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Dyslexie et dysorthographie: quelles relations? Pascal Zesiger I Disturbi dellApprendimento a Scuola, tra Ricerca e Didattica Locarno - 9-10 septembre.

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1 Dyslexie et dysorthographie: quelles relations? Pascal Zesiger I Disturbi dellApprendimento a Scuola, tra Ricerca e Didattica Locarno septembre 2011

2 2 Introduction: les relations lecture- écriture Dyslexie-dysorthographie Définitions Les sous-types Limpact des systèmes orthographiques Les hypothèses explicatives Conclusions Plan

3 3 Similarité entre compréhension et production écrites Identification de mots écrits Compréhension de phrases/textes * Lire = Evocation de mots écrits Génération de phrases/textes * Ecrire = Processus non spécifiques Processus spécifiques

4 4 Similarité entre identification et production écrites Lidentification et la production de mots écrits sont des habiletés qui… sont enseignées/apprises au même moment corrèlent fortement tout au long de lapprentissage sont prédites par les mêmes variables Conscience phonologique (CP) Dénomination rapide automatisée (RAN) Mémoire phonologique à court terme Connaissances du code

5 5 Différences entre identification et production écrites in, ain, ein toujours [ ] [ ] parfois in, parfois ain, parfois ein Consistance graphème-phonème Initiale96 Médiane80 Finale92 Consistance phonème-graphème Initiale91 Médiane76 Finale45 La production de mots écrits est plus difficile que leur identification asymétrie des correspondances G/P et P/G (dans toutes les langues) Peereman, Lété & Sprenger-Charolles (2007)

6 6 Différences entre identification et production écrites Reconnaissance vs évocation possibilité dutiliser des représentations partielles pour reconnaître un mot écrit, mais pas pour le produire (entièrement correct) Vitesse identification: un lecteur expert identifie 200 mots par minute (traitement des lettres en parallèle) production: un scripteur expert produit mots par minute (traitement des lettres nécessairement sériel), plus rapide avec un clavier (mais reste sériel)

7 7 Critères diagnostiques du trouble spécifique de la lecture (CIM-10) Présence soit de 1, soit de 2: 1. La note obtenue à une épreuve standardisée dexactitude ou de compréhension de la lecture se situe au moins deux écarts-types en dessous du niveau escompté, compte tenu de lâge et de lintelligence générale de lenfant (…) 2. Antécédents de difficultés sévères en lecture, ou de résultats de tests ayant répondu au critère 1 à un âge antérieur; en outre, le résultat obtenu à un test dorthographe se situe à au moins deux écarts-types en dessous du niveau escompté, compte tenu de lâge chronologique et du QI Plus critères communs (enseignement adapté, environnement socioculturel favorable, intelligence adéquate)

8 Critères diagnostiques du trouble spécifique de la lecture (DSM-IV) Les réalisations en lecture (exactitude, rapidité ou compréhension), évaluées par des tests sont nettement en dessous du niveau escompté compte tenu de lâge chronologique du sujet, de son niveau intellectuel (mesuré par des tests) et dun enseignement approprié à son âge. 8

9 CIM-10: trouble spécifique de lorthographe 9

10 10 Troubles dapprentissage de la production écrite (DSM-IV) Habiletés de production écrite (writing skills) (…) substantiellement inférieures à celles attendues en fonction de lâge, de lintelligence et du niveau scolaire le trouble interfère avec réussite scolaire ou les activités quotidiennes Pas expliqué par un déficit sensoriel, etc. MAIS … « Ce diagnostic nest généralement pas attribué sil ny a que des troubles de lorthographe (spelling) … en labsence dautres troubles de lexpression écrite (p.ex. composition de textes, erreurs grammaticales et de ponctuation, mauvaise organisation des paragraphes, tr. écriture) »

11 Différence CIM-10 et DSM-IV En cas de comorbidité: CIM-10: le trouble de la lecture est prédominant (p.ex. par rapport à lorthographe) DSM-IV: permet de porter plusieurs diagnostics 11

12 Définitions plus récentes (Lyon et al., 2003) « La dyslexie est un trouble spécifique de lapprentissage dont les origines sont neurobiologiques. Elle est caractérisée par des difficultés dans la reconnaissance exacte et/ou fluente de mots ainsi que par une orthographe des mots et des capacités de décodage limitées. Ces difficultés résultent typiquement dun déficit dans la composante phonologique du langage qui est souvent inattendu par rapport aux autres capacités cognitives de lenfant et à lenseignement dispensé dans sa classe. Les conséquences secondaires peuvent inclure des problèmes dans la compréhension en lecture. Cela peut entraîner une expérience réduite dans la lecture qui pourrait empêcher la croissance du vocabulaire de lenfant et ses connaissances générales. » 12

