la phonation pour former les protosyllabes chez les hominidés

11 Les préférences de co-occurrences Consonne-Voyelle reflètent une contrainte sur la capacité des bbs à changer le point darticulation pendant la syllabe Fig. 1 MacNeilage & Davies (2000) C alvéolaires avec V antérieures (CORONAL-FRONT): /dé, dé, dé/ C vélaires avec V postérieures (DORSAL-BACK): /go, go, go/ C labiales avec V centrales (LABIAL-CENTRAL) : /ba, ba, ba/ « Fronted Frames » & « Backed Frames » : la position antérieure ou postérieure de la langue est adoptée avant loscillation de la mandibule, et maintenue pendant toute la durée de la production (essayez les différentes combinaisons /go/, /ga/, /gé/, /do/, /da/, /dé/, et vous verrez !); contrainte contre des mouvements extrêmes de la langue. ILLUSTR « Pure Frame » : la fermeture de la bouche aux lèvres est produite par un mouvement passif, et la voyelle centrale résulte de la position de repos de la langue pendant la phase douverture : le babillage rédupliqué est obtenu par simple oscillation de la mandibule surimposée à la vibration des cordes vocales Les consonnes présentes dans le babillage sont celles quon retrouve dans le plus de langues (FIG « Infant babble, child speech, and languages »)

12 Le frame (cadre de la parole) serait sous contrôle de laire motrice supplémentaire, partie dun système « intrinsèque » spécialisé pour lactivité auto-générée (input : gyrus cingulaire antérieur, qui fonctionne comme un système dattention exécutive) Cf Leborgne, 1er patient de Broca: tantan : automatismes de parole qui subsiste chez certains patients aphasiques

13 Cortex ventral prémoteur, partie dun système « extrinsèque » spécialisé pour les réponses motrices à une stimulation externe Site de contrôle des processus dingestion Fournit le frame avec un contenu, en termes de consonnes et voyelles

14 Le quatrième patron : LVC, ou LC Tendance à commencer un mot avec une consonne plosive labiale, et, après la voyelle, à produire une consonne plosive dentale : LvC > CvL Les enfants produisent même ce patron lorsquils essayent de produire linverse : « pot » pour « top », « miw » pour « wim » Le patron LC est la première tentative systématique vers une différentiation intersyllabique des « frames », vers une non-répétition des consonnes et des voyelles dans les syllabes successives Les bbs commencent par une action « facile » (bilabiale) Leffet LC est présent dans 9 langues sur les 10 étudiées, et significatif dans 8 langues (moyenne du rapport séquences LC sur CL : 2.23)

15 Frame/Content : Conclusions Selon MacNeilage & Davis, le franchissement du Rubicon pour adopter la vraie parole nest PAS le résultat dun changement génétique soudain, mais le produit dun développement à deux stades. Le premier stade = emprunt par nos ancêtres hominidés de simples propriétés biomécaniques du système, le « frame », avec des configurations statiques de la langue Ensuite, augmentation de la complexité sérielle intersyllabique grâce au patron LC, résultant de linteraction auto-organisée de contraintes biomécaniques dinitiation du mouvement (placement de la langue et des lèvres) et de la cognition culturelle (influence de lenvironnement)

16 Hypothèse dune interaction précoce entre léquipement biologique des enfants et lexpérience avec la langue parlée des parents le « chasseur de babillage » adulte peut détecter un accent dès lâge de 8 mois, càd identifier parmi différents échantillons ceux appartenant à des enfants de leur propre communauté linguistique Paires déchantillons de babillage denfants de 8 mois, français, arabes cantonais : choix (quel est, parmi deux, le babillage du bébé français?) correct à plus de 70% Caractéristiques rythmiques, contours dintonation, type de phonation, reflètent des caractéristiques de la langue dès lâge de 8 mois

