La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

La présentation est en train de télécharger. S'il vous plaît, attendez

Douleurs fonctionnelles et douleurs chroniques chez lenfant et ladolescent R SIRVEN Maître de Conférence des Universités Psychothérapeute Institut de Psychosomatique.

Présentations similaires


Présentation au sujet: "Douleurs fonctionnelles et douleurs chroniques chez lenfant et ladolescent R SIRVEN Maître de Conférence des Universités Psychothérapeute Institut de Psychosomatique."— Transcription de la présentation:

1 Douleurs fonctionnelles et douleurs chroniques chez lenfant et ladolescent R SIRVEN Maître de Conférence des Universités Psychothérapeute Institut de Psychosomatique de Montpellier 6èmes Journées réunionnaises de la douleur 17 et 18 mars 2007

2 Observations 1- Fréquence des douleurs récurrentes sans substrat organique 2- Inconfort et gêne dans les activités 3- Impact global sur la vie de lenfant et de ladolescent atteint, ainsi que sur la famille 4- Difficulté de la démarche évaluative et diagnostique 5- Difficulté des réponses thérapeutiques Donc dérangeantes

3 Douleurs fonctionnelles et douleurs chroniques Les douleurs chroniques (non dues au cancer) sont des douleurs rebelles aux traitements antalgiques usuels et évoluant depuis au moins six mois On rencontre dans ce type de douleurs : –les douleurs abdominales –les douleurs ostéo-articulaires, musculo-squelettiques et vertébrales –les douleurs céphaliques –les douleurs neurologiques –et toutes les douleurs liées au stress et avec une forte composante émotionnelle

4 Douleurs fonctionnelles et douleurs chroniques « Douleur symptôme » et « douleur maladie » –Symptomatique dune maladie évolutive ou de séquelles (traumatiques, chirurgicales ou maladie guérie) –Véritable syndrome douloureux chronique évoluant pour son propre compte –Ce syndrome associe une plainte douloureuse un comportement et une symptomatologie psychologique spécifique –humeur dépressive, fatigabilité, perte d'intérêt, troubles de lattention, insomnie, seuil de tolérance douloureuse abaissé avec des facteurs de renforcement d'ordre socio-familial

5 Manifestations algiques chez l'enfant et l'adolescent Étude Norvège (2000) –345 enfants dâge scolaire 5 zones douloureuses : –Abdominale, céphalique (surtout), dos, bras, jambes France : Haynal et Pasini (1997) –1000 enfants scolaires : Douleurs abdominales : 108 membres : 30 Retenues ici* : –Douleurs abdominales, ostéo-articulaires et céphaliques –Abord psychosomatique : problématique, prise en charge

6 Les douleurs abdominales On note : 1°- Leur extrême banalité : 10 à 15% des enfants (Aplay, 1958, Farrell, 1984, Heyman 1998). –Elles représentent 10% des motifs de consultation médicale et sont, le plus souvent sans support organique (plus de 90% pour Aplay) 2°- La difficulté de poser un diagnostic précis pour 50% des enfants 40% d'affection médicale, 10% d'urgence chirurgicale, constituée essentiellement par l'appendicite dans la grande enfance (Y Héloury,2002)

7 "La douleur abdominale récidivante (DAR) est caractérisée par lapparition dau moins trois épisodes douloureux au cours dune période dau moins trois mois chez des enfants de trois ans ou plus, et les douleurs sont suffisamment importantes pour que linconfort quelle cause nuise aux activités de lenfant." (RB Scott) Fréquence : –10,8 % (population générale) –12,3 % (filles) –9,5 % (garçons) Taux de prévalence de la DAR : constant chez les garçons dâge scolaire, mais chez les filles : pic entre 8 et 10 ans Douleur abdominale récidivante (DAR)