13 13 Description « classique » (issue essentiellement de langlais) Type « phonologique »: difficultés à maîtriser les bases alphabétiques (correspondances PG) Lecture et orthographe gravement déficitaires Lecture et orthographe de pseudo-mots particulièrement difficiles Erreurs sont souvent non phonologiquement plausibles: sandale sadl, chapeau hapa, crapaud gapo Effets de longueur, de complexité, PAS deffet de la consistance orthographique Y a-t-il des sous-types?

14 14 Type « de surface »: difficultés à mémoriser les formes orthographiques conventionnelles (pour certains, équivalent à une sous-exposition à lécrit) Lecture à peu près OK, orthographe faible Lecture et orthographe de mots inconsistants particulièrement difficiles Erreurs sont souvent phonologiquement plausibles (régularisation): sandale sendal, chapeau chapo, crapaud crapo, grand gran Effet de consistance surtout Y a-t-il des sous-types?

15 15 Peut-on parler de troubles de lorthographe sans parler de troubles de la lecture? Pour certains, oui (modèle catégoriel) Tr. Lecture + tr. Orthographe = dyslexie Tr. Orthographe sans tr. lecture = dysorthographie Les dyslexiques sont qualitativement et quantitativement différents des dysorthographiques, cf. sous-types « phonologique » et « de surface » (« phonologically inaccurate » vs « phonologically accurate »)

16 16 Peut-on parler de troubles de lorthographe sans parler de troubles de la lecture? Pour dautres, non (modèle continu) Les troubles de lapprentissage du langage écrit concernent les 2 modalités En fonction de leur sévérité, ils vont affecter plus ou moins la lecture et lorthographe, cf. lidée dun continuum entre les 2 « formes extrêmes » (sous-types) de dyslexie- dysorthographie développementale

17 17 Argument en faveur de lhypothèse de continuité Manis et al. (1996)

18 3 remarques Dans cette perspective, les troubles de lorthographe sont toujours présents Fondé essentiellement sur des mesures de précision (erreurs) Fondé essentiellement sur langlais; quid de linfluence du système décriture (transparence- opacité)? 18 Identif.Produc. Sans difficulté++ Dysorthographie+- Dyslexie--

19 Différences opaque-transparent Dans les langues transparentes (allemand, italien, turc, etc. Landerl & Wimmer, 2008; Moll et al., 2009; Babayigit & Stainthorp, 2011) la corrélation lecture-orthographe nest pas aussi élevée quen anglais RAN prédit la fluence de lecture des mots et des pseudomots (plus que CP) CP prédit lorthographe, mais son impact sémousse après la 1 ère année Dans les langues opaques (anglais: Savage et al, 2005) CP prédit lidentification de mots et la compréhension CP + RAN prédisent lorthographe 19

20 Différences opaque-transparent Les « symptômes » des troubles dapprentissage du langage écrit sont différents Langues opaques Identification et production de mots: erreurs caractérisent les dyslexiques Langues transparentes Identification de mots: essentiellement la lenteur qui caractérise les dyslexiques Orthographe: peu de difficultés, ou alors difficultés ciblées (p.ex. durée des voyelles en allemand, des consonnes en finnois) 20

21 Une autre vision des sous-types Wimmer & Mayringer (2002); Moll & Landerl (2009) 21

22 Double dissociation en allemand « Isolated reading deficit » identification lente lenteur de la RAN pas de trouble de la CP la lecture repose sur des représentations orthographiques « Isolated spelling deficit » identification de mots normale (vitesse et précision) pas de troubles de la CP ou du RAN les performances reposent essentiellement sur la conversion GP/PG Double déficit: cumul des 2 précédents NB. seuil = -1 écart-type 22

23 La double dissociation Cette double dissociation évoque la « Double Deficit Hypothesis » (DDH; Wolf & Bowers, 1999) selon laquelle la dyslexie peut être due à deux déficits indépendants lun de lautre Soit à un déficit phonologique (CP) Soit à un déficit de dénomination rapide (RAN) Soit à une combinaison des deux 23