17 Comparaison inter-langues de la production des voyelles (de Boysson-Bardies et al, 1989) Chaque langue a son propre espace vocalique : le nombre de voyelles varie dune langue à lautre (de 3 à 16) Comparaison de bébés français, anglais, cantonais, algérien Anglais : plus de voyelles antérieures /i/(see), /I/(sit) /ae/(apple) Français : plus de voyelles arrondies : /oe/ (fleur), / /(deux) Cantonais : voyelles postérieures / /(mort), /a/ (patte) Algériens : trois voyelles centrales seulement La distribution des voyelles apparaît bien différente pour les bbs des 4 groupes à 10 mois (voir Fig. 3) Les anglais ont tendance à produire plus de voyelles antérieures /i/ /I/, tandis que les cantonais produisent davantage de voyelles postérieures /o/ Comparaison du rapport F2/F1, qui diffère selon les langues (anglais : voyelles antérieures, plus diffuses; cantonais : voyelles postérieures, plus compactes) : courbes parallèles chez les bébés et les adultes Conclusion : il existe chez les bbs une représentation de lespace vocalique qui leur permet de produire les voyelles en fonction des caractéristiques des voyelles perçues (cf leçon 1 : sensibilité des bbs aux voyelles prototypiques de leur langue)

18 Comparaison inter-langues de la production des consonnes (DBB) Enregistrement des bbs français, américains, japonais, suédois de dix mois (0 mots) à mois (25 mots); analyse de la distribution des consonnes en fonction du lieu darticulation (labiales, dentales, vélaires) et selon le mode (plosives, fricatives, nasales, liquides) Tendances générales universelles liées à la physiologie de lappareil articulatoire Pourcentage important des consonnes labiales et dentales Prépondérance des occlusives Rareté des fricatives et des liquides /l/ et /r/ Dès lâge de 10 mois,les bbs français produisent plus de labiales que les bbs japonais ou suédois : les bbs de 10mois ont déjà sélectionné un répertoire de consonnes qui reflète la composition du répertoire de la langue de lenvironnement La distribution des consonnes ne change pas fondamentalement entre le babillage et les premiers mots, mais lenfant revient à des productions plus simples (davantage de bilabiales et docclusives, moins de fricatives) pour les premiers mots, car élaboration dun programme moteur spécifique est contraignante Cf harmonie consonantique dans les premières productions de certains mots : « guck » pour « duck » (cf Méthodes examen du langage oral)

19 Universalité du patron CVCV ? Les bébés nigérians parlant le yoruba (encore à propos de MacNeilage …) DBB, 1992 La proportion de mots bisyllabiques CVCV où C1 et C2 sont de réelles consonnes (ou semi-voyelles) est significativement moindre en yoruba Français 79.3% Anglais 66.7% Suédois 78.0% Yoruba38.0% en yoruba le patron VCV est largement prédominant pour les noms. Le patron nominal semble perceptivement et cognitivement plus important que tout autre pour ladaptation sélective des enfants au langage. Les enfants yoruba produisent 62% de leurs disyllabes VCV

20 Etude comparative des associations CV dans les productions bisyllabiques (Table 5) C labiale + V centrale : observé en français, mais pas en anglais (C labiale + voyelle front) ni en suédois (voyelles back); les patrons correspondent aux caractéristiques du langage cible (calculées sur les mots que les enfants tentent de prononcer) C dentale + V antérieure : observé en français, anglais, suédois pour C1, et seulement en anglais pour C2; les associations « non prédites » (français : C2 dentale – V arrière) sont observées dans les mots de référence C vélaire : les associations observées ne correspondent pas au modèle de MacNeilage

21 Modèle de sélection (De Boysson-Bardies) Entre 9 et 12 mois, linteraction entre perception et performances motrices permet aux enfants dorganiser leur babillage On voit que les bbs « se désintéressent » au niveau perceptif des sons qui nappartiennent pas au système phonologique de leur langue Au même moment, ils sorientent vers la production de voyelles, consonnes et syllabes fréquentes de leur langue Le stockage pré-phonologique des voyelles (à 10 mois) serait un peu plus précoce que celui des consonnes (entre 11 et 17 mois)

22 Développement du babillage et spécialisation hémisphérique (J. Locke) Aire supra=motrice (cf patient de Broca tan tan tan) Existence dun mécanisme commun dans le cortex périsylvien gauche qui contrôle les mouvements rythmés de la main et le tractus vocal Connexions dendritiques plus importantes entre les aires manuelles et vocales-motrices de lhémisphère gauche que dans les aires homologues de lhémisphère droit Les enfants attrapent plus facilement les objets posés à leur droite (à distance équivalente) Au début du babillage, augmentation des contacts/approches mains droite – objets Au même âge, augmentation de lactivité rythmique manuelle et préférence pour les jouets qui font du bruit