8 Douleur mal définie, sourde, parfois aiguë à type de colique Caractérisée par sa variabilité interindividuelle dans son intensité, sa survenue, sa fréquence et sa durée Seule la localisation péri-ombilicale sans irradiation est commune à tous les patients Elle est diurne, en dehors du sommeil, sans lien avec l'ingestion d'aliments, l'activité physique, la défécation Associée à des symptômes non spécifiques : pâleur, nausée, céphalée, notamment En dehors des épisodes l'enfant est actif Le comportement et la croissance physique sont normaux Dans 90 à 95% des cas la DAR est fonctionnelle sans substrat organique

9 Le syndrome de l'intestin irritable (SII) Désigne une colopathie fonctionnelle caractérisée par l'association: - d'une douleur abdominale récurrente chronique - d'une modification des selles - d'une distension abdominale Le SII est fréquent chez l'enfant d'âge scolaire : 10 à 15% (Cézard, Hugot, 2001) Il est moins connu chez l'enfant que chez l'adulte : les symptômes constitutifs du SII sont retenus à partir des critères de Manning (ou critères de Rome) validés chez les adultes La douleur est diurne Douleurs nocturnes, perte de poids, rupture de la croissance, rectorragie, fièvre sont évocateurs d'une autre pathologie

10 Autres tableaux cliniques JTBoyle décrit trois tableaux cliniques de la douleur abdominale fonctionnelle de lenfant et de ladolescent : –La douleur périombilicale paroxystique –La dyspepsie –Le côlon irritable Le tensionnel state décrit par Margaret Ribble constitué d'agitation et de tension douloureuse accompagnées de spasmes gastro-intestinaux La migraine abdominale, plus fréquente avant 7 ans, caractérisée par la survenue brutale d'une douleur de siège périombilical et accompagnée de pâleur, de sueur et de nausée –Frontière entre migraine abdominale et douleurs abdominales d'origine neurologique (axe cerveau-intestin)

11 Douleurs ostéo-articulaires Douleur mécanique :liée au mouvement, à leffort, calmée par le repos, retrouvée dans les maladies de croissance, déformations… Douleur inflammatoire : majorée au repos, nocturne et matinale, améliorée par le dérouillage, retrouvée dans les rhumatismes inflammatoires, infections, tumeurs

12 Répercussions de linflammation articulaire Réduction de lactivité physique à cause des douleurs, de la fatigue, de la raideur articulaire et de la diminution de la force musculaire Réduction renforcée par la peur lexclusion induite par la maladie la surprotection des parents Cercle vicieux Effet négatif sur le moral du jeune patient Exclusion accrue des activités habituelles et du cercle damis La maladie, ses traitements et les incertitudes face à lavenir induisent angoisse et souffrance qui peuvent aller jusquà la dépression Nécessité –D'une prise en charge par équipe multidisciplinaire (généraliste, rhumatologue pédiatre, infirmière, physiothérapeute, ergothérapeute, psychologue, assistant social,...) –D'une information adaptée

13 La lombalgie chez les adolescents Son incidence passe de 12 % à l'âge de 12 ans à 21,5 % à l'âge de 15 ans. 8 % de lombalgies sont déjà récurrentes ou permanentes Elles interfèrent avec la vie quotidienne du sujet : arrêt des activités physiques et sportives ou absentéisme scolaire (2 à 10 %) Facteurs associés : le port de charges (cartables ou sacs à dos) la consommation de toxiques (tabac) mais également les états émotionnels et dépressifs, les stress La persistance dans le temps, la recrudescence nocturne, ainsi que des signes généraux (état asthénique, fièvre, anorexie, perte de poids, sueurs nocturnes, etc.) doivent alerter et conduire à envisager un tableau plus large Ne pas banaliser la lombalgie mais : –Engager une démarche rigoureuse et stéréotypée afin de Diagnostiquer les troubles de croissance, notamment la scoliose, la dystrophie vertébrale de croissance ou la spondylolyse Ne pas méconnaître une cause grave, bien que rare, de type infectieux, inflammatoire ou tumoral Il ne s'agit pas davantage d'occulter la présence d'une souffrance psychologique traduite par une plainte douloureuse vertébrale (cf infra)

