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La communication sur les risques alimentaires Dr Jocelyn Raude Maître de conférences/Chercheur associé CNRS Sorbonne Paris Cité Ecole des Hautes Etudes.

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1 La communication sur les risques alimentaires Dr Jocelyn Raude Maître de conférences/Chercheur associé CNRS Sorbonne Paris Cité Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique Département des Sciences Humaines et Sociales Portée et limites de linformation

2 La perception des risques

3 Les grandes questions Quels sont les modèles de compréhension des risques alimentaires chez les consommateurs ? Pourquoi sommes-nous si sensibles aux (mauvaises) nouvelles sur les risques ? Comment expliquer le paradoxe dun monde de plus en plus sûr et dune montée des peurs alimentaires ? Comment expliquer la perte de confiance dans les experts, les agences et la science de façon générale ?

4 Les modèles dexplication de la maladie Les approches ontologiques (contamination de lorganisme) : théorie des miasmes, virus, bactéries, poisons, polluants environnementaux, etc. Les approches holistiques (équilibre/déséquilibre de lorganisme) : médecines alternatives, hippocratiques, ayurvédiques, chinoises traditionnelle, systémiques, etc. Les modèles dexplication profanes de la santé et de la maladie se situent généralement entre deux « grands » types dexplications idéal-typiques :

5 Les grandes questions Quels sont les modèles de compréhension des risques alimentaires chez les consommateurs ? Pourquoi sommes-nous si sensibles aux (mauvaises) nouvelles sur les risques ? Comment expliquer le paradoxe dun monde de plus en plus sûr et dune montée des peurs alimentaires ? Comment expliquer la perte de confiance dans les experts, les agences et la science de façon générale ?

6 Lhomo modernicus est-il rationnel ? Dans certains cas, le risque perçu semble très supérieur au risque « objectif » (exemple : ESB, OGM, grippe aviaire, etc.). Amplification sociale du risque Un constat : les risques objectifs semblent déconnectés des peurs subjectives

7 Lhomo modernicus est-il rationnel ?

8 Dans certains cas, le risque perçu semble très supérieur au risque « objectif » (exemple : ESB, OGM, grippe aviaire, etc.). Amplification sociale du risque Dans dautres, le risque perçu semble très inférieur au risque « objectif » (exemple : accidents domestiques, malnutrition, alcoolisme, etc.). Atténuation sociale du risque Un constat : les risques objectifs semblent déconnectés des peurs subjectives

9 La définition du risque La définition du risque mobilisée par les différentes disciplines scientifiques est la suivante : Risque : Probabilité doccurrence dun événement indésirable pondérée par la gravité de lévénement Le calcul du risque repose fondamentalement sur lanalyse de données dobservation rétrospectives Le concept de risque est symétrique à celui de chance.

10 La définition du risque Le risque se distingue de lincertitude en ce quil constitue une incertitude mesurable : « Lincertitude doit être définie dans un sens radicalement différent de la notion familière de risque, de laquelle elle na pourtant jamais été clairement distinguée. […] Il apparaîtra quune incertitude mesurable, ou à proprement parler un risque […] est totalement différente dune incertitude non mesurable. » Frank Knight, 1921

11 La mesure du risque La mesure du risque repose sur trois conditions préalables : 1.que les situations de risque similaires aient eu lieu dans le passé ; 1.que le risque soit observable et que lon en ait mesuré lincidence dans le passé ; 1.que les conditions présentes soient comparables à celles du passé pour pouvoir extrapoler les données observées.

12 Pourquoi certains risques mineurs retiennent-ils massi- vement lattention du public et des médias, tandis que dautres, infiniment plus fréquents, ne mobilisent guère ? Comment expliquer les controverses croissantes, en matière de risques sanitaires, entre les industriels, les scientifiques et les représentants de la société civile ? Lanalyse psychométrique du risque Lémergence de questions contemporaines :

13 Source: Slovic, Science, 1987

14 Lanalyse psychométrique de la perception du risque : 1. La perception des bénéfices sociaux liés lactivité à risque. 1. Lestimation du nombre moyen de victimes chaque année. 1. Lestimation du nombre de victimes en cas de catastrophe. 1. Un ensemble de caractéristiques qualitatives de lactivité ou du produit à risque dont la dimension volontaire/involontaire nest que lun des aspects… Selon Baruch Fischhoff (1978) et Paul Slovic (1987) la perception et lacceptabilité du risque repose pour lessentiel sur les facteurs suivants :

15 Les facteurs « subjectifs » de la perception du risque : Le risque est-il ou observable ou invisible ? Le risque se caractérise t-il par lincertitude ? Le risque est-il familier ou nouveau ? Ses effets sont-ils immédiats ou différés ? Le risque est-il contrôlable individuellement ? Ses conséquences sont-elles fatales ? Le risque est-il en expansion ou en perte de vitesse ? Le risque est-il naturel ou artificiel ? Ses conséquences sont-elles catastrophiques ou diffuses ?

16 Source: Slovic, 1987

17 Source : Sparks et Shepherd (1994) Les facteurs « subjectifs » de la perception du risque :

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20 Les grandes questions Quels sont les modèles de compréhension des risques alimentaires chez les consommateurs ? Pourquoi sommes-nous si sensibles aux (mauvaises) nouvelles sur les risques ? Comment expliquer le paradoxe dun monde de plus en plus sûr et dune montée des peurs alimentaires ? Comment expliquer la perte de confiance dans les experts, les agences et la science de façon générale ? Pourquoi la communication est (généralement) insuffisante pour prévenir et gérer les peurs alimentaires ?

