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Entérobactéries Jean-Michel Scheftel 2010. Entérobactéries Le nom dentérobactéries fait référence à la localisation de cette famille de microorganismes.

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1 Entérobactéries Jean-Michel Scheftel 2010

2 Entérobactéries Le nom dentérobactéries fait référence à la localisation de cette famille de microorganismes dans le tube digestif et principalement le côlon de lhomme et des animaux Bacilles à Gram négatif de 2 à 3 μm de long sur 0,4 - 0,6 μm de large Mobiles ou immobiles Parfois capsulés, toujours non sporulés Type respiratoire: aérobie-anaérobie facultatif

3 Entérobactéries Caractères principaux: fermentation du glucose avec ou sans gaz Oxydase (-), nitrate réductase (+), catalase (+) GC% : 39 à 60 % Bactéries commensales, présentes normalement dans les selles dindividus sains, sauf exception. Certaines espèces sont strictement pathogènes: Salmonelles, Shigelles, Yersinia sp

4 cas particulier : Escherichia coli Normalement saprophyte, mais certaines souches ont acquis des facteurs de virulence qui les rendent pathogènes au niveau intestinal Les entérobactéries sont aussi présentes dans lenvironnement où elles végètent (sol, eau, plantes, intestin dinsectes, matériel médical, environnement hospitalier…) Rôle important dans létiologie des infections nosocomiales en raison de la sélection de souches multirésistantes aux antibiotiques.

5 la famille des Entérobactéries famille des Enterobacteriaceae, Ordre des Entérobactériales (une seule famille), Classe des GammaProteae...) Principales espèces isolées en clinique Citrobacter (freundii, koseri, …) Enterobacter (aerogenes, cloacae, asburiae …) Escherichia-Shigella (coli, fergusonii, hermannii, vulneris,, Shigella) Hafnia alvei Klebsiella (pneumoniae, oxytoca,) Kluyvera (ascorbata, cryocrescens) Leclercia adecarboxylata Morganella morganii Pantoea agglomerans Plesiomonas shigelloïdes Proteus (vulgaris, mirabilis, penneri, rettgeri,) Providencia (stuartii, alcalifaciens) Raoultella (ornithinolytica, planticola) Salmonella enterica Serratia (marcescens, liquefaciens,..,) Yersinia (enterocolitica, pestis, pseudotuberculosis)

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7 Escherichia coli: espèce-type

8 HISTORIQUE En 1885, Theodor Escherich ( ) découvre un bacille quil dénomma : Bacterium coli commune dans des selles de nourrissons Médecin allemand, il fit une partie de ses études de médecine à Strasbourg Thèse de doctorat en Pédiatrie en 1881 à Munich « A propos des bactéries intestinales des nourrissons et de leur rapport avec la physiologie de la digestion » 1904 : isolement de cette même bactérie dans un cas dinfection urinaire 1919 : Castellani et Chalmers donne le nom dEscherichia coli à cette bactérie

9 Théodor Escherich

10 Bactérie commensale du tube digestif E.coli est lespèce la plus importante des anaérobies facultatifs de lintestin (<1% de la flore totale du côlon, 99% représentés par les anaérobies stricts) La présence d E.coli dans leau est le témoin dune contamination fécale qui la rend impropre à la consommation (recherche des coliformes) Cest aussi un pathogène indiscutable pour lhomme et lanimal. - responsable de diarrhées aiguës de type cholériforme (turista) dysentériforme hémorragique - infections urinaires: cystites, pyélonéphrites - bactériémies, méningites

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12 Caractères bactériologiques -morphologie : caractères généraux des entérobactéries -caractères culturaux: en bouillon: trouble abondant en 18h à 37°C sur milieu gélosé: gélose au sang colonies rondes, translucides, parfois hémolytiques géloses semi-sélectives: Drigalski (colonies jaunes), Mc Conkey (colonies rose-rouge) peut survivre 3 mois à température ordinaire tué à 56°C pendant 1h

13 Caractères biochimiques glucose fermenté avec ou sans gaz lactose (+) indole (+), citrate (-), mannitol (+) Certaines souches ont une faible activité métabolique (lactose (-) confondues avec shigelles)

14 Structure antigénique Ag O somatique (lipopolysaccharidique) 160 Ag différents Ag H flagellaire, (protéique) : 52 Ag différents Ag K capsulaire (polysaccharidique) : 70 Ag différents (L,A,B)

15 Pouvoir pathogène I Infections intestinales : 5 groupes de souches dE.coli responsables de diarrhées. - EPEC responsables de gastro-entérites infantiles - ETEC responsables de diarrhées liquidiennes cholériformes (diarrhées du voyageur ou turista) - EIEC : syndromes dysentériformes (diarrhées mucopurulentes et sanglantes) - EHEC: syndrome entéro-hémorragique Responsable chez les enfants (1mois à 3 ans) du syndrome hémolytique et urémique (SHU) - EAEC : diarrhées infantiles aiguës