24 La DDH: un bon modèle de la dyslexie? Les résultats concernant la DDH dans la littérature sont variables En italien (Brizzolara et al., 2006) Un déficit de RAN semble être commun à tous les dyslexiques, alors que seuls ceux ayant présenté un retard de langage dans la petite enfance ont un déficit de CP (et de MCTPh) MAIS les deux sous-groupes ne diffèrent pas dans leurs performances didentification et de production de mots écrits Ils diffèrent en compréhension, ce qui suggère lexistence de séquelles du retard de langage En allemand, la DDH ne permet de rendre compte que de la moitié des cas observés (Wimmer & Schurz, 2010) 24

25 La DDH: un bon modèle de la dyslexie? Les résultats concernant la DDH dans la littérature sont variables Une revue des études, pour la plupart sur langlais (Vukovic & Siegel, 2006), montre que Les performances de CP et de RAN corrèlent positivement, ce qui va à lencontre de lhypothèse de lindépendance de ces deux habiletés De nombreux travaux ne retrouvent pas de déficit isolé de RAN chez les dyslexiques 25

26 Le déficit de la RAN Quelques problèmes Les performances pour différents matériels (lettres, chiffres, couleurs, dessins) donnent des résultats parfois assez différents Les corrélations avec la maîtrise du langage écrit sont meilleures avec du matériel alphanumérique Que mesure la dénomination rapide? Les auteurs de la DDH ont donné des définitions variables « Naming speed is conceptualized as a complex ensemble of attentional, perceptual, memory, phonological, semantic and motoric subprocesses that places heavy emphasis on precise timing requirements within each component and across all components » Wolf, Bowers & Biddle (2000) Pour dautres, cest essentiellement la vitesse daccès au lexique (phonologique) qui détermine les performances dans les tâches de dénomination rapide 26

27 Le déficit phonologique Des centaines de travaux dans différentes langues montrent de manière consistante lexistence dun déficit de sévérité variable affectant la sphère phonologique chez (une grande majorité) denfants ou dadultes dyslexiques La persistance du déficit semble différent dans les langues opaques vs transparentes P.ex. trouble de segmentation ne persiste pas chez les dyslexiques germanophones (Landerl & Wimmer, 2000) La nature précise de ce déficit nest pas encore clairement établie, et varie dune étude à lautre Trouble de la conscience phonologique Trouble des représentations phonologiques Trouble de laccès aux représentations phonologiques Trouble du traitement auditif central 27

28 Modèles alternatifs « Phonological-core variable orthographic differences » (van der Leij & Morfidi, 2006) Contributions indépendantes des compétences phonologiques et orthographiques dans la fluence de lecture et dans lorthographe Tous les dyslexiques ont un déficit phonologique (+perceptible dans le recodage phonologique que dans la CP ou le RAN, Bekebrede et al., 2009) Il existe une grande variabilité des compétences orthographiques chez les dyslexiques (mesurées par des tests de choix orthographique) 28

29 Modèles alternatifs Trouble de la connectivité phonologie- orthographe (Wimmer & Schurz, 2010) Dans les langues transparentes, les dyslexiques ont des difficultés dans les tâches de contrepèterie, mais pas dans la transcription de pseudomots complexes avec clusters (en italien: Menghini et al., 2010) Les contrepèteries feraient appel aux représentations orthographiques, ou aux connexions phonologie-orthographe Permettrait dexpliquer les différences entre langues 29

30 Conclusions Les manifestations des troubles dapprentissage du langage écrit varient dune langue à lautre, ce que lon parvient assez bien à expliquer Pour comprendre limplication des processus didentification et de production des mots écrits, il faut tenir compte Des caractéristiques de la langue Du type de mesures effectuées (précision vs. vitesse) 30

31 Conclusions Au sein dune langue, les manifestations des troubles dapprentissage du langage écrit varient dun individu à lautre, ce que lon parvient moins bien à expliquer Le déficit phonologique reste lhypothèse la plus probable, mais demeure sous-spécifiée La question de limplication dautres processus reste ouverte (orthographiques? Connexions phonologie-orthographe? Autre?) 31

32 Implications pratiques La définition des troubles dapprentissage du langage écrit devraient être adaptée pour tenir compte de la diversité des langues Les démarches de… Dépistage et prévention Evaluation et diagnostic Réponses pédagogiques et thérapeutiques …devraient également être adaptées 32

33 MERCI DE VOTRE ATTENTION 33


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