23 J. Locke, Bekken, McMinn-Larson & Wein (1995) : Emergent control of manual and vocal-motor activity in relation to the development of speech Groupes 1 & 2 : Pre-babbilleurs (4-5 mois) Groupes 3 – 6 : babilleurs (6 à 9 mois) Hochet audible et silencieux placés à la gauche et droite de chaque enfant On évalue le temps pour prendre le jouet, le nombre de mouvements, et le nombre de mouvements par secondes Augmentation radicale du nombre de mouvement manuels de la main droite avec lémergence du babillage (Groupe 3); un peu plus quand le jouet est audible

24 Interprétations au cours de la seconde moitié de la première année, lhémisphère gauche prend le contrôle de lactivité « speechlike » Le babillage = convergence fonctionnelle entre le contrôle moteur et les systèmes de feedback sensoriels Petit effet de laudibilité : explique que les enfants sourds ne commencent à babiller que beaucoup plus tard

25 Le babillage en langue des signes

26 Oller et al. Jusquà lâge de 5-6 mois, les bébés sourds congénitaux vocalisent comme les bébés entendants À 7 mois, les vocalisations des bébés sourds diminuent, et les bébés ne produisent pas de babillage canonique Après un an, les bébés sourds commencent à produire un babillage canonique, surtout constitué de bilabiales (visibles)

27 Les bébés sourds babillent-ils en langue des signes ? Les bébés de milieux pratiquant la langue des signes sont plongés dans un bain de langage où les informations sont transmises par des gestes manuels et reçues visuellement Malgré les différences entre les circuits de contrôle moteur des articulateurs manuels et oraux, les étapes de développement de la langue de signes sont similaires à celles des bébés entendants qui apprennent à parler Les bbs sourds babillent manuellement vers lâge de 8 mois; gestes assimilables aux syllabes du babillage de lenfant entendant ? (Petitto, ) Gestes articulatoires « gratuits », sans signification, évoquant des éléments sublexicaux de la structure des signes Comment les distinguer des gestes non linguistiques que font tous les bébés ? Rythme douverture/fermeture de la main Configurations particulières de la main Gestes effectués dans un espace délimité

28 Petitto & Marentette (1991) Comparent le comportement gestuel de deux enfants sourds de parents sourds avec celui de trois enfants entendants de parents entendants filmés en vidéo à 10, 12 et 14 mois Les enfants sourds et entendants ne diffèrent pas dans leur utilisation de gestes communicatifs ou référentiels Les deux enfants sourds produisent plus de gestes « sign-like ». Un tel babillage manuel est aussi produit par les trois enfants entendants, mais à une fréquence moindre (20% de leur total doutput gestuel); le babillage manuel des enfants sourds est aussi plus varié que celui des enfants entendants, avec des configurations de la main plus diverses Pour Petitto, le babillage manuel est lexpression de la « structure linguistique abstraite du langage » (et non le produit de comportements biologiques, cf MacNeilage)

29 Meier & Willerman (1995) Comment définir quun geste est « sign-like » ? Difficile de proposer des critères phonétiques Le geste « sign-like » est produit dans lespace du signeur Le geste doit être reconnu comme une approximation de la forme adulte (rythmicité, configuration appartenant à lensemble de la LS) Trois catégories Gestes communicatifs et significatifs tels que pointer, atteindre, bouger, et gestes symboliques Gestes qui sur la base de la forme ou de lusage sont identifiés comme signes ASL Gestes sans signification, non référentiels

30 Pas de différence majeure entre les trois sourds et les deux entendants dans la proportion de gestes non référentiels et communicatifs (voir Table 18.1) Les gestes non référentiels des sourds contiennent davantage de répétitions que ceux des entendants (voir Fig. 18.1) : effet de lenvironnement linguistique (LS vs LO)? similitudes apparentes dans la forme et le développement du babillage manuel (activité manuelle cyclique) et vocal