14 Douleurs céphaliques Entités cliniques fréquentes chez les enfants au point dêtre taxées de syndrome douloureux le plus important en nombre de personnes touchées (Mühlig & Petermann, 1996) Enquête Paris 1998 : 2000 enfants 5-12 ans 10 à 15%, augmentation 40% de 1972 à 1994 Recommandations ANAES 2002 :entre 5 et 10 % des enfants de moins de 15 ans Comprises comme un « groupe de symptômes » pour lesquels la classification des céphalées de l'enfant selon les critères IHS pour adulte est mal adaptée (International Headache Society)

15 Migraines et céphalées On distingue –Céphalée à mécanisme vasculaire : migraine : pulsatile, signes associés (vertiges, pâleur, photophobie, phonophobie), forme commune ou accompagnée de signes neurologiques (ex ophtalmique) –Céphalée de tension constrictive, sans nausée Etude finlandaise (1997) –968 enfants interrogés 96 enfants céphalalgiques 58 migraines 38 céphalées de tension (73% des mères et 35% des pères souffraient de céphalées)

16 La migraine chez l'enfant Mal de tête le plus souvent frontal, bilatéral, de durée courte évoluant par des attaques stéréotypées liées à des symptômes digestifs marqués : nausée et vomissement (Metsähonkala, 1997) Symptômes communs : la douleur et la sensibilité de palpitation au bruit ou à la lumière L'attaque est parfois précédée par une aura visuelle ou sensorielle Pendant les attaques, la douleur est intense : la plupart des enfants doivent se coucher Le repos apporte le soulagement et le sommeil met fin à l'attaque Association fréquente aux douleurs abdominales récurrentes et aux douleurs de croissance (Aromaa, Sillanpaa, Rautava & Helenius, 2000)

17 La migraine chez ladolescent Moins connue que chez ladulte, la migraine des adolescents touche 10 % des filles et 5 % des garçons âgés de 15 à 25 ans Très souvent sous-estimée, elle est parfois prise pour une excuse pour "sécher" les cours… Il sagit pourtant dune authentique pathologie et dun réel handicap avec un impact délétère sur la qualité de vie des adolescents Avant 12 ans, les garçons sont plus souvent touchés, mais ensuite, la proportion atteint les valeurs observées chez ladulte, soit un homme pour deux à quatre femmes Les adolescents migraineux ne deviennent pas forcément des adultes migraineux : –Équipe italienne : Sur 80 adolescents suivis pendant 10 ans, 40 % connaissaient une rémission. Les moins chanceux faisaient partie dune famille présentant une prédisposition à la migraine

18 La migraine chez ladolescent Les céphalées chroniques quotidiennes (CCQ) sont les phases ultimes des migraines : Survenue plus de quinze fois par mois –Chez ladulte : conséquence possible dautomédication hasardeuse –Chez ladolescent : origine moins bien identifiée. Parmi les facteurs souvent cités on trouve le stress, une infection virale, un traumatisme crânien ou une opération chirurgicale, des problèmes de sommeil Facteurs de risque spécifiques –En plus de ces facteurs : –Caféine des sodas : Étude israélienne : 36 adolescents: la réduction ou labstinence ferait disparaître ou réduirait la fréquence des crises –Chewing-gum :Étude japonaise : mâché toujours du même côté, il augmenterait le risque de développer des migraines et des céphalées de tension

19 Autres entités cliniques Maux de tête chroniques non spécifiques, dus à des causes: –Ophtalmologiques : défaut de convergence ou baisse de la vision –ORL : sinusite (Nataf, 2001) –Bucco-faciales : –le TMJ (Temporo Mandibular Joint :douleur ATM) –le MPD (Myofacial Pain Dysfuntion: douleur des muscles de la face) Dans la plupart des cas, la douleur est liée à la fatigue musculaire (bruxisme chronique) Les douleurs associées sont fréquentes (oreilles) - Myoarthropathie -Fréquence : augmente rapidement avec l'âge, aussi fréquent chez l'adolescent que chez l'adulte -Causes multiples : pas de facteurs étiologiques bien défini : surcharge des structures de l'appareil manducateur résultant de parafonctions (bruxisme) Ces parafonctions sont dues à un défaut de maîtrise du stress, à de mauvaises habitudes et/ou à une occlusion défectueuse des maxillaires