21 UN PARADOXE : Bien que les les sociétés développées aient surmonté depuis longtemps - pour lessentiel - les problèmes liés à la pénurie et aux risques sanitaires, lalimentation et la sécurité alimentaire sont devenues un sujet très anxiogène. Ainsi, la perception dominante des occidentaux est paradoxalement que les risques alimentaires sont aujourdhui bien plus élevés quils ne létaient dans la passé...

22 Et pourtant… Les aliments que nous consommons sont objectivement de plus en plus sains, notamment parce que lindustrialisation progressive de la filière agroalimentaire a favorisé une organisation et des contrôles sanitaires de plus en plus stricts. Nous vivons également en meilleure santé et bien plus longtemps que nos aïeux. Lespérance de vie augmente toujours denviron deux mois, en moyenne, chaque année.

23 Les 10 causes principales de mortalité

24 Question : le système alimentaire contemporain est-il facteur de crise ? Pendant des siècles, les communautés humaines ont été organisées principalement autour de la collecte, de la production et de la consommation de nourritures (chasse, pêche, agriculture, élevage). Si les risques et les peurs alimentaires ont probablement toujours existés, la multiplication récente des crises est cependant largement favorisée par la modernité alimentaire : loffre alimentaire sest mondialisée et diversifiée, le circuit entre producteurs et consommateurs sest allongé, les produits agricoles sont devenus des matières premières et les éléments de confiance interpersonnelle qui existaient dans les systèmes traditionnels ont en partie disparu.

25 Le principe de lhoméostasie du risque perçu Une quête de sécurité sans fin ? Selon ce principe, plus on réduit collectivement un risque sanitaire donné, plus le risque résiduel est visible et tend à être considéré comme inacceptable par les membres de la société !

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27 Les grandes questions Quels sont les modèles de compréhension des risques alimentaires chez les consommateurs ? Pourquoi sommes-nous si sensibles aux (mauvaises) nouvelles sur les risques ? Comment expliquer le paradoxe dun monde de plus en plus sûr et dune montée des peurs alimentaires ? Comment expliquer la perte de confiance dans les experts, les agences et la science de façon générale ? Pourquoi la communication est (généralement) insuffisante pour prévenir et gérer les peurs alimentaires ?

28 La perte de confiance dans les acteurs La perte de confiance dans les acteurs industriels et scientifiques tient surtout à deux types de facteur : 1.Des facteurs qui tiennent à lenvironnement informationnel: Lexistence de « marchés cognitifs » (par exemple : les théories alternatives à la théorie dominante) Une concurrence entre les messages et les communicants Une situation de « cacophonie » sanitaire (existence de données contradictoires et de controverses récurrente) Une dramatisation des enjeux pour la santé publique 1.Des facteurs qui tiennent à lhistoire récente (et aux évolutions sociétales)

29 La dramatisation est-elle une constante en santé publique ? Années

30 like a giant tidal wave that will sweep over us with catastrophic consequences (…) a tsunami that we can hear hissing out to sea and will soon be able to see clearly Dr Michael Booth Sydney University-based Centre for Overweight and Obesity Prevention It's sort of like a massive tsunami heading towards the shoreline […] It's going to peak in a massive public health crisis » David S. Ludwig Harvard Medical School and Children's Hospital, Boston Une dramatisation de lobésité?

31 Obesity Trends Among U.S. Adults BRFSS, 1985 (*BMI 30, or ~ 30 lbs. overweight for 5 4 person) No Data <10% 10%–14% Source : Behavioral risk factor surveillance system, CDC

32 (*BMI 30, or ~ 30 lbs. overweight for 5 4 person) No Data <10% 10%–14% 15%–19% 20%–24% 25%–29% 30% Obesity Trends Among U.S. Adults BRFSS, 2009 Source : Behavioral risk factor surveillance system, CDC

33 Lévolution de la mortalité liée aux maladies cardio-vasculaire (Etats-Unis) Source : Howard K. Koh (2010) A 2020 Vision for Healthy People, NEJM

34 Évolution de la maladie coronaire en France de 2000 à 2007 Source : Wagner et al. (2011) Bulletin dEpidémiologie Hebdomadaire

35 La perte de confiance dans les acteurs La perte de confiance dans les acteurs industriels et scientifiques tient surtout à deux types de facteur : 1.Des facteurs qui tiennent à lenvironnement… 2.Des facteurs qui tiennent à lhistoire récente : Accroissement de lautonomie individuelle Critique du syndrome darrogance techno-scientifique Division du monde entre savants et ignorants Surestimation de la certitude scientifique (notamment p résentation de données partielles ou transitoires comme étant le reflet objectif et véritable de la réalité).

36 Le principe dasymétrie de la confiance Les travaux classiques en communication et en psychologie tendent à montrer que la réception de linformation dépend dans une large mesure de la confiance que lon accorde aux sources de cette information : La confiance institutionnelle est longue à acquérir : il faut une répétition durable des actions et des preuves démontrant que linstitution est « digne de confiance ». La confiance institutionnelle est facile à perdre : une seule action malheureuse ou maladroite suffit à ébranler un sentiment de confiance durement acquis au cours du temps.

37 Le principe de proximité de la confiance

38 Les gens tendent à simplifier les informations qu ils reçoivent. Une fois que les gens se sont fait une opinion, il est difficile de leur en faire changer (principe de refus de la dissonance cognitive, Festinger, 1957). Les gens se souviennent de ce quils voient (à la télé, dans les journaux, dans leur entourage). Les gens décèlent mal les omissions dans les informations quon leur fournit. Les changements dattitudes (lorsquelles ont lieu) ne génèrent pas nécessairement des changements de comportement. Les experts se trompent aussi… et les gens le savent ! Pour conclure…


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