31 Petitto et al (2004) Critique de Meier et al : par manque de critère strict, le « babillage » observé nest peut-être quune activité manuelle fondamentalement similaire à celle observée chez tous les bébés La question-clé : lactivité manuelle rythmique des bbs exposés à la langue des signes et celle des bbs exposés au langage oral est-elle fondamentalement similaire ? Deux groupes de bbs entendants filmés à 6, 10 et 12 mois 3 bbs entendants exposés à la langue orale seulement 3 bbs entendants de parents sourds, exposés systématiquement à la LS (et pas dexposition systématique à la langue orale) Enregistrement et calcul des mouvements par la technologie OPTOTRAK (indépendamment de lanalyse vidéo)

32 Enregistrement total de 2000 mouvements pour les 6 bbs aux trois prises Un mouvement = toute activité manuelle impliquant un seul type de mouvement : ouverture/fermeture de la main; nouveau mouvement si un mouvement différent commence, par ex bouger la main pour dire « au revoir »; tous les mouvements impliquant des objets sont éliminés Restent 1449 mouvements, dont 595 produits par le groupe exposé à la LS et 854 par le groupe exposé à la parole On échantillonne 200 segments pour chaque « groupe », dont 151 à 6 mois, 37 à 10 mois et 12 à 12 mois Analyse de la fréquence en Hz puis confrontation avec la bande vidéo Transcription de la forme physique des mains des bébés en utilisant une sorte dalphabet phonétique de la LS (configuration, forme, mouvement, orientation) On ne retient que les mouvements produits en labsence de référence et dintention communicative apparente, et qui ne sont pas des tentatives de former un signe de la LS Si le mouvement montre une organisation systématique, on examine sils ont des propriétés organisationnelles uniques ou sils partagent des propriétés formationnelles avec lorganisation phonétique et syllabique « commune à la langue signée et parlée » Si une unité phonétique est identifiée, lattribution du statut de « babillage manuel » à cette activité de la main respecte les critères utilisés pour attribuer le statut de babillage vocal aux vocalisations des EE

33 Méthodologie Petitto 2004 Critères pour décider quun mouvement constitue du « babillage » (i) être produit avec un sous-ensemble réduit dunités combinatoires membres de linventaire phonétique de tous les langages naturels (ii) démontrer une organisation syllabique qui nexiste que dans les langues naturelles (iii) être produit sans signification ou référence Une analyse de la localisation des mouvements est réalisée « Espace signé » : entre les épaules du bb et la limite inférieure du sternum « espace non-signé » : la tête jusquaux épaules, en-dessous du sternum jusquà la taille, …

34 Résultats de lanalyse Optotrak Les deux groupes produisent des mouvements de haute fréquence ( Hz: trois cycles complets par seconde): non-linguistique, activité dexcitation commune à tous les bébés de cet âge Seul les 3 bbs sourds produisent une autre classe de mouvements, de faible fréquence, autour de 1 Hz : « babillage manuel », produit pour la plus grande partie dans lespace du signeur (voir Table 3) Les bbs entendants produisent 39% (78/200) mouvements de basse fréquence (1.58 Hz) et 61% (122/200) mouvements de haute fréquence, mais aucun des mouvements de basse fréquence ne peut être considéré comme du babillage et seulement 8% sont exécutés dans lespace du signeur

35 Discussion Selon Petitto, le cerveau humain posséderait une région spécialisée dans la détection de patrons spécifiques de linput qui correspondent aux régularités grammaticales, rythmiques, des langues naturelles (voir Déf. Sens) Les bbs sont sensibles à, découvrent, ces régularités dans leur environnement, et tentent de les reproduire

36 Lémergence du babillage est-il indépendant de la modalité langagière (vocale vs manuelle) ? Selon MacNeilage (Approaches to the Evolution of Language, 1998) : NON « While the vocal propensity for repetitive frame production results in a behaviour that forms a specific motor basis for the entire subsequent course of speech acquisition, the manual sequences do not provide such a basis for sign acquisition. Unlike speech, sign language does not have a single specific motor oscillation analogous to mandibular oscillation continually running through it. Thus whatever type of manual movement is repeatedly made during the sign babbling stage, it cannot form an actual motor basis for a sequence of signs » « … my contention that the vocal-auditory modality of spoken language was the first and only output mechanism for language »

37 Mardi prochain … Communication mère/enfant, précurseurs du langage, attention conjointe, turn-taking, pointage, le mamanais (motherese) … Lecture : « Lunivers communicatif du bébé » in DBB, Comment la parole vient aux enfants, pp


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