20 Dimension psychologique Les douleurs céphaliques sont souvent considérées comme une "maladie psychologique" Elles sont souvent réduites : –au stress, –à des traits de personnalité (perfectionniste, timide, susceptible…) –à un type de personnalité (anxiété, stress, perte des moyens lors des contrôles scolaires, etc.) Patrick McGrath : recherche sur les caractéristiques de la personnalité des enfants migraineux: Vingt enfants migraineux comparés à des enfants souffrant de douleur musculo-squelettique chronique et à des enfants sans pathologie douloureuse –Tests mesurant l'anxiété, la dépression, le comportement: L es migraineux et les enfants souffrant de douleurs chroniques sont moins heureux moins sociables plus anxieux

21 Dimension psychologique Les traits de personnalité : conséquence ou cause des douleurs chroniques? Céphalées récidivantes, Larsson, Garrick et al. :les traits de personnalité et de comportement observés reflètent davantage les effets non spécifiques du trouble douloureux que leur cause Plutôt établissement dun système en boucle producteur de dévalorisation, de difficultés dinsertion qui aggravent laltération narcissique et les difficultés identitaires et qui ne peut : –Quajouter de langoisse à la peur, –De la souffrance à la douleur –Enfermer dans la répétition –Ex : L'arthrite chronique juvénile : cercle vicieux : angoisse, dépression, agressivité, culpabilité, isolement, difficulté d'intégration scolaire…

22 Douleur-angoisse-douleur Douleur Angoisse Défenses somatiques Défenses psychiques Difficultés de relation Angoisse

23 Approche psychosomatique Système en boucle et diversité des éléments recueillis dans les consultations et thérapies denfants et d'adolescents se plaignant de douleurs fonctionnelles : –Au plan clinique : nécessité de l'écoute de la plainte –Au plan théorique : interrogation Cadre de la névrose de comportement de Kreisler : absence de liberté fantasmatique, pauvreté des représentations Instrumentalisation du corps, en distinguant et opposant les deux processus essentiels –La conversion, dans la redondance du discours douloureux, dans la contagion symptomatique –La somatisation, plus fréquente chez lenfant, maintenu dans limpossibilité dune parole propre, tenu à la banalité somatique Nouage somatopsychique et dénouage psychosomatique

24 Approche psychosomatique Clinique 1- Du signe au symptôme : la plainte –Douleurs chroniques et fonctionnelles Symptômes à expression somatique dits par une plainte Mettant en jeu (en scène) le corps, le sujet et la parole Elaboration théorique 2- Problématique psychosomatique –Nouage et dénouage psychosomatique –Somatisation

25 1- Pourquoi la plainte? Le symptôme corporel ne dit pas tout, même ne dit rien, quand à lexamen qui linterroge, il ny a pas de réponse Doù le soupçon de mensonge porté sur le sujet qui sen plaint La plainte est autre chose que le symptôme douloureux Distinguer la fréquence du trouble donné à soigner par lentourage et celle de la plainte donnée à entendre par lenfant La morbidité est faible dans la grande enfance alors que les plaintes somatiques sont fréquentes Alors, pourquoi la plainte? Parce quelle est le mode de présentation du symptôme le plus acceptable pour lentourage et pour lenfant ? Est-ce pour cette raison que la plainte est souvent entendue dans sa dimension contextuelle, provoquée par un événement? Mais, de quel événement sagit-il ? Le contexte familial, scolaire, social permet toujours de trouver quelque chose pour repérer une cause de dysfonctionnement, un motif de plainte : penser au malmenage de lenfant : dans son être-corps (biorythmes perturbés, training excessif), dans son être-soi, centré sur lavoir cognitif du savoir, dans son être-au-monde réduit à la compétitivité sur un modèle socio-économique dominé par lurgence et le gain de temps