16 II Infections extra-intestinales - infections urinaires: la majorité des infections urinaires de la femme jeune est due à E.coli - bactériémies - suppurations diverses: cholécystites, péritonites, salpingites, suppurations post-opératoires. - méningites néonatales: due au sérotype K1 (Ag capsulaire =Ag polysaccharidique proche de lAg capsulaire du méningocoque de type B)

17 Physiopathologie I Infections intestinales EPEC : facteurs dadhésion et destruction (effacement) des microvillosités de la bordure en brosse ETEC: adhésines et entérotoxines Adhésines: facteur de colonisation (CFA I,II, III …) Entérotoxines: entérotoxine thermolabile (LT) et entérotoxine thermostable (ST) EIEC: invasines et toxines cytotoxiques shiga-like EHEC: adhésines, destruction des microvillosités et effet cytotoxique (vérotoxines) II Infections extra-intestinales Infections urinaires: pili, Ag O, Ag capsulaire, hémolysines Méningites : Ag K1

18 Classes dE.coli Syndrome clinique Adhésion Toxine Entéropathogène EPEC Gastro-entérites infantiles aiguës ou chroniques Adhésion étroite et destruction des microvillosités des entérocytes de lintestin grêle Entérotoxine Shiga-like Entérotoxinogène ETEC Diarrhées très liquidiennes Adhésion aux entérocytes de lintestin grêle Entérotoxine thermolabile Entérotoxine thermostable Entéroinvasif EIEC Diarrhées dysentériformes Invasion et multiplication dans les entérocytes du côlon Entérotoxine Shiga-like Entérohémorragique EHEC Diarrhées sanglantes Colites hémorragiques ré Adhésion étroite et destruction des microvillosités des entérocytes du côlon Vérotoxine Entéroaggrégant EAEC Diarrhées infantiles aiguës ND

19 Les différents pathovars d E.coli

20 EPEC

21 piédestal E.coli

22 ETEC

23 E.coli EIEC : cf cours shigelle E.coli EHEC: vérotoxine Effet cytotoxique sur cellules de rein de singe (cellules véro) Toxine shiga-like

24 Diagnostic bactériologique Prélèvements Selles, urines, LCR, sang, pus, … Diagnostic direct 1) Coprocultures Isolement et identification dE.coli Recherche des sérotypes de gastroentérites infantiles (à laide de sérums agglutinants nonavalents, trivalents, monovalents) Recherche de souches productrices dentérotoxines - en cas de suspicion de turista (retour dun pays tropical)

25 Diagnostic bactériologique - en cas de suspicion dun syndrome hémorragique et urémique : recherche de vérotoxines (Toxines VT1, VT2) par un test dagglutination de particules de latex (RPLA) ou par immuno- chromatographie. Sérotype O157:H7 responsable +++du SHU: sorbitol (-), et sérotypage par le sérum agglutinant O157:H7

26 Autres prélèvements: urines, sang, pus, plaies,liquides internes… Isolement et identification Cas particulier : LCR Dans le cas de méningites néonatales: recherche dE.coli K1 Technique des antigènes solubles avec le sérum dagglutination du méningocoque du groupe B

27 traitement Détermination de la sensibilité aux antibiotiques Antibiogramme E.coli : les souches sauvages sont sensibles à toutes les bêta- lactamines, aux aminosides, aux fluoroquinolones, Les résistances acquises en milieu hospitalier touchent plus de 50% des souches : Pénicillinases bas ou haut niveau Céphalosporinases bas ou haut niveau Bêta-lactamase à spectre élargi (BLSE) Enzymes dinactivation des aminosides

28 NDM-1 E.coli Multi résistance due à une carbapénémase article LAlsace 21 août 2010

29 Prévention et Traitement de la turista Mesures dhygiène: dans les pays tropicaux, ne pas consommer de fruits non pelés à létal des commerces, de légumes crus, de salades dans les buffets des hôtels, de leau en dehors de leau en bouteilles fermées… Hygiène des mains. Traitement en cas de turista: un antisecrétoire (acétorphan) qui permet dinverser lhypersecrétion hydrique. Éventuellement des antibiotiques: fluoroquinolones, bactrim Eviter les inhibiteurs du péristaltisme intestinal (ex :lopéramide) Dans le cas de diarrhées sévères: réhydratation orale ou parentérale Utilisation de sérum glucosé salé (solution de réhydratation orale)

30 Epidémie de diarrhées à Escherichia coli entérotoxinogènes dans un service hospitalier à Strasbourg Février 1982 : épidémie de diarrhées dans une des pouponnières de la maternité du CHU dHautepierre. 14 nouveau-nés touchés : diarrhées liquidiennes profuses mettant en jeu le pronostic vital transfert en réanimation néonatale isolement de souches dE.coli productrices dentérotoxines LT dans les selles. (test de lanse ligaturée de lapin + et test dimmuno-hémolyse radiale +) souches du même sérotype : O 63 : H- et CFA 1 1ère épidémie à E.coli entérotoxinogènes décrite en France


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