26 La plainte : visée et expression La plainte est à entendre, au-delà dun dire du corps, comme un acte dénonciation du sujet Dans la plainte, ce qui importe, cest moins ce qui est dit, pauvre et stéréotypé, que la forme sous laquelle le sujet parle, la forme donnée au signifiant corporel Cest pourquoi, elle est à accueillir comme acte de langage, comme action visant un effet Leffet visé est souvent entendu comme manipulation de soi et de lautre Entendons la aussi comme expression de la vie psychique en difficulté : - de structuration : être-corps (schéma corporel), être-soi (image du corps), être-au-monde (canevas des actions possibles) - d'identification : en accrochant les matériaux individuels à un autre, pris à témoin, susceptible de donner un signe de reconnaissance: –de la singularité –de lappartenance (Par exemple, dans le coping)

27 Plainte et identité La plainte douloureuse peut constituer un moyen de retrouver un appui chez un sujet insuffisamment autonome et différencié, chez lequel lidentification reste problématique On comprend limportance des plaintes entendues, dites par la mère, le père ou un proche, qui donnent corps et mots à une souffrance indicible, qui signifient à lenfant une place possible dans un processus de reproduction/répétition –S. Bonfils observe quil nest pas rare quune femme souffrant de colopathie fonctionnelle ait une fille atteinte très tôt par des troubles intestinaux sans substratum organique Pointons, ici, le risque que linvestissement douloureux se constitue en libido narcissique. Je souffre donc je suis, que le corps sadjoigne par la souffrance son indice dobjet réel (P. Aulagnier)

28 Les déclinaisons de la plainte Dire la plainte succède à se plaindre, par le gémissement, la détresse du corps, visible, palpable Changement considérable quand linfans dit jai mal * –Christelle, 12 ans, parle de ses plaintes non dites : Je préfère ne rien dire. De toutes façons, elle ne me croit pas, elle me remballe avec ses trucs comme quoi si je suis douillette alors jai pas fini. Quest ce que je dirai quand jaurai un enfant? Les femmes... suit un discours doloriste sur la condition féminine - Dire la plainte, comme on porte plainte. La plainte apparaît là où la mise en accusation nest pas dicible, le reproche nest pas possible, pas représentable, le persécuteur nest pas identifiable hors de soi* - Plainte classée sans suite, après lenquête médicale qui a conclu à labsence de preuves organiques. La répression active et systématique peut réussir à la faire taire, plus souvent à la déplacer, la rendre plus labile* - Plainte instruite dans le contexte évènementiel, la dimension émotionnelle, la contagion affective Ou bien plainte reçue –Écoutée, parlée dans léchange, entendue comme adressée à un autre,le prenant à témoin, lui demandant un signe de reconnaissance –Comprise comme exprimant un mal à être, à un moment critique de son histoire, à un moment décisif de son développement

29 Interrogations Localisation dans labdomen des douleurs, des cénesthopathies générales, des sensations de malaise, dans la continuité de la petite enfance Maux de tête plus tardifs Sens de ce déplacement? Facteurs culturels : Société victorienne, on ne parlait jamais du ventre, la migraine était très tôt intégrée comme seule dicible dans une plainte* On peut entendre le jai mal au ventre de lenfant dans une sortie difficile du corps de la mère, paradigme de la symbiose D. Anzieu parle de tentative de restituer la fonction de peau contenante qui nest plus exercée par la mère ou lentourage Parfois, les éléments recueillis donnent à penser que le corps de lenfant est utilisé par le parent adulte pour y déverser une problématique quil narrive pas à maintenir au niveau intrapsychique

30 Interrogations D'où la persistance, entre 6 et 12 ans des caractères archaïques de la plainte : –la difficulté de qualifier la composante sensorielle –le décalage entre les réactions émotionnelles et la réalité de la douleur –la présence de réponses purement défensives (position antalgique, contracture et résistance à la mobilisation passive, atonie psychomotrice) Julie, 7 ans, ne sort pas en récréation, préfère rester en classe, par peur davoir mal en courant ou en sautant. Traitée par sa mère jusquici comme un bébé, elle na pas accepté le changement dattitude à lentrée à la grande école Les céphalées attirent lattention sur le travail cérébral exigé de lenfant, sur les performances attendues dans le champ cognitif. Elles peuvent être associées à un processus dinhibition douloureuse de lactivité mentale mise en oeuvre dans les apprentissages Bruno, 9 ans, souffre de céphalées récurrentes, accompagnées dinsomnie, dit sa peur déchouer, cest-à-dire de décevoir et de faillir, dans un environnement familial très centré sur la réussite scolaire

31 2- PROBLEMATIQUE PSYCHOSOMATIQUE Du somatique au psychosomatique La douleur est dite et répétée, dans sa stéréotypie lexicale, à la place de laffect et de lémotion que la seule pâleur exprime La pauvreté langagière semble associée à une forte inhibition émotionnelle –La référence à une anomalie neurologique, proposée par Sifneos et Nemiah notamment, pour rendre compte de la carence de lexpression émotionnelle et de la symbolisation des affects (alexithymie) suffit-elle? –Comment expliquer lévolution, parfois rapide, observée dans la thérapie? La douleur et la plainte quelle fait dire : carrefour du corps et de la psyché

32 Plus encore que de carrefour, parlons de nouage et dénouage Plus encore que de carrefour, parlons de nouage et dénouage Nouage et dénouage somatopsychique

33 Le jeune enfant Depuis le début de la vie, le premier nouage sensori- moteur, appuyé sur le dialogue tonico-émotionnel, permet de déployer le corps sous la protection de lautre, parent, aîné, adulte La douleur nest pas rare, étant donné limmaturité des systèmes Le parent prend linitiative des soins appropriés : –apaiser par la parole, la caresse –donner un soin –appeler rapidement le médecin Il est dans sa fonction de pare excitation Il renforce les mécanismes dattachement Il partage, sinon la douleur, du moins les modes de défense contre elle

34 Le grand enfant Lentrée dans la deuxième septaine marque une rupture : Lenfant nest plus accueilli dans sa fragilité initiale, sa symbiose première, sa dépendance Il est attendu de lui des mécanismes protecteurs autonomes, une capacité de gestion suffisante Or, la pression est forte, les tension aiguës, les stress fréquents, générateurs démotion Exigences pulsionnelles et élaboration du surmoi se heurtent dans le trouble, lincertitude Surplus dexcitation et contraintes contient un potentiel de décharge immédiate On comprend que des douleurs puissent apparaître, liées à des réactions somatiques sous linfluence détats émotionnels caractérisés par lintensité et la répétition La crispation douloureuse, le spasme, disent langoisse que létymologie donne à entendre resserrement, étroitesse Le ventre noué, la tête serrée figent, sidèrent, bloquent tout mouvement, toute démarche mentale

35 L'adolescent Chez l'adolescent, on rencontre les premiers éléments de la problématique psychosomatique adulte : l'insatisfaction, l'absence d'espoir et les préoccupations autour du ventre et/ou de la tête en tant que lieu du corps à la fois difficile et prédominant Les manifestations algiques peuvent faire le lit de préoccupations hypocondriaques persistant par la suite Elles disent à la fois la traversée dune crise (la puberté- adolescence) et le malaise généré dans et par le corps Transitoires et récidivantes, labiles, elles évoluent selon lattention et laccueil de lentourage Elles prennent un caractère diffus ou localisé : douleurs abdominales, menstruelles, ostéo-articulaires, céphalées La consultation constitue le lieu où ladolescent convoque le soignant à témoigner de ce qui advient dans son corps et dans sa psyché qui est de lordre de leffraction et peut être vécue comme un trauma Lorgane incriminé est présenté comme représentant le corps entier, génitalisé, menacé dans sa totalité et menaçant

36 L'adolescent La douleur menstruelle peut survenir lorsque lovulation devient périodique, elle est parfois intense Ses répercussions psychologiques risquent dêtre aggravées par les commentaires stéréotypés qui privent ladolescente de tout bénéfice secondaire (condition féminine et douleur inexorable) Les algies dorsales et les troubles de la statique : –Remaniement et la croissance somatiques, –Problème de lidentité dans lequel intervient laxe vertébral : la posture et les attitudes expriment symboliquement le mode dêtre face à lAutre, dans la difficulté, la fuite, la crispation, la provocation, le refus et/ou lattente Dimension symbolique de la zone lombaire : la force du corps désirant génitalisé prend source dans le bassin pour monter par l'axe vertébral jusqu'au larynx, lieu de la parole On sait combien chez les patients lombalgiques la peur d'être paralysé concerne la motricité générale mais aussi la sexualité On comprend qu'à l'adolescence, l'hypertonie puisse constituer un mode d'être assurant en même temps décharge et blocage... et donc douleur

37 Lintervention thérapeutique L'examen clinique Souvent difficile –Du fait de lenfant :douleur + peur + effet blouse blanche- environnement médical-odeurs –Du fait de l'adolescent : ambivalent, défensif –Du fait des parents : peur de laffection grave ! Observer : qui parle, attitudes du patient avec les parents et seul… Mettre en confiance : parler lentement, doucement, pas de gestes brusques ou forcés Ne jamais dire « il ny a rien » car nie ce que perçoit lenfant et incite les parents à poursuivre leur quête étiologique Dire plutôt « il ny a rien dinquiétant » Risque de nomadisme médical : effets : Pour lentourage –Aggravation de linquiétude : Benjamin (1992) –Renforcement du déni de la plainte Pour lenfant –Iatrogénie –Enfermement dans statut de malade –Fragmentation aggravée du corps et de la psyché –Renforcement de langoisse

38 Traitements Médicamenteux Conseils dhygiène de vie et dalimentation Approches psycho-comportementales –Bio-feed-back : autocontrôle comportemental –Hypnose, relaxation : suggestives, cognitivo- comportementales… –Relaxation psychothérapique : Psychosensorielle : sensori-tonico-motrice –Réceptivité et présence –Nouage somatopsychique –Traitement privilégié des troubles exprimés par le spasme et la tension –Sensori-tonico-dynamique : relance de la psyché

39 La relaxation sensori-tonico-dynamique –Spécificité : Psychogénétique par son effet de maturation Existentielle par sa capacité de modifier le vécu –Projet Se sentir comme être-corps : expérience sensori- tonico-motrice Se sentir comme être-soi : expérience de la verbalisation, le corps, le moi et le je Se sentir comme être-au-monde : expérience de la présence –Mise en œuvre Exercices de réceptivité et démissivité : ce que jaccueille et ce que je produis Exercices dynamiques : tension-détente, expir-inspir, mouvements, imagerie mentale Exercices de base adaptés aux situations habituelles : assis, debout, allongé

40 Bibliographie Anaes CCQ (céphalées chroniques quotidiennes) chez l'enfant et l'adolescent : diagnostic, rôle de labus médicamenteux, prise en charge Annequin D, Tourniaire B, Massion H, Migraines et céphalées dans lenfance et ladolescence, Pediatr. Clin. North Am. 2000, 47 (3) ; Boyle JT, Recurent abdominal pain : an update. Pediatric rev. 1997, 18 (9) : Haynal A, Pasini W, Archinard M, Médecine psychosomatique, Masson, 3ème édition 1997 Hunfeld et al. Chronic pain and its impact on quality of life in adolescents and their families. J Pediatr Pyschol, 23 : ; 2001 Sirven R, lenfant de six à douze ans, LHarmattan, Paris, 1999 Sirven R, Les douleurs du grand enfant, lieux et enjeux, in Ferragut E et al. Thérapies de la douleur, Masson, 2002 Sirven R, Douleurs fonctionnelles et douleurs chroniques chez le grand enfant (2° partie, cours Capacité douleur), in Ferragut E et al. Le corps dans la prise en charge psychosomatique, Masson, 2003 Sirven R. Souffrance et soins, la place de l'éthique, in Ferragut E et al. Souffrance, maladie et soins Masson, 2007


Télécharger ppt "Douleurs fonctionnelles et douleurs chroniques chez lenfant et ladolescent R SIRVEN Maître de Conférence des Universités Psychothérapeute Institut de Psychosomatique."

Présentations similaires


Annonces Google